Revue de Presse du 27 août 2020

RDC: au moins 24 morts en deux jours dans des tueries attribuées aux ADF
Au moins 24 civils ont été tués en deux jours dans l’est de la République démocratique du Congo dans des attaques attribuées au groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF), a-t-on appris mercredi d’une source locale. « Vingt corps ont été découverts lundi dans les villages de Mapasana et de Mabuo », dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, a déclaré à l’AFP Kinos Kathuho, responsable de la société civile locale. Mardi, quatre autres corps ont été retrouvés après une autre attaque, a-t-il ajouté. L’administrateur du territoire Donat Kibwana a confirmé ces attaques, sans donner de bilan. Selon une ONG, le Centre d’étude pour la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l’homme (Cepadho), « 40 civils ont été tués par les ADF » ces dix derniers jours dans le territoire de Beni. Pour cette organisation œuvrant dans la région, « 794 civils ont été massacrés par les ADF » depuis le lancement contre eux des opérations de grande envergure lancée par l’armée fin octobre 2019. RTBF

Coup d’Etat au Mali : les médiateurs de la CEDEAO proposent 12 mois de transition
Les médiateurs de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest ont déclaré aux militaires, auteurs du coup d’Etat malien que la région accepterait un gouvernement de transition dirigé par un civil ou un officier de l’armée à la retraite pour une durée maximale de 12 mois, selon l’agence de presse Reuters qui cite la présidence du Nigeria. Le président nigérian Muhammadu Buhari a reçu un briefing sur les efforts de médiation menés par son prédécesseur, Goodluck Jonathan. Le 18 avril, des soldats ont défilé dans la capitale du Mali, Bamako, et ont arrêté le président Ibrahim Boubacar Keïta. Des milliers de personnes sont ensuite descendues dans les rues de la capitale, Bamako, pour célébrer le coup d’État, qui a suscité une condamnation mondiale. Au début de l’année, M. Keïta a été confronté à de grandes manifestations pour corruption, mauvaise gestion de l’économie et élections législatives contestées. BBC

Mali : une coalition politique de premier plan offre sa collaboration à la junte
Le mouvement de contestation qui a mobilisé pendant des semaines contre le président malien Ibrahim Boubacar Keïta s’est dit mercredi 26 août disposé à « accompagner » la junte qui l’a finalement renversé. Son processus de transition serait supposé rendre le pouvoir aux civils. La junte a formellement reçu pour la première fois la coalition hétéroclite qui avait mobilisé pendant des semaines pour la démission de M. Keïta. Un groupe d’officiers a fait chuter le 18 août, sans grand déploiement de force le chef de l’Etat, déstabilisé après avoir été soutenu pendant des années par la communauté internationale dans la lutte contre le jihadisme et la profonde crise traversée par son pays. Le putsch pose la question du rôle qui sera imparti à cette coalition, le Mouvement du 5-juin – Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP), dans le « Mali nouveau » et la transition promis par les militaires. L’un des chefs de file du M5 a positionné celui-ci mercredi comme l’interlocuteur obligé de la junte. TV5Monde

Malgré le coup d’Etat et la défiance des Maliens, la France maintient l’opération « Barkhane »
Comme une carte postale représentant l’unité des vastes terres autrefois colonies françaises, le président Emmanuel Macron s’était fait immortaliser aux côtés des dirigeants de cinq pays d’Afrique de l’Ouest où la France mène une guerre antiterroriste depuis 2013. En parallèle, il avait déclaré, optimiste : « Nous sommes tous convaincus que la victoire est possible. » C’était lors du sommet du G5 Sahel en Mauritanie, il y a moins de deux mois. Aujourd’hui, l’un des cinq dirigeants est tombé. Ibrahim Boubacar Keïta, le président du Mali, a été évincé mardi 18 août lors d’un coup d’Etat. Mais M. Macron maintient au Sahel les 5 100 soldats français engagés. « L’opération “Barkhane”… continue », a tweeté la semaine dernière la ministre française de la défense, Florence Parly, après le putsch mené par une poignée de militaires qui ont arrêté M. Keïta et son premier ministre. La réponse rapide de la France a montré sa détermination à maintenir une présence militaire en Afrique de l’Ouest, malgré des poches de sentiment anti-français et des questions sur la possibilité que cela devienne la guerre sans fin de la France. Le Monde

Kasaï : plus de 25 000 personnes contraintes au déplacement par les violences de Bakuakenge
Les violences communautaires qui ont ressurgi à Bakuakenge au début de ce mois ont contraint plus de 25 000 personnes au déplacement. Elles ont également généré des besoins humanitaires dans plusieurs secteurs de cette partie du pays disputée par le Kasaï et le Kasaï-Central. C’est ce que révèle une mission d’évaluation humanitaire effectuée du 13 au 17 août dernier dans les zones de santé de Bena Leka et Kakenge. Le rapport publié à la suite de cette mission mentionne que les besoins en sécurité alimentaire nécessitent une réponse urgente. Plusieurs organisations dont OCHA, le HCR, Caritas et ADRA ont pris part à cette mission d’évaluation. A en croire le rapport publié lundi, entre 25% et 50 % des ménages déplacés ont perdu une partie importante de leurs articles ménagers essentiels suite à cette crise. Radio Okapi

RDC: 21 militaires et policiers jugés pour viol dans l’est
Vingt-et-un militaires et policiers sont jugés pour viols dans l’est de la République démocratique du Congo, en présence de 23 de leurs victimes, soutenues par la Fondation du prix Nobel et gynécologue Denis Mukwege, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. La justice militaire les juge depuis lundi dans la province du Sud-Kivu, a indiqué à l’AFP le major Alain Giongenga-Lwanzu, juge président. Ils sont poursuivis pour des « viols, violences sexuelles » commis au courant de cette année dans la plaine de la Ruzizi entre Bukavu et Uvira, dans une région déstabilisée par les groupes armés et le banditisme. Un groupe de 23 victimes se sont constituées partie civile. Comme lors d’autres procès ces dernières années, la Fondation Panzi du gynécologue congolais Denis Mukwege accompagne ces femmes victimes de violences sexuelles. RTBF

Côte d’Ivoire : Protestation de rue, un groupe de jeunes manifestants dispersés à Yopougon
Les manifestations de rue avaient connu une interruption dans la plus grande commune de Côte d’Ivoire depuis quelques jours. Ce jeudi 27 août 2020, quelques jeunes ont fait savoir leur colère au quartier Sicogi à Yopougon, comme constaté sur place par KOACI. Sur la voie principale du marché de Sicogi, des barrages ont été dressés par les contestataires du troisième mandat du chef de l’État Alassane Ouattara. Très vite, un petit groupe composé d’une vingtaine de jeunes a été dispersé par le dispositif des forces de l’ordre et de sécurité déployé dans la commune. Koaci

Côte d’Ivoire: malgré la radiation, le camp Gbagbo ne renonce pas à une candidature
En Côte d’Ivoire, la justice a décidé de la radiation définitive des listes électorales de Laurent Gbagbo. La plateforme de soutien à l’ancien président, Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS), a réagi ce 26 août après-midi au siège du parti. Sans surprise, elle a rejeté cette décision. Mais, plus étonnant, elle a assuré ne pas renoncer à une candidature de Laurent Gbagbo en octobre prochain. L’annonce a été courte mais très directe. Elle a été faite par le président de la coalition, Georges Armand Ouegnin, en présence de cadres et d’une poignée de militants. « EDS [Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté] considère que tous ces agissements illégaux et injustes contre Laurent Gbagbo relève de l’instrumentalisation de l’institution judicaire à des fins politiciennes ayant pour seul but d’exclure, par peur, un redoutable adversaire politique de la compétition électorale. ». RFI

Des Burundais exilés au Rwanda regagnent le bercail
C’est le jeudi (27.08.2020) que va partir le premier convoi de Burundais exilés au Rwanda. Réfugiés au Rwanda suite à la crise politique déclenchée en 2015 avec le troisième mandat controversé de l’ancien président Pierre Nkurunziza, ces Burundais qui ont décidé de rentrer se disent confiants quant à la situation qui prévaut actuellement dans leur pays. … Le Haut comité pour les réfugiés au Rwanda parle du début du processus de rapatriement de tous les Burundais qui le désirent. Pour l’instant, un seul convoi a été prévu ce jeudi. Elise Villechalance, porte-parole du HCR, explique que la suite du programme sera établie après évaluation de ce premier voyage. L’enregistrement qui est ouvert à tout Burundais qui désire rentrer se poursuit. Au total, le HCR a déjà enregistré près de 1.500 burundais constitués en grande partie par des réfugiés du camp de Mahama. Le premier convoi devrait compter 558 réfugiés de 178 différentes familles. DW

Mauritanie: la police s’intéresse aux comptes bancaires de 52 personnes et de 24 sociétés
La police de répression des crimes économiques et financiers a demandé à toutes les banques primaires du pays de lui fournir les numéros et les relevés de comptes bancaires de 52 personnalités et de 24 sociétés citées dans le rapport de la commission d’enquête parlementaire. Validé par l’Assemblée nationale fin juillet et transmis à la justice le 5 août, le rapport épingle de nombreux cas présumés de corruption et de détournements de biens publics durant la décennie de gestion du pays par l’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, entre 2008 et 2019. Les services de police de répression des crimes économiques qui travaillent sur la base de ce rapport d’enquête parlementaire, vont passer au peigne fin les comptes des 52 personnalités et des 24 sociétés citées dans le rapport. Les enquêteurs chercheront à vérifier le volume de tous les montants qui ont transité par chaque compte bancaire, leur origine et leur destination finale. Car toutes les personnes ou entreprises citées dans le rapport d’enquête parlementaire, sont suspectées de trafic d’influence, de corruption et de détournements de biens. RFI

Face à la pandémie de Covid-19, il est urgent pour les pays africains d’avoir des systèmes de santé plus solides (OMS)
Face à la menace posée par la pandémie du nouveau coronavirus, les pays africains appellent à œuvrer pour des systèmes de santé plus solides alors que le continent lutte toujours contre la maladie. Les ministres de la Santé et les représentants des pays africains réunis cette semaine à l’occasion de la session annuelle du Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique ont exprimé leur inquiétude quant à l’impact de la Covid-19. Ils ont souligné que la pandémie constituait un rappel poignant de la nécessité pour leurs pays de renforcer leurs systèmes de santé. Depuis que l’Afrique a confirmé ses premiers cas de Covid-19 en février, le continent a enregistré plus de 1,1 million de cas. Selon l’OMS, les gouvernements africains ont renforcé les mesures de riposte. Ils se sont appuyés sur les dispositions prises avant même que le virus n’atteigne le continent, telles que le renforcement de la surveillance, de la détection et des restrictions de mouvement. ONU

Portrait d’une « héroïne du quotidien »: la Nigérienne Chérifatou Agoumou
Dans le cadre l’ONG Care Niger, Chérifatou Agoumou, 28 ans, initie et développe des innovations numériques pour appuyer les différents projets mis en œuvre par l’ONG afin d’accélérer leurs impacts auprès des bénéficiaires, femmes notamment. Portrait d’une « héroïne du quotidien ». La dernière application qu’elle a mise au point se nomme « MMD Labari » : « une plateforme de renforcement de capacité et de sensibilisation à distance en langues locales et en français ». Avec les mesures de distanciation physique imposées par la pandémie de la COVID-19, l’application s’est positionnée comme l’outil efficace, fiable, sécurisé et puissant pour mener les campagnes de sensibilisation. VOA



Photo: Adam Jones