Revue de Presse du 7 août 2020

Coronavirus : l’Afrique passe le cap du million de cas
Les pays les plus touchés sont l’Afrique du Sud, l’Egypte et le Nigeria, mais la situation est également critique en Algérie, en Ethiopie et au Zimbabwe. Le cap du million de cas de coronavirus a été franchi en Afrique, continent qui reste cependant le moins touché dans le monde et où la répartition des cas est très inégale. Selon les chiffres compilés par l’AFP jeudi 6 août, quelque 1 000 054 cas ont été enregistrés sur l’ensemble du continent, avec au moins 21 724 décès, ce qui représente environ 5 % des cas dans le monde. Cinq des 54 pays d’Afrique regroupent 75 % des cas, selon le Centre de contrôle des maladies du continent. … Les cas augmentent encore dans une dizaine de pays, mais cette hausse « n’est pas exponentielle », selon l’OMS, qui souligne néanmoins que le bas niveau du nombre de tests et le manque de matériel pour les faire restent « un défi constant ». Le Monde avec AFP

Côte d’Ivoire : la candidature d’Alassane Ouattara, « cas de force majeure » ou « combat de trop » ?
Alors qu’il avait clairement laissé entendre depuis plusieurs années qu’il ne ferait pas de troisième mandat, le chef de l’Etat se représente finalement à l’élection d’octobre. Alassane Dramane Ouattara espérait laisser à la postérité l’image d’un économiste bâtisseur qui avait pacifié la Côte d’Ivoire après une longue crise meurtrière : sa candidature à un troisième mandat, contestée par l’opposition, risque fort de ternir son image. Alors qu’il avait clairement laissé entendre depuis plusieurs années qu’il ne ferait pas de troisième mandat, et après avoir publiquement passé la main à son premier ministre Amadou Gon Coulibaly, représentant à 61 ans la « nouvelle génération » selon lui, M. Ouattara, 78 ans, a finalement « reconsidéré sa position » après le décès subit de son dauphin, invoquant un « cas de force majeure ». Le Monde avec AFP

Alpha Condé, l’ex-opposant historique qui a pris goût au pouvoir
A son arrivée à la tête de la Guinée en 2010, Alpha Condé était auréolé de son image d’opposant historique. Mais il est désormais accusé d’avoir plongé son pays dans la crise pour rester au pouvoir. Malgré la contestation et les dizaines de manifestants tués depuis octobre dernier, M. Condé, 82 ans, est bien placé pour briguer un troisième mandat lors de la présidentielle prévue en octobre. Pendant deux jours, les militants de son parti l’ont pressé d’être leur candidat, lors d’une convention électorale aux allures de plébiscite. Sans s’engager formellement, il leur a dit « prendre acte » de leur demande et dressé une ébauche de programme: priorité à la lutte contre la corruption et, surtout, ne plus laisser personne « au bord de la route ». Il se targue d’être un modernisateur et a pour cela fait adopter par référendum, en février, une nouvelle Constitution. Que l’opposition, qui dénonçait une manoeuvre pour garder la pouvoir, ait boycotté la consultation et que des centaines de milliers de Guinéens se soient dressé contre cette réforme ne l’a pas fait plier. AFP

L’ONU pointe une augmentation des exactions contre les civils au Mali
La spirale de la violence ne cesse de s’aggraver au Mali. Depuis début juin, les populations, déjà victimes d’une guerre contre le terrorisme qui s’éternise et de massacres intercommunautaires réguliers, doivent désormais compter avec un conflit sociopolitique majeur qui déstabilise le pouvoir de Bamako. Selon la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), l’accumulation de ces crises a conduit à une augmentation de 5,65 % des violations et abus des droits humains par rapport au premier trimestre. Dans sa note publiée jeudi 6 août, la division des droits de l’homme et de la protection (DDHP) a ainsi documenté 632 cas de meurtres, exécutions sommaires, enlèvements, viols, atteintes à l’intégrité physique, intimidations et menaces. Entre le 1er avril et le 30 juin, 323 personnes, dont 23 enfants et 11 femmes, ont été tuées. Le Monde

Libye: l’organisation État islamique s’installe de nouveau dans la ville de Sabratha
L’organisation État islamique refait surface dans l’ouest libyen et revient à Sabratha pour s’y installer en masse. Ses membres en ont été chassés à plusieurs reprises depuis 2014 avant d’y revenir. Ils reprennent petit à petit possession de la ville. La ville de Sabratha, à 70 km à l’ouest de Tripoli, non loin de la frontière tunisienne était en 2016 un centre important de l’organisation État islamique en Libye. Une frappe américaine avait alors visé le camp d’entraînement de l’EI à proximité de la ville, tuant une cinquantaine de jihadistes dont de nombreux Tunisiens. Selon plusieurs témoignages d’habitants, les jihadistes ne se cachent plus dans Sabratha. Ils se sont à nouveau installés dans les deux camps (Al Tlil et Al Baraem) qu’ils occupaient auparavant en banlieue de la ville. RFI

Mauritanie: démission du premier gouvernement de l’ère Ghazouani
La Mauritanie a un nouveau Premier ministre. Il s’agit de Mohamed Ould Bilal, nommé ce jeudi après-midi, quelques heures après la démission du gouvernement d’Ismael Cheikh Sidiya. Cette démission du premier gouvernement de l’ère Ghazouani semble être la première conséquence du rapport parlementaire remis aux mains de la justice mauritanienne. Validé par le Parlement la semaine dernière, le document de près de 900 pages présente des faits de corruption, de bradage des sociétés d’État ou encore de malversation dans des secteurs clés de l’économie comme les mines, le pétrole ou la pêche. Le nom de l’ex-président et ceux de plusieurs membres de ses différents gouvernements sont cités dans le rapport, désormais entre les mains des juges. RFI

Ils voulaient se rendre aux Canaries: 39 migrants se noient
Une quarantaine de migrants se sont noyés et un seul a survécu, lors d’un naufrage au large de la Mauritanie, a-t-on appris jeudi auprès de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et d’une source sécuritaire mauritanienne. «Nouveau naufrage au large de Nouadhibou avec approximativement 40 personnes à bord, il y a un survivant (de Guinée)», a indiqué sur Twitter Vincent Cochetel, un responsable de l’agence de l’ONU. L’UNHCR et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), avec les autorités locales et leurs partenaires, «essaient de renforcer les efforts pour éviter de telles tragédies, mais les trafiquants continuent à mentir à leurs clients», a ajouté M. Cochelet, envoyé spécial de l’agence pour la Méditerranée centrale. AFP/NXP

Migrants: les traversées se multiplient depuis la Tunisie
Les tentatives de traversée en Méditerranée centrale sont en forte hausse par rapport à 2019, notamment en Tunisie. Deux ONG, Médecins sans frontières (MSF) et Sea Watch, annoncent qu’elles vont lancer prochainement une mission commune de sauvetage de migrants, car il n’y en a plus depuis début juillet. Depuis le début de l’année, les tentatives de traversée en Méditerranée centrale sont en forte hausse par rapport au premier semestre 2019, même si elles restent inférieures à 2018. Au départ de la Tunisie, elles ont augmenté de 462 %, selon les chiffres du HCR. Et elles se multiplient notamment depuis un mois. RFI

L’ONU a fermé deux camps de réfugiés au Niger
L’information  de la fermeture de ces deux camps vient seulement d’être connue. Ces deux camps abritaient environ 15.000 Maliens qui ont fui les violences dans le nord de leur pays. Leur fermeture se justifierait par la détérioration de la situation sécuritaire, d’où la décision de délocaliser les réfugiés. Selon les autorités nigériennes, lesdits camps ne sont pas une solution dans la mesure où il y a des services publics de base parallèles et que ça isole les gens ». Les réfugiés ont été transférés dans les villes d’Ayorou et Ouallam (ouest). À en croire un responsable du ministère de l’Intérieur du Niger, « le camp de Tabarey Barey et celui de Mangaizé ont déjà été abandonnés et leurs infrastructures ont été officiellement remises au gouvernement par le HCR. DW

Victimes d’actes de violence, les médias sénégalais demandent plus de sécurité
Une attaque contre les locaux du quotidien « Les Échos » à Dakar a remis au goût du jour les violences contre les médias et incité les associations de la presse à la mobilisation. Souvent victimes de menaces et quelques fois d’attaques verbales ou physiques, les journalistes comptent mettre fin à ces persécutions provenant des milieux politiques, religieux et coutumiers. Lundi 3 août 2020, le quotidien « Les échos » avait mis à sa Une la contamination au Covid-19 et l’hospitalisation de Serigne Moustapha Sy, guide moral de la puissante association religieuse des moustarchidines et président du Parti de l’unité et du Rassemblement (PUR). Une information qui a déchaîné ses disciples qui sortent un communiqué menaçant le journal. Le quotidien « Les Échos » est par la suite victime d’une violente attaque comme le relate le rédacteur en chef Mbaye Thiandoum. VOA

Comment en mettant à genoux le tourisme, le Covid-19 a dopé le braconnage
Éléphants, rhinocéros, antilopes… sont aussi des victimes indirectes de la pandémie de Covid-19. La faune sauvage africaine est menacée par la recrudescence des actes de braconnage. Les touristes ne sont plus là. Dans les parcs et les réserves désertés du continent, au Kenya, au Botswana, en Afrique du Sud ou en Tanzanie, les lions n’ont plus droit aux rafales de photos des touristes venus admirer dans la nature ce qu’on appelle les Big Five, à savoir les cinq plus grands mammifères de la faune africaine : les éléphants, les lions, les léopards, les rhinocéros et les buffles. Dans des espaces habituellement fréquentés par des touristes étrangers et donc considérés comme protégés pour les animaux sauvages, les cas de braconnage se multiplient. Le Point

Côte d’Ivoire : une « armée verte » de 650 soldats pour lutter contre la deforestation
La Côte d’Ivoire a présenté jeudi à Abidjan sa première « armée verte », une brigade de 650 soldats pour lutter contre la déforestation et la criminalité forestière, dans un pays qui a perdu en un demi-siècle la quasi-totalité de ses forêts. La première promotion de la Brigade spéciale de surveillance et d’Intervention (BSSI) est « une unité inédite dans l’histoire des Eaux et forêts en Côte d’Ivoire, par son caractère de Force spéciale » a déclaré le ministre ivoirien des Eaux et forêts, Alain Richard Donwahi, parrain de cette cérémonie. … Premier producteur mondial de cacao avec 40% du marché, la Côte d’Ivoire, qui comptait 16 millions d’hectares de forêts dans les années 1960, a vu leur superficie fondre à trois millions d’hectares, selon les chiffres officiels, à cause notamment du développement des plantations de cacao. Belga



Photo: Adam Jones