Revue de Presse du 28 juin 2019

Tunisie : Daesh revendique le double attentat à Tunis
Le groupe État islamique a revendiqué le double attentat suicide perpétré hier dans la capitale tunisienne, selon l’organisme américain de surveillance des mouvements extrémistes SITE. Les auteurs des « deux attaques contre des forces de sécurité tunisiennes dans la capitale sont des combattants du (groupe) État islamique », a affirmé Amaq, l’agence de propagande de l’EI, citée par SITE. Un policier a été tué et plusieurs personnes blessées jeudi dans la capitale. Le kamikaze s’est fait exploser à 11 heures locales à l’angle de la prestigieuse avenue Bourguiba et d’une artère commerciale très animée, créant un mouvement de panique. « Quelle catastrophe ! », crie un jeune homme en fuyant pour se protéger. Une demi-heure plus tard, un autre kamikaze frappait une caserne de la Garde nationale proche du centre. Jeune Afrique/AFP

Tunisie : ce que prévoit la Constitution en cas de vacance du pouvoir
Deux types de vacance du pouvoir sont prévus par la Constitution tunisienne : l’une prévoit que le Premier ministre remplace le président pour une période courte, l’autre que le président du Parlement assure l’intérim pour un temps plus long. Il n’y a « pas de vacance » du pouvoir en Tunisie, s’est empressé d’assurer, vendredi 28 juin, un conseiller du président de la République Béji Caïd Essebsi, 92 ans, hospitalisé après un malaise « grave » et dont l’état est « stationnaire ». Après l’annonce de sa mort par plusieurs médias, le Premier ministre Youssef Chahed a indiqué jeudi s’être rendu à son chevet, assurant qu’il était dans un état « stable », et a appelé à ne pas diffuser « des informations fausses semant la confusion ». France24

Soudan: les forces de l’ONU retardent leur retrait du Darfour
L’ONU a finalement décidé de retarder de quatre mois sa décision concernant un retrait progressif de sa mission au Darfour, la Minuad. Présente dans cette région du Soudan depuis 2007, la mission hybride des Nations unies et de l’Union africaine devait initialement se retirer graduellement d’ici juin 2020. Mais les récentes violences à Khartoum laissent craindre une déstabilisation au Darfour. La mise en place d’un gouvernement civil de transition légitime et reconnu, la fin des violences et la remise des bases de la Minuad occupées par les forces de réactions rapides à des institutions civiles, voilà autant de conditions sine qua non posées par le Conseil de sécurité pour reprendre les discussions concernant le retrait de la mission du Darfour. RFI

Au Soudan, un bras de fer inégal entre civils et militaires
A Khartoum, la capitale soudanaise, la résistance civile tente de se réorganiser. Des marches et des rassemblements ont lieu de nuit, dans les quartiers, et une manifestation est prévue ce dimanche 30 juin. Mais le traumatisme est profond. « Nous avons vu des choses horribles. Des gens ont été tués, violés, devant mes yeux », raconte Omer Husham, 21 ans, étudiant en informatique. « Il y avait un homme qui portait une blouse de médecin. Il leur a dit : ‘Je suis docteur’. Et ils ont commencé à le battre… quand il a sorti ses papiers, ils l’ont abattu. Ils lui ont tiré une balle dans la tête ! ». Le jeune homme était présent le 3 juin, à l’aube, lorsque les forces de sécurité ont attaqué les manifestants, rassemblés depuis des semaines dans un « sit-in » pacifique, devant le siège de l’armée, à Khartoum. Au moins une centaine de personnes ont été tuées ce jour-là. Des centaines d’autres ont été blessées, battues, humiliées. RTBF

Soudan: la montée en puissance des militaires inquiète le Darfour
Les habitants de la province du Darfour suivent avec inquiétude les derniers rebondissements de la crise qui agite le Soudan. Les chefs du Conseil militaire de transition (CMT) qui dirigent le pays sont en effet accusés d’avoir commis des exactions dans cette région de l’ouest du Soudan au début des années 2000.
Au Soudan, la population attend avec impatience l’issue du bras de fer entre les militaires au pouvoir et l’opposition. Une communauté en particulier regarde avec inquiétude les déroulements politiques : les habitants du Darfour, province de l’ouest du pays victime d’atrocités pendant la guerre dans les années 2000. RFI

Ethiopie: plus de 250 arrestations en lien avec la « tentative de coup d’Etat » régional
Plus de 250 personnes ont été arrêtées en lien avec les assassinats politiques de samedi passé, qualifiés par les autorités de « tentative de coup d’Etat » contre le gouvernement de la région amhara (nord-ouest), a annoncé jeudi soir une équipe gouvernementale chargée de faire la lumière sur ces événements. L’Ethiopie est sous haute tension depuis les assassinats de samedi, qui s’inscrivent dans le contexte de luttes de pouvoir liées aux tensions politico-ethniques dont le pays est le théâtre. Ces dernières se sont exprimées plus librement avec l’ouverture de l’espace démocratique par le Premier ministre Abiy Ahmed, entré en fonction en avril 2018. Samedi après-midi, un commando armé a tué le président de la région amhara, un de ses conseillers et le procureur général de l’Amhara, à Bahir Dar, la capitale régionale. TV5Monde

En Algérie, les conditions d’une transition démocratique sont posées
Quatre mois après le début des manifestations, partis politiques et membres de la société civile algérienne ont érigé un «pacte» pour mettre fin au statu quo. Ils exigent la libération des détenus politiques et une transition vers de nouvelles élections. Deux mois après le départ de Bouteflika, le temps est venu d’entamer une «véritable transition démocratique». Une centaine de personnes, issues de partis politiques, d’associations et de la société civile, se sont rassemblées mercredi au siège du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) à Alger, répondant à un appel lancé le 18 juin par sept partis politiques et la Ligue algérienne des droits de l’homme. Elles ont adopté un «pacte», écrit le jour même par un comité de rédaction représentant les différentes sensibilités, qui pose les conditions d’une sortie de crise pacifique et démocratique. Libération

Nigeria: Manifestation de réfugiés à Maiduguri, des responsables accusés de détourner la nourriture
La situation humanitaire est toujours aussi catastrophique dans le nord -est du Nigeria , en proie à des attaques du groupe jihadiste Boko Haram. Des responsables nigérians , chargés d’apporter de l’aide humanitaire dans un camp font l’objet de graves accusations de réfugiés qui ont manifesté ce jeudi à Maiduguri. Pour protester contre le manque de nourriture et de médicaments , 4000 réfugiés du camp de Gubio ont manifesté allant jusqu’à bloquer la circulation. Selon eux, l’aide alimentaire ou médicale ne leur parviennent pas , car régulièrement détournées par des responsables du camp. « Nous voyons les stocks de nourriture repartir dans les mêmes camions que ceux qui les ont apportés, mais sans savoir vers où », a déclaré l’un d’entre eux au milieu d’une foule de manifestants. Koaci

Au Nigeria, le fantasme d’un « complot peul » pour islamiser le pays
Alors qu’un cycle de violences oppose agriculteurs chrétiens et éleveurs musulmans, ces derniers sont de plus en plus accusés d’être des « djihadistes ». Assis en tailleur, paupières closes et paumes tournées vers le ciel, Saidu Bello se recueille au pied d’un imposant tombeau en marbre recouvert de velours bleu : c’est à Sokoto, vieille cité du nord du Nigeria, que repose Ousmane Dan Fodio, l’un des grands noms de l’islam africain. … « Cette histoire a laissé un traumatisme profond chez les populations autochtones qui se trouvaient dans la zone d’influence des empires islamiques précoloniaux » et dont beaucoup sont devenues chrétiennes par la suite, explique Alioune Ndiaye, enseignant à l’université de Sherbrooke, au Canada, et spécialiste du Nigeria : « Il y a encore cette peur, chez les populations du sud, que les nordistes viennent “tremper le Coran jusque dans l’océan”, pour utiliser l’expression consacrée. » De fait, à chaque nouvel épisode de violences, la presse nigériane – dont les principaux titres appartiennent à des magnats du sud – n’hésite pas à comparer les éleveurs peuls à des « terroristes ». Elle évoque un « complot peul » ayant pour objectif d’achever l’œuvre de Dan Fodio en islamisant le Nigeria. Le Monde

Togo : après 32 ans, le pays organise des élections municipales
Parmi les 11.400 candidats en lice, on retrouve beaucoup de jeunes et de femmes. Qu’est ce qui justifie cet engouement de la jeunesse autour de ces élections? La campagne électorale s’achève dans une belle ambiance festive. Souvent jeunes, les candidats drainent autour d’eux d’autres jeunes à qui ils adressent un message clair. « La jeunesse doit prendre son destin en main », explique Frédérique Tchatchou, un des candidats. « C’est la jeunesse et les femmes qui constituent la majorité de la population. Et c’est eux, la force vive. Donc nous travaillerons avec eux pour pouvoir réaliser nos plans de développement. » Patrick Amenda, un autre jeune candidat, sillonne un marché de son quartier pour convaincre les électeurs. DW

RDC : environ 40 morts dans un éboulement à Kolwezi
Trente-neuf personnes sont mortes dans l’éboulement qui a eu lieu jeudi 27 juin à Kolwezi dans la concession privée de l’entreprise minière KCC. Les victimes sont des exploitants artisanaux appelés creuseurs, a précisé le gouverneur du Lualaba, Richard Muyej. Ces derniers, ajoute-t-il, exploitent frauduleusement les minerais dans cette concession malgré plusieurs campagnes de sensibilisation pour les en dissuader. C’est un accident grave, selon Richard Muyej qui s’est déroulé dans la concession privée de KCC, une société minière en partenariat avec la Gécamines. « C’est une société minière qui s’est plaint depuis un certain temps des incursions fréquentes de ceux qu’on appelle creuseurs, donc les exploitants artisanaux. Mais, cette fois-ci, il s’est mêlé un groupe qu’on n’identifie pas très bien », indique-t-il. Radio Okapi

RDC: inquiétude autour de l’explosion des dépenses publiques
En RDC, l’Observatoire de la dépense publique (Odep) s’inquiète de l’explosion des dépenses des institutions et notamment de la présidence de la République et de la primature. À l’heure actuelle, l’administration de Félix Tshisekedi a déjà utilisé 98% de son budget à la fin du mois de mai. Et toutes les institutions réunies, y compris les assemblées qui pour certaines viennent de s’installer, ont dépensé en cinq mois l’équivalent du budget annuel de la Santé. Pour l’organisation congolaise, il faut un collectif budgétaire, il faut aussi que la présidence donne l’exemple. RFI

Guinée-Bussau : Le PAIGC ne reconnait plus la légitimité du président Vaz
L’Assemblée nationale de Guinée-Bissau a adopté jeudi 27 Juin 2019 lors d’une réunion d’urgence, une résolution autorisant son président, Cipriano Cassama, à assurer « l’intérim » du chef de l’Etat, José Mario Vaz, dont le mandat de cinq ans a expiré le 23 juin. La résolution a été adoptée à l’unanimité des membres présents, 54 voix pour, zéro abstention, mais en l’absence des députés de l’opposition, le Madem et le PRS, le Parti pour la rénovation sociale. Le mandat du président de la République, José Mario Vaz ,  »étant déjà arrivé à son terme, ce qui implique la cessation immédiate de ses fonctions constitutionnelles, à compter du 23 Juin, de l’année en cours » a annoncé Kalifa Seydi, Président du groupe parlementaire du PAIGC. BBC

Sénégal : Vers des affrontements après l’interdiction de la manifestation de l’opposition prévue aujourd’hui
Après leur mobilisation monstre de vendredi passé dans le cadre de sa lutte pour la transparence dans la gestion des ressources naturelles du pays, opposition et société civile sénégalaise comptent remettre ça aujourd’hui. Le préfet de Dakar qui a décidé d’interdire le rassemblement a déployé 500 policiers à travers Dakar, comme constaté par KOACI.COM. Au Sénégal, journée à hauts risques ce vendredi . En effet, alors que le Préfet de Dakar a interdit toutes les quatre manifestations prévues ce vendredi 28 juin 2019, l’autorité craint une trouble de l’ordre. Ainsi la police va sortir l’artillerie lourde pour contenir les débordements. Selon nos informations pas moins de quelques 500 policiers et un important dispositif anti-émeute ont été déployés dans la capitale pour parer à toute éventualité. Des opérations de dissuasion ont démarré, hier, par un quadrillage du centre-ville. Du côté des manifestants ont semblent décider à défier l’interdiction préfectorale. Koaci

Cameroun : les séjours du président Paul Biya à Genève ne sont plus de tout repos
Selon une enquête du consortium d’investigation Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), depuis son élection à la tête du Cameroun, il y a 37 ans, Paul Biya aurait passé quatre ans et demi à l’hôtel Continental à Genève, un palace planté à proximité du palais des Nations. Au sixième étage, il y occuperait une suite facturée autour de 150 000 euros le mois, si l’on croit le site d’opposition camer.be, qui rappelle que le salaire moyen camerounais n’atteint que quatre-vingts euros par mois. Et bien évidemment, le chef de l’État ne se déplace pas seul. En avril dernier, Paul Biya avait même prévu de venir avec onze militaires, avant de renoncer à ce déplacement en Suisse. Son épouse, Chantal Biya, en revanche, avait bien séjourné à Genève. Cette fois, Paul Biya est arrivé à l’aéroport de Genève-Cointrin dimanche dernier, à bord d’un avion privé, afin de ne pas éveiller l’attention de ses opposants. Le Point

Le Maroc est-il à l’abri d’un soulèvement populaire ?
Une enquête de la BBC montre que près de la moitié des Marocains envisagent d’émigrer et souhaitent un changement politique immédiat. Sur un balcon surplombant les toits de Casablanca, un homme tire sur sa cigarette et pense au rêve qui lui a été arraché. Saleh al-Mansouri n’a qu’une vingtaine d’années, mais il sait ce que c’est que de traverser la mer vers l’Europe. Il a vécu en Allemagne pendant plusieurs années jusqu’à ce que sa demande d’asile soit rejetée et qu’il soit contraint de rentrer au Maroc. BBC

Mali: le mandat des députés prolongé jusqu’en mai 2020
Nouvelle prorogation du mandat des députés au Mali. Initialement, les élections législatives devaient avoir lieu en novembre-décembre 2018. À cause notamment de la situation sécuritaire du pays, la Cour constitutionnelle avait accepté de repousser de six mois les élections. Mais à ce jour, il est toujours impossible d’organiser les élections. Ce jeudi, l’Assemblée nationale a donc voté le projet du gouvernement de proroger à nouveau le mandat des députés jusqu’au 2 mai 2020. Le projet de loi a été adopté par les députés maliens à 123 voix pour, 19 abstentions et zéro contre. Cette nouvelle prorogation de leur mandat prendra fin en principe le 2 mai 2020, si bien sûr la situation sécuritaire du pays permet entre-temps d’organiser les futures consultations. Il doit d’abord y avoir en principe le référendum sur le projet de nouvelle Constitution puis les élections législatives. RFI

L’Ouganda, terre d’accueil des réfugiés
Sur les rives du lac Albert, dans l’ouest de l’Ouganda, des dizaines de réfugiés arrivent chaque jour. Ils fuient le conflit qui sévit dans la République Démocratique du Congo voisine. En avril, ce sont 80 à 100 réfugiés qui sont arrivés chaque jour dans le pays, selon le Haut Commissariat aux réfugiés. « Sur la route pour venir ici il y eu des tirs et les balles volaient juste à côté de nous. Je suis venu là pour obtenir de l’aide parce que j’ai entendu dire qu’en Ouganda, on aidait les réfugiés, » raconte Uketi Depite, réfugié arrivé de RDC. Pendant des années, l’Ouganda a ouvert ses portes aux réfugiés alors qu’au même moment de nombreux pays dans le monde les fermaient. Les nouveaux arrivants semblent certains qu’ils seront bien accueillis en Ouganda. « Je savais qu’en arrivant en Ouganda il y aurait la paix et qu’on me donnerait de la nourriture et des habits », estime Angeyechan Nikuma, venue elle aussi de RDC. Euronews



Photo: Adam Jones