Revue de presse du 10 juillet 2026

Soudan: avancée significative de l’armée au Nil Bleu et au Darfour
Les combats entre l’armée régulière et les paramilitaires soudanais se sont intensifiés sur tous les fronts ces derniers jours : au Kordofan, au Nil Bleu mais aussi au Darfour. La ville de Kurmuk, au Nil Bleu, a été repris après six heures de violents combats. Son gouverneur a saisi l’occasion pour appeler les 70 000 personnes qui avaient fui les violence en mars dernier à revenir. Quant au Darfour, l’armée réalise une avancée rapide vers la ville d’Al-Geneina, capitale du Darfour de l’Ouest. Elle est passée aux mains des FSR au tout début de la guerre. Ces habitants, à majorité Massalit, ont été massacrés. Il y a eu 15 000 victimes civiles, selon l’ONU. Dans la région, l’armée a pris la localité d’Abou Srouj, Kulbus et Jabel Moun et se trouve actuellement à quelques 50 km au nord d’Al-Geneina, devenue l’un de plus grand fief des FSR au Darfour. Pris de court et sous pression aux alentours de cette ville, les FSR ont envoyé du renfort. Mais leurs positions au Kordofan ont été visées par l’artillerie lourde et les drones de l’armée. Selon la Force conjointe alliée de l’armée, 10 000 combattants de cette Force et trois divisions de l’armée participent à cette offensive. RFI

Mali: un convoi de soldats maliens et de paramilitaires des Africa Corps russe a été attaqué dans le nord du pays
Le convoi de paramilitaires russes et de soldats maliens était en route pour apporter du renfort à leurs hommes retranchés depuis cinq jours dans un camp militaire à Anéfis. Ils ont été attaqués ce matin, 9 juillet, selon des sources sécuritaires et rebelles. Samedi 4 juillet, les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) avaient mené de nouvelles attaques coordonnées du nord au sud du pays. Ils revendiquent depuis le contrôle de la ville d’Anéfis (nord). Après qu’un premier convoi de renforts de l’armée venu de la grande ville de Gao (nord) a été pris en embuscade dimanche 5 juillet et a été contraint de rebrousser chemin, un deuxième a été attaqué ce 9 juillet au matin et de violents combats sont toujours en cours. … Selon Reuters, il n’est pas certain que les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) soit également impliqué. TV5 Monde avec AFP et Reuters

La junte bukinabè exerce un « terrorisme d’État », dit le journaliste en exil Inoussa Ouédraogo
[Vidéo] Dans un entretien accordé à FRANCE 24, le journaliste burkinabè en exil Inoussa Ouédraogo accuse la junte au pouvoir d’exercer un « terrorisme d’État ». Il affirme que le peuple est « pris en otage » entre groupes armés et forces de sécurité, dénonce des droits humains « permanemment bafoués » et estime que le chef de la junte Ibrahim Traoré a « trahi le peuple burkinabé ». France 24

L’UEMOA accélère ses projets de paix et de sécurité
L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) veut accélérer la mise en œuvre de sa politique commune de paix et de sécurité afin de renforcer l’intégration régionale face à la montée des menaces transfrontalières, ont affirmé vendredi ses responsables à l’ouverture de la 7e réunion du Comité de haut niveau sur le Chantier paix et sécurité, à Dakar. Réunis dans la capitale sénégalaise, les ministres du Comité de haut niveau ont insisté sur la nécessité d’une réponse communautaire plus coordonnée face à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’espace UEMOA, marquée par le terrorisme, la criminalité organisée, les trafics illicites et l’insécurité aux frontières. Le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, a rappelé que « la question de la paix et de la sécurité est cruciale pour le développement économique et social des États membres » et constitue désormais « une priorité absolue » pour l’Union. « Aucune intégration économique durable n’est possible sans un socle solide de paix et de stabilité », a-t-il déclaré, soulignant que les menaces actuelles dépassent les frontières nationales et nécessitent une coopération régionale renforcée. APA

Ouganda: la justice rejette un recours de Kizza Besigye, le procès de l’opposant toujours prévu le 13 juillet
En Ouganda, le recours de Kizza Besigye devant la Haute Cour a été rejeté, mercredi 8 juillet. Estimant que ses droits fondamentaux avaient été violés lors de son arrestation au Kenya et de son transfert en Ouganda, l’opposant demandait l’annulation des poursuites dont il fait l’objet. La décision de la justice, qui ouvre la voie à son procès pour trahison prévu le 13 juillet, est intervenue dans un contexte de changement des règles applicables à ce type de recours. … Cette décision intervient alors que la Cour constitutionnelle ougandaise a opéré un changement de jurisprudence le mois dernier : alors que jusqu’ici, un accusé pouvait obtenir l’annulation des poursuites déclenchées à son encontre lorsqu’un tribunal constatait que certains de ses droits fondamentaux avaient été violés, celle-ci a jugé qu’un tel cas de figure ne devait plus entraîner automatiquement l’abandon d’une procédure pénale. En clair : si les violations des droits fondamentaux d’un accusé pourront toujours être sanctionnées, elles ne suffiront plus, à elles seules, à faire annuler un procès. … La Haute Cour a par ailleurs rendu sa décision dans un contexte déjà tendu. La semaine dernière, le président ougandais Yoweri Museveni a en effet accusé Kizza Besigye de refuser son procès, affirmant qu’il avait désormais l’occasion de « prouver son innocence ». En novembre 2024, Kizza Besigye avait été enlevé au Kenya et conduit devant un tribunal militaire dans son pays, où il est accusé de trahison. Il encourt la peine capitale. Ancien médecin personnel de Yoweri Museveni, Kizza Besigye est dans le collimateur des autorités depuis son ralliement à l’opposition, il y a 25 ans. Il s’est présenté quatre fois à la présidentielle en Ouganda, sans succès. RFI

Dix régimes autoritaires qui sévissent en Afrique subsaharienne
Dans certains pays en Afrique, s’exprimer librement sur des questions politiques ou critiquer les dirigeants au pouvoir, peut vous valoir un séjour en prison, voire tout simplement vous coûter la vie. Durant ces dernières décennies, de nombreux régimes ont pris une tournure autocratique, restreignant la liberté d’expression, réprimant toute voix discordante et contrôlant tout processus électoral s’il existe et rendant presque impossible l’exercice de la démocratie. Sur 55 pays africains, une dizaine sont devenus des régimes autocratiques fermés, 26 sont des autocraties électorales selon l’Institut Varieties of Democracy (V-Dem). Ce recul de la démocratie en Afrique est un fait établi par l’institut V-Dem dans son rapport de 2026 sur l’état de la démocratie dans le monde. … En Afrique subsaharienne, le niveau de démocratie dans la région est désormais revenu à celui du début des années 2000, selon deux indicateurs : la recrudescence des coups d’État militaires dans la région du Sahel et le renforcement des régimes autocratiques. BBC

RDC: la coalition d’opposition C64 pose ses conditions avant tout dialogue avec Kinshasa
Lors d’une rencontre en début de semaine, les membres de la coalition d’opposition C64 affirment avoir répété au président burundais Évariste Ndayishimiye, actuellement à la tête de l’Union africaine qu’il n’est pas question de négocier sans gages de bonne foi de la part de Kinshasa. Car si la coalition salue cette démarche d’écoute, elle refuse de servir de caution à Félix Tshisekedi qui porte un projet de changement de la constitution pour s’offrir la possibilité d’un 3e mandat à la tête du pays. L’opposition exige des préalables clairs pour un dialogue qu’elle veut inclusif : la libération des prisonniers politiques, l’arrêt des poursuites judiciaires à caractère politique et le respect des libertés publiques. Mais le principal point de blocage reste institutionnel. Les opposants refusent d’engager les discussions tant que le président Félix Tshisekedi n’aura pas renoncé publiquement à son projet de changement de la Constitution. … Pour maintenir la pression, la C64 refuse donc de suspendre ses actions citoyennes. Elle appelle ainsi la population à une grande marche le 22 juillet prochain vers le palais de la Nation qui abrite les bureaux officiels du Président de la République. Objectif : dire « non » à ce qu’elle qualifie de coup d’État constitutionnel. La coalition se dit aussi prête à une médiation sous l’égide de l’Union africaine, mais prévient elle ne transigera pas sur la souveraineté du peuple congolais. RFI

L’épidémie d’Ebola en RDC se propage plus rapidement que toutes les précédentes, selon l’agence de santé de l’UA
L’épidémie de maladie à virus Ebola, officiellement déclarée le 15 mai en République démocratique du Congo (RDC), se propage plus rapidement qu’aucune autre auparavant, a indiqué jeudi l’Africa CDC, l’agence de santé de l’Union africaine (UA). A la date du 7 juillet, 600 décès sur 1.759 cas confirmés ont été recensés en RDC depuis le début de l’épidémie actuelle, a indiqué jeudi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ajoutant que le bilan restait stable – deux morts pour 20 cas confirmés – en Ouganda voisin. … « Malgré des progrès encourageants, nous continuons toutefois de faire face à des défis majeurs. Les centres de traitement actuels fonctionnent à environ 90% de leur capacité, ce qui exerce une pression considérable sur la réponse » sanitaire, a-t-elle ajouté. C’est la 17e épidémie de maladie à virus Ebola en RDC, mais il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique pour le variant Bundibugyo. Un essai clinique portant sur deux traitements a commencé le 2 juillet, selon l’OMS qui a également accordé une autorisation d’utilisation d’urgence au premier test de diagnostic moléculaire de ce virus. AFP

Au Sénégal, le Conseil constitutionnel invalide la réforme révisant l’équilibre des pouvoirs entre le président et l’Assemblée nationale
Le Conseil constitutionnel sénégalais a invalidé, jeudi 9 juillet, un texte voté par l’Assemblée nationale la semaine dernière, révisant l’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le Parlement, sur fond de discorde entre le président du pays et celui de l’Assemblée nationale. La loi, adoptée à une large majorité par le Parlement dominé par le parti souverainiste Pastef, est « contraire à la Constitution », ont tranché, jeudi, les sages du Conseil constitutionnel, après avoir été saisis par le président, Bassirou Diomaye Faye. Ce texte renforçait les pouvoirs de l’Assemblée nationale, dirigée par Ousmane Sonko, et du premier ministre, et restreignait de fait les pouvoirs du président Diomaye Faye. Ce dernier, qui avait exprimé son intention de soumettre la réforme à un référendum, a finalement déposé « un recours en inconstitutionnalité pour violation de la procédure de révision constitutionnelle », auprès des sages. Le Conseil constitutionnel avance deux points pour justifier cette invalidation. D’abord, il reproche à l’Assemblée de ne pas avoir prévu de recettes permettant de financer la création d’une nouvelle Cour constitutionnelle créée par la loi. Il relève également un non-respect de la procédure permettant au gouvernement de faire passer ses amendements lors de la plénière. « CETTE DÉCISION S’IMPOSE À TOUS ! Dont acte ! », a réagi sur Facebook M. Sonko. « Ce cycle nous rappelle qu’en démocratie, lorsque les institutions jouent leur rôle, chacune dans son périmètre d’action, aucune crise ne peut survenir », poursuit le leader du Pastef. Le Monde avec AFP

En Mauritanie, les deux députées qui ont accusé Ghazouani de discrimination ont été graciées
Plus de deux mois après leur condamnation, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a gracié jeudi Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour Salem. Le 4 mai, au terme d’un procès sous haute surveillance sécuritaire, Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour Salem avaient été condamnées à quatre ans de prison ferme pour avoir accusé le chef de l’État de discrimination raciale envers les Noirs et les descendants d’esclaves dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. La Cour avait aussi ordonné « la suppression des contenus numériques, la confiscation de leurs téléphones et la fermeture de leurs comptes en ligne ». Ces deux députées étaient poursuivies pour « atteinte aux symboles de l’État et diffusion de propos à caractère raciste ». Sur les réseaux sociaux, elles avaient qualifié le président Ghazouani de mentor de « l’apartheid en Mauritanie. » Les deux femmes sont membres du parti Sawab, allié à l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), le mouvement anti-esclavagiste de Biram Dah Abeid. Officiellement aboli en 1981, l’esclavage perdure en Mauritanie, bien que les sanctions aient été durcies en 2015. En 2012, le Global Slavery Index estimait qu’entre 10 et 20 % de la population vivaient en esclavage en Mauritanie, soit jusqu’à 680 000 personnes. Jeune Afrique avec AFP