Revue de Presse du 25 octobre 2019

Botswana : le président sortant Masisi déclaré vainqueur des élections
Le président sortant du Botswana, Mokgweetsi Masisi, a été élu pour cinq ans à l’issue des élections de mercredi, où son parti au pouvoir a remporté la majorité au Parlement, a annoncé vendredi le plus haut magistrat du pays. Au terme de deux jours de dépouillement, M. Masisi, 58 ans, a été proclamé élu pour un mandat de cinq ans dès la confirmation que son Parti démocratique du Botswana (BDP) avait obtenu la majorité absolue des 57 sièges du Parlement. … Agé de 58 ans, M. Masisi dirigeait le pays depuis avril 2018 suite à la démission de Ian Khama – conformément à la Constitution du pays qui limite à dix ans le mandat des chefs de l’Etat. A la tête du pays depuis son indépendance en 1966, le parti du président sortant était pour la première fois menacé de perdre sa majorité au Parlement lors de ce scrutin à cause d’une fronde lancée par son prédécesseur. AFP

Ethiopie : au moins 16 morts lors des manifestations anti-Abiy (Amnesty)
Seize personnes au moins ont été tuées lors des manifestations de cette semaine en Ethiopie contre le Premier ministre et prix Nobel de la paix Abiy Ahmed, a déclaré vendredi un chercheur d’Amnesty International. « A ce stade nous avons 16 morts confirmés mais leur nombre doit être supérieur car de nouvelles informations circulent qui restent à confirmer », a déclaré Fisseha Tekle. … Les violences, dont un précédent bilan s’établissait à quatre morts et des dizaines de blessés mercredi, ont éclaté dans la capitale, Addis Abeba, et dans la région d’Orimia après qu’un dirigeant de l’ethnie oromo, la plus importante du pays, eut accusé les forces de sécurité d’avoir tenté d’organiser une attaque contre sa personne. Jawar Mohammed, fondateur du média d’opposition Oromia Media Network (OMN), basé aux États-Unis, et rentré en août dernier, est un ancien allié du Premier ministre réformateur Abiy, lui même un Oromo. AFP

Nucléaire: Russie et l’Ethiopie signent un accord de cooperation
La Russie et l’Ethiopie ont signé mercredi un accord de coopération dans le domaine de l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, a annoncé le groupe nucléaire russe Rosatom. L’accord, signé en marge du premier sommet Russie-Afrique à Sotchi, servira de point de départ à un dialogue actif entre les deux pays dans le domaine nucléaire, a indiqué Rosatom dans un communiqué. Le document concerne la production de radio-isotopes et de leur utilisation dans l’industrie, la médecine et l’agriculture, ainsi que de l’éducation et de la formation des spécialistes. En outre, l’accord permet d’étudier la possibilité de construire un centre de science et de technologie nucléaires en Ethiopie, a souligné Rosatom. Sahel Intelligence

La lutte contre le terrorisme préoccupation majeure à Sotchi
En session plénière, Roch Marc Christian Kaboré, président en exercice du G5 Sahel, a invité la Russie à établir un partenariat stratégique renforcé avec cette organisation. Il a émis toutefois des réserves au sujet de ceux qui estiment que la solution contre l’extrémisme violent viendrait uniquement des armes. Pour Roch Marc Christian Kaboré, « la réponse au terrorisme n’est pas que militaire. » Mais, « elle se conjugue en terme de lutte contre la pauvreté à travers des projets de développement, des services sociaux de base, des projets de création de richesses et d’emploi, des projets en faveur des jeunes ou encore des projets visant à l’autonomisation des femmes. » Même si la signature d’aucun contrat juteux n’a été annoncée, la Russie promet de doubler ses échanges avec ses partenaires africains. DW

Guinée : des milliers de personnes de nouveau dans la rue « contre un troisième mandat » d’Alpha Condé
Des milliers de personnes ont manifesté ce jeudi 24 octobre dans les rues de Conakry contre une réforme constitutionnelle qui ouvrirait la voie à une éventuelle candidature d’Alpha Condé à un troisième mandat. La manifestation, qui avait cette fois été autorisée, s’est déroulée sans heurts, sous la surveillance d’une forte présence policière. « Amoulanfe » (« ça ne passera pas ») scandaient les manifestants, ce jeudi 24 octobre, dans les rues de la capitale guinéenne. Le cortège, impressionnant, a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes qui ont répondu à l’appel du Front national de défense de la Constitution (FNDC) pour protester contre une réforme constitutionnelle qui ouvrirait la voie à une éventuelle candidature à un troisième mandat du président Alpha Condé. Les autorités évoquent 30 000 manifestants, les organisateurs en revendiquent 1,5 millions. Jeune Afrique

Grands Lacs : la RDC et ses voisins veulent unir leurs efforts contre les groupes armés
La République démocratique du Congo et les armées des pays voisins veulent unir leurs efforts contre les groupes armés dans la région des Grands Lacs, a annoncé jeudi un haut gradé de l’armée congolaise, à l’issue d’une réunion à Goma. « Les délégations de haut niveau des armées du Rwanda, du Burundi, de l’Ouganda, de la Tanzanie et bien sûr des FARDC (armée congolaise) sont en réunion ici à Goma » dans la province du Nord-Kivu, a déclaré à l’AFP une source militaire. Les participants « se concertent sur la sécurité dans la région des Grands Lacs. L’insécurité concerne tous les pays, pas uniquement la RDC », avait ajouté cette source un peu plus tôt. … En RDC, un député de la coalition au pouvoir, Juvénal Munubo, a indiqué lundi avoir déposé au bureau de l’Assemblée nationale une question orale avec débat adressée au ministre congolais de la Défense « pour qu’il nous confirme ou non l’existence d’une planification des opérations militaires conjointes » des armées de la RDC, du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda pour combattre les groupes armés. AFP

RDC: « aucun obstacle » au retour de Kabila comme président en 2023, clament ses partisans
Les partisans de l’ancien président congolais Joseph Kabila ont déclaré jeudi qu’aucune disposition constitutionnelle ne l’empêchait de revenir à la tête de la République démocratique du Congo à l’expiration du mandat du président Félix Tshisekedi en 2023. « Ce qui est sûr c’est qu’aujourd’hui, aucun obstacle constitutionnel ou institutionnel voire politique n’empêcherait le retour [de l’ancien] président Kabila et surtout ne pourrait empêcher qu’il soit candidat » à la présidentielle, a déclaré à la presse Néhémie Mwilanya, coordonnateur du Front commun pour le Congo (FCC). Le FCC est la plateforme politique créée par M. Kabila avant de quitter le pouvoir. « Au moment opportun, le bureau politique et les instances habilitées vont se prononcer sur la question. Pour le moment, il va assumer son rôle de sénateur à vie. Il occupera son siège au Sénat », a ajouté cet ancien directeur de cabinet de M. Kabila. RTBF

« Ouattara, c’est le passé » : en Côte d’Ivoire, Guillaume Soro vise la première marche
« Ce qui est intéressant avec moi… » Guillaume Soro aime commencer ses phrases par cette petite introduction. Il est vrai que ce qui est intéressant avec lui, c’est qu’après un quart de siècle d’activité politique en Côte d’Ivoire, il a toujours quelque chose à dire, une ambition à formuler, une pique à lancer et un entourage inattendu, comme avec Luc Michel, un militant belge d’extrême droite qui s’est fait connaître en Afrique par sa défense du président burundais, Pierre Nkurunziza. Recevant la presse à l’hôtel Westminster de Paris, mercredi 23 octobre au soir, l’ancien leader étudiant, qui, depuis son irruption en 2002 sur la scène ivoirienne dans les habits de chef rebelle, a occupé les plus hautes fonctions officielles de son pays, est venu confirmer sa volonté d’ajouter la ligne qui manque à son curriculum vitae : président de la République. Le Monde

La Chine veut connecter 10.000 villages africains à la télévision par satellite
La Chine a lancé, jeudi à Abidjan, un projet visant à connecter 500 villages ivoiriens à la télévision par satellite et vise à terme 10.000 villages africains dans 20 pays afin de permettre aux population des zones rurales de recevoir la télévision. « Cette initiative s’inscrit dans le cadre des dix programmes prioritaires de coopération destinés à stimuler la coopération entre la Chine et l’Afrique sur une période de quatre années », a déclaré l’ambassadeur de Chine à Abidjan, Wan Li, lors de la cérémonie. Le programme avait été annoncé en 2015 à Johannesburg par le président chinois Xi Jinping, lors du forum sur la coopération Chine-Afrique, a-t-il rappelé. « Ce projet va contribuer de façon effective et significative à réduire la fracture numérique », a salué de son côté le ministre ivoirien de la Communication, Sidi Tiémoko Touré. AFP/VOA

ONU: près de 450.000 réfugiés et déplacés au Niger
Kourouma Mamady Fatta, un responsable du Haut Commissariat de l’Organisation des Nations Unies (HCR), a indiqué lors d’une réunion de deux jours sur le financement des activités humanitaires, que le Niger abrite près de 450.000 réfugiés et déplacés internes (Nigérians, Maliens et Burkinabé), chassés par les violences ou des bandes armées. La région de Diffa, proche du Nigeria, victime depuis 2015 d’attaques du groupe terroriste Boko Haram, abrite 119.541 réfugiés nigérians, 29.954 Nigériens revenus du Nigeria et environ 109.404 déplacés internes, a-t-il détaillé. Le HCR dénombre 56.815 réfugiés Maliens, 2.190 Burkinabé et 78.044 déplacés internes dans les régions de Tillabéri et Tahoua (ouest), victimes d’attaques des groupes armés sahéliens. D’après l’agence onusienne, depuis mai 2019, Maradi (centre-sud nigérien) « fait face à une nouvelle urgence » avec l’afflux « d’environ 40.000 ressortissants nigérians » fuyant les exactions des bandes armées dans les Etats fédérés nigérians de Sokoto, Katsina et Zamfara. Sahel Intelligence

Lutte contre le terrorisme au Sahel : l’Uemoa projette de mobiliser des troupes dans les zones frontalières
Les chefs militaires des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) vont se réunir en novembre afin de projeter fin 2019 ou début 2020 des troupes au Mali, Burkina Faso et Niger pour lutter contre les groupes jihadistes, a annoncé mercredi le ministre ivoirien de la Défense, Hamed Bakayoko. « Avec cette réunion du 11 novembre, les chefs des opérations vont monter de opérations conjointes qui feront intervenir des bataillons sénégalais, ivoirien, et autres sur des théâtres malien, burkinabè et autres », a affirmé Hamed Bakayoko à la presse en faisant le point sur l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) à Abdjan. « C’est une opération urgente. Nous espérons la monter au plus tard à la fin de l’année ou au début de l’année 2020 », a-t-il déclaré. Jeune Afrique avec AFP

Mali: État d’urgence : À quand la fin ?
Le Conseil des ministres a adopté le 16 octobre un projet de loi prorogeant l’état d’urgence, en cours depuis avril 2017, jusqu’au 31 octobre 2020. Ce projet devra être validé par les députés avant l’expiration de la loi autorisant la dernière prorogation, qui expire le 31 octobre 2019. Pour la quatrième fois depuis 2017, l’état d’urgence déclaré sur le territoire national est prorogé jusqu’en octobre 2020. Le projet de loi adopté en Conseil des ministres le 16 octobre autorise cette prorogation. Au-delà de dix jours, il faut une autorisation de l’Assemblée nationale. « L’état d’urgence en cours n’a pas encore expiré, mais avant cela le gouvernement se déclare. Et quand il doit durer au-delà de dix jours, il faut un vote de l’Assemblée nationale », explique Brahima Coulibaly, conseiller technique au ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation. Il ajoute « nous avons proposé un projet de loi présenté en Conseil des ministres et qui va être transmis à l’Assemblée nationale pour autoriser la prorogation de l’état d’urgence pour une année encore », dit-il. Journal du Mali

Un an après son AVC, Ali Bongo Ondimba dirige-t-il toujours le Gabon ?
L’absence prolongée du président gabonais a, au début, plongé le pays dans une période d’incertitude. Les informations au sujet de son état de santé étaient des plus alarmistes. Cette situation a depuis causé une « usurpation du pouvoir au mépris de la Constitution », affirme Franck Ndjimbi, membre du collectif « Appel à agir » du Gabon. Ce collectif réclame une expertise médicale qui attesterait de l’aptitude physique et de la capacité du président gabonais à diriger son pays. « L’essentiel du pouvoir politique est détenu par des personnalités inconnues de la Constitution. On parle du Directeur de cabinet (du président Ali Bongo Ondimba, Brice Laccruche Alihanga, ndlr). Il peut être assimilé à un fonctionnaire de la Présidence. Ce n’est pas un élu. Il ne détient aucun mandat populaire. On constate que les institutions qui doivent elles, jouer leur rôle semblent comme tétanisées devant cette forme d’imposture qui s’est ajoutée à une usurpation de pouvoir qui existe déjà », souligne-t-il. DW

Cameroun : la France accorde une aide de 45 millions d’euros à l’Extrême-Nord touché par Boko Haram
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a annoncé jeudi une aide de 45 millions d’euros à la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, touchée de plein fouet par les exactions du groupe jihadiste Boko Haram. « Nous sommes à vos côtés dans la lutte contre le terrorisme. Cet engagement est aussi un engagement financier », a déclaré Jean-Yves Le Drian à l’issue d’une rencontre avec des responsables politiques et sécuritaires à Maroua, capitale de la région de l’Extrême-Nord. L’aide est destinée à améliorer la voirie, la distribution d’eau et le système d’assainissement de Maroua, située dans un triangle avec trois pays frontaliers (Nigeria, Tchad et Niger). La France finance aussi des projets dans la formation professionnelle, la santé, l’éducation et l’agriculture dans cette région très enclavée et meurtrie par une série d’attaques jihadistes depuis 2014. Jeune Afrique avec AFP

Quand RFI parle en langues africaines
Comment traduit-on Brexit en mandingue ? Ce genre d’interrogations est le lot quotidien de Kpénahi Traoré. Originaire du Burkina Faso, la journaliste travaille pour la rédaction de Radio France Internationale (RFI) qui produit des contenus dans cette langue parlée par plus de 40 millions de personnes au Mali, au Burkina, et dans les pays voisins. « On dit Brexit, mais ensuite, il faut bien expliquer, détaille la jeune femme, qui, ce matin-là, a mis le sujet au menu de son bulletin d’information. Beaucoup de choses ont évolué dans le monde mais pas forcément les langues africaines. Nous devons bien réfléchir au lexique, et parfois le recréer, pour pouvoir commenter l’actualité. » La radio française de service public émet en mandingue depuis déjà quatre ans. Mais le projet, démarré au siège, à Issy-les-Moulineaux, en 2015, a pris une nouvelle dimension avec l’installation des équipes sur le continent, à Dakar, au Sénégal, dans des locaux inaugurés mardi 22 octobre (une cérémonie à laquelle Le Monde était convié). Le Monde



Photo: Adam Jones