Revue de presse du 10 juin 2026

Soudan : des victimes portent plainte contre les FSR au Kenya
Mardi, des victimes d’atrocités présumées liées à la guerre au Soudan ont demandé aux procureurs kenyans d’enquêter sur des allégations de torture et de violences sexuelles commises par des membres d’un groupe paramilitaire notoire. Il s’agit de la première tentative de poursuites judiciaires à l’encontre de membres des Forces de soutien rapide (RSF), le groupe paramilitaire qui combat l’armée soudanaise depuis plus de trois ans, en dehors du Soudan. Ce groupe, accusé par des organisations de défense des droits humains d’avoir commis des atrocités relevant de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, entretient des liens avec le gouvernement kenyan. Le président kenyan William Ruto a par ailleurs accueilli le chef des RSF, le général Mohamed Hamdan Dagalo, pour des entretiens qu’il a présentés comme visant à faire avancer les efforts de paix au Soudan, une initiative qui a suscité des tensions diplomatiques. La plainte déposée par l’organisation juridique internationale Legal Action Worldwide détaille les actes de torture et de violence sexuelle commis par des membres des RSF à divers endroits à Khartoum et dans ses environs entre avril 2023 et mars 2025, période durant laquelle la capitale soudanaise était contrôlée par les paramilitaires. Les 12 victimes exhortent le procureur général du Kenya à approuver les poursuites contre 10 membres des RSF, dont certains résideraient au Kenya. … Certaines auraient été contraintes de transporter des cadavres depuis les lieux de détention. Antonia Mulvey, fondatrice de Legal Action Worldwide, a déclaré que le Kenya devrait envisager de poursuivre les crimes présumés en vertu de la loi de 2008 sur les crimes internationaux. Africanews with AP

Mali : indignation et colère après le placement sous mandat de dépôt des journalistes Chahana Takiou et Abdrahamane Keïta
Au Mali, le journaliste Chahana Takiou va passer sa deuxième nuit en prison. Figure de la presse malienne, le directeur de publication du journal 22 Septembre a été placé sous mandat de dépôt le 8 juin par le pôle judiciaire anti-cybercriminalité pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire » après avoir estimé, précisément, que ce pôle spécialisé ne respectait pas la procédure prévue pour les délits de presse. Un autre journaliste, Abdrahamane Keïta du journal Le Témoin, a également été placé sous mandat de dépôt ce mardi 9 juin par le même pôle anti-cybercriminalité, après avoir déploré que Kidal, sous contrôle des jihadistes du Jnim et des rebelles du FLA depuis le 25 avril, était actuellement « administrée » par le chef du Jnim. … « Les magistrats violent la procédure, détournent la procédure. » : lors d’un événement organisé la semaine dernière à Bamako sur le « journalisme panafricain », Chahana Takiou a estimé que cette notion n’avait pas de sens, que le journalisme était « le même sous tous les cieux » et qu’il s’agissait uniquement d’en appliquer les règles déontologiques. Surtout, le directeur du journal 22 Septembre a affirmé que la justice malienne ne respectait pas les droits des médias. Citant le cas du journaliste Youssouf Sissoko, condamné en mars à deux ans de prison ferme par le pôle judiciaire spécialisé contre la cybercriminalité, Chahana Takiou a déclaré : « Les juges ignorent superbement la loi sur la presse », ce que les associations professionnelles déplorent effectivement. … Un autre journaliste était convoqué ce mardi 9 juin dans la matinée devant le même pôle judiciaire anti-cybercriminalité : lors d’un débat télévisé, Abdrahamane Keïta, directeur du journal Le Témoin, a déploré que Kidal soit actuellement « administrée » par Iyad Ag Ghaly, chef du Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans). Le 25 avril, les jihadistes du Jnim et les rebelles indépendantistes du FLA (Front de libération de l’Azawad) ont attaqué conjointement la ville de Kidal, qu’ils contrôlent depuis cette date et où l’armée malienne et les représentants de l’État malien ne sont factuellement plus présents. RFI

Afrique centrale : les crises s’accumulent, les libertés reculent
L’Afrique centrale avance sur une ligne de crête. D’un côté, des élections s’organisent, des réformes institutionnelles progressent et la principale organisation régionale tente de se réinventer. De l’autre, les conflits débordent les frontières, les groupes armés s’enracinent et les libertés politiques se rétractent. Cette vision contrastée imprègne le dernier état des lieux dressé par le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA). Derrière des avancées diplomatiques et institutionnelles, du Tchad au Cameroun en passant par le Gabon et la République du Congo, c’est un paysage de vulnérabilités qui se dessine. La guerre au Soudan constitue aujourd’hui le principal facteur de déstabilisation régionale. Entré dans sa quatrième année, le conflit a déjà poussé plus de 900 000 réfugiés soudanais à franchir leur frontière orientale en direction du Tchad, auxquels s’ajoutent 300 000 Tchadiens de retour au pays. … Mais ce sont peut-être les évolutions politiques qui inquiètent le plus les Nations Unies. … Le constat dressé par la responsable dépasse les situations nationales particulières. Au Tchad, les condamnations de figures de l’opposition ont ravivé les tensions politiques. Au Cameroun, la prolongation des mandats de responsables élus ainsi que certaines réformes institutionnelles sont contestées par l’opposition. Au Gabon, les restrictions d’accès aux réseaux sociaux, une loi controversée sur la nationalité et la détention de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Billie-By-Nze alimentent les critiques. En République du Congo, l’opposition continue de dénoncer les conditions dans lesquelles s’est déroulée l’élection présidentielle de mars. ONU Info

L’OMS accélère les diagnostics d’Ebola en RDC et enregistre les premiers survivants
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) enregistre des avancées concrètes sur Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo. Grâce à l’accélération des diagnostics et au renforcement de la surveillance, les premiers survivants de l’épidémie d’Ebola apparaissent, rapporte une dépêche d’ONU Info de mardi 9 juin. Les équipes sanitaires transforment la riposte contre l’épidémie d’Ebola qui progresse dans l’est du pays. Le changement le plus important se joue dans les laboratoires, loin des centres de traitement. La mise en place de nouvelles capacités de diagnostic modifie profondément la prise en charge des malades. La branche africaine de l’OMS a fortement augmenté le rythme des analyses. Les laboratoires traitent désormais près de 800 tests par jour, contre environ 40 au début de l’épidémie. Les résultats sont disponibles en 24 ou 48 heures. Auparavant, l’attente durait plusieurs jours, fait savoir l’OMS. La Dr Marie-Roseline Belizaire, responsable de la réponse aux urgences de l’OMS, explique cette amélioration : « Si je détecte aujourd’hui une personne suspecte dans une communauté, le lendemain elle aura son test de laboratoire ». L’incertitude des premières semaines compliquait le suivi des malades. Désormais, les autorités sanitaires confirment ou excluent rapidement les cas suspectés. Elles orientent immédiatement les patients vers les soins appropriés. Cette accélération permet d’interrompre plus vite les chaînes de transmission. Radio Okapi

RDC : Human Rights Watch dénonce des recrutements forcés et des abus dans des camps contrôlés au M23
Un rapport de Human Rights Watch, publié ce mercredi 10 juin, met en lumière des violations graves des droits humains commises dans des camps contrôlés par le M23, soutenu par le Rwanda dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), notamment à Rumangabo et Tshanzu. L’organisation indique avoir mené des entretiens avec 102 anciens détenus qui se sont échappés de ces camps, ont été déployés avec le M23 ou se sont rendus ultérieurement à l’armée congolaise. … Selon Human Rights Watch, le M23 mène des campagnes de recrutement forcé depuis 2024, intensifiées après la prise de vastes territoires et de grandes villes de l’est de la RDC en 2025. L’organisation affirme que des milliers de personnes — soldats congolais, miliciens Wazalendo, policiers et civils — ont été recrutées, parfois volontairement, mais souvent de force. Parmi elles figurent également des enfants âgés d’à peine 12 ans. Les combattants du M23 auraient notamment organisé des embuscades, installé des points de contrôle, et procédé à des arrestations dans des hôpitaux, églises et écoles. Certains habitants auraient aussi été convoqués sous de faux prétextes ou sous la menace, avant d’être transportés vers les camps. Dans les camps de Rumangabo et de Tshanzu, les détenus auraient été soumis à des conditions de vie extrêmement difficiles. Human Rights Watch rapporte que des personnes ont été battues et privées de nourriture, d’eau et de soins médicaux adéquats. Des anciens détenus ont décrit des exécutions sommaires et des violences contre ceux qui tentaient de s’évader ou qui ne respectaient pas les règles imposées. … Des témoignages recueillis par Human Rights Watch indiquent la présence de soldats rwandais lors des opérations de recrutement et dans les camps, identifiés notamment par leur équipement, leurs uniformes, leurs accents et leur incapacité à parler français ou kiswahili. Radio Okapi

Cédéao : le Sénégal intensifie sa campagne en faveur de Diop
Après Abidjan et Freetown, la diplomatie sénégalaise a poursuivi sa mobilisation en faveur de la candidature du général Birame Diop à la présidence de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), avec une étape à Lomé où le président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Niang. Porteur d’un message du président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, le chef de la diplomatie sénégalaise a présenté au dirigeant togolais le candidat retenu par Dakar pour diriger l’organe exécutif de l’organisation régionale. … Cette visite s’inscrit dans une vaste offensive diplomatique engagée par Dakar à l’approche des prochaines échéances institutionnelles de la Cédéao. Quelques heures auparavant, le ministre sénégalais s’était entretenu à Abidjan avec le vice-président ivoirien, Tiémoko Meyliet Koné, en présence du général Birame Diop. À cette occasion, Cheikh Niang avait officiellement notifié aux autorités ivoiriennes la candidature sénégalaise et sollicité leur soutien en vue de sa confirmation lors de la prochaine Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao. Le diplomate sénégalais avait alors remercié la Côte d’Ivoire pour l’appui apporté à l’obtention par le Sénégal de la présidence de la Commission de l’organisation pour le mandat 2026-2030, tout en plaidant pour un soutien renouvelé à la candidature du général Diop, présenté comme un profil capable de contribuer à la relance de l’institution dans un contexte régional marqué par de multiples défis sécuritaires et politiques. APA

A Dakar, les présidents Wadagni et Faye disent leur volonté commune de renforcer la coopération économique et financière entre les deux pays
Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye et le nouveau chef de l’Etat béninois, Romuald Wadagni, ont fait part mardi à Dakar de leur volonté commune de renforcer la coopération économique et financière entre les deux pays, a-t-on appris de source officielle. Le président du Bénin, a été reçu avec les honneurs à l’aéroport militaire Léopold Sedar Senghor, à Dakar, par son homologue Bassirou Diomaye Faye. Un tête-à-tête au salon d’honneur, prolongé au palais de la République, a confirmé une volonté commune de renforcer l’axe Dakar-Cotonou , autour de la coopération économique et financière”, a indiqué la présidence sénégalaise dans un message publié sur le réseau social X. APS

En Mauritanie, le président El Ghazouani rencontre l’opposition
En Mauritanie, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a reçu lundi 8 juin les leaders de l’opposition pour une séance de travail marathon. Dix heures d’échanges consacrées à la crise des hydrocarbures, au dialogue national, et aux restrictions de circulation nocturne. Mais au-delà de la gestion quotidienne, les discussions ont surtout buté sur la question épineuse des mandats, point de friction entre le pouvoir et ses opposants. C’est une séquence longue et parfois houleuse qui s’est achevée tard dans la nuit de lundi 8 à mardi 9 juin. Sur les questions politiques, le président Ghazouani a réaffirmé sa volonté de respecter le consensus, tout en traçant une ligne rouge. Pas question d’intervenir pour forcer la majorité à modifier sa feuille de route préparatoire au dialogue national. L’opposition demande, elle, la suppression de toute clause relative aux « durées et mandats » du document de travail. Sur la question des restrictions de circulation mises en place en avril pour limiter la consommation de carburant, le chef de l’État a présenté aux opposants un rapport détaillé sur les stocks et les contrats avec le principal fournisseur en hydrocarbures. Un exercice de transparence qui peine toutefois à convaincre totalement. Samba Thiam, président des Forces progressistes pour le changement, pointe du doigt des réponses présidentielles évasives sur le blocage du dialogue national. Il déplore également l’incapacité de l’opposition à parler d’une seule voix. RFI

Maroc: 11 narcotrafiquants arrêtés lors d’un vaste coup de filet à Tanger et à Marrakech
Soupçonnés, pour certains, d’être des acteurs majeurs du trafic de cocaïne en Europe, ces binationaux marocains et belges, néerlandais ou français faisaient l’objet de mandats d’arrêt et d’une notice rouge d’Interpol. Parmi eux figure notamment l’Anversois belgo-marocain Abdelilah El Messaoudi. Condamné à 34 ans de prison en Belgique, il était en fuite depuis 2020. Selon des informations relayées par la presse belge et par la presse marocaine, 11 narcotrafiquants ont été arrêtés dans le royaume chérifien, lundi 8 juin. Parmi eux, quatre sont soupçonnés d’être des acteurs majeurs du trafic de cocaïne en Europe via le port belge d’Anvers. Condamné à 34 ans de prison en Belgique, l’Anversois belgo-marocain Abdelilah El Messaoudi était en fuite depuis 2020. Passé par Dubaï, puis par la Turquie où il a été arrêté une première fois avant d’être relâché pour des questions de procédure, ce dernier a été appréhendé à l’hôtel Four Seasons de Marrakech, selon le journal flamand HLN. Ses gains tirés de l’importation de cocaïne sont estimés à 43 millions d’euros. Un nouveau procès devrait être organisé au Maroc pour le juger. Outre celui qui est surnommé « Black », dix autres personnes liées au narcotrafic ont été arrêtées à l’issue d’un vaste coup de filet mené à Tanger et à Marrakech. RFI