Revue de Presse du 25 mars 2020

Afrique: COVID 19 – Le continent en mode état d’urgence
Les pays africains corsent les mesures pour faire face à la pandémie du COVID 19, communément appelée coronavirus. En plus de la riposte sanitaire, des États comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Soudan rejoignent le Maroc, l’Ile Maurice, la Mauritanie, la Tunisie, entre autres, en décrétant l’état d’urgence sur l’étendue de leur territoire. Une décision qui est accompagnée par des mesures économiques ciblées, pour sauver leur pays d’une récession. AllAfrica

L’appel de Tedros Ghebreyesus, le patron de l’OMS : « Nous devons devancer la pandémie »
Alors que la pandémie se répand en Europe et fait ses premières victimes en Afrique et en Amérique latine, l’ONU et l’OMS appellent toutes les nations, surtout les plus riches, à prendre conscience que le problème ne s’arrête pas à leurs frontières. Pour mettre fin à la pandémie de Covid-19, les pays doivent agir au-delà de leurs propres frontières. Le virus atteint maintenant des zones de guerre, des territoires où la population n’a que très peu d’accès à l’eau propre et au savon et où il n’existe aucun espoir d’hospitalisation pour les cas sévères ou critiques. Si les systèmes de santé des pays riches sont mis à mal par la pandémie du Covid-19, imaginons ce qu’il adviendra dans des régions déjà en situation de crise humanitaire, frappées par la guerre, les désastres naturels ou le changement climatique. Si nous laissons le coronavirus se propager librement dans ces pays, nous mettrons en danger des millions de vies. Des régions entières seront plongées dans le chaos et le virus pourra faire à nouveau le tour du monde. Jeune Afrique

Coronavirus : l’Afrique subsaharienne en manque criant de matériel et de médecins pour faire face à l’épidémie
Pas assez de lits d’hôpitaux et de respirateurs, des médecins sous-payés et en nombre insuffisant, manque de services de base et parfois même d’eau courante : alors que le coronavirus a été détecté dans 43 pays d’Afrique subsaharienne, les professionnels de santé sur le continent sont alarmistes. L’Afrique comptait officiellement lundi soir plus de 1600 cas et une cinquantaine de décès. Les chiffres restent assez faibles par rapport au bilan mondial de la pandémie mais la progression du virus est rapide, les tests insuffisants et les services de gestion de la crise s’annoncent mal ou pas préparés. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé la semaine dernière les gouvernements d’Afrique subsaharienne à « se réveiller » et à se préparer « au pire » des scénarios. RTBF

Coronavirus : un « paquet financier » va être mobilisé pour l’Afrique
Le ministre français des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a annoncé, mardi 24 mars, qu’un « paquet financier » allait être mobilisé pour aider les pays les plus vulnérables, notamment en Afrique, à faire face à la pandémie de coronavirus. « Nous aurons l’occasion de mobiliser un vrai paquet financier, d’assistance pour éviter que l’épidémie ne mute vers des régions ou des sous-continents qui aujourd’hui ne sont pas contaminés mais demain pourraient être un nouveau risque pour nous », a-t-il déclaré à l’Assemblée nationale. Cette proposition d’aide sera discutée au prochain Conseil européen des chefs d’Etat de gouvernement jeudi, a-t-il laissé entendre. Outre l’Union européenne (UE), le G7 et le G20 seront aussi sollicités, a précisé une source diplomatique française à l’AFP. Le Monde/AFP

Au Burkina, l’épidémie atteint les plus hautes sphères de l’Etat
Cinq ministres sont contaminés dans ce pays qui est désormais le plus touché en Afrique de l’Ouest. La deuxième vice-présidente du Parlement est décédée. Au Burkina Faso, certains ont d’abord cru à une fausse nouvelle, avant que l’information ne soit confirmée par les intéressés eux-mêmes. « Le diagnostic […] a révélé que je suis positif au coronavirus », a annoncé le ministre de l’éducation burkinabé, Stanislas Ouaro, sur Facebook, le 19 mars, suivi le lendemain de son homologue de l’administration territoriale, puis des mines et encore des affaires étrangères. « La rumeur est devenue réalité… Je viens d’être notifié positif au Covid-19 », a révélé le chef de la diplomatie, Alpha Barry, deux jours seulement après avoir formellement démenti la même « rumeur ». Lundi 23 mars, ce fut au tour du ministre du commerce, Harouna Kaboré, de faire son « mea culpa ». Au total, pas moins de cinq ministres, sur les vingt-neuf membres que compte le gouvernement burkinabé, ont indiqué avoir été diagnostiqués positifs au coronavirus. La sphère diplomatique est également touchée, avec la contamination de l’ambassadeur d’Italie et des Etats-Unis au Burkina Faso. Le Monde

Coronavirus : la RDC décrète « l’état d’urgence » et isole Kinshasa du reste du pays
Le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi a décrété mardi soir « l’état d’urgence » ainsi que l’isolement de la capitale Kinshasa du reste du pays pour éviter la propagation du coronavirus. « Je décrète l’état d’urgence », a déclaré le chef de l’Etat dans une allocution télévisée, annonçant aussi « l’interdiction de tous les voyages de Kinshasa vers les provinces, et des provinces vers Kinshasa, afin de permettre le confinement de la ville de Kinshasa, foyer de la pandémie ». La RDC a officiellement déclaré 45 cas dont trois décès et au moins une guérison, tous à Kinshasa. RTBF

Tchad : 92 militaires tués par Boko Haram dans la province du Lac (président)
Une attaque du groupe jihadiste Boko Haram a tué 92 militaires, a affirmé mardi le président tchadien Idriss Déby Itno, qui s’est rendu sur les lieux de l’attaque, à Boma, dans la province du Lac. “Nous avons perdu 92 de nos soldats, sous-officiers et officiers” dans l’attaque qui a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi, “c’est la première fois que nous perdons autant d’hommes”, a déclaré le président dans une intervention retransmise sur une chaîne d’Etat. “L’ennemi a porté un coup dur à notre système de défense dans cette zone”, a reconnu un officier supérieur qui a réclamé l’anonymat. L’attaque qui visait les militaires de la presqu‘île de Boma a duré au moins sept heures et les renforts envoyés ont eux-mêmes été pris pour cible, a affirmé un autre militaire à l’AFP. AfricaNews

Au moins 14 militaires et 62 miliciens ADF tués dans des combats à Beni
Quatorze militaires et 62 membres du groupe armé Forces démocratiques alliées (ADF) ont été tués en une dizaine de jours dans des combats autour de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, a annoncé l’armée mardi à la presse. Les combats ont eu lieu sur plusieurs jours depuis le 9 mars, a précisé à la presse le général Ychalingonza Nduru, chef des opérations militaires au nord de Beni. L’armée congolaise avait lancé le 30 octobre une offensive contre les ADF. L’armée a déjà annoncé avoir « détruit tous les bastions des ADF » dans la forêt et la jungle autour de Beni, et tué cinq de leurs six chefs. AFP

Guinée: accalmie après les affrontements meurtriers à Nzérékoré
Des violences se sont produites ces derniers jours dans la région de Nzérékoré, au sud du pays. Il s’agissait à l’origine de violences liées aux élections législatives et du référendum constitutionnel, qui ont débouché sur des affrontements inter-communautaires. Un couvre-feu a été instauré et ce mardi, la capitale de la région forestière connaissait une certaine accalmie. Tout est parti des élections organisées dimanche. Selon plusieurs sources, la tension était déjà palpable à l’ouverture des bureaux de vote. Pris de colère, des jeunes hostiles aux scrutins (législatif et référendum constitutionnel) s’en seraient pris à des électeurs, après la clôture des bureaux de votes. RFI

Deux soldats maliens tués par l’explosion d’une mine artisanale
Deux soldats maliens ont été tués dans l’explosion d’un engin explosif improvisé mardi dans le centre du pays, indique l’armée sur les réseaux sociaux. Trois autres soldats ont été blessés dans cette explosion survenue entre Baye et Pissa dans la région de Mopti, précise-t-elle. Le Mali a été confronté depuis 2012 à des insurrections indépendantiste puis jihadiste ainsi qu’à des violences intercommunautaires qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants, et des centaines de milliers de déplacés. Parties du nord du pays, les violences se sont déplacées vers le centre et se sont étendues aux Burkina Faso et au Niger voisins. En dehors des attaques contre les forces armées ou les populations civiles, la pose de mines artisanales le long des principaux axes de communication provoque des dizaines d’explosions chaque année. VOA

L’opposant algérien Karim Tabbou condamné à un an de prison en appel
Conduit au tribunal sans la présence de ses avocats, il a été victime d’un malaise à la barre et a dû être évacué avant l’énoncé du verdict. Dans un message diffusé par sa famille il y a quelques jours, l’opposant algérien Karim Tabbou appelait ses sympathisants à ne pas se présenter aux portes de sa prison pour célébrer sa libération, prévue le 26 mars, afin de respecter les mesures de prévention liées à l’épidémie du coronavirus. Ils ne viendront pas. Et lui ne sortira pas. Au terme d’un procès surprise et expéditif, le fondateur de l’Union démocratique et sociale (UDS) et ancien premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), le plus ancien parti d’opposition, a été condamné en appel, mardi 24 mars, à une année de prison ferme. En son absence. Victime d’un malaise à la barre, il a dû être évacué avant l’énoncé du verdict. Le Monde

Le ministre soudanais de la défense décède lors de négociations au Sud-Soudan
Le général Jamal al-Din Omar, ministre soudanais de la Défense, est mort mercredi « de maladie » alors qu’il participait à des négociations de paix intersoudanaises à Juba, la capitale du Sud-Soudan, a indiqué à l’AFP le porte-parole de l’armée soudanaise. Le ministre « souffrait de maladies chroniques », a ajouté le général Amer Mohamed al-Hassan, sans autre précision.Dans un communiqué, la délégation soudanaise en charge des négociations à Juba a pour sa part affirmé que le ministre avait succombé à une « crise cardiaque alors qu’il accomplissait son devoir sacré » en servant son pays.M. Omar, né en 1960, avait été nommé ministre de la Défense après la chute du président Omar al-Béchir, chassé du pouvoir par l’armée sous la pression de la rue en avril 2019.Avant de devenir ministre, il avait dirigé le comité de sécurité et de défense du Conseil de transition, poste auquel il avait été nommé par son président, le général Abdel Fattah al-Burhane, en mai. AFP

Coronavirus : comment une fausse information est devenue virale
Il y a un grand nombre d’informations erronées circulant en ligne sur le coronavirus- des conseils de santé douteux aux spéculations sur les plans du gouvernement. Voici comment une histoire est devenu virale. C’est une liste d’astuces et de conseils, certains sont vraies, certains banales mais d’autres peuvent être nuisibles, qui a circulé sur Facebook, WhatsApp, Twitter et ailleurs. Surnommé « l’oncle diplômé en maîtrise » en raison de la source présumée de l’information, il est passé du profil Facebook d’un Britannique de 84 ans au compte Instagram d’un présentateur de télévision ghanéen, en passant par les groupes Facebook pour les catholiques indiens, les forums spécifiques aux coronavirus, les groupes WhatsApp et les comptes Twitter. À première vue, cela semble légitime car l’information est attribuée à une source fiable : un médecin, une institution ou cet « oncle » très diplômé. BBC



Photo: Adam Jones