Revue de Presse du 10 mai 2016

Manifestations violentes au Kenya
Certains des manifestants ont jeté des pierres sur les agents de sécurité. La manifestation qui a eu lieu à Nairobi était menée par des politiciens de l’opposition, notamment l’ancien Premier ministre Raila Odinga. Une deuxième manifestation dans la ville de Kisumu a également été interrompue par la police. Selon l’opposition et des responsables religieux, la Commission électorale serait en faveur du gouvernement du Président Kenyatta et ses responsables devraient démissionner. La commission a rejeté les accusations. Les violences ont éclaté au Kenya après les élections de 2007 suite à une dispute électorale dans laquelle plus de 1200 personnes avaient été tuées et un demi-million d’autres laissées sans abri. BBC

Afrique du sud: la médiatrice de la république menacée
En Afrique du Sud, des menaces de mort planent sur la médiatrice de la République. Son bureau est le fer de lance d’une campagne anti-corruption. Thuli Madonsela a été avertie d’un complot visant sa sécurité personelle, a confirmé son porte parole. Kgalalelo Masibi a précisé que son assassinat devait être déguisé en accident de voiture par un chef de gang de la province du Cap-Oriental. C’est l’hebdomadaire, Sunday Times qui a le premier révélé l’affaire il y a deux jours, affirmant qu’une somme d’un peu plus de 43 000 euros aurait été proposée aux assassins. Thuli Madonsela, la médiatrice de la republique, a été prévenue de la menace par un SMS envoyé par l’un de ses informateurs. BBC

La Tunisie s’attèle à faire revenir les touristes à coup de mesures de sécurité
Le tourisme est un secteur stratégique de l’économie tunisienne, mais il peine cette année encore à redémarrer. Depuis les attentats du Bardo et de Sousse l’année dernière, les Européens boudent la destination. En un an, la Tunisie a perdu plus de la moitié de ses touristes. Alors pour tenter de les faire revenir, le pays mise sur un renforcement de la sécurité dans les zones touristiques. Détecteurs de métaux à l’entrée des hôtels, caméras dans les établissements et jusque sur les plages, formation des employés… En prévision de la reprise de la saison, les 120 inspecteurs du tourisme multiplient les opérations de contrôle et scrutent avec précision les dispositifs de surveillance au sein de chacun des hôtels tunisiens. RFI

Génocide rwandais: deux anciens bourgmestres face à la justice française
Le deuxième procès en France de présumés acteurs du génocide rwandais s’ouvre ce mardi 10 mai devant les assises de Paris. Dans le box comparaissent deux hommes accusés d’avoir directement participé au massacre de centaines de Tutsis dans une commune de l’est du Rwanda, le 13 avril 1994. Octavien Ngenzi, 58 ans, et Tito Barahira, 64 ans, deux hommes puissants dans leur commune de Kabarondo, respectivement bourgmestre et ancien bourgmestre, comparaissent à partir de ce mardi devant la cour d’assises de Paris pour des faits remontant à avril 1994. Dans cette localité rurale, les tueries se sont déroulées dans un espace restreint sur la place du marché et l’église et en un temps record. On parle de centaine, voire de milliers de victimes. RFI

Rwanda : de fortes pluies font 49 morts
« Dans la nuit du 7 au 8 mai 2016, de fortes pluies ont provoqué des glissements de terrain dans différentes parties du Rwanda entraînant des pertes de vies humaines et des destructions. Quarante-neuf décès ont été enregistrés », a indiqué le gouvernement rwandais dans un communiqué. Le district le plus touché est celui de Gakenke, dans le nord du pays, où 34 personnes ont été tuées. Les autres districts concernés sont ceux de Muhanga, Rubavu et Ngororero, dans l’ouest. Dans tout le pays au cours du week-end, « plus de 500 maisons ont été complètement détruites et diverses sections de routes sont inutilisables », poursuit le communiqué. BBC

Burundi: peines alourdies pour les putschistes en appel
Au Burundi, 21 officiers de l’armée et de la police ont été condamnés, ce lundi 9 mai, à la prison à vie pour leur implication dans la tentative de coup d’Etat contre Pierre Nkurunziza, en mai 2015. L’arrêt, en appel, de la Cour suprême rendu à Gitega, au centre du pays, condamne également cinq soldats et policiers à deux ans de prison et en acquitte deux autres. Cet arrêt s’avère être beaucoup plus sévère qu’en première instance avec des peines plus lourdes et des personnes acquittées finalement condamnées en appel. RFI

RDC : Moïse Katumbi entre harcèlement et ferveur populaire
L’entrepreneur est poursuivi pour « entretien de mercenaires », prétexte selon Moïse Katumbi pour l’éliminer des prochaines élections présidentielles et législatives en République démocratique du Congo « Touchez pas à Moïse, c’est notre président », hurle la foule devant le Palais de justice de Lubumbashi. La capitale du Katanga a longtemps été gouvernée par Moïse Katumbi. Aujourd’hui, cet entrepreneur richissime président de l’équipe de foot championne d’Afrique TP Mazembe, est là en tant que candidat à la présidentielle et en tant que cible du régime de Joseph Kabila. « T’as fini ton mandat, tu dois partir », crie la foule qui s’adresse au Président congolais. Paris Match

Dessaisissement de deux magistrats dans l’instruction du putsch manqué au Burkina
Au moins deux magistrats travaillant sur l’enquête du coup d’Etat manqué de septembre 2015 au Burkina Faso ont été dessaisis de ce dossier épineux et médiatique avec des ramifications diplomatiques. Officiellement, il s’agit d’un réaménagement technique pour simplifier la procédure dans les dossiers du putsch et de l’assassinat de l’ancien chef d’Etat Thomas Sankara, qui a vu la justice burkinabè lancer des mandats d’arrêt contre l’ancien chef d’Etat Blaise Compaoré, réfugié en Côte d’Ivoire, mais aussi contre l’actuel président de l’Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro. « Le commissaire du gouvernement (procureur militaire) le lieutenant-colonel Norbert Koudougou, et le juge d’instruction Stéphane Rapademnaaba » ont été dessaisis en vertu de « décrets signés par le président du Faso » Roch Marc Christian Kaboré, également ministre de la défense, selon un haut responsable, magistrat à la justice militaire. VOA

Burkina : Mamadou Traoré, avocat ou putschiste ? 
Accusé de complicité dans le putsch manqué de la mi-septembre 2015, Me Mamadou Traoré, ex-bâtonnier du Burkina Faso, a été inculpé le 25 avril d’atteinte à la sûreté de l’État, de complicité d’assassinat et de complicité de coups et blessures volontaires. Après son audition par les juges d’instruction chargés de l’enquête, il a aussitôt été placé en détention. Selon une source proche du dossier, il aurait dans les jours qui ont suivi le coup d’État accueilli chez lui à plusieurs reprises le général Gilbert Diendéré – lequel avait été placé sur écoute et était géolocalisé grâce à son téléphone. Simples entretiens en sa qualité d’avocat ou vraie complicité avec les putschistes ? Les juges penchent semble-t-il pour la seconde hypothèse. Au Burkina comme à l’étranger, les confrères de Me Traoré dénoncent l’irrégularité de la procédure. Jeune Afrique

Le départ de migrants ouest-africains vers l’Europe est un processus collectif
L’étude des migrations est un sujet que la communauté scientifique a investi bien avant l’actualité récente des flux de réfugiés en Europe. Cependant, longtemps les migrations étudiées ont été principalement les flux en provenance du Sud vers le Nord. Ce focus rend compte de travaux récemment publiés par les chercheurs de DIAL qui abordent des aspects peu étudiés. Ils apportent un éclairage intéressant sur les processus migratoires contemporains. Par exemple, ils permettent de comprendre qu’en Afrique le fait de migrer est une décision collective dont dépend à la fois le choix du pays de destination et la propension du migrant à aider la famille restée sur place. De même, ils révèlent que les transferts financiers des migrants participent au développement des pays récipiendaires, mais qu’ils peuvent aussi entraîner des effets inattendus notamment en matière d’éducation des enfants. Slate

Côte d’Ivoire: l’ex-Première dame jugée à partir du 31 mai pour crimes contre l’humanité
L’ex-Première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, sera jugée à partir du 31 mai à Abidjan pour crimes contre l’humanité lors de la crise postélectorale de 2010-2011, a-t-on appris lundi lors de l’ouverture de la session d’assises. Simone Gbagbo, épouse de l’ancien président Laurent Gbagbo et actuellement incarcérée à Abidjan, était présente au tribunal ce lundi, a constaté un journaliste de l’AFP. Cheveux grisonnants et rasés court, robe marron, Mme Gbagbo, seule accusée non menottée des 13 accusés devant comparaître pendant la session, a été acclamée à son arrivée dans la salle par ses partisans. Souriante, elle les a salués de la main en gagnant sa place dans le box. A la fin de l’audience, elle a même embrassé de nombreux visiteurs, mais refusé de s’exprimer devant la presse. TV5

La baisse des cours du pétrole et Boko Haram minent l’économie de l’Afrique centrale
Le Fonds monétaire international (FMI) s’est inquiété lundi de la « forte dégradation » des économies des six pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (Cemac), dont le taux de croissance a chuté à 1,7 % en 2015 dans un contexte de baisse des cours du pétrole. « La croissance a été réduite à 1,7 % en 2015 », alors qu’elle était de 4,9 % en 2014, a précisé Mario de Zamaroczy, chef de mission du FMI. Et de qualifier la situation de « préoccupante ». Le Monde

RDC : un groupe chinois s’offre une mine de cuivre pour 2,6 milliards de dollars
Le groupe américain Freeport-McMoran a annoncé lundi être parvenu à un accord portant sur la cession de la mine congolaise de Tenke Fungurume (Congo-Kinshasa) au groupe chinois China Molybdenum pour plus de 2,6 milliards de dollars. Freeport McMoran détient 56 % de cette mine de cuivre et de cobalt qu’elle exploite au Katanga (sud-est de la République démocratique du Congo) et qui fait du groupe américain l’un des principaux contributeurs individuels au budget de l’Etat congolais. Le Monde

Algérie – Maroc : Giscard, Hassan II et le Sahara… les confidences de Chirac
Ce mercredi 21 juillet 1976 à l’hôtel Matignon, c’est un Jacques Chirac très remonté qui reçoit à déjeuner Mohammed Bedjaoui, ambassadeur d’Algérie en France, lequel rapporte cet épisode dans un livre paru récemment. Pendant deux heures, les deux hommes évoquent presque exclusivement les relations algéro-françaises. En froid avec le président Valéry Giscard d’Estaing (VGE), Chirac donne à son hôte la primeur de son départ dans cinq semaines du poste de Premier ministre, qu’il occupe depuis mai 1974. Il explique ensuite que Giscard est « furieux » et « même déchaîné » contre l’Algérie, où il a effectué, en avril 1975, une visite historique, la première d’un chef d’État français depuis l’indépendance. Chirac ajoute que VGE a été trop « imprudent » et est allé « trop loin » en direction du Maroc dans l’affaire du Sahara occidental.  Jeune Afrique

Une vague homophobe sans précédent en Tunisie
Les actes homophobes se multiplient en Tunisie depuis le passage à la télévision du vice-président de Shams, une association de lutte contre l’homophobie. Ce dernier a reçu plus de 200 menaces de mort. L’homophobie se porte bien en Tunisie. Les propos, appels à la haine et autres actes homophobes caractérisés se multiplient ces dernières semaines, le tout sans la moindre réaction du gouvernement ou du président Essebsi. Tout a commencé par la sortie du célèbre comédien Ahmed Landolsi. Invité le 13 avril de l’émission Klem Ennas, sur la chaîne privée tunisienne Al-Hiwar Ettounsi, la vedette tunisienne a déclaré que l’homosexualité était « une maladie et un pêché », citant la Constitution tunisienne pour affirmer que les homosexuels feraient mieux de « se cacher ». « Il y est bien écrit que la Tunisie est un pays musulman et l’islam interdit l’homosexualité », a-t-il affirmé. France 24



Photo: Adam Jones