Revue de Presse du 4 avril 2016

Burundi: le Conseil de sécurité vote l’envoi d’une police de l’ONU

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté vendredi à l’unanimité une résolution visant à ouvrir la voie à une présence policière onusienne au Burundi, pour tenter d’apaiser les violences dans ce pays. Préparée par la France, cette résolution confie au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon le soin de dresser dans les quinze jours une liste des options envisageables pour ce déploiement policier, en collaboration avec le gouvernement burundais et l’Union africaine. « Nous avons besoin que les Nations unies soient davantage présentes sur le terrain », a affirmé François Delattre, ambassadeur de France à l’ONU, devant le Conseil. Cette résolution aidera la communauté internationale « à réagir rapidement pour éviter le pire », a-t-il poursuivi. Challenges

Le Burundi accepte le principe d’une police de l’Onu

Le Burundi approuve la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies prévoyant l’envoi d’une force de police dans le pays, a déclaré samedi le ministre burundais des Affaires étrangères, Alain Nyamitwe, mettant fin à des mois de bras de fer avec l’organisation. Les quinze membres du Conseil ont adopté vendredi à l’unanimité une résolution d’inspiration française demandant au secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, de présenter divers scénarios pour le déploiement d’une force de police au Burundi, où les violences menacent de dégénérer en conflit interethnique. … « Cette résolution de l’Onu nous convient parce qu’elle prend en compte tout ce que nous disons », a déclaré à Reuters Alain Nyamitwe. « Nous avons toujours été ouverts à des experts mais jamais à l’envoi de troupes de maintien de la paix au Burundi », a-t-il dit, ajoutant que « quelques » policiers de l’Onu pourraient aider à stabiliser le pays. Léonce Ngendakumana, président du parti d’opposition Frodebu (Front pour la démocratie du Burundi), a au contraire critiqué une résolution qui, dit-il, « ne nous apporte rien ». « Nous ne voulons pas d’une police de l’Onu mais de soldats de maintien de la paix qui empêcheraient le Burundi de basculer dans la guerre civile », ajoute l’opposant. Reuters

Bujumbura vit dans la terreur

Surveillance, arrestations, tortures, exécutions, la répression s’est abattue sur le Burundi. Livrée sans défense au régime en place, la population vit sous le régime de la peur. Les quartiers contestataires de Bujumbura sont surveillés, très surveillés. Impossible d’y entrer sans être aussitôt repéré par des policiers en faction, des forces de l’ordre en civil, des agents de la Documentation (le service national de renseignement, SNR), ou par les informateurs du régime. Au Burundi, le prix d’une délation tourne autour de 20 000 francs burundais, soit environ 10 €. Il y a aussi les Imbomerakure, la milice progouvernementale issue de la ligue des jeunes du parti présidentiel, le CNDD-FD. Ils sont à la fois supplétifs des forces de sécurité, gardiens de l’ordre public et zélateurs du régime en place. Tout sauf des tendres et des modérés. Maisons fermées, boutiques closes, ruelles quasi désertes. Dès 18 heures, plus personne ne sort dans les quartiers connus pour s’être opposés à un troisième mandat du président Pierre N’Kurunziza, lors des élections du printemps dernier. La Croix

Le Nigeria arrête le chef du groupe jihadiste Ansaru, proche d’Aqmi

L’armée nigériane a annoncé dimanche avoir arrêté vendredi Khalid al-Barnawi, le chef du groupe jihadiste Ansaru, dissident de Boko Haram et lié à Aqmi. Ce groupe est à l’origine de l’enlèvement de l’ex-otage français Francis Collomb en 2012. Khalid al-Barnawi, chef du groupe islamiste nigérian Ansaru, dissident de Boko Haram et lié à Al-Qaïda au Maghreb islamiste (Aqmi), a été arrêté vendredi 1er avril dans le centre du Nigeria, a annoncé l’armée nigériane dimanche 3 avril. « Les agents de sécurité ont effectué vendredi une avancée dans la lutte contre le terrorisme en arrêtant Khalid al-Barnawi, le chef du groupe terroriste Ansaru à Lokoja », capitale de l’État de Kogi [centre du Nigeria], a déclaré dimanche le porte-parole de l’armée nigériane Rabe Abubakar. France24

République du Congo : des tirs nourris entendus à Brazzaville

La capitale congolaise s’est réveillée, lundi 4 avril, au son des rafales. En fin de matinée, une source policière jointe à Brazzaville par Le Monde a confirmé l’information de RFI faisant état de tirs nourris pendant la nuit. Des affrontements qui ont opposé, dit-on, les forces de l’ordre congolaises aux miliciens du pasteur Ntumi dans les quartiers de Makélékélé et Bacongo, dans la partie sud de la capitale. « Nous sommes sur le terrain. Il n’y a pas encore de bilan mais la situation est maîtrisée », affirme la police. L’ancien rebelle Frédéric Bintsamou, plus connu sous le nom de « pasteur Ntumi », vit entouré d’anciens miliciens « ninjas » originaires des quartiers sud de Brazzaville et du Pool. Des hommes qui ont combattu pendant la guerre civile contre les « cobras » de l’actuel président Denis Sassou-Nguesso. Le Monde

Les Africains du Panama : des ministres en Algérie et en Angola clients de Mossack Fonseca

Le régime algérien et les paradis fiscaux ont pour point commun une certaine opacité qu’ils entretiennent pour préserver leurs systèmes. A Alger, l’évasion fiscale est un sujet tabou, réservé à une certaine élite. Il est théoriquement interdit de posséder des avoirs monétaires à l’étranger accumulés grâce à une activité en Algérie. Toutefois, selon des documents consultés par Le Monde, le ministre de l’industrie et des mines, Abdeslam Bouchouareb, a détenu une société établie au Panama, Royal Arrival Corp. Elle a été créée en avril 2015 à travers les services de la société de domiciliation d’entreprises offshore Mossack Fonseca. Le Monde

Ebola au Liberia: la dernière victime venait de Guinée, un 2e cas confirmé positif

La nouvelle victime d’Ebola au Liberia, une femme décédée, était venue de Guinée voisine avec ses trois enfants, dont un a été testé positif au virus et était hospitalisé, a-t-on appris dimanche auprès du ministère libérien de la Santé. La femme, une trentenaire, est décédée le 31 mars après avoir été admise dans un hôpital de Monrovia, avait annoncé cette semaine le ministère de la Santé, sans plus de précisions sur son identité et son parcours. Il avait alors affirmé mener l’enquête pour déterminer l’origine de cette nouvelle contamination. George Sorbor, responsable de la communication du ministère de la Santé, a précisé dimanche à l’AFP qu’elle était venue de Guinée, pays voisin où la résurgence d’Ebola a fait au moins sept morts, sur huit cas recensés depuis mi-mars. Le Liberia a fermé ses frontières avec la Guinée peu après l’annonce, le 17 mars, du retour d’Ebola chez son voisin. Il les a rouvertes quelques jours plus tard avant la révélation, vendredi, d’un nouveau cas sur son propre sol. TV5Monde

L’exécutif burkinabè à la manoeuvre

Roch Marc Christian Kaboré a été investi à la tête du Burkina Faso le 29 décembre dernier, et depuis, l’exécutif burkinabè a pris un certain nombre de mesures. Il s’affiche volontariste. Pour le président du Burkina Faso et son équipe, il s’agit de pallier aux difficultés économiques, mais aussi faire face aux revendications post-insurrection. Le 17 mars, l’exécutif a également annoncé la mise en place d’une Commission constitutionnelle, en vue de rédiger dans les « 60 jours », un « avant-projet » de Constitution pour le passage du pays à la cinquième République. Un volontarisme suffisament convaincant pour les populations? Richard Tiéné, notre correspondant à Ouagadougou, fait le point. DW

Tchad: l’opposition s’inquiète d’un possible trafic de cartes d’électeur

La campagne pour l’élection présidentielle se poursuit au Tchad, où le premier tour de scrutin doit se tenir ce dimanche 10 avril. Le président Idriss Deby, au pouvoir depuis 1990, brigue un nouveau mandat. Le contexte est particulièrement tendu avec quatre représentants de la société civile qui ont été arrêtés il y a quinze jours et qui sont toujours en détention. L’opposition craint que le scrutin ne soit pas transparent. Et ce dimanche, un homme soupçonné d’acheter des cartes d’électeurs a été arrêté par des militants de l’opposition. Dimanche en début d’après-midi, des militants d’un parti d’opposition se rendent compte de la présence d’un homme près d’une file d’attente à Atrone dans le 7e arrondissement de Ndjamena. Plusieurs personnes lui laissent leur carte d’électeur. L’homme soupçonné de préparer la fraude est arrêté et conduit au commissariat, mais il sera relâché plus tard. Selon la police qui a interrogé le suspect, il s’agissait d’une simple opération de distribution de tee-shirts et de casquettes à l’effigie du président sortant. Mais le distributeur voulait s’assurer que les bénéficiaires étaient bien des électeurs, d’où la collecte des cartes d’électeurs à des fins de vérification. RFI

400.000 Soudanais auront besoin d’aide alimentaire en raison d’El Niño

Quelque 400.000 personnes au Soudan auront besoin d’aide alimentaire en raison de la raréfaction des pluies dans ce pays due au phénomène climatique El Niño, ont indiqué les Nations unies à l’AFP dimanche. Le phénomène climatique El Niño est un grave épisode météorologique affectant le régime des pluies et qui se traduit aussi bien par des sécheresses que par des inondations. Il survient tous les deux à sept ans. « Nous sommes arrivés à une estimation de 400.000 personnes qui auront besoin d’aide », en raison du faible niveau des pluies dans certaines régions, a déclaré Marco Cavalcante, directeur au Soudan du Programme alimentaire mondial (PAM), une agence de l’ONU. Les régions les plus affectées par la sécheresse sont l’est du Soudan, le Darfour-Est et le centre de la région du Kordofan, selon M. Cavalcante. Un budget supplémentaire de 10,9 millions d’euros sera nécessaire pour fournir de l’aide aux personnes affectées par El Niño. VOA

Kenya, le miroir de la Chinafrique

Lors de sa première visite en Chine en 2013, Uhuru Kenyatta avait signé pour plus de 5 milliards de dollars de contrats. Depuis, son pays est devenu l’un des partenaires les plus choyés par Pékin en Afrique. Les yuans pleuvent sur le Kenya. Mais à quel prix ? Au-delà des implications politiques, la Banque mondiale s’est penchée sur le dossier. Résultat : un rapport de soixante pages et une conclusion mi-figue, mi-raisin. Oui, la demande chinoise est devenue une clef essentielle de la croissance économique du Kenya. Mais attention à la dépendance ! Plus de quatre cents entreprises chinoises sont actuellement installées au Kenya dans tous les secteurs : matières premières, tourisme, télécommunications, BTP, transports et infrastructures. Une variété d’activités unique en Afrique, si ce n’est le cas particulier de l’Afrique du Sud. Le Monde

La longue fuite pour la vie des Erythréens

Ces réfugiés érythréens rencontrés à Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie, ont fui la dictature dans leur pays. Il s s’engagent sur la route de l’Europe ou multiplient les démarches auprès de pays occidentaux qui ont encore des politiques d’accueil. Les Italiens n’auront pu régler la vie des Éthiopiens que cinq petites années. C’était du temps de Mussolini. Mais ils ont laissé leur marque dans les pâtes des restaurants d’Addis-Abeba, les billards des cafés rassemblant des joueurs concentrés et les « condominiums » qui donnent à la capitale un air de banlieue milanaise. C’est dans l’un de ces groupes d’immeubles de cinq étages en brique que loge Hagos. Son nom veut dire happiness (« bonheur »), précise-t-il en plissant ses yeux d’or dans lesquels aucune joie ne perce. Hagos est réfugié, ici, dans le quartier de Kera, spécialisé dans les réparations mécaniques en tout genre. La Croix

Djibouti: des femmes en grève de la faim pour dénoncer les viols dans le pays

Dix femmes sont en grève de la faim pour dénoncer les viols à Djibouti. Ces Djiboutiennes sont toutes réfugiées politiques en Belgique ou en France. Elles ont arrêté de se nourrir le 15 mars. Pour elles, l’armée djiboutienne utilise le viol comme moyen de réprimer l’opposition au gouvernement. Les dix militantes espèrent donner davantage de résonnance à leur message à quelques jours de l’élection présidentielle à Djibouti. En effet, ce vendredi le président Omar Guelleh briguera un quatrième mandat. Aïsha Dabalé est porte-parole en France du Comité des femmes djiboutiennes contre les viols et l’impunité. Elle explique que les soldats du gouvernement utilisent le viol comme moyen de répression contre l’opposition : « Depuis le début de la guerre civile en 1991 il y a eu des centaines de femmes qui ont été violées par les soldats de l’armée gouvernementale à Djibouti. Ça ne peut pas durer. Nous constatons que ce sont les régions du nord, du sud-ouest du pays, qui sont les régions où opère le front armé du FRUD, où les femmes et les civils sont pris pour cible parce qu’ils sont simplement soupçonnés de sympathie parfois à l’égard de ce front armé ». RFI

RDC: les enfants combattants issus des rebelles armés du FDLR détenus illégalement

L’armée congolaise détient illégalement au moins 29 enfants âgés de 15 à 17 ans dans de rudes conditions dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), a dénoncé l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié lundi. Les autorités affirment que ces garçons étaient membres d’un groupe rebelle armé et les détiennent dans une prison militaire à Angenga (dans la nouvelle province de la Mongala), depuis leur capture dans l’est de la RDC dans la première moitié de 2015. HRW a constaté, lors d’une visite de cette prison en décembre 2015, que ni ces garçons ni les hommes adultes qui sont détenus avec eux n’ont été formellement accusés de crimes, et qu’ils n’avaient accès ni à des avocats ni à leurs familles. RTBF

Présidentielle RDC: Moïse Katumbi pour un candidat unique face à Kabila

L’ex-gouverneur de la province congolaise du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, devenu opposant au président Joseph Kabila et potentiel candidat à la prochaine présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), a entamé des consultations avec des poids lourds de l’opposition afin de tenter de trouver un candidat « unique » lors de ce scrutin à l’échéance incertaine, tout en réclamant l’alternance politique dans son pays en décembre prochain. M. Katumbi doit rencontrer au cours des prochains jours à Bruxelles les leaders de deux des principaux partis d’opposition congolais ainsi que des représentants de la société civile congolaise, a-t-il indiqué dimanche à l’agence Belga. RTBF

Six candidats face à Obiang pour la présidentielle en Guinée équatoriale

Le président sortant de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 1979, affrontera six candidats à l’élection présidentielle du 24 avril, en l’absence des principaux partis d’opposition. « Après la validation et proclamation de quatre candidats le 30 mars, la commission électorale nationale a validé trois autres candidatures, ce qui donne un total de sept candidats qui participeront au scrutin du 24 avril en Guinée équatoriale », a indiqué la télévision nationale dimanche soir. M. Obiang Nguema, à la tête d’une coalition de dix partis dont le parti démocratique de Guinée Equatoriale (PDGE, au pouvoir), est quasiment assuré de remporter cette élection. Ses adversaires sont pour certains nouveaux venus en politique, les autres n’ayant que très peu de poids sur l’échiquier national. VOA

Une motion de destitution contre Zuma

Le Parlement sud-africain va débattre mardi d’une motion de destitution concernant le président Jacob Zuma, selon Baleka Mbete, le porte-parole de l’Assemblée nationale. L’opposition a appelé a ce que Zuma soit inculpé, a cause de violations des lois anti-corruption inscrite dans la Constitution. Le president sud africain est empetre dans un scandal de millions de dollars d’argent public depensés pour la construction de son domicile privé. Jacob Zuma, qui a longtemps nié toute irrégularité dans le financement public de ces travaux estimés en 2014 à 216 millions de rands (24 millions de dollars à l’époque), a fini par s’excuser vendredi soir, dans un discours télévisé à la nation, d’avoir eu recours aux fonds publics, reconnaissant avoir commis une faute constitutionnelle. BBC



Photo: Adam Jones