Revue de Presse du 25 juin 2020

Contrer le terrorisme en Mauritanie
En Mauritanie, l’adoption de réformes au sein de son secteur de la sécurité, notamment en matière de formation, d’amélioration de la mobilité, de forces spéciales, de pratiques prudentes de commandes publiques et de l’engagement avec les communautés a renforcé sa capacité à faire face aux groupes extrémistes violents. … La transformation de la Mauritanie, qui représentait le maillon le plus faible de la chaîne dans cette région en crise et qui en est devenue l’un des plus résilients, est édifiante. … Il est important de souligner que le gouvernement a réussi à rétablir son autorité et à reprendre le contrôle sur les régions frontalières, que les groupes islamistes militants du Sahel ont bien souvent exploitées à leur avantage. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

Intenses tractations diplomatiques autour d’un conflit libyen de plus en plus internationalisé
Le conflit en Libye est au cœur d’intenses tractations diplomatiques, alors que la tension est montée crescendo ces derniers jours entre la France et la Turquie. Les deux pays s’accusent mutuellement de contribuer à la dégradation d’une situation déjà très compliquée. C’est dans ce contexte que le président Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine, qui doivent s’entretenir vendredi après-midi par visioconférence, aborderont, parmi d’autres dossiers, le conflit en Libye. Une guerre dont Moscou est l’un des principaux acteurs étrangers, de par son soutien aux forces du maréchal Haftar, également appuyé par l’Égypte et les Émirats arabes unis, face aux forces du Gouvernement d’union nationale libyen (GNA), reconnu par l’ONU et soutenu par Ankara. France24 avec AFP

La force française Barkhane au Sahel va avoir un nouveau commandant
Il va y avoir du changement à la tête de la force antidjihadiste Barkhane au Sahel. Le général Marc Conruyt va succéder fin juillet au général Pascal Facon pour diriger la plus grosse opération extérieure des armées françaises avec 5 100 hommes, a annoncé jeudi le ministère des Armées. Nommé pour un mandat d’un an, le futur commandant de Barkhane devra dès son arrivée au Sahel mettre en œuvre les objectifs qui seront fixés fin juin par les chefs d’État du G5 Sahel (Niger, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso, Mali) et le président français Emmanuel Macron, lors d’un sommet à Nouakchott sur la lutte antidjihadiste.

Attaques jihadistes au Faso: 1.650 civils et militaires tués en cinq ans
Les attaques jihadistes perpétrées au Burkina ont tué, en cinq ans, plus de 1.650 civils et militaires burkinabè sur l’ensemble du territoire, selon un rapport publié mercredi sur les violences dans ce pays sahélien. Dans le même temps, les forces de sécurité burkinabè sont accusées de la mort de 588 civils. « Entre avril 2015 et mai 2020, les groupes terroristes ont mené au moins 580 attaques ciblant surtout l’armée, des commissariats de police, des milices avec lesquelles l’Etat coopère, des écoles, des mairies. De nombreux autres incidents ont été rapportés dans les médias et sur les réseaux sociaux, ce qui laisse supposer que le nombre total d’attaques commises pendant cette période est vraisemblablement bien plus élevé », a indiqué l’Observatoire pour la démocratie et les droits de l’homme (ODDH), dans ce document intitulé « Burkina Faso. Risque d’un nouveau Rwanda ? ». AFP

La RD Congo proclame officiellement la fin de l’épidémie d’Ebola dans l’Est
Le ministre congolais de la Santé Eteni Longondo a officiellement proclamé, jeudi 25 juin, la fin de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo. Il s’agit de la deuxième vague la plus grave depuis la découverte du virus en 1976. Déclarée le 1er août 2018, cette dixième épidémie de fièvre hémorragique sur le sol congolais a tué 2 277 personnes, a déclaré le ministre de la Santé. Il a ainsi parlé de l’épidémie « la plus longue, la plus complexe, et la plus meurtrière » dans l’histoire du pays. Seule l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2013-2016 avait fait plus de victimes, soit plus de 11 000. « Cette dixième épidémie était très particulière », « dans un contexte très complexe », a souligné le ministre. Il a notamment évoqué « un activisme des groupes armés causant une insécurité chronique ». France24 avec AFP

RDC : Manifestations du 24 juin : 18 blessés, dont 15 policiers
Dix-huit personnes ont été blessées, dont 15 policiers et 3 manifestants, lors des manifestations autour du Palais du peuple, siège du Parlement. Dans un communiqué publié jeudi 25 juin, le commissariat provincial de la police nationale congolaise (PNC) à Kinshasa ajoute que 40 personnes ont été interpellées et deux individus pris en flagrant délit de pillage avec preuve à l’appui, ont été arrêtés. Une vive tension a été observée mercredi 24 juin dans les encablures du Palais du peuple, dans la commune de Lingwala à Kinshasa. Des manifestants identifiés aux militants de l’UDPS, le parti présidentiel, ont barricadé toutes les entrées menant vers le siège du Parlement de la RDC. Ils ont empêché les élus nationaux d’accéder dans la salle de l’hémicycle. Ils s’opposaient aux propositions de loi des députés Minaku et Sakata, sur les réformes judiciaires. Radio Okapi

Six marins enlevés par des pirates au large du Bénin
Des pirates ont enlevé cinq Sud-Coréens et un Ghanéen à bord de leur bateau de pêche au large du Bénin, ont annoncé jeudi le ministère sud-coréen des Affaires étrangères et le Bureau maritime international (BMI). Le Panofi Frontier, un bateau battant pavillon ghanéen avec 30 personnes à bord, a été attaqué mercredi à une soixantaine de milles (110 km) au sud de Cotonou, ont-ils précisé. Le ministère sud-coréen a indiqué que cinq de ses ressortissants avaient été enlevés, de même qu’un Ghanéen. « L’identité des ravisseurs n’a pas été déterminée, pas plus que l’endroit où ils se trouvent », indique le ministère. Le BMI a confirmé l’attaque par « des pirates armés ». AFP

Au Bénin, le journaliste Ignace Sossou sort de prison après six mois de detention
Il avait été interpellé le 19 décembre 2019 à son domicile par l’Office central de répression de la cybercriminalité, avant d’être placé sous mandat de dépôt. Le journaliste d’investigation béninois Ignace Sossou est sorti de prison mercredi 24 juin après avoir passé six mois en détention pour « harcèlement » sur les réseaux sociaux, a constaté un journaliste de l’AFP. « Je suis un homme libre », a déclaré à l’AFP le journaliste, ajoutant qu’il ne souhaitait pas faire de commentaire sur la procédure : « Le moment n’est pas encore propice pour parler, on aura le temps d’y revenir. » « L’affaire est toujours devant la justice et je ne peux me permettre de me prononcer davantage », a expliqué Ignace Sossou. Le Monde avec AFP

Sous pression, les autorités du Somaliland libèrent le journaliste Abdimalik Muse Coldoon
Le journaliste indépendant Abdimalik Muse Coldoon est resté un an et 49 jours en Somaliland pour avoir dévoilé des inégalités sociales et critiqué les autorités de son pays sur les réseaux sociaux. Sa libération vient-elle d’une grâce présidentielle ou de la pression internationale ? Ce qui est sûr, c’est que le journaliste est libre depuis le 6 juin. « Aujourd’hui, je suis libre. Je remercie Dieu. Je remercie également tous ceux qui ont participé à ma libération. Je tiens à les remercier tous ». Voilà ce que déclarait le journaliste indépendant de Somaliland Abdimalik Muse Coldoon le 6 juin, le jour de sa libération. RTBF

Djibouti: des militaires affichent leur soutien au pilote détenu Fouad Youssouf Ali
Lundi soir à Djibouti-ville, des manifestants ont exigé la libération de Fouad Youssouf Ali. La grogne continue deux mois après l’incarcération du pilote. « Avec un élément déclencheur, on sait comment ça peut finir. On a un risque d’instabilité avec ce régime aveuglé qui utilise la force », dénonce l’opposant Abdourahman Mohamed Guelleh. « Djibouti est le pays le plus stable de la région et nous sommes dans un État de droit », rétorque Daoud Houmed, porte-parole de la majorité. L’épouse de Fouad Youssouf Ali a diffusé une vidéo où elle sous-entend que le pouvoir aurait introduit volontairement le Covid-19 dans la prison. « Il n’y a pas de cas à Gabode et plus de 200 détenus ont été libérés pour désengorger », répond Daoud Houmed. RFI

Le Cameroun de l’inamovible Biya sous pression sur les droits humains
En proie à des crises sécuritaire et politique, embarrassé par des bavures militaires, le Cameroun de l’indéboulonnable Paul Biya se retrouve contraint de lâcher du lest sous l’intense pression des défenseurs des droits humains, de l’ONU et d’alliés autrefois moins regardants. Civils tués par des soldats, intimidations ou arrestations d’opposants, journaliste mort en détention: les ONG dénoncent très fréquemment des exactions présumées. Et le même scénario se répète: son armée en tête, le pouvoir nie longtemps, avant d’ordonner des enquêtes sous la pression internationale, pour finalement aller publiquement à Canossa. Sans plus, pour l’heure, mais c’est déjà une avancée inédite pour un régime totalement sourd à ces accusations des décennies durant et un président, au pouvoir depuis 1982, toujours accueilli avec bienveillance dans les capitales occidentales. AFP

« La Côte d’Ivoire constitue une cible de choix pour les groupes armés »
Eddie Guipié, chercheur à l’université de Korhogo, décrypte le modèle de cohabitation religieuse du pays et comment il est attaqué par une multitude d’actes isolés. … Le 11 juin, une dizaine de militaires ivoiriens ont été tués à un poste de sécurité non loin de la frontière avec le Burkina Faso. Cette attaque djihadiste, dont le chef a été capturé dimanche 21 juin, serait une réponse à l’opération antiterroriste conjointe ivoiro-burkinabée menée en mai des deux côtés de la frontière. Si l’armée ivoirienne avait affirmé à l’issue de l’opération « qu’aucune base terroriste n’existe sur le territoire ivoirien », il n’en demeure pas moins que le nord du pays est, depuis plusieurs années, en alerte. Le Monde

Le Tchad apporte sa pierre à la Grande Muraille verte avec ses acacias
Il est un peu tôt pour en être sûr, mais Hassan Adano s’en réjouit déjà. « Grâce à la pluie, la récolte de sève sera bonne cette année », observe le paysan, qui connaît bien ses arbres. Installé non loin de Mongo, dans la province du Guéra, dans le sud du pays, l’homme attend de voir couler la précieuse sève de ses acacias. La gomme arabique, qu’il récolte chaque année, c’est un peu son miel, à lui qui cultive d’abord sorgho et mil. C’est dans les années 2000 que ce fermier, la quarantaine alors, se laisse séduire par l’idée de planter quelques acacias sur sa parcelle, en complément de ses cultures habituelles. Une petite révolution. Le Monde



Photo: Adam Jones