RDC : Poursuite des combats entre Wazalendo et M23 près de Walikale
De nouveaux affrontements ont éclaté ce mercredi 26 mars entre une coalition Wazalendo-Mai-Mai et les rebelles du M23, près du village Kampala-Bulambo, groupement Bakusu, dans le secteur de Wanyanga, à proximité du chef-lieu de Walikale, (Nord-Kivu). Des sources locales rapportent que les combattants Mai-Mai, coalisés aux Wazalendo ont attaqué, vers 5 heures locales, une position des rebelles dans le village Kampala-Bulambo. Jusqu’à ce midi, le bilan de cette attaque n’est pas encore disponible. Des sources dans la zone indiquent que la situation devient de plus en plus inquiétante autour de Walikale où, depuis trois jours, des attaques des combattants Wazalendo se multiplient aux alentours de la cité, créant des déplacements de populations. La population de Walikale, déjà réduite de 50 % depuis l’occupation du M23, subit de nouveaux déplacements. Les activités socioéconomiques restent paralysées, avec des habitants regroupés autour de l’hôpital et de la base de MSF, selon les organisations locales. Ces combats illustrent l’échec du cessez-le-feu, malgré les déclarations diplomatiques lors de la réunion, le 18 mars dernier, entre les présidents Tshisekedi et Kagame à Doha, au Qatar. Radio Okapi
Est de la RDC : la SADC et l’EAC remanient leur équipe de facilitateurs
Ce mardi 25 mars, au lendemain du sommet virtuel réunissant les membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), les deux blocs régionaux ont annoncé la nomination d’une nouvelle équipe de « facilitateurs », plus importante, pour mener le processus de négociations dans le conflit qui oppose le M23, soutenu par le Rwanda, aux forces congolaises, dans l’est de la RDC. Alors que les séries de négociations précédentes ont toutes abouti à des échecs, la nouvelle équipe est composée de l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo et de l’ancien président sud-africain Kgalema Motlanthe. S’y ajoutent deux femmes : l’ancienne présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza et l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde. Ce remaniement avait été annoncé le mois dernier, après un sommet qui avait regroupé les 24 pays en Tanzanie. L’équipe précédente comprenait Uhuru Kenyatta, Olusegun Obasanjo et l’ancien Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn. Jeune Afrique avec AFP
L’armée reprend l’aéroport de Khartoum, nouveau revers infligé aux paramilitaires
L’armée a repris mercredi le contrôle de l’aéroport de Khartoum après avoir chassé les paramilitaires d’une grande partie de la capitale du Soudan, infligeant un nouveau revers à leurs adversaires, a indiqué une source militaire. Les troupes ont « sécurisé complètement » l’aéroport international, où les paramilitaires étaient positionnés, a déclaré à l’AFP la source militaire. Elles ont également « encerclé la zone stratégique de Jebel Awliya », le dernier grand bastion des Forces de soutien rapide (FSR) dans la région de Khartoum, « depuis le nord, le sud et l’est », a-t-elle ajouté, sous couvert de l’anonymat. L’armée a lancé en janvier une offensive pour reprendre la capitale après en voir été chassée par les FSR après le début de la guerre en avril 2023….Vendredi dernier, l’armée a repris le palais présidentiel à Khartoum…L’armée a également sécurisé mercredi les deux côtés du pont Manshiya qui traverse le Nil Bleu à Khartoum, ne laissant aux FSR que le pont de Jebel Awliya pour battre en retraite de la zone. Selon des témoins et des militants, interrogés ces derniers jours par l’AFP, les paramilitaires se sont retirés, vers le sud de Khartoum apparemment en direction de Jebel Awliya. AFP
Ethiopie: un nouveau président bientôt nommé pour l’administration intérimaire au Tigré
Un nouveau président de l’administration intérimaire va être nommé au Tigré, région du nord de l’Ethiopie secouée depuis plusieurs mois par un schisme au sein du parti au pouvoir qui a ravivé le spectre des violences, a annoncé mercredi le Premier ministre Abiy Ahmed…Depuis plusieurs mois, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui gouverne le Tigré après avoir été hégémonique pendant plus de trois décennies en Ethiopie, connaît de fortes turbulences internes. Getachew Reda, l’actuel président de l’administration intérimaire, nommé par les autorités fédérales, était de plus marginalisé et critiqué par Debretsion Gebremichael, le numéro 1 du TPLF. M. Abiy, qui a écrit son texte en tigrinya, la langue parlée au Tigré, a lancé un appel à candidatures mais n’a pas précisé de calendrier pour le remplacement de Getachew Reda. Il a indiqué que la durée de l’administration intérimaire serait prolongée d’un an car la sortante « n’a pas pu mener à bien ses tâches essentielles dans les délais impartis ». L’administration intérimaire a été mise en place dans le cadre de l’accord de paix signé à Pretoria, en Afrique du Sud, qui a mis fin à la guerre au Tigré. AFP
Au moins 19 militaires camerounais tués dans une attaque de Boko Haram
Les jihadistes de Boko Haram ont mené une nouvelle attaque, ce 25 mars, dans la région du lac Tchad, à la frontière entre le Nigeria et le Cameroun, tuant au moins 19 militaires camerounais, dont un lieutenant du Bataillon des troupes aéroportées (BTAP), selon un bilan non officiel. L’attaque a été menée contre un poste de la Force multinationale mixte (FMM) – qui réunit les armées du Bénin, du Niger, du Tchad, du Cameroun et du Nigeria – situé à Wulgo, une bourgade nigériane située à une dizaine de kilomètres de la ville camerounaise de Soueram, dans le département du Logone-et-Chari. Les événements se sont produits au petit matin de ce mardi 25 mars. L’offensive a été exécutée à l’aide de drones chargés d’explosifs. Leur largage a déclenché un incendie qui a touché les habitations du village et leurs occupants, et a également calciné plusieurs véhicules militaires. Selon une communication de l’armée ayant fuité sur les réseaux sociaux, les rescapés se sont réfugiés au poste de sécurité de Ladari, au Nigeria. Les autorités camerounaises ne se sont pas encore exprimées officiellement sur cette attaque. Selon nos informations, c’est la première fois que des militaires camerounais sont la cible d’une attaque menée par des drones chargés d’explosifs dans ce conflit qui l’oppose depuis de nombreuses années aux groupes jihadistes issus de Boko Haram, dont certains sont aujourd’hui affiliés à l’État islamique. L’attaque de Wulgo est le signe d’un regain de puissance de ces combattants. Ce même 25 mars, une autre attaque a été perpétrée contre les forces nigérianes à Wajirko, toujours dans le nord-est du Nigeria. Le bilan, dans cette autre offensive, fait état de deux morts. Jeune Afrique
Au Niger, l’ONU demande une enquête sur l’attaque d’une mosquée
L’Organisation des Nations unies (ONU) a exigé mardi 25 mars une enquête sur la sanglante attaque d’une mosquée au Niger la semaine dernière, preuve, selon elle, des « risques croissants auxquels sont confrontés les civils » du pays. Le gouvernement nigérien a annoncé trois jours de deuil à la suite de l’attaque menée pendant les prières du vendredi de la mosquée de Fambita, dans le nord-ouest du pays, où au moins 44 civils ont été tués. Dans un communiqué, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a rappelé que des assaillants du groupe Etat islamique au Sahara (EIS), accusés par le pouvoir nigérien, avaient encerclé la mosquée et « tiré au hasard sur les fidèles ». « L’attaque flagrante contre la mosquée de Fambita – pendant les prières du vendredi, au cours des dix derniers jours du mois sacré musulman du ramadan – avait clairement pour but de faire autant de victimes civiles que possible, en violation flagrante du droit international, des droits de l’homme et du droit humanitaire », a déclaré M. Türk. « Les autorités doivent mener une enquête approfondie et impartiale sur cet horrible attentat et traduire les responsables en justice, conformément aux normes internationales », a-t-il ajouté. Le Monde avec AFP
Burkina: la junte dissout une association de journalistes
La junte burkinabè a annoncé mardi la dissolution de l’association des journalistes du Burkina (AJB), au lendemain de l’arrestation de deux de ses leaders qui avaient dénoncé des atteintes à la liberté d’expression dans ce pays dirigé par des militaires qui répriment les voix dissidentes…Vendredi, le président de l’AJB Guézouma Sanogo avait dénoncé publiquement lors d’un congrès extraordinaire la multiplication des « atteintes à la liberté d’expression et de presse constatées », qui « ont atteint un niveau jamais égalé » dans le pays. M. Sanogo, également journaliste à la Radio-télédiffusion du Burkina (RTB), avait qualifié la chaîne nationale et l’agence d’information du Burkina « d’outils de propagande ». Lundi, lui et son vice-président, Boukari Ouoba, ont été « emmenés par des individus se présentant comme des policiers du service de renseignement (…) vers une destination inconnue », selon l’AJB. Un troisième journaliste, Luc Pagbelguem, de la chaîne privée BF1, qui a réalisé un reportage sur le congrès de l’AJB, a aussi été emmené le même jour par des agents de renseignement, selon son média. « Toute personne qui, par quelque manière que ce soit, discours, écrit ou tout autre moyen, cherche à soutenir ou maintenir une association dissoute, s’expose à des sanctions », a prévenu mardi le ministre Zerbo…Depuis le coup d’Etat du capitaine Ibrahim Traoré, de nombreux cas d’enlèvements de voix considérées comme hostiles au régime ont été rapportés dans la capitale et d’autres localités. AFP
Guinée: « la justice doit libérer » l’opposant Aliou Bah, exhorte Amnesty avant son procès
L’ONG Amnesty International a réclamé mardi la libération de l’opposant politique guinéen Aliou Bah, détenu depuis décembre 2024, et dont le procès en appel doit s’ouvrir mercredi à Conakry. M. Bah a été condamné en janvier dernier à deux ans de prison ferme pour « offense et diffamation » à l’encontre du général Mamadi Doumbouya. La junte du général Doumbouya, arrivée au pouvoir par un coup d’Etat en 2021, est régulièrement accusée de réprimer la liberté d’expression et de faire taire des figures de l’opposition dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Le procès en appel d’Aliou Bah, président du Mouvement démocratique libéral (MoDeL) et qui s’ouvre mercredi à la cour d’appel de Conakry, inquiète vivement les organisations de défense des droits humains…Mamadou Aliou Bah « est en détention depuis le 26 décembre 2024 pour avoir mis en cause les autorités dans des cas de disparitions forcées », rappelle l’organisation de défense des droits humains. M. Bah avait été interpellé ce jour-là à Pamelap, à la frontière guinéo-léonaise alors qu’il se rendait à Freetown. Son procès intervient dans un climat tendu marqué par la disparition de plusieurs opposants à la junte et une restriction sévère des libertés. AFP
Au Gabon, la base militaire de l’armée française se mue en « camp partagé » de formation
Il y a encore dix ans, près de 1 200 éléments français étaient installés, parfois avec leurs familles, dans ce pays d’Afrique centrale. Contre 200 en 2025, essentiellement consacrés à la formation des forces de défense gabonaises. La refonte de la présence militaire française au Gabon s’inscrit dans un mouvement plus général en Afrique, où l’armée française s’est retirée ou a cédé des bases aux forces locales, souvent sous la pression de gouvernements soucieux de prendre leurs distances avec l’ancienne puissance coloniale. A Libreville, deux institutions sous commandement militaire gabonais ont été intégrées à la base militaire, au sein desquelles le rôle des Français sera réduit. L’Ecole d’administration des forces de défense de Libreville (EAFDL), inaugurée en juillet 2024, et bientôt l’Académie de protection de l’environnement et des ressources naturelles (Apern), qui formera les futurs cadres de la lutte contre le braconnage et l’orpaillage illégal…Le partenariat de défense qui encadre la présence de la France au Gabon a été renouvelé pour une période de deux ans par le général Oligui, après sa prise de pouvoir par un putsch, en août 2023, et devra être de nouveau approuvé à l’issue de la période de transition qui s’achève après la présidentielle d’avril. Le Monde avec AFP