Revue de Presse du 3 juillet 2019

Libye: près de 40 morts dans une frappe contre un centre de migrants
Près de 40 migrants ont été tués et plus de 70 autres blessés dans une frappe aérienne contre un centre de détention dans la banlieue de la capitale libyenne Tripoli, a indiqué un porte-parole des services de secours. « Il s’agit d’un bilan préliminaire. Le bilan pourrait s’aggraver », a ajouté ce porte-parole, Osama Ali. Selon lui, 120 migrants étaient détenus dans le hangar qui a été atteint de plein fouet par la frappe. Un photographe de l’AFP a constaté que plusieurs corps gisaient sur le sol du hangar, tandis que les ambulances se précipitaient sur place. Des responsables du centre ont attribué le raid aux forces du maréchal Khalifa Haftar, faisant état de dizaines de morts. Sur son compte Twitter, le bureau du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s’est dit « extrêmement préoccupé » par des informations sur des frappes aériennes contre le centre de détention de Tajoura, et « sur la mort de réfugiés et de migrants ». La frappe contre le centre des migrants n’a pas été revendiquée mais des médias pro-Haftar ont fait état mardi soir d’une « série de raids aériens » à Tripoli et Tajoura. La Libre

Libye: pourquoi Ankara livre des armes à Tripoli
L’autorité de l’Est libyen accuse la Turquie d’ingérence en Libye et de violer l’embargo sur les armes imposé par l’ONU à ce pays depuis 2011. Si Ankara n’est pas le seul pays ainsi impliqué en Libye, ses récentes livraisons d’armes et de drones armés à destination des milices de Tripoli leur ont permis de reprendre la ville stratégique de Gharyan des mains du général Khalifa Haftar. Parmi tous les responsables étrangers impliqués dans le dossier libyen, Recep Tayyip Erdogan est le plus clair. Il a promis de faire tout son possible pour que les milices islamistes gagnent, en leur accordant des aides politiques, militaires, logistiques et de renseignements. RFI

Nigeria: au moins 45 morts lors du pillage du camion-citerne accidenté
Au moins 45 personnes sont mortes et plus de 100 ont été blessées dans le centre du Nigeria lors du pillage par la population d’un camion-citerne accidenté qui a explosé, ont annoncé mardi les services de sécurité. »Nous avons retrouvé 45 corps de personnes décédées tandis que 101 autres ont subi de graves brûlures », a déclaré à l’AFP Aliyu Baba, commandant de secteur de la Commission fédérale de sécurité routière de l’Etat de Benue. Le camion s’est renversé lundi après-midi près de boutiques alors qu’il traversait le village d’Ahumbe, dans l’Etat central de Benue. Les habitants se sont alors précipités pour récupérer le carburant qui fuyait de la citerne, lorsque celle-ci a pris feu avant d’exploser. AFP

Nigeria: Un neveu de Buhari enlevé par un gang à Kano libéré par la police
La police nigériane a annoncé la libération d’un neveu par alliance du Président Muhamadu Buhari, enlevé par un gang à Kano Search Kano , dans le nord du pays. Musa Umar, qui a épousé une nièce de Buhari avait été enlevé le 2 mai par un gang armé devant son domicile à Daura, ville natale du chef d’Etat, à 300 km de Kano. Les ravisseurs exigeaient une rançon de 11 millions de dollars pour sa libération. Lors d’une fusillade qui a duré des heures, une unité d’intervention de la police a réussi à libérer l’ otage. « Il a été libéré sain et sauf, des arrestations ont été effectuées, des armes ont été saisies », a fait savoir mardi le porte-parole de la police de Kano. Onze membres du gang ont par ailleurs été arrêtés et un autre a été tué lors de la fusillade, a ajouté cette source, qui a requis l’anonymat. Koaci

Les étudiants marchent à Alger pour exiger l’instauration d’un véritable changement
Les étudiants ont poursuivi, mardi, leur marche pacifique hebdomadaire à Alger pour réitérer leurs revendications se rapportant notamment au départ du système et de ses symboles pour aboutir à un véritable changement. Parcourant les principales artères menant vers les places de la Grande poste et Maurice Audin depuis la Place des Martyrs, les étudiants n’ont pas manqué à leur habituelle marche pacifique réitérant le départ de l’ancien régime politique et de ses symboles pour aboutir à un véritable changement. Lors de cette marche coïncidant avec la démission du Président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Mouad Bouchareb, les étudiants ont mis en avant l’impératif départ du chef de l’Etat et du Premier ministre, respectivement MM. Abdelkader Bensalah et Noureddine Bedoui, se félicitant de cette démission, »intervenue très tard » selon certains étudiants rencontrés par l’APS. APS

Les enseignants soudanais rejoignent la contestation
L’année scolaire devait commencer le 16 juin, au Soudan. La date officielle de la rentrée a ensuite été repoussée au 30 juin. Mais à cause de l’instabilité politique, les élèves n’ont toujours pas pu reprendre le chemin de l’école. Les syndicats d’enseignants se joignent au mouvement de protestation pour réclamer un gouvernement civil, mais aussi davantage de moyens pour l’éducation et des programmes scolaires qui ne soient pas dictés par les militaires. Conférence de presse d’enseignants en colère, dans un immeuble de Khartoum. Omar Mohammed est professeur de mathématiques. A 35 ans, il n’a quasiment connu qu’Omar el-Béchir comme président. « Nous avons besoin d’un gouvernement civil. Seuls les civils peuvent élaborer des programmes scolaires sur des bases nouvelles. Mais c’est toujours l’ancien système qui est au pouvoir et qui dicte la politique de l’enseignement. » DW

Soudan: une délégation arabe à Khartoum pour soutenir la «reprise du dialogue»
Une délégation de la Ligue arabe est arrivée ce mercredi à Khartoum pour soutenir la «reprise du dialogue» entre les dirigeants militaires du Soudan et la contestation qui réclame un transfert du pouvoir aux civils, a annoncé l’organisation panarabe dont le siège est au Caire. Mardi, les médiateurs de l’Ethiopie et de l’Union africaine avaient annoncé avoir convié les généraux et la contestation au Soudan à reprendre les négociations mercredi. La délégation arabe est venue «encourager les parties soudanaises à reprendre le dialogue visant à s’entendre sur la mise en oeuvre d’une transition vers un pouvoir civil», a indiqué ce mercredi la Ligue arabe dans un communiqué. Des dizaines de milliers de personnes ont déferlé dimanche à travers le Soudan, pour appeler les généraux à céder le pouvoir. Le Figaro

Soudan : cela vaut-il la peine de remettre el-Béchir à la Cour pénale internationale ?
La remise à la CPI de l’ancien dirigeant soudanais Omar el-Béchir pose la question du type de collaboration à instaurer avec le régime actuel avec des officiers impliqués dans des génocides passés et les meurtres récents de manifestants. Depuis plus d’une décennie, la Cour pénale internationale (CPI) tente sans succès de procéder à l’arrestation d’Omar el-Béchir, au Soudan. En avril, el-Béchir a été destitué du pouvoir et, en juin, il a comparu devant un tribunal soudanais pour corruption. À la suite de la chute d’el-Béchir, la CPI a relancé son appel à son extradition. Mais c’est une situation dangereuse, car elle exige que la CPI coopère avec les hommes qui ont pris le pouvoir au Soudan et qui sont eux-mêmes profondément impliqués dans les actes mêmes dont el-Béchir est accusé. Une telle coopération risque de nuire à la réputation de la CPI et de légitimer un régime criminel. Le Point

Burundi: l’ONU dénonce des «violations graves» des droits de l’homme
La commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi a partagé mardi 2 juillet ses observations sur l’évolution de la situation des droits humains dans le pays depuis mars 2019, devant le Conseil des droits de l’homme réuni à Genève. La mission, qui n’est pas reconnue par les autorités burundaises, remet en cause « la normalisation » affichée par le gouvernement. Au contraire, la commission d’enquête constate un rétrécissement de l’espace démocratique et une intensification de la restriction des libertés publiques ces derniers mois. RFI

À l’occasion de la Fête nationale, le président burundais a surpris son peuple
Le Burundi a célébré ce 1er juillet le 57e anniversaire de son indépendance, accordée par la Belgique en 1962. Pour l’occasion, le président Pierre Nkurunziza, qui a soumis le pays à la terreur, depuis 2015, pour imposer sa volonté de se présenter à un troisième mandat – pourtant interdit par l’accord de paix d’Arusha, qui mit fin à la guerre civile (1993-2005 ; 300 000 morts) – a présenté son pays d’avant l’arrivée du colonisateur allemand comme un paradis (« un pays merveilleux », « un pays de lait et de miel » où Dieu était placé « avant toute chose », suivi du Roi et de l’amour de la patrie). … Ces changements de noms sont compris comme une volonté de Pierre Nkurunziza d’effacer les trois républiques et célébrer une fois de plus la monarchie. En mai dernier, il avait ordonné de remplacer la devise nationale « Unité, travail, progrès » sur les monuments nationaux, par la devise royale, « Dieu, le Roi et le Burundi ». La Libre

Attaque au Niger: des opérations de ratissage en cours dans l’Ouest
Alors que la capitale Niamey s’apprête à recevoir une cinquantaine de chefs d’État pour un sommet de l’Union africaine prévu de jeudi à lundi, l’armée nigérienne a été attaquée, lundi après-midi, au camp de garnison d’Inates, dans l’ouest du pays, près de la frontière malienne. Une attaque d’envergure qui a fait 18 morts et quatre disparus dans les rangs de l’armée. Depuis lundi soir, des renforts de l’armée nigérienne ont été déployés dans la zone. Plusieurs avions militaires français et américains ont aussi été mobilisés. « L’ennemi a été mis en déroute », indique ce matin le ministère nigérien de la Défense, qui l’assure : des « éléments terroristes » ont été repoussés sur la frontière du Mali. Les frappes aériennes ont permis de détruire un camion, deux véhicules et plusieurs « terroristes » ont été « neutralisés », souligne le ministère de la Défense. RFI

Enlèvement de 39 personnes au Niger : deux ans après, aucune nouvelle
Il y a deux ans, 33 femmes et 6 enfants sont enlevés à Ngalewa dans la région de Diffa par des élements de Boko Haram. Cette attaque a marqué le pays car elle constitue le premier enlèvement de masse au Niger. Sur les 39 personnes enlevées, 35 avaient moins de 20 ans le jour de leur enlèvement, le 2 juillet 2017. Deux ans après, très peu d’informations sont accessibles et les autorités communiquent peu sur le sujet. Mara Mamadou est le coordonnateur de l’association Alternative espace citoyen de Diffa. Il est également membre du collectif d’activistes qui mène une campagne de mobilisation en faveur de ces jeunes femmes et enfants enlevés, via le hashtag #jesuisngalewa. Il dénonce le manque de mobilisation des autorités nigériennes pour les retrouver. … La région de Diffa est confrontée de plus en plus aux rapts de civils, dont la plupart sont relâchés après le versement d’une rançon. DW

Manifestation de colère après la mort d’un Israélien d’origine éthiopienne
La colère des Israéliens d’origine éthiopienne est montée d’un cran ce mardi 2 juillet. Alors qu’un jeune homme de la communauté, tué par un policier ce dimanche 30 juin, était enterré, des manifestations spontanées ont éclaté dans plusieurs villes du pays. Les protestaires dénoncent le racisme dont ils se disent victimes. 47 policiers ont été blessés et 60 personnes arrêtées. Le spectre des émeutes de 2015 refait surface. Deux policiers avaient alors frappé à mort un Israélien d’origine éthiopienne. Pour la deuxième journée consécutive ce mardi 2 juillet, des manifestants ont bloqué d’importants axes de circulation, créant d’immenses embouteillages. Et le mouvement a pris de l’ampleur : des milliers de personnes ont participé à ces protestations, dans le Nord où l’incident mortel de ce dimanche 30 juin a eu lieu, mais aussi autour de Tel Aviv, Jérusalem et jusque dans le Sud près d’Ashdod. RFI

Tunisie : le djihadiste cerveau du double attentat est mort
L’homme qui s’est fait exploser la nuit dernière près de Tunis était derrière l’attaque-suicide de jeudi. L’attaque a été revendiquée par le groupe EI. « Un dirigeant très actif et dangereux. » Voici le portrait que dresse le porte-parole du ministère de l’Intérieur tunisien Sofiène Zaag concernant le djihadiste qui s’est fait exploser dans la nuit durant une opération sécuritaire dans la cité populaire Intilaka, près de Tunis. Il était le « cerveau » du double attentat-suicide de jeudi, a indiqué mercredi à l’Agence France-Presse le ministère. « Le terroriste Aymen Smiri était en relation avec le double attentat-suicide de jeudi, et les investigations ont prouvé qu’il était le cerveau de ces opérations », précise le porte-parole. AFP

Mauritanie: Des partisans de l’opposition libérés , le nouveau Président Ghazouani quitte le pays
Des manifestants interpellés lors des évènements qui ont suivi l’ élection présidentielle ont été libérés, ont annoncé des sources sécuritaire et judiciaire. Des partisans de l’opposition mauritanienne, dont le nombre n’a pas été précisé, arrêtés lors de heurts à la suite de l’élection présidentielle du 22 juin ont été libérés mardi, au lendemain de la proclamation de la victoire du candidat du pouvoir. D’après une source judiciaire, même des étrangers qui avaient aussi pris part à ces heurts ont également été libérés et d’autres déférés et inculpés d' »atteinte à la sûreté de l’Etat Dans un communiqué, les quatre candidats de l’opposition, qui contestent la victoire du candidat au pouvoir, Mohamed Cheikh El-Ghazouani, proclamée lundi par le Conseil constitutionnel, ont annoncé leur « disponibilité à contribuer à faire sortir le pays de la crise politique actuelle » par le dialogue. Par ailleurs, le nouveau président aurait quitté le pays pour la France pour des raisons privées. Koaci

RDC: le président Tshisekedi répond aux propositions de Martin Fayulu
Martin Fayulu, qui continue à revendiquer la victoire à la présidentielle de décembre 2018, a proposé ce qu’il appelle un « plan de sortie de crise ». Le document, qui circule dans les milieux diplomatiques depuis environ quatre mois, a été récemment publié sur les réseaux sociaux. Il propose notamment la mise en place d’une institution dénommée Haut Conseil national des réformes institutionnelles (HCNRI) que l’opposant se propose de diriger pendant une période de 12 à 18 mois, avant l’organisation d’élections générales. D’après la proposition de Martin Fayulu, cette institution devrait réfléchir aux réformes à mener concernant la Commission électorale, la Cour constitutionnelle, la Défense, la sécurité et les droits humains, pendant une période d’environ deux ans. Pendant ce temps, toujours d’après ce document, Félix Tshisekedi resterait à la tête du pays. RFI

RDC: coupure du signal d’une télévision d’opposition, une ONG veut des explications
L’organisation congolaise de défense de la presse Journaliste en danger (JED) a demandé mardi aux autorités de donner « les raisons officielles » de la coupure du signal d’une télévision appartenant à l’un des ténors de la principale coalition d’opposition en République démocratique du Congo. « Le signal de RTVS1 (Radiotélévision par satellite 1) a été illégalement coupé par les autorités », avait alerté samedi la direction de cette télévision émettant à Kinshasa, dénonçant des « pratiques d’un autre âge ayant pour objectif d’entraver la mobilisation du peuple sur la vérité des urnes en RDC ». AFP

Cameroun : Situation sécuritaire, une délégation parlementaire du congrès américain en quête de vérité
La délégation de parlementaires américains qui séjourne au Cameroun depuis dimanche soir, a été reçue mardi par le ministre délégué à la présidence chargé de la défense (Mindef). Au menu des échanges entre les hauts responsables du Mindef et la délégation conduite par Karen Bass, la situation sécuritaire dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-ouest et du Sud-ouest. Les trois régions sont confrontées ces dernières années d’une part à des attaques armées de Boko Haram pour l’Extrême-Nord et à un mouvement sécessionniste dans le Nord-ouest et le Sud-ouest d’autre part. Comme toutes les armées du monde, les forces de défense camerounaises défendent l’intégrité du territoire. Dans le cadre de leur mission, elles sont régulièrement accusées d’exactions notamment sur les civils. Sur initiative de Karen Bass, la chambre des représentants au moyen de la résolution H.RES. 358, a évoqué la crise socio politique qui secoue les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest depuis fin octobre 2016. Koaci

Pour l’ONU, la situation des droits de l’homme en Érythrée est toujours alarmante
La situation en Érythrée était à l’ordre du jour du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, ce mardi 2 juillet à Genève. La nouvelle rapporteure spéciale, la Chilienne Daniela Kravetz, nommée l’année dernière, a présenté son rapport annuel devant les ambassadeurs. Les libertés civiles et politiques continuent d’être bafouées en Érythrée, malgré les promesses de l’accord de paix signé en juillet dernier avec l’Éthiopie. Incarcérations au secret, disparitions forcées, encasernement de la jeunesse, rien n’a changé dans ce pays fermé de la Corne de l’Afrique, selon Daniela Kravetz, la nouvelle rapporteure spéciale sur les droits de l’homme de l’ONU en Érythrée. RFI

De lourdes amendes imposées aux sans-abris en Afrique du Sud
En Afrique du Sud, l’imposition d’amendes aux sans-abris dans la municipalité de Cap Town a provoqué une vive polémique. Les autorités ont défendu leurs actions en affirmant qu’il y a eu une augmentation substantielle des plaintes des résidents. La municipalité de Cape Town a décidé d’appliquer une loi adoptée il y a douze ans. Cette loi permet à la police d’infliger une amende allant jusqu’à 1 500 rands, environ 58000 CFA à quiconque allume un feu en public, tandis que l’entrave à la circulation piétonnière en construisant par exemple un abri de nuit peut être frappé d’une amende de 300 rands, 12000 CFA. Les autorités municipales affirment avoir été inondées au cours des dernières semaines par des plaintes de résidents contre l’augmentation du nombre de refuges de fortune dans leur quartier. BBC



Photo: Adam Jones