Revue de Presse du 3 février 2020

Burkina Faso : 18 civils tués dans une attaque djihadiste
Dix-huit civils ont été tués samedi dans une «attaque djihadiste» à Lamdamol, un village du nord du Burkina Faso, a annoncé dimanche le gouverneur de la région du Sahel, le colonel Salfo Kaboré, donnant le bilan officiel. «Le gouverneur de la région du Sahel a le profond regret d’annoncer l’attaque du village de Lamdamol, dans le département de Bani, et l’assassinat de dix-huit personnes parmi lesquelles l’infirmier chef de poste (ICP) M. Miningou Robert (…) le samedi 1er février 2020», indique un communiqué signé du colonel Kaboré. «Les forces de défense et de sécurité qui sont déployées sur place ont ramené le corps de l’infirmier pour être remis à sa famille à Yalgo et sécurisent les lieux pour permettre l’enterrement des autres victimes», a-t-il précisé. Des sources sécuritaires jointes plus tôt par l’AFP avaient évoqué «des représailles contre les habitants qui avaient été sommés quelques jours plus tôt de quitter les lieux», faisant état d’une «vingtaine de civils tués». Tribune de Genève

Crise au Sahel : le Burkina Faso va armer des civils contre les militants
Les autorités du Burkina Faso, aux prises avec une vague croissante d’attaques de militants islamistes qui touchent la région, prévoient de donner des armes à des civils, selon la loi « portant institution de volontaires pour la défense de la patrie ». Le gouvernement burkinabé est sous pression pour prendre de nouvelles mesures afin de tenter d’endiguer les militants. Les membres du parlement ont voté le 21 janvier à l’unanimité en faveur de l’armement des civils, une mesure qui, selon eux, contribuerait à combattre les groupes armés. Il est prévu de promulguer une loi à ce sujet. Les attaques des militants liés à Al-Qaïda et au groupe de l’État islamique ont considérablement augmenté au cours de l’année dernière, provoquant la fuite de plus d’un demi-million de personnes. BBC

Egypte : attaque à l’explosif contre un gazoduc dans le Sinai
Des hommes armés et masqués ont fait exploser dimanche un gazoduc dans la péninsule du Sinaï en Egypte, ont indiqué des sources sécuritaires, une attaque qui n’a pas fait de blessés dans cette région en proie à une insurrection. Les assaillants à bord d’un véhicule tout-terrain ont placé des explosifs à environ 80 km à l’ouest d’Al Arish, la capitale provinciale du Sinaï, dans le nord-est de l’Egypte, provoquant une forte déflagration, selon les mêmes sources. L’attaque n’a pas été revendiquée et les autorités égyptiennes ne se sont pas exprimées jusqu’ici. Selon des médias, ce gazoduc pourrait avoir été visé en raison d’un projet récemment inauguré de pompage de gaz naturel du champ offshore israélien Leviathan vers l’Egypte pour sa liquéfaction. AFP

Barkhane: La France va envoyer 600 militaires supplémentaires
Le ministère des Armées officialisé l’information le dimanche 2 février dans un communiqué. Le président Emmanuel Macron a décidé de porter à 600 le nombre de troupes supplémentaires au Sahel allouées à l’opération Barkhane. C’est plus que ce que le renfort de 220 soldats annoncé en janvier lors d’un sommet à Pau avec les pays du G5 Sahel (Niger, Mali, Burkina, Tchad, Mauritanie). « L’essentiel des renforts sera déployé dans la zone dite des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Une autre partie de ces renforts sera engagée directement au sein des forces du G5 Sahel pour les accompagner au combat », indique le communiqué de la ministre des Armées Florence Parly. « Cette étape majeure de notre engagement au Sahel doit marquer un tournant à la fois dans la mobilisation de nos partenaires européens et la montée en puissance des forces du G5 », précise le texte. Journal du Mali

Sahel: appel à l’aide internationale d’ONG « dépassées » par l’ampleur de la crise
Deux ONG ont lancé vendredi à Paris un appel à la mobilisation internationale, se disant « dépassées » par l’accélération de la crise humanitaire au Sahel, notamment au Burkina Faso, où le nombre de déplacés – 600.000 personnes – grimpe de jour en jour. « J’ai vu des scènes rappelant l’Ancien Testament de la Bible: un véritable exode de gens montés sur un âne, avec quatre chèvres et le peu qu’il leur reste entassé dans une carriole », a témoigné Jan Egeland, secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), tout juste arrivé de Barsalogho, petite ville du centre-nord du Burkina Faso. Cette région accueille quelque 270.000 déplacés et réfugiés fuyant les violences djihadistes et intercommunautaires qui ensanglantent le pays depuis 2015. Leur nombre s’est emballé au Burkina ces derniers mois, s’envolant de 87.000 à 560.000 entre janvier et décembre 2019. AFP

Congo-B: des ONG exigent la libération de cinq activistes de mouvements citoyens
Regroupées au sein de la plateforme d’organisations de défense des droits de l’homme et la démocratie, des ONG congolaises ont dénoncé samedi 1er février l’arrestation « arbitraire » survenue en novembre et décembre 2019 de cinq jeunes activistes des mouvements Ras-le-bol et Incarner l’espoir. Elles ont surtout exigé leur libération immédiate. Tous ces jeunes sont détenus à la maison d’arrêt de Brazzaville. Un activiste du mouvement citoyen Ras-le-bol a été formellement accusé d’incitation aux troubles à l’ordre public, tandis que quatre militants du mouvement Incarner l’espoir, dirigé par Andréa Ngombet, un Congolais de la diaspora, candidat déclaré à la présidentielle de 2021, sont accusés d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État. RFI

Le Rwanda et l’Ouganda conviennent d’un échange de prisonniers
Le Rwanda et l’Ouganda voisins ont conclu dimanche à Luanda un accord pour échanger des prisonniers afin d’apaiser les tensions à la suite d’accusations mutuelles d’espionnage et d’ingérence politique. Le président rwandais Paul Kagame et l’Ougandais Yoweri Museveni ont longtemps été de proches alliés, puis leurs relations sont ensuite devenues profondément conflictuelles. Kigali et Kampala ont signé un accord en août 2019 pour améliorer leurs relations politiques et économiques mais peu de progrès ont été accomplis. Dans l’accord signé dimanche par Kagame et Museveni dans la capitale angolaise, les deux parties ont convenu de « la libération de citoyens de chaque pays. » Aucun détail n’a été donné sur le nombre de prisonniers concernés, la date et le lieu de l’échange. Les deux dirigeants, qui se sont rencontrés en présence du président angolais Joao Lourenco et du président de la République démocratique du Congo Felix Tshisekedi, se sont engagés « à avancer vers la paix, la stabilité, le bon voisinage et le rétablissement de la confiance mutuelle », stipule l’accord. Ils ont également décidé que les deux parties se retrouveraient à nouveau le 21 février pour d’autres pourparlers à un poste de leur frontière commune. RTBF

Congo-Kinshasa: Attaque meurtrière à Mamové, dans le territoire de Beni
Dans l’est de la RDC, des hommes armés ont attaqué un poste de police dans la nuit de vendredi à samedi, la localité de Mamové, dans le territoire de Beni, dans le Nord-Kivu. D’après la société civile sur place, il y aurait au moins neuf morts et sept blessés. Vers 19h, des combattants Maï-Maï ont attaqué le poste de police de la ville. Les échanges de tirs ont duré près de quatre heures. « On a entendu beaucoup de bruit, explique Kinos Katuho, président de la société civile de Mamové. On s’est demandé ce que c’était. On a été obligé de fuir et de se cacher dans des maisons. Le matin, des forces de sécurité nous ont dit : « nous étions attaqués par des éléments des Maï-Maï. » » RFI

Un « terrible prix à payer » si la communauté internationale échoue au Soudan, selon l’ONU
Un haut responsable de l’ONU a averti que la communauté internationale risquait de devoir « payer un prix terrible » si elle ne parvenait pas à aider le Soudan pour reconstruire son économie en ruines, au moment où ce pays a engagé une transition vers un pouvoir civil. « L’histoire du Soudan en 2020 n’est pas celle du précédent gouvernement », a souligné l’administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Achim Steiner, dans une interview mardi à l’AFP lors d’une visite dans ce pays. « C’est une histoire dans laquelle le fait d’attendre trop longtemps pour intervenir vraiment et soutenir ce processus risque de se solder par un terrible prix à payer », prévient-il. … Son économie, après des années de récession, reste étranglée par une dette de plus de 60 milliards de dollars (54,4 milliards d’euros), une inflation d’environ 60%, un chômage galopant et des pénuries chroniques de carburant et de devises étrangères. … Les institutions financières internationales demandent au Soudan de mettre en oeuvre de profondes réformes pour relancer son économie. AFP

Centrafrique : à l’ONU, la France fait des concessions à la Russie sur l’embargo militaire
Pas de réactions ou presque dans la capitale centrafricaine ce weekend. Vendredi soir 31 janvier à New York, le Conseil de sécurité a pourtant voté l’allègement de l’embargo instauré en décembre 2013 et a autorisé entre autres la livraison de blindés armés à ce petit pays d’Afrique centrale. De plus, un expert devait être dépêché lundi 3 février pour examiner l’application de l’accord de paix signé le 6 février 2019 entre Bangui et quatorze groupes armés. En fait, c’est avant ce vote que le sujet a fait couler le plus l’encre. Des voix favorables à la levée des sanctions se sont à nouveau élevées sur cette zone d’Afrique centrale où le sentiment antifrançais est en partie nourri par la volonté de Paris d’empêcher la dissémination des armes. La semaine dernière, la « une » de Centrafric Matin s’interrogeait sur ce « Que veut réellement la France de ce pays et de son peuple ? Le génocide ? » et le site du journal Ndjoni Sango estimait, lui, que « la France décide de maudire la RCA par tous les moyens ». Des critiques qui avaient eu tendance à s’atténuer ces derniers temps, après les fortes tensions diplomatiques suscitées par l’irruption de la Russie sur l’échiquier centrafricain en 2018. Le Monde

Sud de la Centrafrique: les Casques bleus font reculer un groupe armé
Les Casques bleus de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) ont contraint un groupe armé à abandonner ses positions dans une ville du sud du pays, a déclaré dimanche le porte-parole de la Minusca Vladimir Monteiro. «Dans le cadre de l’opération militaire baptisée  »Mo kiri  » (Toi, dégage), les Casques bleus de Minusca ont contraint l’UPC (..) à abandonner ses positions au centre d’Alindao, et à mettre fin à toute circulation de ses éléments armés dans la ville», a annoncé M. Monteiro.L’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), dirigée par Ali Darassa, est l’un des principaux groupes armés du pays. Ses éléments sont présents sur une large partie du territoire, de Bambari, au centre du pays, jusqu’à la frontière avec le Soudan du Sud. «La Minusca a constaté le vendredi 31 janvier, que l’UPC a effectivement démantelé sa base (…) et ses barrières à l’entrée et à la sortie d’Alindao», a ajouté M. Monteiro. Le FIgaro/AFP

Tanzanie: plusieurs morts lors d’un service religieux évangélique
En Tanzanie, au moins 20 personnes ont perdu la vie, samedi 1er février dans la soirée, dans une bousculade lors d’un rassemblement religieux évangélique dans le nord du pays. C’est une cérémonie de guérison qui serait à l’origine de ce drame. Une foule se réunit samedi dans un stade de Moshi, ville tanzanienne au pied du Kilimandjaro. Les fidèles assistent à une cérémonie de prières dirigée par Boniface Mwamposa, à la tête du mouvement évangéliste « Lève-toi et brille Tanzanie ». D’après les premières informations, pendant le service, le prédicateur verse sur le sol un liquide, qu’il présente comme de l’huile sainte. Selon la croyance de ce mouvement évangéliste, cette huile était destinée à guérir des malades. RFI

En Algérie, la répression se poursuit
es dizaines de détenus du Hirak ont été remis en liberté provisoire début janvier. Mais plus d’une centaine d’activistes sont toujours incarcérés et les autorités continuent à arrêter les manifestants. Les responsables du Hirak espèrent un regain d’énergie du mouvement à l’approche de son premier anniversaire, le 22 février. L’élection présidentielle du 12 décembre 2019 n’a guère desserré l’étau sécuritaire sur la population algérienne. « Nous étions contre cette élection de la continuité du système, et cela se vérifie, la répression continue », constate, amer, Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, locomotive du Hirak, le mouvement de contestation, dès ses premiers jours en février 2019. En dépit des appels au dialogue du président – mal élu – Abdelmadjid Tebboune, « les autorités algériennes ont arrêté des dizaines de militants qui ont participé à des manifestations pacifiques », dénonce l’ONG Human Right Watch. La Croix

Migrations irrégulières : au Maroc, 74 000 tentatives avortées en 2019
Dans une interview accordée à l’AFP, Khalid Zerouali, gouverneur chargé de la migration et de la surveillance des frontières au ministère marocain de l’Intérieur a indiqué que 74 000 tentatives de migrations vers l’Espagne ont été avortées l’année dernière. Un bilan « positif », estime-t-il. « En 2019, le Maroc a renforcé son dispositif de lutte contre les réseaux de trafic, parce que la pression qu’on avait sentie en 2017 et 2018 est restée soutenue », a déclaré Khalid Zerouali. Voilà pourquoi, a-t-il expliqué, « notre bilan est très positif puisqu’on a pu réduire les arrivées sur les côtes espagnoles d’environ 60 % ». Converti en chiffres, il ressort que « L’an dernier, environ 74.000 tentatives d’immigration irrégulière vers l’Espagne (contre 89.000 en 2018, NDLR) ont pu être avortées par nos services d’ordre. Ces flux irréguliers ont été réorientés, depuis quelques années, de la route centrale qui passait par la Libye, vers le Maroc. On a aussi démantelé 208 réseaux de trafiquants, contre 229 une année auparavant ». AfricaNews/AFP

Le Maroc poursuit son offensive diplomatique sur le Sahara Occidental
La question du statut du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole toujours classée « territoire non autonome » par l’ONU en l’absence d’un règlement définitif, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario. Plusieurs pays africains ont récemment ouvert des consulats au Sahara Occidental, ou prévoient de le faire cette année. L’agence de presse marocaine cite notamment la Côte d’Ivoire, le Gabon, les Comores et la Centrafrique. Le ministre des Affaires étrangères du Maroc, Nasser Bourita, a déclaré que cela « vient renforcer la réalité que le Sahara est marocain ». Le Maroc contrôle 80% de ce territoire, qui est encore considéré comme « non autonome » par les Nations unies. Le Front Polisario réclame, depuis des années, un référendum d’autodétermination pour les populations sahraouies. Le mois dernier, le Parlement du royaume a également adopté deux textes de loi, qui intègrent les eaux du Sahara Occidental à son espace maritime. La CAN de futsal se déroule actuellement à Laayoune. RFI

Malawi: la justice rend son arrêt sur la validité de la présidentielle
La Cour constitutionnelle du Malawi doit rendre lundi un arrêt historique sur la régularité de la réélection du président Peter Mutharika en mai 2019, contestée par l’opposition qui a maintenu ces derniers mois la pression en descendant dans la rue. Peter Mutharika, au pouvoir depuis 2014, a été réélu l’an dernier avec 38,57% des suffrages, selon les résultats de la Commission électorale, devant le principal représentant de l’opposition, Lazarus Chakwera (35,41%). Seulement 159.000 voix séparent les deux hommes. Lazarus Chakwera et un autre candidat malheureux de l’opposition, Saulos Chilima, arrivé troisième, ont immédiatement dénoncé des fraudes, dont un nombre, à leurs yeux anormalement élevé, de procès-verbaux de dépouillement raturés avec du blanc à effacer. Ils ont saisi la Cour constitutionnelle pour obtenir un recours en annulation de la présidentielle, alors que le camp du vainqueur a nié toute fraude. AFP

Coronavirus : une urgence internationale aux conséquences négatives sur l’économie mondiale
Apparue en décembre dans la ville chinoise de Wuhan, cette épidémie de pneumonie virale a déjà fait 362 morts dont un premier hors de Chine. Du fait des ravages ainsi causés, les experts en santé publique ont déclaré la semaine dernière que la pandémie du nouveau coronavirus ayant provoqué d’importants manques à gagner dans plusieurs pays, constituait déjà une « urgence mondiale ». Si une semaine auparavant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait estimé qu’il était « trop tôt » pour décréter l’alerte mondiale au sujet de la pandémie, à l’issue de sa dernière rencontre, l’agence spécialisée de l’ONU ne s’est pas empêchée d’affirmer qu’elle constitue déjà une urgence internationale, mais a appelé à ne pas limiter les voyages. Sans hésiter, le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait déclaré que l’épidémie était finalement devenue « une urgence de santé publique de portée internationale » ajoutant : « Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles (…). Il ne s’agit pas d’un vote de défiance à l’égard de la Chine » Adiac-Congo

L’invasion des criquets une « urgence nationale » en Somalie
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) affirme que l’invasion de criquets pèlerins dans la Corne de l’Afrique est la pire depuis 25 ans. La Somalie a déclaré que l’infestation actuelle de criquets pèlerins dans le pays était une « urgence nationale ». Le ministère de l’agriculture a décrit les essaims comme étant de taille inhabituelle. Selon la FAO, un essaim de criquets, peut regrouper des millions d’individus qui peuvent consommer en 24 h la même quantité de nourriture que près de 35 000 personnes. Et dans le cas de la Somalie, il est à craindre que l’infestation ne soit pas contenue avant la saison des récoltes en avril faute de moyens de lutte conséquents. Un manque de moyens qui selon un agronome, aura de graves conséquences sur l’alimentation des populations déjà meurtries par les attaques d’insurgés. BBC



Photo: Adam Jones