Revue de Presse du 5 mars 2020

Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara ne sera pas candidat à la présidentielle de 2020
Le président ivoirien a annoncé qu’il ne se présentera pas à l’élection présidentielle d’octobre 2020. Alassane Ouattara a justifié sa décision au nom du « respect de [ses] engagements ». « Tout au long de ma carrière, j’ai toujours accordé une importance particulière au respect de mes engagements. En conséquence, j’ai décidé de ne pas être candidat en 2020 », a déclaré Alassane Ouattara, ce jeudi. « Cela a été un honneur de servir mon pays », a ajouté le président ivoirien, lors d’un discours devant les 352 parlementaires réunis en Congrès dans l’amphithéâtre de la Fondation Félix Houphouët-Boigny à Yamoussoukro. « Je voudrais annoncer solennellement, que j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération », a écrit le président ivoirien sur son compte Twitter. … Avant d’annoncer qu’il ne sera pas candidat, le président Ouattara a livré quelques informations sur la révision de la Constitution, dont le projet sera adopté vendredi en Conseil des ministres. Comme évoqué par Jeune Afrique, le chef de l’État a décidé de supprimer le « ticket » présidentiel. Le vice-président sera ainsi nommé par le chef de l’État élu, avec l’accord du Parlement. Jeune Afrique

Soudan du Sud : l’envoyé de l’ONU souligne des développements positifs
Devant le Conseil de sécurité, l’envoyé de l’ONU au Soudan du Sud a mis en avant mercredi les « développements positifs » qui ont remis le pays sur le « chemin d’une paix durable ». Le 15 février dernier, le Président sud-soudanais, Salva Kiir, a accepté – « contre l’avis de plusieurs de ses nombreux soutiens » – de revenir au découpage administratif du pays en 10 Etats qui prévalait avant 2015, a rappelé devant le Conseil, David Shearer, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU au Soudan du Sud. Avec ce changement, son opposant Riek Machar a accepté le défi de rejoindre un gouvernement de transition à Juba, la capitale, en qualité de Premier vice-président, « bien que les arrangements en matière de sécurité transitoire ne soient pas encore mis en place », a nuancé M. Shearer qui dirige également la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS). … Au Soudan du Sud, la priorité est désormais de former un gouvernement de transition « afin que le pays et l’accord de paix puisse aller de l’avant ». Les parties négocient actuellement la répartition des portefeuilles ministériels. … Les dispositions de sécurité transitoire doivent encore être mis en place et la situation humanitaire reste précaire, avec une insécurité alimentaire accentuée par l’invasion de criquets pèlerins.ONU Info

Une manifestation anti-Condé interdite en Guinée
Les autorités guinéennes ont décidé mercredi d’interdire des manifestations contre le président Alpha Condé prévues jeudi par l’opposition. Mais l’opposition entend maintenir la pression après plus de quatre mois d’une contestation qui a coûté la vie à au moins 30 civils et un gendarme. Le Front national pour la défense de la Constitution a appelé à braver l’interdiction en prenant part à des marches séparées dans les communes de Conakry et dans une vingtaine de villes, ont indiqué à l’AFP plusieurs de ses responsables. Le président Condé a annoncé vendredi un « léger report » du double scrutin, après de vives critiques sur le fichier électoral, estimant toutefois qu’il ne devait pas être de plus de deux semaines. … L’organisation internationale de la Francophonie (OIF) a jugé « problématiques » près de 2,5 millions de noms d’électeurs figurant sur les listes, avec des doublons et la présence de défunts. Africa News

Coronavirus : le point de la situation en Afrique, un premier cas confirmé en Afrique du Sud
L’Afrique de plus en plus touchée par le nouveau coronavirus. Certes dans une moindre mesure que dans les pays outre-Atlantique, mais le continent fait davantage l’expérience du COVID-19 alors que six pays sont désormais contaminés. Dans cet article qui sera régulièrement mis à jour, nous vous ferons un point de la situation sur l’évolution de la maladie en Afrique, et comment les Etats s’organisent pour y faire face. L’Afrique du Sud a annoncé jeudi avoir identifié un premier cas du nouveau coronavirus sur son territoire, un homme de 38 ans qui a récemment séjourné en Italie. Cet homme et son épouse faisaient partie d’un groupe de dix personnes qui est rentré en Afrique du Sud dimanche, a précisé le ministre de la Santé Zweli Mkhize. Il a consulté un médecin généraliste dans la province sud-africaine du KwaZulu-Natal (nord-est) le lendemain à cause de fièvre, maux de tête, maux de gorge et toux, a précisé M. Mkhize dans un communiqué. « Le patient est à l’isolement depuis le 3 mars », a assuré le ministre en ajoutant que son médecin l’était également. Africa News

Mali : Boubou Cissé en visite à Kidal, trois semaines après le retour de l’armée
Le Premier ministre malien a débuté mercredi une visite hautement symbolique dans le fief touareg de Kidal (Nord). La visite s’achèvera vendredi, dans le nord du pays. Dans un contexte de grave détérioration sécuritaire au Mali et au Sahel, le retour de l’armée le 13 février et la visite du Premier ministre mercredi se veulent autant d’affirmations d’une restauration de l’autorité de l’État malien. Avant ces dernières semaines, l’État malien n’avait quasiment pas repris pied à Kidal depuis mai 2014. Les forces maliennes avaient été chassées de Kidal quand une visite du Premier ministre de l’époque, Moussa Mara, avait donné lieu à des affrontements avec les rebelles touareg, qui avaient causé de lourdes pertes dans les rangs de l’armée. Kidal est depuis contrôlée par la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), alliance à dominante touareg d’anciens groupes armés rebelles. La CMA est signataire de l’accord de paix d’Alger de 2015 avec une alliance de groupes armés progouvernementaux appelée la Plateforme. Jeune Afrique avec AFP

Mali : Législatives 2020 : Quelles chances pour les candidates à Bamako ?
Elles sont au total 104 femmes à être candidates sur les différentes listes en compétition dans le district de Bamako à l’occasion des élections législatives du 29 mars 2020. Indépendantes ou arborant les couleurs de partis politiques, elles seront appelées à la conquête de l’électorat dans un scrutin où les candidatures masculines sont majoritaires. Si leurs chances de siéger en nombre au prochain Parlement restent limitées, selon certains observateurs, ces candidates croient en leur destin. Alors que l’ouverture de la campagne est prévue pour le dimanche 8 mars, certaines femmes candidates sont déjà en pré-campagne auprès des populations, sur le terrain. C’est le cas de Mme Assétou Sangaré, Présidente du Parti pour le renouveau et le développement (PRD), candidate en commune IV du District de Bamako. « Nous n’en sommes pas à notre première participation. Les préparatifs vont bon train. Nous y sommes en plein, avec des portes à portes, des réunions et autres activités », confie-t-elle. Journal du Mali

Guinée-Bissau : un pays, deux gouvernements
La Guinée-Bissau a officiellement deux gouvernements. Mardi (03.03), le gouvernement du premier ministre Nuno Nabiam, désigné par le président auto-poclamé Umaro Cissoco Embalo, a tenu son premier Conseil des ministres. Le parti historique, le PAIGC, conteste la victoire d’Umaro Cissoco Embalo et l’autre premier ministre, issu du PAIGC, Aristides Gomes, dans une interview à la Deutsche Welle, qualifie la situation de « putsch ». L’armée surveille d’ailleurs le palais du gouvernement de Nuno Nabiam et occupe les médias publics. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) se disent pour leur part « préoccupées ». Pour l’ancien ministre angolais des Affaires étrangères, Georges Rebelo Pinto Chikoti, le pays est dans une impasse : « Il y a un problème qui devient plutôt grave, on ne peut pas parler d’un problème héréditaire. Mais je crois que c’est assez sérieux. » Il critique l’investiture d’Umaro Cissoco Embalo intervenue le 27.02. « On ne peut pas se déclarer président dans un restaurant et dire à l’armée de prendre le pouvoir et se considérer légitimement élu », soutient-il. M. Chikoti qui a dirigé des missions de paix en Guinée-Bissau pour le compte de la CPLP, préconise la mise en place d’une armée républicaine et une solution politique. DW

Centrafrique: les victimes des forces de Bemba vont recevoir l’aide du fonds de la CPI
Près de 20 ans après les faits, l’aide effective du fonds au profit des victimes des forces de Jean-Pierre Bemba va débuter au printemps, avec un budget d’environ 1,2 million de dollars pour cette première année. Entretien avec Bertin Bishikwabo, chargé de programme du fonds de la CPI à Bangui. En 2002-2003, les hommes de Jean-Pierre Bemba sévissent sur le territoire centrafricain. Ils pillent, tuent, et violent de nombreuses femmes. Poursuivi devant la CPI, Jean-Pierre Bemba a été acquitté en juin 2018. Malgré l’acquittement, des milliers de victimes des forces de Bemba sont présentes sur le territoire centrafricain, beaucoup ont besoin d’une assistance. Le fonds au profit des victimes de la CPI devrait appuyer près de 3 000 personnes cette année. Mais depuis un an, la CPI aide déjà des victimes dans le plus grand besoin. Bertin Bishikwabo, chargé de programme du fond au profit des victimes de la CPI à Bangui, revient sur le processus. RFI

Le décès du leader djihadiste tunisien Abou Iyadh confirmé par AQMI
Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) vient de confirmer la mort d’Abou Iaydh, fondateur du principal groupe djihadiste armé de Tunisie, Ansar Al Sharia. Il était notamment à l’origine de plusieurs attentats et assassinats politiques. Annoncée plusieurs fois à tords, la mort  d’Abou Iyadh était devenue un serpent de mer. AQMI confirme désormais le décès de ce leader du djihad armé en Tunisie, aux cotés d’autres chefs de son commandement. Formé au sein du mouvement de la tendance islamique (MTI), l’un des ancêtres du parti Ennahda, il s’était fait connaître en s’engageant en Afghanistan et en fondant le groupe combattant tunisien GCT – soupçonné d’être derrière la mort du commandant afghan Massoud, assassiné lors d’une fausse interview avec caméra piégée. Abdelmalek Droukdel, émir d’Aqmi (ex-GSPC algérien, groupe pour la prédication et le combat), lui rend hommage dans ce post. Jeune Afrique

Le Kenya accuse la Somalie d’avoir violé son intégrité territorial
Le président Uhuru Kenyatta a réuni ce mercredi 4 mars  son Conseil national de sécurité en session extraordinaire après des affrontements lundi, entre l’armée somalienne et celle de l’État fédéral somalien du Jubaland. Ces violences se sont déroulées juste à la frontière avec le Kenya. Or le gouvernement kenyan a accusé Mogadiscio d’avoir violé l’intégrité et la souveraineté de son territoire. Selon le Kenya, les combats entre l’armée somalienne et celle du Jubaland auraient débordé avec une incursion de soldats somaliens dans la ville frontalière kenyane de Mandera, où ils auraient « détruit des propriétés de citoyens », et se seraient engagés dans « des activités agressives et belligérantes », dit Nairobi. Une « provocation » inacceptable disent les Kenyans. Le communiqué fait écho aux mêmes accusations de viol de souveraineté lancées par la Somalie à son voisin le mois dernier. Beaucoup de choses se jouent en toile de fonds, notamment le futur retrait en 2021, de la force africaine, et donc des soldats kenyans déployés en Somalie pour combattre les islamistes. RFI

Alger et Madrid « d’accord à 100 % » sur leur frontière maritime
L’Algérie et l’Espagne ont déclaré mercredi n’avoir aucun désaccord au sujet du tracé de leur frontière maritime en Méditerranée, lors d’une visite de la cheffe de la diplomatie espagnole à Alger. Cette visite survient alors que l’Algérie a décidé unilatéralement en avril 2018 d’étendre ses eaux territoriales jusqu’à proximité de l’archipel espagnol des Baléares. La ministre espagnole, Arancha Gonzalez Laya, a rencontré son homologue algérien, Sabri Boukadoum, avant de s’entretenir avec le président Abdelmadjid Tebboune. « Je voudrai être très claire au sujet des frontières maritimes sur lesquelles l’Algérie et l’Espagne sont d’accord à 100%. Nous n’avons pas de problème à fixer les frontières maritimes », a affirmé Arancha Gonzalez Laya lors d’une conférence de presse conjointe avec son collègue algérien. Jeune Afrique avec AFP

Au Cameroun, l’état du système sanitaire met à mal les efforts de préparation contre le Covid-19
« Cas suspects »… Sur la porte de la chambre, l’affichage improvisé au feutre donne le ton. Après avoir résonné sur le carrelage du couloir, les pas du docteur David Mekolo s’arrêtent et l’anesthésiste jette un œil dans la salle vide juste meublée de deux lits inoccupés, avant de pénétrer dans une chambre voisine du service de réanimation de l’hôpital Laquintinie, à Douala, la capitale économique du Cameroun. Là, le médecin ajuste un masque relié à un appareil respiratoire et s’allonge avant d’être aidé à se redresser et à se recoucher. « C’est une simulation, précise celui qui est aussi responsable du comité de catastrophe, mis en place à la mi-février. En temps normal, les soignants seraient protégés et l’accès à cette ancienne salle de réanimation, qui est notre site provisoire de quarantaine, serait interdit. » L’hôpital Laquintinie est l’un des plus gros établissements hospitaliers et l’un des centres de traitement sélectionnés par les autorités camerounaises pour recevoir les cas suspects ou confirmés de coronavirus au Cameroun. Le Monde

Les origines d’Usman dan Fodio
Usman dan Fodio est né le 15 décembre 1754 dans le village de Maratta, dans l’Etat du Gobir, ville de langue haoussa, dans le nord de l’actuel Nigeria. Il est le fondateur du califat de Sokoto. … Après avoir terminé ses études, Usman dan Fodio retourne à Gobir et commence à prêcher l’Islam au peuple qui à cette époque, mélangeait le paganisme et l’Islam. Sa popularité grandi à Gobir, ce qui déplaît au roi de l’époque. Rimfa voit alors Usman dan Fodio comme une menace et tente de l’assassiner. Usman dan Fodio s’échappe et entreprend des voyages dans les communautés rurales pour prêcher, enseigner et écrire. En 1803,  Usman dan Fodio et des centaines de ses disciples émigrent à Gudu, où ils continuent de répandre l’islam. C’est pendant ce séjour à Gudu qu’Usman dan Fodio déclare une guerre sainte (un djihad), contre le roi Yunfa de Gobir (fils et successeur de Rimfa) et son peuple. Usman dan Fodio estime alors que leur mode de vie ne correspond pas à l’enseignement de l’islam. DW



Photo: Adam Jones