Revue de Presse du 7 novembre 2019

Une embuscade contre un convoi d’une compagnie minière a fait au moins 37 morts, civils, et plus de soixante blessés, mercredi 6 novembre, dans la région de l’est du Burkina Faso, selon un bilan encore provisoire, fourni par les autorités locales. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière enregistrée dans le pays depuis le début des violences djihadistes, il y a près de cinq ans. Dans la matinée, « des individus armés non identifiés ont tendu une embuscade à un convoi transportant des travailleurs de la mine d’or Semafo sur l’axe Ougarou-Boungou », a indiqué le gouverneur de la région de l’Est dans un communiqué. « Le convoi, accompagné d’une escorte militaire, comptait cinq autobus transportant des employés burkinabés, des entrepreneurs et des fournisseurs », a détaillé la société canadienne Semafo, qui exploite la mine d’or de Boungou, située à quarante kilomètres du lieu de l’attaque. Le site et ses activités « n’ont pas été affectés », précise la compagnie aurifère, sise à Montréal. Selon nos informations, il s’agirait d’une attaque dite « complexe ». Le Monde

La médiatisation est retombée. La ministre française des armées, Florence Parly, est repartie après une visite éclair, lundi, à Ouagadougou. L’opération militaire conjointe des forces françaises « Barkhane » avec celles du G5 Sahel dans la zone des trois frontières (Niger, Mali, Burkina Faso) a été lancée. Au Burkina Faso, pourtant, une question taraude toujours la société civile : comment s’engager ? Une interrogation qui se fait une place entre les critiques sur la présence militaire française et la souffrance de voir la machine d’Etat burkinabée enrayée, impuissante. Les attaques terroristes et les violences communautaires ne cessent de se multiplier et apportent chaque semaine leur nouveau lot de victimes et de déplacés. … Las de voir « ses proches mourir et souffrir », Aly Nana, originaire de la commune de Kongoussi, dans la région du Centre-Nord, où plusieurs dizaines de milliers de Burkinabés ont trouvé refuge ces derniers mois, a décidé de passer à l’action. Le Monde

La Cour pénale internationale (CPI) a condamné jeudi 7 novembre l’ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda à une peine de 30 ans de prison pour des crimes de guerre et contre l’humanité, la peine la plus lourde jamais prononcée par la juridiction basée à La Haye. Citant des « crimes multiples », dont l’esclavage sexuel et la persécution, le juge Robert Fremr a déclaré lors d’une audience que la peine imposée à M. Ntaganda « est ainsi fixée à 30 ans d’emprisonnement ». C’est une peine cumulative de plusieurs autres peines. 24 années à passer derrière les barreaux pour Bosco Ntaganda. Aucune circonstance atténuante n’a été retenue par les juges de la Cpi. Ils ont estimé que les éléments constitutifs des crimes de guerre et crimes contre l’humanité dont Bosco est co-auteur indirect et auteur direct pour certains, sont d’une extrême gravité. D’abord, compte de tenu de la cruauté particulière et de la vulnérabilité des victimes. Radio Okapi avec AFP

Les casques bleus de la MONUSCO et les FARDC ont repoussée mercredi 6 novembre une attaque des miliciens à Mikenge, dans les hauts plateaux du territoire de Mwenga (Sud-Kivu). D’après le chef de bureau de la Monusco au Sud-Kivu et au Maniema, Karna Soro, les assaillants avaient profité d’un petit brouillard de cette région montagneuse tôt à l’aube, pour lancer leur assaut sur le site des déplacés [près de 3 000 déplacés campent sur cette base]. Il pense que le pire a été évité par l’action concertée FARDC-MONUSCO. « Des individus armés ont essayé d’approcher le site des personnes déplacées autour du camp (la base de la MONUSCO) de Mikenge. Ils ont profité du brouillard et ont ouvert le feu. Les troupes de la MONUSCO ont immédiatement riposté et se sont avancées vers ces personnes-là (les assaillants) et les ont mises en déroute », a-t-il expliqué. Radio Okapi

La Cour pénale internationale (CPI) pense que Saïf Al-Islam Kadhafi, l’un des fils de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi, se trouve à Zintan, en Libye, a annoncé mercredi 6 novembre au Conseil de sécurité des Nations unies la procureure Fatou Bensouda. Son bureau, a-t-elle déclaré, « a des informations crédibles sur la localisation actuelle » de trois suspects visés depuis longtemps par des mandats d’arrêt de la CPI. Jusqu’à présent, le sort de Saïf Al-Islam Kadhafi restait incertain. Les deux autres suspects recherchés par la Cour pénale sont Al-Tuhamy Mohamed Khaled, ex-chef de l’agence de sécurité intérieure libyenne, et Mahmoud Mustafa Busayf Al-Werfalli, membre des forces loyales au maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’est libyen engagé depuis avril dans une offensive militaire pour s’emparer de la capitale Tripoli. Le Monde avec AFP

Le président bissau-guinéen José Mario Vaz a exigé mercredi du gouvernement qu’il a limogé de libérer dans les 24 heures les ministères, un ultimatum suivi par celui de l’Afrique de l’Ouest qui a donné 48 heures aux nouveaux ministres « illégaux » de M. Vaz pour démissionner. La poursuite depuis plus d’une semaine de ce bras de fer entre M. Vaz et le Premier ministre soutenu par la communauté internationale qu’il a limogé, Aristide Gomes, fait peser une hypothèque sur l’élection présidentielle du 24 novembre. Ce scrutin est supposé maintenir le cap de la légalité constitutionnelle retrouvé avec l’élection de M. Vaz en 2014. Mais ce dernier, président sortant de Guinée-Bissau, continue de défier la communauté internationale en maintenant le gouvernement qu’il a formé le 31 octobre. Il venait de limoger le Premier ministre, Aristides Gomes, et son gouvernement, avant de nommer le 29 octobre Faustino Imbali à son poste, ainsi que 17 ministres et 14 secrétaires d’Etat. AFP

L’armée malienne est en grande difficulté face à la poussée jihadiste, mais elle recevra bientôt des renforts. C’est l’annonce de la ministre des Armées françaises, Florence Parly, de retour de la région. Des renforts composés de troupes spéciales européennes. Pour l’instant, les préparatifs de l’opération baptisée « Tacouba » se déroulent plutôt dans la discrétion. Les négociations n’ont pas lieu au niveau des instances européennes, mais bien directement entre capitales parce que ce ne sera pas une mission de l’UE, pas plus que ne l’est l’opération Barkhane. Outre des soldats estoniens et des hélicoptères britanniques, Barkhane est en fait une opération internationale qui bénéficie d’un soutien logistique allemand ou américain par exemple, d’une arrivée prochaine de militaires danois et dans laquelle l’implication de l’Espagne est évoquée. Une opération internationale donc, mais sous commandement français. RFI

L’ONU a annoncé mercredi avoir débloqué huit millions de dollars pour venir en aide à plus de 40.000 réfugiés ayant fui les violences au Nigeria pour s’installer au Niger voisin. L’argent alloué par le Fonds central de réponses aux urgences du Système des Nations Unies (Cerf) doit assurer aux 41.000 réfugiés installés dans la région de Maradi (centre-sud nigérien) « une assistance d’urgence » en sécurité alimentaire, en nutrition, en eau, en hygiène et assainissement, en abris », précise l’ONU dans un communiqué. Les réfugiés nigérians se sont installés depuis mai 2019 dans trois communes de Maradi (Guidan Roumji, Guidan Sori et Tibiri) « occasionnant d’importants besoins », y compris pour les populations locales, selon le communiqué. Ces réfugiés sont issus des Etats de Sokoto, Katsina et Zamfara au Nigeria, qui sont des théâtres d’exactions de bandes armées, dont le groupe jihadiste Boko Haram. AFP

Ils veulent donc la démission de Jacques Haroun Kabadi. Artistes et activistes ne digèrent toujours pas la mort d’un jeune conducteur de taxi-moto, abattu par l’escorte du président de l’Assemblée lundi 4 novembre dernier. Le jeune homme était coincé dans un embouteillage au moment où est passé le cortège. Il a reçu deux balles tirées par un membre de la sécurité et est décédé peu de temps après à l’hôpital. Les militaires en charge de la protection du président de l’Assemblée nationale, Jacques Haroun Kabadi, n’en sont pas à leur premier forfait avec la mort du jeune Bonheur Mateyan Manayel ce 4 novembre. En juillet 2018 la garde du président de l’Assemblée nationale avait tiré, dans des circonstances similaires, sur un autre jeune, qui avait survécu après plusieurs jours d’hospitalisation. Pour plusieurs activistes et artistes tchadiens, ce nouveau crime ne doit donc pas être ignoré et Jacques Haroun Kabadi doit démissionner. DW

Donald Trump a reçu les représentants de l’Égypte, du Soudan et de l’Éthiopie à Washington, au sujet du barrage sur le Nil Bleu, au coeur des tensions entre les trois pays. Le Caire craint que la construction de cet ouvrage, entamée par l’Éthiopie, n’entraîne une réduction drastique de son approvisionnement en eau. Le président américain a décidé de s’investir pour tenter de trouver une solution. « Je viens d’avoir une réunion avec de hauts représentants de l’Égype, de l’Éthiopie et du Soudan pour les aider à résoudre leur longue dispute sur le barrage de la Renaissance » écrit Donald Trump sur son compte Twitter, avant d’ajouter sans plus de précision :« Elle s’est bien passée, les discussions continuent ! » Le président publie également une photo prise avec les délégations dans le bureau ovale. Mais en réalité, c’est le secrétaire au Trésor qui est chargé de la médiation, à laquelle est associé le président de la Banque mondiale. RFI

Le président sud-soudanais Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar doivent se rencontrer jeudi en Ouganda pour discuter de questions cruciales, notamment sécuritaires. Cette rencontre se tient à quelques jours de la date prévue pour la formation d’un gouvernement d’union, ont annoncé les deux camps. Initialement prévue en mai a été repoussée au 12 novembre en raison de désaccords sur des questions toujours pas résolues, comme la formation d’une armée unifiée, et les frontières des Etats sud-soudanais. « Le président Salva Kiir est parti ce matin vers Kampala », a déclaré le porte-parole du président Ateny Wek Ateny. MM. Kiir et Machar « vont discuter de la question du futur de l’accord de paix (…) sur la résolution du conflit au Soudan du Sud ». La rencontre doit avoir lieu dans le cadre de la médiation menée par l’organisation régionale Igad, et dont le président ougandais Yoweri Museveni est un acteur-clé. AFP

L’ancien syndicaliste et chef rebelle ivoirien a indiqué être candidat à la présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire. Une annonce qui fait de lui le premier candidat déclaré à la présidentielle. Il rêve d’un destin de chef d’Etat, diriger entièrement le pays qu’il a contrôlé en partie grâce aux armes. Guillaume Soro, baptisé « l’armurier » par ses détracteurs s’est trouvé une voie politique après avoir flirté avec la poudre à canon. Ce changement radical auréolé d’un appel à la réconciliation et au pardon semble être diversement apprécié. Alors que ses partisans voient en lui « un leader éclairé » avec une noble vison politique et de changement pour la Côte d’Ivoire, certains le considèrent bien plus comme un frustré. Sachant qu’il n’est plus sur les listes des favoris pour succéder à Alassane Ouattara qu’il a soutenu face à Laurent Gbagbo, Guillaume Soro « privé » de son poste de président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire a décidé de tracer son propre parcours politique. BBC



Photo: Adam Jones