Revue de Presse du 27 novembre 2020

En Éthiopie, Abiy Ahmed ordonne l’offensive finale contre les autorités du Tigré
L’armée éthiopienne va lancer la « phase finale » de son offensive dans le Tigré, a déclaré jeudi le Premier ministre Abiy Ahmed. De son côté, l’ONU s’inquiète des pénuries dans cette région dissidente du pays, où le nombre de déplacés augmente, atteignant plus d’un million de personnes. … L’armée a reçu l’ordre de « mener la (…) dernière phase » de l’opération lancée le 4 novembre contre les dirigeants du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), a indiqué Abiy Ahmed sur son compte Facebook. … À l’orée de la quatrième semaine d’offensive militaire contre le TPLF, Abiy Ahmed fait face à des pressions croissantes de l’ONU et de plusieurs pays, inquiets des conséquences sur les civils d’un assaut sur Mekele et de possibles « crimes de guerre », ainsi que des risques que le conflit dégénère en affrontements communautaires dans un pays mosaïque de près de 80 peuples. France24 avec AFP et Reuters

Présidentielle au Burkina Faso: réélu, le président Kaboré entend prôner l’apaisement
Avec 57,87% des voix selon les résultats provisoires, le président Roch Marc Christian Kaboré s’est imposé dès le premier tour de la présidentielle. Il a réussi son fameux coup KO et repart pour un second mandat. Eddie Komboïgo, du CDP, l’ancien parti au pouvoir, se place en deuxième position (15,48% des suffrages), et Zéphirin Diabré, l’actuel chef de file de l’opposition, arrive que troisième avec un peu plus de 12% des voix. Dès l’annonce de sa victoire, le président Kaboré a promis une « concertation permanente » et qu’il serait « le président de tous les Burkinabè, sans exception ». Même si l’opposition, dans une posture républicaine, a choisi de prendre acte des résultats provisoires, ces derniers jours, le climat politique s’est brusquement tendu au Burkina Faso. RFI

Mali: nomination massive de militaires à la tête des regions
Suite au nouveau découpage régional, le nombre de régions maliennes passe de 15 à 20. À cette occasion, 13 militaires proches d’Assimi Goïta, le vice-président chargé des questions de défense et de sécurité et homme fort de la junte, ont été nommés à la place de civils pour diriger la plupart des régions. Ils n’étaient jusque-là que cinq militaires sur les quinze gouverneurs de régions au Mali. Mais avec le nouveau découpage régional, ils sont désormais treize militaires et sept civils pour les vingt régions, rapporte notre correspondant à Bamako, Serge Daniel. Le vice-président de la transition, le colonel Assimi Goïta, chargé des questions de sécurité et de défense, et le ministre malien de l’Administration territoriale – son camarade de promotion – ont eu la haute main sur ces nominations. Au Mali, le gouverneur de région est le représentant du pouvoir central. RFI

Covid-19 : l’OMS exhorte les pays africains à mieux se préparer à la campagne de vaccination
« La plus grande campagne de vaccination dans l’histoire de l’Afrique est sur le point d’être lancée, et les gouvernements africains doivent urgemment intensifier leur préparation », a déclaré Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. Pour la Branche africaine de l’OMS, la réussite d’une telle campagne sans précédent dépendra de la planification et de la préparation. « Et nous avons besoin d’un leadership actif et d’engagement aux plus hauts niveaux des gouvernements avec des plans de coordination nationale solides et complets, ainsi que des systèmes en place », a ajouté la Dr. Moeti. Une analyse de l’OMS des données de l’état de préparation du continent montre que la moitié des pays ont identifié les populations prioritaires pour la vaccination et ont des plans en place pour les atteindre. Seulement près du quart des pays du continent disposent de plans adéquats pour les ressources et le financement, alors que 17 % ont des outils de collection et de suivi de données en place. Ils sont tout juste 12 % à avoir des plans pour communiquer avec les communautés afin de bâtir la confiance et susciter une demande de vaccination. ONU Info

Tchad : 4 militaires tués par un engin explosive
Au moins quatre militaires tchadiens ont été tués par l’explosion d’un un engin explosif dans la région du lac Tchad, théâtre de nombreux attentats terroristes du groupe Boko Haram, a annoncé mercredi le préfet de la région, Dimoya Souapebé. « Une pirogue transportant les éléments de l’armée tchadienne entre Ngouboua et Litri a sauté dans une explosion qui a provoqué la mort de quatre soldats tchadiens », a fait savoir M. Souapebé. Il s’agit d’un engin artisanal mis dans l’eau par Boko Haram, a-t-il indiqué, expliquant que « l’engin a explosé au passage de la pirogue et a causé la mort de quatre soldats et fait une vingtaine de blessés ». Sahel Intelligence

Sahara occidental : que se passe-t-il dans cette région autonomiste du sud du Maroc ?
Cela faisait près de trente ans que le conflit entre le Maroc et le territoire du Sahara occidental, situé au sud du royaume, semblait éteint. Mais le 13 novembre, il s’est tristement rallumé. L’armée marocaine s’est introduite dans la zone tampon de Guerguerat, située entre la région sahraouie et la Mauritanie. Un acte que le Front Polisario, principal parti armé de rébellion contre l’autorité marocaine, a vu comme la violation de l’accord de cessez-le-feu établi en 1991. Depuis, les combats font rage entre les belligérants. RTBF

Affaire de Gdim Izik: la Cour de cassation marocaine confirme les peines de 19 militants sahraouis
La Cour de cassation marocaine a maintenu les peines prononcées en 2013 pour 19 indépendantistes du Sahara occidental, allant de vingt ans à la prison à vie. Les militants sahraouis sont accusés d’avoir participé aux violences dans le camp de Gdim Izik, près de la frontière au sud du Maroc, en 2010. Ce verdict s’inscrit dans un contexte de reprise des conflits entre Sahraouis et Marocains. Pour ces Sahraouis, la bataille judiciaire aura duré 10 ans : de novembre 2010, lorsqu’ils ont été arrêtés par la police marocaine après le démantèlement meurtrier du campement de Gdim Izik, aux condamnations confirmées mercredi par la Cour de cassation. RFI

Coronavirus au Sénégal : une immunité collective pourrait expliquer l’absence de deuxième vague
Plusieurs pistes immunologiques sont avancées pour expliquer que le pays ne compte que 16 000 cas de contamination et 331 décès dus au Covid-19. … Les mesures de prévention prises rapidement au Sénégal n’expliquent peut-être pas à elles seules le fort recul du Covid-19, estiment des responsables sénégalais, qui se demandent si une immunité collective aurait discrètement vu le jour. Le pays ouest-africain de 16 millions d’habitants enregistre, au 27 novembre, 15 960 cas de contamination et 331 décès dus au Covid-19. Seule une poignée de malades sont en soins intensifs, selon le ministère de la santé. Si l’épidémie avait suivi les courbes de l’Europe, le Sénégal aurait compté environ 100 fois plus de morts. Le Monde avec AFP

Ancien premier ministre du Soudan, Sadeq Al-Mahdi est mort
Dernier dirigeant de la classe politique soudanaise de la génération de l’indépendance, il a, à deux reprises, occupé le poste de numéro un du gouvernement. Chef du mouvement mahdiste, il est mort le 26 novembre, à l’âge de 84 ans. … Sadeq Al-Mahdi, qui fut premier ministre du Soudan à deux reprises et chef politico-spirituel du mouvement mahdiste, est décédé jeudi 26 novembre aux Emirats arabes unis. Il était hospitalisé à Abou Dhabi depuis quelques jours après avoir contracté le coronavirus. Le Monde

En Libye, Jabir Zain, du militantisme aux geôles des milices
Avec sa veste à pochette et boutonnière, son costume trois-pièces, sa barbe légèrement taillée en pointe accentuant son visage oblong, sa silhouette très dandy fin XIXe siècle, Jabir Zain attire le regard. L’activiste des droits de l’homme de 34 ans, réfugié politique en France depuis le 26 août, sait épier. Ou plutôt sait écouter. Durant l’enfer qu’il a vécu aux mains de tortionnaires tripolitains – du 25 septembre 2016 au 2 novembre 2018 -, il est devenu sensible à la démarche de ses geôliers. Bruit sec, chaussures à talonnettes : voilà un responsable de milice policé, la séance se cantonnera à une discussion. Son étouffé de semelles souples, baskets : des coups durs, mais sans dérapage. Flip-flap, tongs : tortionnaire incontrôlable, toutes les atrocités seront permises, de celles qui laissent la victime à terre dans son vomi et ses excréments. Libération

Centrafrique : des élections sur fond d’insécurité
Vingt-deux personnalités ont déposé leur candidature pour la présidentielle dont le président Faustin Archange Touadéra, élu en 2016, et l’ancien président François Bozizé. La Cour constitutionnelle doit encore valider leurs candidatures avant le 3 décembre et nombre d’observateurs pressentent qu’elle pourrait exclure François Bozizé. L’apport des partenaires bilatéraux, français et russe notamment, pour l’organisation de ces élections est important mais diversement apprécié dans le pays. La ministre centrafricaine des Affaires étrangères, Sylvie Baipo-Temon, revenait ce vendredi matin sur la DW, sur cette question sensible et sur la sécurisation de ces élections. Pour Sylvie Baipo-Temon, l’organisation est du ressort de l’Etat centrafricain mais l’appui des partenaires est le bienvenu. « La France », dit-elle, « a déjà répondu positivement à l’appel des autorités centrafricaines ». DW

RDC: l’Assemblée nationale examine la première loi de protection des pygmées
Jadis mis à l’écart et stigmatisés, leur sort préoccupe les élus. Aujourd’hui, il y aurait plus d’un million de Pygmées en République démocratique du Congo. En plus de la gratuité de l’enseignement primaire, déjà instituée pour tous les enfants, les Pygmées, eux, pourraient étudier jusqu’au secondaire gratuitement. La majorité des Congolais de cette souche n’a pas fréquenté l’école à cause des préjugés. « Les enfants pygmées ne pouvaient pas étudier dans les mêmes écoles que les autres. Les femmes Pygmées ne pouvaient pas non plus accoucher dans les mêmes maternités que les autres. Les Pygmées ne pouvaient même pas saisir la justice car ils étaient considérés comme des sous-hommes. Mais aujourd’hui avec l’innovation de l’accès gratuit à la Justice, on reconnaît même la commission d’office pour les autochtones Pygmées. Ils doivent être accompagnés par les avocats qui seront payés par l’État congolais afin de les stimuler à participer à la vie nationale comme tous les autres Congolais », explique le député Ruphin Rachidi, auteur de la proposition de loi. RFI

Bénin : Etrilabs, le labo qui a boosté l’innovation numérique pendant la crise du coronavirus
Alerte, fausses informations ! « Ail + miel : recette miracle pour guérir du Covid-19 ». « Le vaccin contient du poison et les Occidentaux veulent anéantir l’Afrique. » « Les Noirs seraient immunisés contre le coronavirus. » Ces rumeurs infondées ont tourné de téléphone en téléphone en Afrique de l’Ouest au début de la pandémie. Au Bénin, Etrilabs, un laboratoire d’innovation numérique basé à Cotonou, la capitale économique du pays, en a compilé et démonté des dizaines sur un site Web 100 % Covid-19, créé en mars. Sur la plate-forme, une étiquette rouge signale et décrypte les infox. Un onglet de couleur verte rassemble, au contraire, les bons conseils, vérifiés, que les autorités ouest-africaines ont prodigués aux citoyens au pic de la crise. Le Monde

Démêler le vrai du faux sur internet
En Afrique, les « fake news » circulent abondamment. La RDC, la Côte d’Ivoire, la Guinée, pour ne citer que ces pays, n’y échappent pas. Heureusement, il y a des journalistes qui font du fact-checking en Afrique. … Sur le continent, les fausses informations touchent tous les aspects de notre vie quotidienne. Comme dans la politique. 6,5 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes dimanche au Burkina Faso. Un double scrutin dont la campagne a été marquée par des infox. En Guinée aussi, les infox ont émaillé le scrutin présidentiel d’il y a un mois remporté par le président Alpha Condé. DW

Afrique : derrière les inondations, une nouvelle ère hydroclimatique
Depuis la fin du mois de juillet, l’ensemble de la région sahélienne est touché par des inondations d’une ampleur inhabituelle, de la côte Atlantique jusqu’à l’Éthiopie et la Somalie. Elles ont frappé indifféremment les villes et les campagnes, mais c’est naturellement dans les premières que les victimes sont les plus nombreuses, à la fois du fait de la concentration des populations, de l’imperméabilisation des sols et de lacunes dans la planification urbaine. Nulle région au monde n’est à l’abri des dégâts causés par des crues exceptionnelles, que ce soit celles qui ont touché l’Europe centrale en 2002 ou le Mississippi en 2011, ou bien des phénomènes plus localisés du type des crues-éclairs qui ont ravagé l’arrière-pays niçois en cet automne 2020. Le Point

En images: le sac « Ghana Must Go » séduit les créateurs
En utilisant des sacs en plastique emblématique de l’Afrique de l’Ouest, le photographe nigérian Obinna Obioma propose une réflexion sur la migration célébrant la créativité artistique et l’héritage culturel africain. … Reconnu dans le monde entier dans ses variétés bleu-blanc et rouge-blanc, ce sac en toile de Nylon autrefois sans nom en Afrique de l’Ouest a longtemps été particulièrement populaire sur les marchés. Mais quand, dans les années 80, des centaines de milliers d’immigrants sans papiers, pour la plupart des Ghanéens, y ont précipitamment mis leurs affaires après avoir reçu un court préavis pour quitter le Nigéria, il s’est fait connaitre sous le nom de Ghana Must Go. BBC



Photo: Adam Jones