Niger : le général Tiani au pouvoir au moins pour les cinq prochaines années
À l’occasion de la cérémonie marquant la promulgation de la Charte de la refondation du Niger, ce 26 mars, au centre de conférence Mahatma Gandhi de Niamey, le général de brigade Abdourahamane Tiani a été investi général d’armée et président de la République. Vingt mois après son coup d’État contre le président Mohamed Bazoum, le chef de la garde présidentielle – qui a donc renversé celui qu’il était censé protéger – referme son poing sur le pouvoir, obtenant les fonctions suprêmes de la nation nigérienne et de son armée. Devant une majorité de militaires, quelques civils, des dignitaires étrangers, les représentants des autres pays composant l’Alliance des États du Sahel (AES), et l’ancien président Mahamadou Issoufou qui s’est empressé de serrer la main du général Abdourahamane Tiani, le secrétaire général du gouvernement, Mahamane Roufai Laouali, a lu les conclusions tirées des Assises nationales, organisées entre le 15 et le 20 février. Cette charte, affirmant désormais sa « valeur constitutionnelle », s’impose aux Nigériens comme « la loi fondamentale devant régir les pouvoirs publics pendant la période de la Refondation ». Au sommet de ses priorités, elle étend la durée de la transition pour 60 mois, soit cinq années, propulsant ainsi les putschistes au pouvoir jusqu’à la date du 26 mars 2030. Une durée qui pourra cependant être prolongée « en fonction de la situation sécuritaire, du cahier des charges de la Refondation et de l’agenda de la Confédération des États du Sahel ». Jeune Afrique
RDC : La situation humanitaire se dégrade dans la région de Fataki à la suite des combats entre l’UPDF et la CODECO
La situation humanitaire se dégrade davantage dans la région de Fataki, au territoire de Djugu(Ituri), où, depuis bientôt deux semaines, des combats opposent les troupes de l’armée ougandaise (UPDF) aux miliciens de la CODECO. Des sources locales rapportent, ce jeudi 27 mars, que de nombreuses personnes sont en détresse. L’accès aux soins est devenu un casse-tête dans la zone, après la fermeture de l’hôpital général de Fataki il y a plusieurs jours. L’équipe médicale des casques bleus de la MONUSCO se dit débordée. L’hôpital général de Fataki est fermé depuis trois semaines. Les médecins et les infirmiers ainsi que d’autres personnes avec des compétences médicales sont en fuite. C’est pourtant cette même main-d’œuvre que l’ONG Médecins sans frontières utilisait pour ses interventions dans la région, rapportent des sources médicales. Les milices, sous la pression de l’armée ougandaise, exercent des représailles contre les personnes déplacées, jour et nuit, augmentant ainsi le nombre de victimes civiles, indiquent des sources sécuritaires. Une situation qui affecte également les équipes médicales des casques bleus de la MONUSCO, sur place : personnel traumatisé par les atrocités, stress permanent, mais malgré tout, les casques bleus continuent à apporter leur soutien aux populations locales, y compris les déplacés, dans un contexte où le niveau des violences ne cesse d’augmenter, notamment dans la région de Fataki. Radio Okapi
RDC: le président Félix Tshisekedi en visite à Luanda pour rencontrer son homologue angolais
Mercredi 26 mars, le président congolais a fait un déplacement express à Luanda pour rencontrer son homologue angolais, João Lourenço. Au menu : un entretien en tête-à-tête entre les deux présidents notamment sur la question de la crise sécuritaire dans l’est du pays. Dans ce dossier, João Lourenço a été plusieurs années le médiateur de l’Union africaine avant de se mettre en retrait au début de la semaine. C’est la première rencontre depuis l’annonce du retrait de l’Angola de la médiation depuis l’entretien entre Félix Tshisekedi- Paul Kagame à Doha et depuis l’échec des négociations avec le M23 qui devaient commencer à Luanda. « Il y avait donc probablement des choses à clarifier », laisse entendre un diplomate à Kinshasa. Le président congolais s’est donc rendu à Luanda pour une visite de quelques heures, comme il l’avait déjà fait plusieurs fois ces dernières semaines. « L’Angola est un pays ami qui a beaucoup fait pour aider, il fallait à tout prix éviter les incompréhensions », confie-t-on du côté de la présidence congolaise. Le ministre angolais des Affaires étrangères a expliqué que les deux chefs d’État avaient convenu « de maintenir une concertation et des consultations régulières ». Kinshasa compte en effet toujours sur le soutien de João Lourenço, allié de poids, surtout que le chef de l’État angolais vient de prendre la tête de l’Union africaine pour une année. RFI
Soudan: le général Abdel Fattah al-Burhan revendique la «libération» de Khartoum
Le chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhan, a affirmé mercredi soir que Khartoum avait été « libérée », après l’annonce plus tôt de la reprise par ses forces de l’aéroport de la capitale, site hautement stratégique et symbolique occupé depuis le début de la guerre par les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo, dit Hemedti..Sur cette vidéo diffusée par Al Jazeera, nous pouvons voir l’arrivée du président du Conseil de souveraineté et commandant en chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah Al-Burhan, au palais présidentiel de la capitale soudanaise, Khartoum. Un peu plus tôt dans la journée, l’armée soudanaise avait annoncé la reprise de l’aéroport. Selon le général Nabil Abdallah, contacté par l’AFP, les troupes gouvernementales ont « complètement sécurisée » l’endroit où s’étaient installés les éléments des FSR dès avril 2023. Depuis quelques jours, les paramilitaires du général Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti, essuient revers sur revers. Vendredi dernier, ils ont été chassés du palais présidentiel, site hautement symbolique, puis de différents quartiers où se trouvaient la Banque du Soudan, ainsi que le siège des renseignements ou encore le musée national… Des bâtiments dévastés par deux ans de guerre…Selon l’armée soudanaise, les paramilitaires ont traversé le Nil Blanc mercredi pour rejoindre l’ouest du pays, notamment le Darfour, une région toujours sous leur contrôle. Selon l’armée, le dernier bastion des paramilitaires se trouve désormais au sud-ouest de la capitale, un emplacement stratégique en cas de repli vers les zones qu’ils contrôlent, comme la province du Darfour où les combats font encore rage. RFI
Soudan : la ruée vers l’or finance la guerre civile, via les Emirats arabes unis
L’industrie de l’or est en plein essor au Soudan, mais au lieu de profiter à la population de ce pays, l’un des plus pauvres du monde, le métal jaune est devenu, en passant par les Emirats arabes unis, le nerf de la guerre entre l’armée et les paramilitaires…[L]e gouvernement soutenu par l’armée a annoncé, en février, des exportations d’or record en 2024. Et la demande pour les énormes réserves d’or du Soudan, longtemps convoitées par des investisseurs tels que le groupe mercenaire russe Wagner, est « un facteur-clé de la prolongation de la guerre », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) l’économiste soudanais Abdelazim Al-Amawy. Le pays était le troisième producteur d’or du continent africain en 2022…Les Emirats arabes unis sont le deuxième plus grand centre aurifère du monde et la principale destination de l’or africain de contrebande…En 2023, des données de Swissaid ont révélé que les Emirats importaient du Tchad – à la frontière ouest du Soudan – deux fois plus d’or que la capacité maximale estimée du pays, suggérant qu’une large part provenait de la contrebande. Le Monde avec AFP
Le Soudan du Sud « sur le point de retomber dans un conflit généralisé », selon l’ONU, après l’arrestation du premier vice-président
Le premier vice-président du Soudan du Sud, Riek Machar, rival de longue date du président Salva Kiir, a été arrêté, mercredi 26 mars, dans sa résidence à Juba, selon un communiqué de presse diffusé par le président de la commission des relations extérieures de son parti. L’Organisation des Nations unies s’alarme de voir le pays « retomber dans un conflit généralisé ». Un convoi de véhicules lourdement armés conduit par le ministre de la défense et le chef de la sécurité nationale a « pénétré de force dans la résidence du vice-président » à Juba et celui-ci a été arrêté, selon un communiqué du parti SPLM-IO de M. Machar. Ce développement intervient après une journée marquée par des tirs d’artillerie près de Juba, capitale du plus jeune Etat de la planète, en proie à une instabilité chronique après une sanglante guerre civile entre les forces de MM. Kiir et Machar. Au terme de ce conflit qui a fait quelque 400 000 morts et quatre millions de déplacés entre 2013 et 2018, les deux factions étaient parvenues à un fragile accord de partage du pouvoir. Aujourd’hui, « les dirigeants du pays sont sur le point de retomber dans un conflit généralisé », s’est alarmé mercredi soir le chef de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss), Nicholas Haysom. Une fin de l’accord de paix de 2018 « ne dévasterait pas seulement le Soudan du Sud, mais affecterait aussi toute la région », a-t-il souligné. Le Monde avec AFP
Burkina Faso: une amende pour la chaine BF1 et un journaliste suspendu suite à un reportage sur l’AJB
Au Burkina Faso, la télévision privée BF1, qui a diffusé un reportage sur le congrès extraordinaire de l’Association des journalistes du Burkina (AJB) a écopé d’une amende de 500 000 FCFA. Quant au journaliste, auteur du reportage, il est suspendu de toute activité audiovisuelle pour deux semaines. Telle est la décision du Conseil supérieur de la communication (CSC). La sanction intervient après une audition des responsables de la chaine de télévision. Elle fait suite à la diffusion des propos du président de l’Association des journalistes du Burkina (AJB), Guézouma Sanogo, qui dénonçait les atteintes à la liberté de la presse et l’utilisation de certains médias publics pour des campagnes de propagande…C’est d’ailleurs « la gravité » des faits qui a valu une convocation des responsables de la télévision BF1 souligne l’instance de régulation des médias. Un peu plutôt dans la journée, la direction de la chaine BF1 avait, dans un communiqué, présenté ses excuses à la radio télévision publique ainsi qu’à l’agence d’information du Burkina et aux autorités pour avoir relayé des propos qualifiant « les médias RTB et AIB de propagandistes ». « Nous regrettons profondément l’impact négatif qu’ils ont pu avoir sur l’image de la RTB et de l’AIB » peut-on lire dans ce document. La direction qui outre ces plates excuses, a fait supprimer le reportage incriminé de ses différents canaux de diffusion. RFI
Mali: trois ans après le massacre de Moura, pas de justice pour les victimes
Au Mali, il y a tout juste trois ans survenait le massacre de Moura, ou plutôt débutait puisque l’opération de l’armée malienne et de ses partenaires russes du groupe Wagner, dans ce village du cercle de Djenné dans le centre du Mali, s’était étendue sur cinq jours, du 27 au 31 mars 2022. Cinq jours d’horreur, pendant lesquels plus de 500 personnes ont été tuées. Un bilan jamais reconnu par les autorités maliennes de transition qui n’ont jamais donné suite à leurs promesses d’enquête et de justice. Pour les autorités maliennes de transition, Moura, c’est une opération militaire « de grande envergure » menée avec « professionnalisme » et au cours de laquelle 203 personnes, toutes « terroristes », ont été « neutralisées » selon les communiqués officiels. Pour les habitants de ce village, ce sont cinq journées d’apocalypse : plus de 500 personnes exécutées sommairement, dont des femmes et des enfants, jetées dans des fosses communes que les villageois ont eux-mêmes été obligés de creuser, au moins 58 femmes et jeunes filles violées ou victimes de violences sexuelles, parfois collectivement. Plusieurs dizaines de personnes interpellées à Moura ont ensuite été torturées dans les camps de l’armée malienne ou dans les locaux de la sécurité d’État. Ces informations ont été confirmées par le travail de nombreux journalistes, défenseurs des droits humains et par un rapport extrêmement fouillé des Nations unies, publié en mai 2023 par le bureau onusien des droits de l’Homme. L’opération de l’armée malienne et de ses partenaires de Wagner avait été menée un jour de marché. Sur les plus de 500 personnes tuées à Moura, le rapport onusien établit qu’une trentaine seulement étaient des combattants jihadistes. RFI
Au Gabon, coup d’envoi de la campane pour l’élection présidentielle, qui mettra fin à la transition
La campagne pour l’élection présidentielle qui mettra fin à la transition au Gabon débute officiellement samedi 29 mars, alors que les candidats, dont le général putschiste Brice Oligui Nguema et l’ancien premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, multiplient déjà les déclarations politiques. Les Gabonais sont appelés aux urnes le 12 avril pour élire leur futur président, dix-huit mois après le coup d’Etat qui a renversé la dynastie Bongo et porté au pouvoir le général Brice Oligui Nguema, le 30 août 2023. Il avait promis de rendre le pouvoir aux civils après deux ans de transition. Le régime militaire a finalement proposé un calendrier accéléré et le nouveau code électoral, voté en janvier, a permis au général Oligui d’effectuer une « mise à disposition temporaire » de son rôle de militaire pour pouvoir briguer un mandat de sept ans. Sept autres candidats sont en lice, parmi lesquels l’ancien premier ministre du président déchu Ali Bongo, Alain-Claude Bilie-By-Nze, que la presse gabonaise présente comme l’adversaire le plus sérieux de M. Oligui. Un juriste inspecteur des impôts, Joseph Lapensée Essingone, et un médecin, Stéphane Germain Iloko Boussengui, ainsi qu’Axel Stophène Ibinga Ibinga, Alain Simplice Boungoueres, Thierry Yvon Michel Ngoma et Zenaba Gninga Chaning, la seule femme, sont également en course. Si la campagne ne débute que samedi, M. Oligui a intensifié ses déplacements sur le terrain : pour inaugurer des routes, lancer des chantiers ou assister à des messes. Sa femme, Zita, a participé à cette précampagne à ses côtés et en animant à la mi-mars un grand meeting de femmes. Le Monde avec AFP
Guinée: le procès en appel de l’opposant Aliou Bah s’est ouvert ce mercredi
Le procès en appel de l’opposant guinéen Aliou Bah s’est ouvert mercredi 26 mars à Conakry près de trois mois après sa condamnation en première instance pour offense au chef de la junte au pouvoir. Aliou Bah, président du Mouvement démocratique libéral (MoDeL), a été condamné en janvier dernier à deux ans de prison ferme pour « offense et diffamation » à l’encontre du général Mamadi Doumbouya qui a pris le pouvoir en septembre 2021 après avoir renversé le président civil Alpha Condé. En Guinée, c’est dans une salle d’audience archicomble que ce procès en appel à débuter sans véritablement évoluer à cause de querelles de procédure entre avocats des parties civiles et parquet, entraînant le renvoi de l’audience au 9 avril prochain. Maître Almamy Samory Traoré, l’un des avocats de la défense, s’interroge. « Nous attendions que l’affaire soit plaidée à l’audience aujourd’hui parce que tout est fait pour être plaidé. Et au-delà de cela, on ne comprend pas pourquoi le juge renvoie l’affaire au 9 avril. Nous sommes très surpris mais on reste serein. Cela ne nous amuse pas. Nous défendons quelqu’un qui est innocent », dit-il. Le prévenu Aliou Bah ne reconnaît pas les faits pour lesquels il est devant la juge Hadja Fatou Bangoura. « Je ne me reproche rien. Il n’y a aucune preuve qui dit que j’ai diffamé qui que ce soit. Je m’interroge : quel type de société voulons-nous construire ? », s’interroge-t-il. RFI