Soudan : le général Al-Bourhane exclut toute négociation avec les paramilitaires pour mettre fin au conflit
Dans le combat dévastateur qui l’oppose depuis presque deux ans aux Forces de soutien rapide (FSR), le chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane, a promis, samedi 29 mars au soir, que ses troupes se battraient jusqu’à la victoire totale sur les paramilitaires. Dans son premier discours télévisé depuis que l’armée régulière a affirmé, dans la semaine, avoir repris le contrôle total de la capitale soudanaise, Khartoum, le général Al-Bourhane a déclaré que la guerre ne pourrait s’achever que « si cette milice dépose ses armes ». Il a également exclu toute négociation avec les FSR, affirmant que la victoire ne serait complète que lorsque « le dernier rebelle aura été éliminé ». Mercredi soir, le général Al-Bourhane avait déclaré Khartoum « libérée » du palais présidentiel où il est arrivé au terme d’une offensive lancée par ses troupes pour reconquérir la capitale aux mains des FSR, menées par le général Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti ». Le lendemain, le porte-parole de l’armée avait précisé qu’elle avait réussi « à nettoyer (…) les dernières poches [de résistance] de la milice terroriste » à Khartoum. Les paramilitaires ont rétorqué qu’ils continueraient à « défendre le sol de la patrie » et prévenu qu’il n’y aurait « ni retraite ni reddition ». Mais dimanche, le général « Hemetti » a reconnu pour la première fois que ses troupes avaient abandonné Khartoum. « …Je vous confirme que nous sommes effectivement partis de Khartoum, mais (…) nous reviendrons avec une détermination plus forte », a-t-il déclaré, dans un discours adressé à ses troupes relayé sur les réseaux sociaux. Le Monde avec AFP
Mali: un an après la Déclaration du 31 mars, toujours aucune date pour les élections
Au Mali, cela fait tout juste un an, ce lundi, que la quasi-totalité des organisations politiques et de la société civile maliennes signaient la Déclaration du 31 mars, pour exiger le retour à l’ordre constitutionnel. Plus de quatre ans et demi après le coup d’État d’août 2020 et plusieurs reports, aucune date n’est programmée pour l’organisation d’élections. La dernière échéance, fixée par les autorités de transition elles-mêmes, prévoyait la fin de la transition au plus tard au 26 mars 2024. L’opposant en exil Ismaël Sacko, président du Parti social-démocrate africain (PSDA), signataire de la Déclaration du 31 mars, dénonce une « impasse ». « Nous sommes toujours dans l’impasse. Il n’y a aucune volonté de ces autorités d’aller vers le retour à l’ordre constitutionnel normal parce que ça ne les arrange pas, estime Ismaël Sacko. Nous avons des libertés qui sont réduites, des gens qui sont enlevés [des voix critiques enlevées par la sécurité d’État en-dehors de toute procédure judiciaire, NDLR], le peuple est bâillonné ». Depuis le « léger report » annoncé en septembre 2023, Bamako n’a fixé aucune nouvelle date, aucun nouveau calendrier électoral. Cela fait donc un an que les partis signataires de la Déclaration du 31 mars dénoncent un « vide juridique et institutionnel ». « Juridiquement, la fin de la transition était actée pour le 26 mars 2024, rappelle l’opposant en exil. À la date d’aujourd’hui, aucun texte ne justifie la prolongation de la transition, ni le maintien des autorités de fait en place. Ce sont les armes qui font la loi, le peuple subit ». RFI
Au Burkina Faso, « plusieurs dizaines » de soldats et de supplétifs de l’armée tués dans une attaque djihadiste présumée
« Plusieurs dizaines » de soldats et de supplétifs civils de l’armée burkinabée ont été tuées vendredi 28 mars dans une attaque djihadiste présumée dans l’est du pays, a appris dimanche l’Agence France-Presse (AFP) de sources locales et sécuritaires. Depuis 2015, le Burkina Faso est confronté à de nombreuses attaques de groupes armés djihadistes liés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique sur la majeure partie de son territoire. Vendredi, « une violente attaque a ciblé le détachement [militaire] de Diapaga », chef-lieu de la province de la Tapoa, dans la région de l’Est, et fait « plusieurs dizaines de morts et de nombreux blessés », a déclaré à l’AFP une source sécuritaire de la région. Les victimes sont « des soldats et des VDP », les Volontaires pour la défense de la patrie, des supplétifs civils de l’armée, a-t-elle précisé…La région de l’Est a été frappée à la mi-mars par deux attaques distinctes, qui ont fait au moins une douzaine de morts parmi les forces de sécurité et des civils, selon des sources sécuritaire et locale…Des associations et l’ONG Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé plusieurs fois des massacres de civils attribués à l’armée burkinabée et aux VDP sous couvert de la lutte antidjihadiste. Les violences djihadistes ont fait plus de 26 000 morts et déplacé près de 2 millions de Burkinabés, selon l’ONG Acled, qui recense les victimes de conflits dans le monde. Le Monde avec AFP
HRW dénonce les arrestations de journalistes au Burkina Faso
Au Burkina Faso, on est toujours sans nouvelle de trois journalistes arrêtés en début de [la semaine dernière] : Guezouma Sanogo et Boukari Ouoba, respectivement président et vice-président de l’AJB, l’Association des journalistes du Burkina ont été embarqué lundi par des hommes en civil se présentant comme des policiers travaillant pour les services de renseignements burkinabè. Quelques jours auparavent, ils avaient tenu une conférence de presse pour dénoncer les restrictions à la liberté d’expression imposées par le pouvoir et demander aux autorités de libérer les journalistes arbitrairement détenus. Présent pour couvrir cette conférence : Luc Pagbelguem, journaliste à la chaîne de télévision privée BF1. Lui aussi a été arrêté lundi par les services de renseignements. Le lieu actuel où sont détenus les trois hommes demeure inconnu ce qui suscite nombre d’inquiétudes…Dans son communiqué, HRW note que depuis l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré, la junte a systématiquement réprimé les médias, l’opposition politique et la dissidence pacifique. Pour ce faire, le président de la transition a notamment eu recours à une loi d’urgence de grande ampleur lui permettant de faire taire les voix critiques et d’enrôler illégalement dans l’armée tout ceux qui s’opposent à elle, sous couvert de lutte contre l’insurrection islamiste. DW
Les pays de l’AES instaurent une taxe de 0,5% sur les importations des pays tiers
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont décidé d’instaurer un droit de douane de 0,5 % sur les produits qu’ils importent des pays non membres de leur confédération pour en financer les activités. Baptisé « prélèvement confédéral AES », celui-ci ne devrait cependant pas concerner les biens en provenance des pays de l’Uemoa dont Ouagadougou, Bamako et Niamey font toujours partis bien qu’ils aient quitté la Cédéao au mois de janvier. Signé de la main d’Assimi Goïta, le chef de la junte militaire au pouvoir à Bamako qui assure également la présidence de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), le document instaurant un droit de douane pour les produits importés au Mali, au Niger et au Burkina Faso prévoit la mise en place d’un « prélèvement confédéral » de 0,5 % sur les marchandises qui entrent dans les trois pays membres de l’organisation. En revanche, cette nouvelle taxe ne sera pas appliquée aux marchandises en transit ou issues des pays de l’AES, ni même à celles d’un Etat ayant signé un accord douanier avec eux, précise le texte. En théorie, les produits en provenance des membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) dont le Mali, le Niger et le Burkina Faso font toujours partie malgré leur retrait de la Cédéao au mois de janvier dernier ne seront donc pas concernés. RFI
L’armée nigérienne se retire de la force antidjihadiste du lac Tchad
L’armée nigérienne a annoncé, samedi 29 mars, se retirer de la Force multinationale mixte (FMM), de lutte antidjihadiste dans le bassin du lac Tchad. En 2015, le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et le Niger avaient réactivé cette force régionale, créée en 1994, pour combattre les groupes djihadistes, tels que Boko Haram et l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), autour de cette étendue d’eau qui chevauche les quatre pays. « L’opération menée jadis sous l’égide du Secteur 4 de la Force multinationale mixte (FMM) porte désormais le nom de “Nalewa Dolé” », a précisé l’armée nigérienne dans un bulletin d’informations lu à la télévision d’Etat. « Ce changement d’appellation découle du retrait du Niger de la FMM », a-t-elle ajouté sans plus de détails. Ce retrait « traduit une volonté affirmée de renforcer la sécurisation des sites pétroliers du Nord », a poursuivi l’armée nigérienne, considérée comme l’un des principaux piliers de la FMM. Les installations pétrolières situées dans la région de Diffa (Sud-Est) sont sous la menace de groupes armés hostiles à Niamey qui attaquent particulièrement l’oléoduc géant acheminant du brut jusqu’au Bénin voisin. Les relations tendues entre Etats ont fragilisé la lutte antidjihadiste au sein de la FMM. Depuis l’arrivée au pouvoir d’un régime militaire au Niger à la suite d’un putsch, en juillet 2023, Niamey accuse Abuja d’abriter des troupes étrangères pour le déstabiliser, ce que le Nigeria a toujours nié. Après un peu plus d’un an d’interruption, les deux voisins avaient annoncé la reprise de leur coopération militaire en août 2024, lors d’une visite à Niamey du chef d’état-major de l’armée nigériane, le général Christopher Musa. Le Monde avec AFP
En Guinée, l’ancien dictateur Moussa Dadis Camara gracié pour « raison de santé » par le chef de la junte
L’ancien dictateur guinéen Moussa Dadis Camara, condamné à vingt ans de prison pour sa responsabilité dans un massacre en 2009, a été gracié, vendredi 28 mars, pour « raison de santé » par le chef de la junte en Guinée, selon un décret lu à la télévision nationale…A l’issue d’un procès historique qui avait duré près de deux ans, Moussa Dadis Camara avait été condamné, en août 2024, à vingt ans de prison pour crimes contre l’humanité pour sa responsabilité dans le massacre du 28 septembre 2009 en Guinée. A l’issue d’un procès historique qui avait duré près de deux ans, Moussa Dadis Camara avait été condamné, en août 2024, à vingt ans de prison pour crimes contre l’humanité pour sa responsabilité dans le massacre du 28 septembre 2009 en Guinée. Les exactions, dont les chiffres réels sont probablement plus élevés, ont continué plusieurs jours contre des femmes séquestrées et des détenus torturés dans ce qui est considéré comme l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire contemporaine de la Guinée…Ces annonces par décret interviennent dans un contexte de sévère restriction des libertés en Guinée. De nombreux opposants à la junte ont disparu ou sont inquiétés par la justice, des manifestations réclamant le départ des militaires sont régulièrement interdites et plusieurs médias ont été fermés dans le pays. Le Monde avec AFP
Zimbabwe : police déployée et villes désertes après un appel à manifester contre le président
La police était déployée en force lundi dans les principales villes du Zimbabwe, où les entreprises et les administrations étaient fermées, après des appels à manifester pour demander au président Emmerson Mnangagwa de quitter le pouvoir. Un petit groupe de personnes a essayé de se rassembler sur la place du président Robert Mugabe à Harare mais a été dispersé par les forces de l’ordre, selon des vidéos postés sur les réseaux sociaux. Dans la deuxième ville du pays, Bulawayo, les principaux commerces et bureaux étaient fermés et seules quelques personnes se trouvaient au marché de produits frais qui est normalement très fréquenté, a rapporté un journaliste de l’AFP. Le chef de l’Etat fait face à la plus vive contestation depuis son arrivée au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat il y a huit ans, entre luttes intestines au sein de son parti et colère croissante de l’opinion sur fond d’économie défaillante… »La tâche de destituer Mnangagwa a déjà commencé », avait fanfaronné la semaine dernière sur les réseaux sociaux Blessed Geza, en treillis, qui est aussi connu sous le nom de « Bombshell », signifiant en anglais à la fois une bombe et une forte surprise…M. Geza et sa faction de vétérans de la guerre qui a conduit à l’indépendance font pression pour remplacer le chef d’Etat par son vice-président, Constantino Chiwenga, un général à la retraite qui est précisément celui qui avait orchestré le coup d’État de 2017. AFP
En Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra poussé à un troisième mandat par ses partisans
Les manifestations en sa faveur, pour l’inciter à briguer un troisième mandat, se multiplient depuis plusieurs mois en Centrafrique. Dimanche 30 mars, le président Faustin-Archange Touadéra a participé à la célébration du 9e anniversaire de son investiture. L’événement a été l’occasion de louanges et d’appels à se présenter à l’élection présidentielle de décembre, même si le chef de l’État n’a toujours pas officialisé sa candidature. Comme chaque année, la cérémonie s’est déroulée dans l’enceinte de l’Assemblée nationale à Bangui, la capitale…Faustin-Archange Touadéra a conclu son discours, long de près d’une heure, en laissant le pays dans l’obscurité concernant une éventuelle candidature. « Je me concentre sur mon mandat actuel », a-t-il assuré. Reste que pour contribuer à d’éventuels frais de campagne qui viendraient à servir, Aurélien Simplice Zingas, le ministre de l’Éducation et porte-parole de l’Union des forces de l’opposition (UFDO), ancien opposant désormais rallié au régime, n’a pas hésité à remettre une enveloppe de 2 millions de francs CFA au président. De son côté, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), opposé à la nouvelle Constitution qui permet au chef de l’État de briguer un troisième mandat, a appelé à une « marche citoyenne et pacifique » vendredi 4 avril. Les opposants souhaitent revenir au texte adopté en 2016. La manifestation avait d’abord été interdite, puis finalement autorisée par le président. Jeune Afrique avec AFP