Revue de Presse du 24 juillet 2019

Éthiopie: 18 morts dans des heurts entre soldats et manifestants sidama
D’après des sources hospitalières, 18 personnes seraient mortes en Éthiopie après des affrontements qui ont opposé, entre jeudi et lundi, des soldats à des manifestants sidama. Tout commence jeudi 18 juillet lorsque les Sidama de la ville d’Awassa décident de descendre dans la rue, bien déterminés à faire entendre leur revendication. Rapidement, la protestation se mue en affrontements avec des soldats. D’après une source hospitalière citée par l’AFP, quatre personnes sont tuées par balle. Les forces de sécurité parviennent finalement à reprendre le contrôle d’Awassa, mais les violences se poursuivent et s’étendent à d’autres villes les jours suivants. Des morts et des blessés sont notamment signalés à Woreta Rassa et à Yirgalem, ce qui a alourdi le bilan des premiers jours. RFI

Somalie: 6 morts et 3 blessés dans l’explosion d’une bombe
Au moins six personnes ont été tuées et trois autres blessées mardi lors de l’explosion d’une bombe placée au bord de route en périphérie de Mogadiscio, la capitale somalienne. L’engin avait explosé au passage d’un bus public sur la route reliant Afgoye à Wanlaweyn dans la région de Shabeelaha Hoose (Basse Shabele). Ce crime survient un jour après l’attentat à la voiture piégée mené par les terroristes shebab dans la capitale, qui a fait 19 morts et 28 blessés. Sahel-Intelligence

Cameroun: révolte de détenus politiques et séparatistes
Les forces de sécurité camerounaises sont intervenues dans la nuit de lundi à mardi pour réprimer une mutinerie de détenus séparatistes et politiques dans la prison centrale de Yaoundé. « Il y a eu des tirs toute la nuit. C’était comme un feu d’artifice. Les tirs ont cessé à un moment », a déclaré à l’AFP un riverain, confirmant des informations relayées sur les réseaux sociaux. Ces coups de feu tirés par les forces de sécurité visaient à empêcher des détenus de s’évader. Beaucoup se sont révoltés dans la nuit, saccageant et incendiant des services de l’administration pénitentiaire, selon des sources concordantes. Mardi matin, les violences avaient cessé dans la prison, le calme prévalait aux abords du pénitencier. Un cordon de sécurité tenu par des militaires et policiers était sur place. L’axe menant à l’entrée principale de la prison était bloqué à la circulation. Sahel-Intelligence

Burundi: condamnation confirmée en appel pour Germain Rukuki
Une cour d’appel de Bujumbura a confirmé lundi 22 juillet la condamnation à 32 ans de prison du défenseur des droits de l’homme Germain Rukuki. Le verdict a été prononcé le 17 juillet, en toute discrétion. Militant de l’organisation ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), Germain Rukuki avait été arrêté à son domicile il y a deux ans, avant d’être condamné à 32 ans de prison en avril 2018 pour « participation à un mouvement insurrectionnel, atteinte à la sûreté intérieure de l’État, attentat contre l’autorité de l’État, rébellion ». Informés ce lundi, les soutiens de Germain Rukuki expriment leur déception même si cette nouvelle condamnation n’est pas une totale surprise, alors que l’ONU dénonce régulièrement la répression croissante des ONG et des défenseurs des droits humains au Burundi. La justice burundaise est accusée d’avoir mené un procès « inique », en « l’absence de toutes preuves matérielles » contre Germain Rukuki. Vital Nshimirimana, du Forum pour le renforcement de la societé civile (Forsc), basé à Bruxelles, dénonce comme d’autres une « abberration judiciaire ». RFI

Ebola : le ministère de la Santé rapporte 14 nouveaux cas
Dans un communiqué publié mardi 23 juillet, le ministère de la Santé annonce quatorze nouveaux cas confirmés de la maladie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Dix cas sont enregistrés à Beni, l’un des foyers de l’épidémie ; deux autres cas sont signalés à Mandima (Ituri), un à Oicha et un à Mutwanga (Nord-Kivu). Le ministère de la Santé publique signale également six nouveaux décès des cas confirmés. Il s’agit de trois décès communautaires : un à Beni, un à Mandima, un à Mutwanga ainsi que trois autres enregistrés au centre de traitement Ebola de Beni. Depuis le début de la riposte à l’épidémie d’Ebola, le cumul des cas est de 2 582 pour un total de 1143 décès. 729 personnes ont été guéries, conclut le communiqué. Radio Okapi

Epidémie d’Ebola en RDC : désaccords sur l’expérimentation d’un vaccin belge ?
Les désaccords éclatent au grand jour en République démocratique du Congo au sujet de la politique sanitaire menée pour combattre l’épidémie d’Ebola. Le ministre de la santé démissionnaire, Dr Oly Ilunga, pointe du doigt le recours à un deuxième vaccin produit par un laboratoire belge. La fièvre hémorragique a tué 1.737 personnes en un an dans l’Est de la RDC et le cumul des cas est de 2.578, dont 2.484 confirmés et 94 probables, selon le bulletin du ministère de l’Intérieur daté de dimanche 21 juillet 2019. TV5Monde

Soudan: des centaines d’étudiants réclament justice pour leurs camarades tués
Des centaines d’étudiants soudanais se sont rassemblés mardi à Khartoum pour réclamer justice pour leurs camarades tués dans la répression du mouvement de contestation déclenché en décembre dernier, a constaté un journaliste de l’AFP. Le rassemblement intervient une semaine après la signature d’un accord sur le partage du pouvoir entre les chefs de la contestation et les militaires à la tête du Soudan depuis la destitution en avril du président Omar el-Béchir. L’accord n’aborde pas la question des manifestants tués depuis décembre. « Sang pour sang, nous ne voulons pas de compensations », ont scandé les étudiants dans le centre de la capitale, en brandissant des portraits de camarades tués et des drapeaux soudanais. L’Obs/AFP

Soudan: les États-Unis poussent pour l’émergence d’un pouvoir civil
L’accord de partage du pouvoir signé le 17 juillet avait entraîné des divisions, alors que civils et militaires doivent aussi signer une charte constitutionnelle qui doit officiellement lancer la transition jusqu’à des élections. Les Américains poussent pour qu’au final un pouvoir civil émerge et que le dialogue se poursuive jusqu’à une signature définitive. Les Américains ne voient pas forcément d’un bon œil les divisions apparues après l’accord de partage du pouvoir signé le 17 juillet. La coalition civile a envoyé des représentants à Addis-Abeba pour négocier avec les groupes armés du Darfour qui ont tous rejeté le document. RFI

Libye: bataille de communication entre les forces d’Haftar et le GNA
Le Gouvernement d’union nationale affirme avoir repoussé une « grande offensive » au sud de la capitale. L’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar, qui mène depuis le 4 avril une offensive pour conquérir Tripoli, parle de son côté d’avancée sur plusieurs fronts. Les déclarations officielles en provenance de Tripoli n’en finissent plus de se contredire. Chaque camp impliqué dans cette guerre affirme que les combats de ses dernières heures tournent en leur faveur. Depuis lundi matin, l’Armée nationale libyenne du maréchal (ANL) Khalifa Haftar mène une large offensive sur plusieurs fronts, tout en intensifiant les frappes aériennes. Elles visent les positions des milices pro-Gouvernement d’union nationale (GNA) à Tripoli et àGharyan. L’ANL assure avoir « progressé » sur le terrain et dit avoir repoussé les milices de Tripoli vers l’intérieur de la capitale : « Nous avançons d’un pas ferme », déclare un général. Le GNA nie, de son côté, toute progression de l’ANL, et affirme avoir repoussé l’attaque du maréchal Haftar. RFI

Nigeria: manifestation de la minorité chiite dispersée
Les membres du Mouvement islamique du Nigeria (IMN), une organisation chiite radicale, n’ont pu se rassembler mardi pour manifester, étant aussitôt dispersés par les forces de l’ordre, déployées en masse, au lendemain de heurts qui ont fait au moins 8 morts lundi. Des groupes épars de dizaines de manifestants ont tenté de se regrouper dans le quartier de Wusa 2, dans le centre d’Abuja, la capitale fédérale, mais une cinquantaine de soldats et policiers ont bloqué les accès, fait usage de gaz lacrymogène et ont tiré des coups de sommation en l’air, a constaté un journaliste de l’AFP. Mohamed Sodje, un membre du groupe qui était présent sur les lieux, a rapporté à l’AFP que plusieurs personnes avaient également été blessées, mais aucune déclaration n’a été faite pour l’instant par les porte-parole du groupe. La tension est très importante à Abuja, où l’IMN organise des manifestations quasi quotidiennes pour demander la libération de leur leader Ibrahim Zakzaky, incarcéré depuis décembre 2015. SlateAfrique

Restrictions de visa américain aux Nigérians
Les Etats-Unis ont imposé des restrictions de visa aux nigérians qui, selon eux, ont sapé le processus démocratique au Nigeria. Les sanctions toucheront également des personnes identifiées comme responsables de violences liées aux élections. Les critères utilisés par les Etats-Unis pour déterminer qui sera touché par les restrictions de visas ne sont pas clairs. Les noms des personnes touchées par cette mesure américaine n’ont pas été rendus publics. Dans un communiqué, le département d’Etat a souligné que les sanctions visaient certains individus et non le peuple ou le gouvernement nigérian. BBC

Centrafrique, près de six mois après l’accord de paix, rien ne change
Signé le 6 février au Soudan, l’accord de paix entre quatorze groupes armés et le gouvernement centrafricain (RCA) est au point mort. Mankeur Ndiaye, l’émissaire de l’ONU pour la RCA constate chaque semaine de 50 à 70 violations de cet accord par les groupes signataires. Une catastrophe pour les civils. On tue toujours en Centrafrique près de six mois après l’accord de paix de Khartoum. Et toujours selon le même schéma : des hommes appartenant aux quatorze groupes armés signataires de l’accord en tuent d’autres, des civils, des commerçants, des villageois. Publiquement, et sans être poursuivis. L’impunité et la loi du plus fort règnent dans l’ensemble du pays, devenu le Far West de l’Afrique centrale. La Croix

Centrafrique : la Cour pénale spéciale souffre d’un manque de moyens (HRW)
La Cour pénale spéciale (CPS) créée pour juger les violations graves des droits humains en Centrafrique « devrait intensifier ses enquêtes judiciaires et recruter sans attendre du personnel supplémentaire », préconise l’ONG Human rights watch (HRW) dans un rapport publié mercredi. Inaugurée en octobre 2018, la CPS est composée de juges nationaux et internationaux et soutenue par l’Union européenne et l’ONU. Huit mois après son inauguration, quatre dossiers ont été instruits. Trois autres font l’objet d’une enquête préliminaire. Au total, 27 plaintes ont été déposées. « Même si la Cour pénale spéciale tient ses promesses, son démarrage a été laborieux. Il faut qu’elle intensifie ses enquêtes pour que les procès puissent s’ouvrir sur la base de preuves solides et irréfutables », estime Elise Keppler, directrice adjointe du programme Justice internationale de HRW. SlateAfrique

En Ouganda, l’opposant Bobi Wine annonce sa candidature à la présidentielle de 2021
Le député d’opposition et chanteur Bobi Wine a annoncé, mercredi 24 juillet, son intention de briguer la présidence ougandaise lors des élections de 2021, lançant un défi au chef de l’Etat, Yoweri Museveni, qui dirige le pays d’une main de fer depuis 1986. « Au nom du peuple d’Ouganda, je vous défie [Yoweri Museveni] lors d’une élection libre et juste en 2021 », a déclaré le chanteur Bobi Wine, Robert Kyangulanyi de son vrai nom, lors d’un rassemblement à Kampala. Le politicien, âgé de 37 ans, avait précédemment déclaré être prêt à défier Yoweri Museveni « si mon équipe estime que je suis la bonne personne », mais n’avait pas officialisé sa candidature. Le Monde

Attaques jihadistes au Mozambique: un évêque critique le pouvoir
L’évêque de Pemba, dans le nord du Mozambique, a accusé le gouvernement et l’armée de ne pas agir suffisamment pour contrer les attaques jihadistes qui secouent cette région depuis près de deux ans. Egalement président d’une commission épiscopale pour la justice et la paix, l’évêque Luiz Fernandes a comparé les attaques jihadistes récentes à un « cyclone » contre lequel le pouvoir et la communauté internationale luttent peu. « Le nord de la province de Cabo Delgado est militarisée afin de donner aux habitants une impression de sécurité, de paix et de tranquilité », a écrit l’évêque dans une lettre pastorale lue à des fidèles dont l’AFP a pris connaissance lundi. Mais l’armée a « rarement été capable d’empêcher les attaques, car quand elles ont lieu, l’armée n’est pas là, arrivant souvent trop tard », a-t-il ajouté. SlateAfrique

Tchad: les conflits entre éleveurs et agriculteurs ou la compétition pour les ressources naturelles
Au Tchad, le calme revient progressivement dans le village de Tchire dans la province de la Tandjilé, où un nouveau conflit entre agriculteurs et éleveurs a fait au moins six morts et une vingtaine de blessés samedi dernier. RFI revient sur les raisons de ce conflit avec le président de l’Association des éleveurs et nomades du Tchad, l’AEND: la compétition sur les ressources naturelles. Ce sont des conflits récurrents entre ces deux communautés surtout à cette époque de l’année nous explique Mahamat Nour Abdallah, président de l’AEND. « Vous savez que pendant cette période des semis et de labours les conflits sont récurrents entre les éleveurs et les agriculteurs. Ces conflits sont aussi causés par la fermeture des couloirs de passage des animaux, par l’occupation des aires de stationnement et de séjour, mais également par la divagation des animaux dans certains champs qui se trouvent sur les aires de stationnement ou sur les couloirs de passage ». RFI

Gambie : Yahya Jammeh accusé d’avoir fait tuer des migrants ghanéens
Une trentaine de migrants originaires du Ghana ont été exécutés sommairement par une unité paramilitaire sur ordre de Yahya Jammeh, ont affirmé deux anciens membres de la garde présidentielle devant la Commission vérité et réconciliation, mardi 23 juillet. Les meurtres, qui remontent à juillet 2005, visaient 30 Ghanéens faisant partie d’un groupe de migrants clandestins – 44 Ghanéens et plusieurs Nigérians, Sénégalais et Togolais – arrêtés sur une plage de Gambie alors qu’ils tentaient de se rendre en Europe. « Yahya Jammeh a ordonné l’exécution de ces ressortissants étrangers », présentés comme des « mercenaires », a déclaré devant la Commission vérité et réconciliation (TRRC) Omar Jallow, ex-membre des « junglers », une unité officieuse de soldats choisis au sein de la garde nationale. Jeune Afrique/AFP

« Mauritius Leaks » : comment les profits de grandes entreprises font les pertes des pays africains
Les « Mauritius Leaks » démontrent, grâce à 200 000 documents d’un cabinet d’avocats fiscalistes, comment les entreprises profitent des avantages fiscaux de la république de Maurice pour réduire les impôts payés sur leurs activités en Afrique. Après le Panama, le Luxembourg, c’est au tour de la république de Maurice d’être épinglée pour ses pratiques fiscales douteuses. Les « Mauritius Leaks », constitués de plus de 200 000 documents du cabinet d’avocats Conyers Dill & Pearman obtenus par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), dévoilent les dessous d’une gigantesque machine à optimisation fiscale dont les pays africains sont les premières victimes. France24



Photo: Adam Jones