Revue de Presse du 27 septembre 2021

Dons de vaccins à l’Afrique : l’Europe n’est pas à la hauteur de ses promesses
Très présente et volontariste lorsqu’il s’agit de s’engager à aider l’Afrique à vacciner contre le Covid, l’Europe se montre malheureusement moins empressée à fournir les doses promises et à financer les programmes annoncés. Le point sur les efforts déjà réalisés et les promesses pour les mois à venir, alors que le continent peine à atteindre les objectifs fixés. Malgré les beaux discours, l’écart se creuse entre une Europe dont plus 70 % des adultes sont vaccinés et une Afrique dont la population ne l’est qu’à 3,6 % et qui a dépassé le seuil des 8 millions de contaminations. Chez les Africains, au sentiment d’être laissés pour compte s’ajoute désormais la déception face aux promesses non tenues. L’objectif initial de Covax (dont l’Union européenne – UE – est l’un des principaux contributeurs) de vacciner 40 % de la population est en effet – temporairement – enterré. Revenu sur ses engagements, le dispositif prévoit finalement d’atteindre les 40 % en mars 2022. « Nous nous sommes plaints d’un manque de transparence. Nous avons le financement et les contrats pour vacciner 37 % de la population africaine en mars, mais il nous faudra une augmentation très rapide des livraisons pour atteindre nos objectifs », met en garde Aurélia Nguyen, directrice exécutive du bureau Facilité Covax de Gavi, l’organisation internationale spécialisée dans la distribution des vaccins. « Sur les 551 millions de doses promises au continent, seules 16 % ont été livrées et certains pays comme les États-Unis ont beaucoup mieux tenu leurs promesses que d’autres », renchérit Ayoade Olatunbosun-Alakija, l’ancienne coordinatrice en chef de l’humanitaire au Nigeria. Jeune Afrique

Tunisie : des manifestants se mobilisent contre « le coup d’État » du président Saïed
« La légitimité passe par le vote. » Les manifestants présents à Tunis ont dénoncé, dimanche 26 septembre, « le pouvoir aux mains d’un seul homme », visant le président Kaïs Saïed qui a adopté des mesures exceptionnelles cette semaine. Au milieu d’une foule massée devant le théâtre municipal de Tunis, deux femmes de haute taille se distinguent dans cette manifestation, la plus importante depuis le coup de force de Kaïs Saïed le 25 juillet. Jeans et chapeau de paille, Nade, 27 ans, agent administratif, est venue avec sa maman Leïla, les cheveux sous un foulard, pour manifester « contre les décisions du président qui bloquent la démocratie ». « Il n’y a plus de Parlement, il a changé les lois, tout le pouvoir est aux mains d’un seul homme. Il veut tout faire tout seul », fustige la jeune femme. Blindés, fourgons de police et barrières métalliques pour filtrer le passage d’une zone à l’autre, les forces de sécurité sont déployées en masse sur l’avenue Bourguiba, principale artère de la capitale. Mercredi, le président Saïed a fait publier un décret qui se substitue à divers chapitres de la Constitution, contenant « des mesures exceptionnelles ». Celles-ci pérennisent le gel du Parlement, lui permettent de légiférer par décret, de présider le Conseil des ministres et d’édicter des lois dans tous les domaines. « On est en train de revenir à l’époque de Ben Ali (1987-2011), à une dictature », s’inquiète Nade, en se joignant à l’un des slogans les plus clamés dimanche : « Constitution, liberté et dignité nationale ». La jeune fille se dit inquiète car « grâce à la révolution de 2011, la Tunisie avait enfin des droits » qu' »elle ne veut pas perdre ». France24 avec AFP

Mali: le gouvernement de transition évoque la possibilité d’un report des élections
Ce dimanche 26 septembre se clôturaient les concertations sur l’élaboration d’un organe unique de gestion des élections et la préparation des Assises nationales de la refondation. L’occasion pour les autorités de transition d’exprimer la possibilité d’un report des élections pour avoir le temps de mener les réformes nécessaires. … Une décision de nature à contrarier la communauté internationale qui avait fait du respect du calendrier de la transition, fixée à 18 mois, sa principale exigence après le coup d’État du 18 août 2020. « Toute la communauté internationale est là pour nous aider à aller vers une stabilisation. Si le Mali n’est pas stabilisé, je ne pense pas que ce soit honorable pour la communauté internationale et pour nous-mêmes », a expliqué Ibrahim Ikassa Maïga. Une partie de la classe politique, qui a boycotté les concertations, accuse quant à elle les autorités d’instrumentaliser l’organisation des assises nationales à des fins politiques. « C’est un gaspillage d’énergie et de moyens qui cache une volonté claire de prolonger au forceps la transition et de se maintenir au pouvoir », nous a confié Yaya Sangaré, porte-parole de l’Adema. RFI

Au Tchad, le chef de la junte Mahamat Déby nomme un parlement de transition
Le chef de la junte militaire au pouvoir au Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a « désigné » vendredi 93 membres d’un parlement temporaire, le Conseil national de transition (CNT), cinq mois après s’être proclamé président à la mort de son père. … Les 93 noms suivent des quotas fixés d’avance, notamment au moins 30 % de députés de l’Assemblée nationale sortante, dissoute lors de la prise du pouvoir de la junte, 30 % de femmes et 30 % de jeunes. Quand Mahamat Déby, 37 ans, s’est proclamé chef de l’État à la tête d’un CMT, il avait promis des « élections libres et transparentes » avant 18 mois et de nommer rapidement ce CNT, mais ce parlement de transition s’est longtemps fait attendre. Des membres de l’ancienne opposition au défunt président Déby en font partie mais aucun de la plateforme Wakit Tamma, des partis et organisations de la société civile qui dénoncent le coup de force du fils Déby. La junte, le CMT, dirigée par Mahamat Déby et composée de 14 autres généraux, détient l’essentiel du pouvoir exécutif mais a nommé, le 11 mai, sous d’intenses pressions internationales, un gouvernement confié à un Premier ministre civil, Albert Pahimi Padacké, le dernier à occuper déjà cette fonction sous feu Idriss Déby. France24 avec AFP

L’opposition guinéenne publie une liste de gens à exclure de la transition
La coalition qui a animé la mobilisation contre le troisième mandat du président guinéen désormais déchu Alpha Condé a publié vendredi une liste d’une centaine de personnes dont elle réclame l’exclusion des affaires publiques et de la transition. Sur cette liste figurent beaucoup de membres de l’ancien gouvernement – dont l’ex-Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et l’ex-ministre de la Défense Mohamed Diané – des commandants de police et de gendarmerie, des juges – dont le président de la Cour constitutionnelle – des procureurs, des gouverneurs et préfets. Tous sont accusés par le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de mouvements politiques et de la société civile, d’avoir permis à M. Condé d’obtenir un troisième mandat controversé en octobre 2020 à la tête de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Ils sont passibles de poursuites « devant une juridiction compétente de l’Union africaine » (UA), a déclaré un des dirigeants du FNDC, Ibrahima Diallo, lors d’une conférence de presse. … Avant le coup d’Etat du 5 septembre contre M. Condé, le colonel Doumbouya et le commandant de la gendarmerie pour la région de Conakry, le colonel Balla Samoura, tous deux membres de la junte, figuraient sur des listes similaires du FNDC en tant que responsables de la répression du régime Condé. … M. Condé a fait adopter par referendum en mars 2020 une nouvelle Constitution et a invoqué ce changement de loi fondamentale pour se représenter après deux mandats, malgré des mois de contestation réprimée dans le sang. Sa réélection vigoureusement contestée par l’opposition avait été précédée et suivie par de nombreuses arrestations. AFP

Soudan: baisse de la tension dans l’Est après un accord entre les autorités et les manifestants
Les exportations de pétrole en provenance du Soudan du Sud, bloquées depuis samedi, vont pouvoir reprendre. Un accord a été trouvé, ce dimanche 26 septembre 2021 au soir, à l’issue d’une rencontre entre les manifestants et une délégation d’officiels venus de Khartoum. Le port de la ville en revanche est toujours bloqué, ainsi que la route qui relie Port Soudan à la capitale, la principale route du pays. Le blocage de Port Soudan dure depuis dix jours, mais ce week-end la tension était montée d’un cran. Après le port et l’aéroport, les manifestants s’en sont pris aux installations pétrolières de la ville. Ils ont ainsi fermé deux oléoducs dont celui de Bashayer, l’unique oléoduc utilisé par le Soudan du Sud pour acheminer son pétrole vers le Soudan et à partir de là vers les marchés mondiaux. Un oléoduc stratégique pour la relation entre les deux pays, mais aussi pour Khartoum. RFI

Somalie : huit personnes tuées dans un attentat à la voiture piégée
Huit personnes ont été tuées, samedi 25 septembre, à Mogadiscio, la capitale somalienne, par l’attaque à la voiture piégée d’un checkpoint proche du palais présidentiel, a appris l’Agence France-Presse (AFP) d’un responsable de la police. Cet attentat a été revendiqué par les Chabab, groupe djihadiste. La puissante explosion s’est produite en fin de matinée, un peu avant 11 heures, au carrefour de Ceelgaab, où se trouve un checkpoint situé à environ un kilomètre de Villa Somalia, le palais présidentiel. « Il est confirmé que huit personnes, pour la plupart des civils, sont mortes et sept autres blessées dans l’explosion d’une voiture piégée », a déclaré à la presse Mucawiye Ahmed Mudey, le commissaire du district de Hamar Jajab où l’attaque s’est produite. Des témoins ont déclaré à l’AFP que plusieurs voitures attendaient d’être contrôlées lorsque l’explosion s’est produite, et que des victimes se sont retrouvées prises au piège de leur véhicule en feu. « Cette voiture a été arrêtée par les gardes de sécurité et [l’explosion] s’est déclenchée alors qu’il y avait plusieurs autres voitures [arrêtées] et des personnes qui passaient dans la rue voisine », a-t-il raconté. Parmi les personnes tuées figure Hibaaq Abukar Hassan, conseillère du premier ministre pour les femmes et les droits de l’homme, a fait savoir une source officielle. Le Monde avec AFP

Plusieurs militaires nigérians meurent dans une embuscade
Au moins huit soldats ont été tués et plusieurs autres portés disparus et blessés dans une embuscade attribuée au groupe de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) dans le Nord-Est du Nigeria, ont indiqué vendredi deux sources militaires à l’AFP. Les jihadistes ont tiré des roquettes sur un convoi militaire qui circulait entre la ville de Dikwa et Marte, dans l’Etat du Borno, selon ces sources. « Les terroristes ont attaqué (le convoi) avec plusieurs lance-roquettes, tuant huit soldats. Plusieurs autres sont portés disparus », a déclaré à l’AFP un officier militaire. Huit autres soldats ainsi qu’un membre d’une milice pro-gouvernementale engagée dans lutte antijihadiste ont été blessés, selon cette source. Le bilan de l’attaque a été confirmé à l’AFP par une seconde source militaire. Les jihadistes ont emporté avec eux deux véhicules militaires et en ont incendié trois autres. Cette attaque est la seconde en moins de deux semaine menée par l’Iswap contre les forces armées nigérianes, qui peinent à vaincre une insurrection islamiste ayant fait plus de 40.000 morts en 12 ans. AFP

Mouvement de jihadistes de Boko Haram vers le Nord-Ouest au Nigeria
Plus de 200 membres du groupe jihadiste Boko Haram ont quitté le Nord-Est du Nigeria pour rejoindre, à des centaines de kilomètres plus à l’ouest, un groupe criminel qu’ils forment déjà au maniement des armes, ont affirmé vendredi deux sources militaires. « Plus de 250 combattants jihadistes sont arrivés dans les forêts de Rijana Chikun », a déclaré à l’AFP l’une de ces sources. Ces forêts se trouvent dans l’Etat de Kaduna, dans le Nord-Ouest du Nigeria, où plusieurs groupes criminels mènent des pillages, attaques et enlèvements. Cette année, plusieurs de ces gangs ont pris pour cible des écoles et des universités, enlevant plus de 1.400 élèves, selon l’Unicef. Ils agissent a priori sans motivation idéologique, même si des liens avec les groupes jihadistes du nord-est sont attestés depuis plusieurs années. Selon ces sources, des commandants de Boko Haram déjà dépêchés sur place « les ont formés aux maniements des armes », notamment « de canons antiaériens », « armes automatiques » et « à la fabrication d’engins explosifs ». AFP

RDC: toujours en détention, le journaliste Sosthène Kambidi bientôt transféré à Kananga
Correspondant de l’AFP et d’Actualite.cd et collaborateur occasionnel de RFI, Sosthène Kambidi est accusé de « terrorisme », « d’association de malfaiteurs » et « d’insurrection » dans le cadre du double assassinat des experts de l’ONU. L’enquête est a priori loin d’être terminé. Les organisations professionnelles ne comprennent pas la détention prolongée de leur collègue. Pendant les auditions, les questions portaient sur la détention par Sosthène Kambidi de la vidéo de l’exécution des experts de l’ONU. Certains magistrats, cherchent à démontrer que Sosthène Kambidi n’agissait pas dans le cadre de son travail journalistique. « Nous n’excluons aucune piste. Il n’a pas été interpellé parce qu’il a réalisé un reportage. Nous cherchons à savoir si le journaliste a posé des actes relevant de son métier », a dit à RFI un haut magistrat. L’avocat du journaliste conteste formellement ces accusations et rappelle que la quête et la possession de la vidéo se faisaient bel et bien dans le cadre de son métier. Sosthène Kambidi reste donc en détention et sera transféré à Kananga où se tient le procès sur la mort des experts de l’ONU, confirme le parquet militaire. RFI

Côte d’Ivoire: première interview du président Ouattara depuis sa réélection
Il s’exprime pour la première fois dans la presse depuis sa réélection l’année dernière : Alassane Ouattara a accordé un long entretien à nos confères du magazine Jeune Afrique. Le président ivoirien revient, entre autres, sur un débat qui agite régulièrement la scène politique et qui fait de nouveau la Une depuis quelques semaines : le rajeunissement de la classe politique. C’est une nécessité, selon lui. D’ailleurs, Alassane Ouattara, sans s’engager formellement, rappelle qu’il s’est déjà dit prêt à passer la main. Alassane Ouattara envisage-t-il de se présenter à nouveau en 2025 ? « Je prendrai la décision appropriée le moment venu. Cela dit ma position est connue puisque je l’avais exprimée en mars 2020 », déclare le président ivoirien à Jeune Afrique. En mars 2020, il avait annoncé son intention de passer la main avant de se raviser quatre mois plus tard après la mort de son dauphin désigné Amadou Gon Coulibaly. … Le président ivoirien dit aussi avoir de bonnes relations avec ses prédécesseur Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié qu’il a régulièrement au téléphone. Pour Guillaume Soro en revanche : « il peut évidemment rentrer et faire face à la justice », assène Alassane Ouattara. RFI

Rwanda : mort de Théoneste Bagosora, « cerveau » du génocide des Tutsi
Condamné à trente-cinq ans de prison par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour « génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre », Théoneste Bagosora est mort, samedi 25 septembre, au Mali où il était détenu, ont déclaré des responsables maliens, ainsi que son fils Achille sur Facebook. Incarcéré dans la prison de Koulikoro avec d’autres personnalités condamnées par le TPIR d’Arusha (Tanzanie), celui que le général Roméo Dallaire, qui dirigeait les casques bleus au Rwanda en 1994, avait qualifié de « cerveau du génocide », était âgé de 80 ans lorsqu’il est décédé dans un hôpital de Bamako, la capitale malienne, où il avait été transféré à la suite de problèmes cardiaques. « A aucun autre moment je n’ai vu quelqu’un d’autre que Bagosora aux commandes, avait témoigné le général canadien en 2004 devant le TPIR. C’était irréel. Ils [ses collaborateurs et lui] mettaient en œuvre un plan dont nous avions entendu parler par de nombreux canaux. » Théoneste Bagosora était l’un des plus hauts responsables rwandais condamnés pour le génocide des Tutsi, qui a fait entre 800 000 et 1 million de morts entre avril et juillet 1994. Le Monde

Tunisie : redonner le goût de lire via les réseaux sociaux
Comment redonner envie aux jeunes le goût de la lecture ? Meriem Attia s’est attelée à la tâche. Elle enseigne à l’école nationale d’ingénieurs de Tunis. Pour partager son goût pour les livres. Elle va chercher les jeunes là où il vont naturellement : sur les réseaux sociaux. TV5Monde



Photo: Adam Jones