Revue de Presse du 30 août 2022

Plusieurs civils tués après des tirs de gendarmes à Madagascar
Des gendarmes ont ouvert le feu, lundi à Ikongo, dans le sud-est de Madagascar, sur une foule venue chercher dans leur caserne des suspects de l’enlèvement présumé d’un enfant albinos. Le bilan, qui n’est pas définitif, est d’au moins 11 morts selon les forces de l’ordre, et de 18 morts selon une source hospitalière. Au moins onze personnes ont été tuées lundi 29 août à Madagascar après que des gendarmes, qui invoquent la légitime défense, ont ouvert le feu dans une caserne sur des habitants en colère, autour d’une sombre affaire d’enlèvement d’un enfant albinos. Le bilan de l’incident, qui s’est déroulé dans la petite ville d’Ikongo dans le sud-est de l’île, à environ 350 km de la capitale Antananarivo, n’a pas encore été définitivement établi. Un médecin de l’hôpital local où des victimes ont été transportées, joint au téléphone par l’AFP, a comptabilisé 18 morts – dont 9 décédés dans l’établissement de santé – et 34 blessés. « Neuf sont entre la vie et la mort », a précisé le Dr Tango Oscar Toky. Les gendarmes ont présenté un bilan inférieur de 11 morts et 18 blessés. France24

Burkina: 700 imams dénoncent « l’intolérance religieuse et ethnique »
Quelque 700 imams et prêcheurs musulmans du Burkina Faso ont dénoncé lundi « l’intolérance religieuse et ethnique » après des appels au meutre contre les Peuls de ce pays en proie à la violence jihadiste. « Nous, Burkinabé, jouons un rôle autodestructeur pernicieux (…) en propageant des messages incitant à l’intolérance religieuse et ethnique qui peuvent être sources d’affrontements extrêmement violents », indique une déclaration de Moussa Kouanda, président de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), publiée à l’issue d’un séminaire ayant rassemblé à Ouagadougou plus de 700 imams et prêcheurs. La déclaration ajoute que cela « se traduit par des discours haineux et violents, particulièrement dans les médias et (sur) les réseaux dits sociaux ». « Dans ces conditions, comment pouvons-nous être unis face à l’adversité? Comment pouvons-nous générer les synergies nécessaires à la construction nationale ? », s’interroge la FAIB en exhortant les populations à « se surpasser pour donner une chance de survie à la nation » qui « vit les jours parmi les plus sombres de son histoire ». VOA

Reprise des combats au Tigré: la Commission d’enquête de l’ONU appelle au dialogue
La reprise des combats dans la région éthiopienne du Tigré a suscité une réaction « choquée et indignée » de la part des enquêteurs indépendants de l’ONU. La Commission internationale d’enquête de l’ONU sur les violations des droits humains commises depuis le début du conflit au Tigré s’est alarmée de la reprise des hostilités entre le gouvernement éthiopien et le Front populaire de libération du Tigré. Selon les enquêteurs indépendants onusiens, ces violences exacerbent les difficultés des civils dans la région et comportent « un risque d’escalade ». « Nous sommes particulièrement préoccupés par les informations faisant état de victimes civiles sur un terrain de jeu à Mekele, dans la région éthiopienne du Tigré », ont dit, dans un communiqué, les trois enquêteurs indépendants de l’ONU. Ces derniers redoutent surtout le fait que « des civils auraient été pris pour cible lors d’une nouvelle offensive à Kobo, dans la région d’Amhara ». Des combats ont repris mercredi dernier dans le nord de l’Éthiopie, mettant fin à cinq mois de trêve entre le gouvernement fédéral et les rebelles du Tigré, qui se rejettent mutuellement la responsabilité de la reprise des hostilités. « Nous appelons les parties à cesser immédiatement leurs combats », a insisté la Commission, relevant l’importance de « reprendre le processus de dialogue que chacune a accepté ». ONU

Guinée: l’opposition mitigée après la nouvelle visite du médiateur de la Cédéao
Le médiateur dans la crise guinéenne désigné par la Cédéao a passé une semaine à Conakry. Thomas Boni Yayi a rencontré des officiels guinéens dont le président de la Transition, le colonel Doumbouya, le nouveau premier ministre Bernard Goumou. Il a aussi parlé avec des responsables de coalitions de partis politiques et des responsables de la société civile qui lui ont soumis une série de revendications. D’autres, en revanche, n’ont pas été conviés aux échanges, ce qui cause frustrations et regrets. On en sait maintenant un peu plus des revendications et autres exigences que les formations politiques ont remis au médiateur Thomas Bony Yayi pour leur participation à un dialogue avec le CNRD et le gouvernement. Fodé Oussou Fofana, l’un des responsables de la coalition de l’Anad (l’Alliance nationale pour l’alternance démocratique) : « D’abord la mise en place d’un cadre de dialogue crédible qui mettra en face d’un côté le CNRD et le gouvernement et de l’autre les acteurs politiques et sociaux qui ont des revendications sur la conduite de la transition, la libération des prisonniers politiques et de la société civile ». RFI

Le chef de la junte guinéenne déclare la CAN-2025 projet « prioritaire »
Mamady Doumbouya, le chef de la junte au pouvoir en Guinée a fait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2025, attribuée à son pays, un programme « prioritaire » et a conféré un caractère d’urgence aux dépenses associées. L’annonce a été faite dans la nuit de lundi à mardi avant l’arrivée, attendue mardi, d’une mission de la Confédération africaine de football (CAF), qui devrait s’informer de l’avancement du projet sur place jusqu’à jeudi. L’organisation de cet évènement s’annonce comme un défi pour ce pays pauvre qui manque cruellement d’infrastructures au niveau, qu’il s’agisse d’équipements sportifs ou de transports. Le chef de la junte, le colonel Mamady Doumbouya, a nommé en mars un nouveau comité d’organisation, évinçant l’ancienne équipe, dont l’un des membres exprimait publiquement ses doutes quant à la faisabilité du projet. Un décret du colonel Doumbouya lu à la télévision nationale déclare « d’intérêt national et prioritaire » le programme d’organisation du tournoi. Toutes les dépenses pour l’organisation « sont exécutées en urgence », dit le décret qui annonce l’ouverture d’un compte spécial au Trésor public. VOA

Le congrès de la CMA à Kidal
Au Mali, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) tenait son congrès extraordinaire dans la ville de Kidal. La rencontre qui devrait s’achever ce soir [29.08.22] avait pour but d’aboutir à un réaménagement de l’organisation face à la multiplication des attaques terroristes dans le nord du pays. Ce congrès survient également après l’accord, conclu au début du mois d’août, entre l’Etat malien et les groupes armés signataires des accords d’Alger. Cet accord prévoit d’intégrer 26.000 combattants à l’armée malienne. Initialement prévu fin 2022 ou début 2023, le congrès de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) s’est tenu finalement plutôt que prévu en raison des défis actuels. Sidi Ag Baye, porte-parole de la CMA, déclare que le mouvement a « anticipé parce que le contexte [l’] y oblige ». Il cite pêle-mêle « la réorganisation et la montée en puissance des groupes armés terroristes […] le retrait de Barkhane avec ses conséquences sur l’insécurité grandissante, […les] populations qui sont en train de se faire massacrer, qui sont en train de s’exiler, qui sont en train de subir toutes les souffrances principalement dans la région de Ménaka et de Gao ». DW

Mali: retard et polémique pour la future autorité de gestion des élections
Cela fait tout juste une semaine, depuis lundi 22 août, que le tirage au sort des représentants des partis politiques et de la société civile au sein de la future Autorité indépendante de gestion des élections (Aige) a eu lieu. Mais le résultat de ce tirage au sort n’a toujours pas été annoncé. Le sujet fait polémique, puisque ce procédé est largement décrié par la quasi-totalité de la classe politique et de la société civile malienne. L’Aige est censée garantir la légitimité des futurs scrutins et mettre un terme aux contestations post-électorales qui ont souvent déstabilisé le Mali. L’Autorité indépendante de gestion des élections est l’élément central de la nouvelle loi électorale malienne, adoptée en juin. Elle a permis aux autorités de transition de démontrer à la Cédéao leur engagement sur le chemin des élections, et d’obtenir début juillet la levée des sanctions qui frappaient le Mali depuis janvier, avec en perspective des élections législatives et présidentielle censées mettre un terme à la période de transition d’ici mars 2024. Mais la création de l’Aige a déjà pris plus d’un mois de retard et sa composition est au cœur d’une polémique qui pourrait enrayer tout le processus élaboré par les autorités de Bamako. En effet, le collège de l’Aige sera composé de huit représentants des pouvoirs publics, de quatre représentants des partis politiques, et de trois représentants de la société civile. RFI

Elections en Angola : l’opposition va saisir le tribunal constitutionnel
Le premier parti d’opposition en Angola, l’Unita, a annoncé mardi qu’il allait contester les résultats des élections législatives annoncés la veille et donnant le parti au pouvoir vainqueur et un second mandat au président sortant, Joao Lourenço. Quelques heures avant que la commission ne se prononce, le responsable de ce parti Aldaberto Costa Junior avait déjà mis en doute la crédibilité des resultats dans la capitale. L’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola « ne reconnaît pas les résultats » de la commission nationale électorale (CNE) et « déposera un recours qui aura pour effet de suspendre la déclaration des résultats définitifs », a indiqué Alvaro Chikwamanga Daniel, secrétaire général du parti, dans une déclaration vidéo enregistrée et transmise mardi à l’AFP. Le parti affirme « ne pas avoir été informé de la décision » de la commission d’entériner les résultats, et ne pas avoir reçu « copie du procès-verbal du dépouillement ». Les candidats ont 72 heures après l’annonce des résultats pour saisir le tribunal constitutionnel et contester. AfricaNews

Angola : Taux d’abstention aux élections générales dépasse les 55 %
Les élections générales du 24 août en Angola, qui ont permis au Président sortant Joao Lourenço d’être reconduit pour un second mandat à la tête du pays, ont été marquées par un taux d’abstention important qui a atteint 55,18%, a indiqué mardi à Luanda la Commission électorale nationale (CNE). « Sur les 14.399.391 électeurs inscrits, seuls 6.454.109 citoyens ont voté, soit un taux de 44,82 % », a déclaré le président de la CNE, Manuel Pereira da Silva, ajoutant que 7.945.282 électeurs se sont abstenus de voter, ce qui correspond à 55,18 %. Selon Manuel Pereira da Silva, sur le nombre total de suffrages exprimés dans les urnes, 107.746 électeurs, soit 1,67%, ont choisi le vote blanc, alors que 74.259 bulletins de vote (1,15 %) ont été déclarés nuls. Le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), parti au pouvoir depuis 1975, a remporté une victoire serrée contre son rival historique, l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA). Bien qu’il a obtenu la majorité lors de ces élections, le MPLA, a enregistré son pire résultat de tous les temps, avec seulement 51% des suffrages exprimés. Il est toutefois parvenu à garder la majorité à l’Assemblée nationale avec 124 sièges, mais a perdu au profit de l’opposition, pour la première fois, les provinces de Luanda, Cabinda et Zaïre. Sahel-Intelligence

Ituri : 14 personnes tuées dans une nouvelle attaque de CODECO à Lodjo
Quatorze personnes dont douze civils et deux soldats des FARDC ont été tués dans une double attaque des combattants de la CODECO, samedi 27 aout et dimanche 28 aout dans la matinée, à Lodjo, une localité du territoire de Djugu, à environ 100 km au Nord de Bunia (Ituri). Ces hommes armés ont envahi cette localité en tirant des coups de feu. Cependant, le bourgmestre de la commune rurale de Mongwalu, indique que pour l’instant, il est difficile de déterminer avec exactitude le nombre de victimes, car le milieu est inaccessible. Apres avoir abattu les victimes, la CODECO s’est livrée aux pillages de biens des habitations. Plusieurs populations se sont déplacées de Lodjo vers la localité de Plito et d’autres entités, à la suite de cette attaque meurtrière, affirme le même responsable. Par ailleurs, une panique s’observe ce lundi 29 aout, dans la commune rurale de Mongwalu à 25 kilomètres du lieu de drame. C’est depuis plus d’une semaine que la présence de cette milice est signalée dans la région. Radio Okapi

Un navire chargé de blé ukrainien est arrivé à Djibouti
Un navire affrété par l’ONU transportant 23.000 tonnes de blé ukrainien à destination de l’Ethiopie, où des millions d’habitants sont plongés dans la faim, est arrivé mardi au port de Djibouti, a annoncé le Programme alimentaire mondial (PAM). Le Brave Commander avait quitté le port ukrainien de Pivdenny le 16 août, après un accord entre signé en juillet par Kiev et Moscou, sous l’égide de la Turquie et de l’ONU, permettant l’exportation des céréales ukrainiennes bloquées à cause de la guerre entre les deux pays. « Le premier navire du PAM transportant des céréales ukrainiennes depuis février vient d’arriver à Djibouti. Maintenant, déchargeons ce blé et envoyons-le en Éthiopie », s’est félicité dans un tweet le directeur exécutif du PAM, David Beasley. Ces 23.000 tonnes de blé « serviront à soutenir la réponse humanitaire du PAM en Éthiopie où plus de 20 millions de personnes sont confrontées à la faim », a également affirmé la branche africaine du PAM, dans un autre tweet. Le nord de l’Ethiopie subit une profonde crise humanitaire, causée par un conflit qui dure depuis novembre 2020 entre gouvernement et rebelles de la région du Tigré, tandis que les sud et sud-est du pays font face à la sécheresse historique qui frappe la Corne de l’Afrique, la pire depuis au moins 40 ans. Selon le PAM, 22 millions de personnes sont menacées de famine à travers la région, notamment en Somalie, en Ethiopie et au Kenya. VOA

Au Tchad, le retour de dirigeants rebelles ne fait pas l’unanimité
Parmi ces dirigeants rebelles revenus au Tchad, il y a Timane Erdimi de l’UFR et le général Mahamat Noudi de l’UFDD qui avait tenté à plusieurs reprises entre 2006 et 2019 de renverser le régime du défunt présidentIdriss Deby Itno. Au cours des différentes incursions de ces mouvements rebelles, des milliers de Tchadiens avaient perdu la vie. « Je pense que ce sont les victimes les perdants de cette triste histoire. Je ne peux plus voir mon fils mais eux ils viennent de retrouver leurs enfants. C’est injuste », raconte Enock, qui a perdu son fils de 17 ans lors des affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles de l’UFR début 2008. Isabelle qui a aussi perdu sa mère à l’époque alors qu’elle n’avait que 12 ans se dit sidérée par l’accueil triomphal réservé à ces chefs rebelles. « Si eux ils ont été payés pour venir à ce dialogue, pourquoi ne pas indemniser maintenant les victimes ? C’est frustrant de voir que les criminels se présentent aujourd’hui comme des héros sans inquiétude », déplore-t-elle. Pour Mouldjidé Ngarynguem, membre du comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation (CSAPR), au-délà des assises du dialogue national inclusif censées permettre le retour à l’ordre constitutionnel, les Tchadiens doivent s’asseoir pour se parler en toute sincérité et objectivité afin de d’aller vers une réconciliation au sein de la population. DW

Nigeria: l’attribution d’un contrat de surveillance à un ancien chef de guerre suscite la polémique
Au Nigeria, l’attribution d’un juteux contrat pour la surveillance des oléoducs, à Tompolo, un ancien chef de guerre, crée des remous dans le delta du Niger. D’autres anciens « militants » – des membres des ex-groupes armés qui s’en prenaient aux infrastructures pétrolières au début des années 2000 – demandent à bénéficier, eux aussi, de ce type de contrat. Le contrat vise notamment à arrêter les voleurs de pétrole qui siphonnent la production nationale. Certains membres des ex-groupes armés ont même lancé un ultimatum au président Muhammadu Buhari, sommé de revenir sur cet accord avec Tompolo. Le contrat attribué aux compagnies de surveillance gérées par l’ancien chef du Mouvement pour l’émancipation du Delta du Niger (MEND) peut surprendre, quand on sait que Tompolo a été poursuivi pendant plusieurs années par la commission des crimes économiques et financiers, sur ordre de l’administration du président Muhammadu Buhari. Ce sont d’abord des jeunes du nord du Nigeria qui ont dénoncé ce revirement, en accusant les forces de sécurité ainsi que le gouvernement de faire preuve de faiblesse et de céder au « chantage » de l’ancien seigneur de guerre. RFI

La crise diplomatique entre Tunis et Rabat au sujet du Sahara occidental ne faiblit pas
La tension ne retombe pas entre la Tunisie et le Maroc. Après avoir rappelé son ambassadeur à Tunis et annulé sa participation à la huitième Conférence internationale de Tokyo pour le développement en Afrique (Ticad 8) qui se tenait dans la capitale tunisienne les 27 et 28 août, Rabat a fait savoir, par le biais de ses fédérations sportives, que l’équipe marocaine ne participera pas au championnat nord-africain de karaté organisé à Tunis en septembre. En Tunisie, où les autorités ont à leur tour rappelé leur ambassadeur en poste à Rabat, le syndicat des journalistes a dénoncé « une campagne de dénigrement » après les vives critiques émises par la presse marocaine. Le Monde

Centrafrique: la Cour constitutionnelle rejette le projet de cryptomonnaie Sango
En République centrafricaine, c’est un coup dur pour le gouvernement. La Cour constitutionnelle rejette certaines dispositions du projet Sango lancé, par le chef de l’État, le mois dernier. Il s’agit d’un projet de cryptomonnaie censé attirer des investisseurs dans le pays et qui suit l’adoption du bitcoin, comme monnaie nationale, en avril. Dans sa décision, la Cour constitutionnelle juge la mise en vente de la nationalité centrafricaine contraire à la Constitution, de même que la cession de terrains et de ressources naturelles, tels que prévus par le projet et détaillés sur le site Sango.org. Le projet Sango, lancé le mois dernier, prévoit la création d’une zone franche, sans taxes, située sur l’île aux singes, face à la capitale Bangui, sur laquelle palaces, casinos, grand stade et parc aquatique verraient le jour. En échange, les investisseurs pourraient obtenir la nationalité centrafricaine pour 60 000 dollars, en cryptomonnaie, rappelle la Cour, ou bien des terrains ou des ressources naturelles. RFI