Revue de Presse du 21 mai 2021

Covid-19: les malades graves meurent davantage en Afrique qu’ailleurs, selon une étude
Les malades graves du Covid-19 meurent davantage en Afrique que sur les autres continents, sans doute à cause du manque d’équipements de soins critiques, suggère une étude publiée vendredi, malgré la difficulté à recueillir des données exhaustives. « Notre étude est la première à dresser un tableau complet du sort des malades sévèrement atteints par le Covid en Afrique », commente l’auteur principal de l’étude, le Pr Bruce Biccard (de l’hôpital Groote Schuur et de l’université du Cap, en Afrique du Sud), cité dans un communiqué de la revue médicale The Lancet, qui publie ces travaux. « Malheureusement, cela montre que notre capacité à fournir un niveau de soins adéquat est compromise par un manque de lits en soins critiques et des moyens limités dans les unités de soins intensifs », ajoute-t-il. L’étude se base sur l’évolution clinique de quelque 3.000 patients admis dans des services de réanimation à cause du Covid entre mai et décembre 2020, dans 64 hôpitaux de dix pays d’Afrique (Egypte, Ethiopie, Ghana, Kenya, Libye, Malawi, Mozambique, Niger, Nigeria et Afrique du Sud). Au bout de 30 jours, près de la moitié (48%) de ces patients étaient morts. AFP

Près de 55 millions de déplacés internes recensés en 2020
En 2020, environ 55 millions de déplacés internes ont été recensés dans le monde. C’est ce que révèle le rapport publié par Internal Displacement Monitoring Centre et le Norwegian Refugee Council. Des hommes et des femmes obligés de quitter leurs habitations par les conflits et les catastrophes naturelles. Loin des 26 millions qui ont trouvé refuge hors de leurs frontières. Le répit attendu du fait du coronavirus n’a pas été au rendez-vous. … Les conflits ont poussé 38 millions de personnes à quitter leurs habitations. Alors que les ¾ des déplacés internes ont été victimes de catastrophe naturelle. AfricaNews

Nigeria: incertitudes sur le sort du leader de Boko Haram Abubakar Shekau
Le chef jihadiste serait gravement blessé ou peut-être mort après avoir tenté de se suicider pour échapper aux hommes de l’Iswap, la branche de Boko Haram affiliée au groupe État islamiste. En 2016, Boko Haram s’était scindé en deux groupes : d’un côté l’Iswap et de l’autre, une faction historique toujours dirigée par Abubakar Shekau. Son bastion de la Sambisa a été pris d’assaut, ce mercredi 20 mai, par les hommes de l’Iswap. Plusieurs dizaines de véhicules armés et de nombreuses motos conduites par les hommes du groupe État islamique en Afrique de l’Ouest ont pris d’assaut le repère d’Abubakar Shekau. Acculé, celui-ci se serait tiré une balle dans la poitrine pour échapper à ses rivaux, prêts à le capturer. D’autres sources affirment qu’il a activé une ceinture d’explosifs. RFI

Tchad: le chef d’un parti d’opposition dénonce avoir été victime de tortures
Le président d’un parti d’opposition, membre de la coordination citoyenne Wakit Tama, qui mobilise depuis un mois contre le Conseil militaire de transition qui a pris le pouvoir après le décès d’Idriss Deby, a dénoncé des tortures que lui auraient infligés des policiers qui l’ont arrêté lors d’une manifestation mercredi. Yacine Abdramane Sakine, qui était ce jeudi soir encore hospitalisé à Ndjamena, présente sur tout son corps des marbrures et des boursoufflures, selon des activistes et comme on peut le voir sur des photos. Mais le gouvernement semble mettre en doute sa version. Le président du parti réformiste était en train de manifester à la tête d’un petit groupe de ses militants lorsqu’ils tombent sur des forces de l’ordre qui les attendaient au rond-point de Débé dans le VIe arrondissement. Elles vont les disperser à coup de gaz lacrymogène. RFI

Transition au Tchad: six faits marquants depuis le décès d’Idriss Déby
[…] Mahamat Deby est nommé de manière controversée à la tête du Conseil militaire de transition (CMT) lors de l’annonce de la mort de son père le 20 avril. Le CMT dissout l’Assemblée nationale de même que le gouvernement et abrogé la Constitution, avant de proclamer Mahamat Déby, président de la République pour une période de « transition » de 18 mois, au terme de laquelle la junte a promis des « élections libres et transparentes ». … Aux lendemains de la « prise du pouvoir » par le CMT, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer un coup de force militaire. L’opposition et la société civile parlent de « coup d’Etat institutionnel » et dénoncent ce qui leur apparait comme une façon de perpétuer une « dynastie » après 30 ans de pouvoir d’Idriss Déby Itno. Mais en dehors du pays, c’est l’omerta. Point de condamnation de ce que beaucoup considèrent comme un coup de force. BBC

Tchad, des craintes au sujet de la transition
[…] 18 mois, renouvelable une seule fois, c’est la durée de la transition que dirige Mahamat Idriss Déby. Une transition dont les modalités de fonctionnement se basent sur une charte rédigée et rendue publique aussitôt après la prise du pouvoir par les militaires suite au décès d’Idriss Déby. Seulement voilà, pour certains membres de la société civile comme l’activiste Abel Maina, cette charte pose toujours problème. … Mahamat Déby qui reste indéfiniment au pouvoir, c’est ce que ne souhaitent pas l’opposition et la société civile tchadiennes qui peinent pourtant à parler d’une même voix. Depuis la prise de pouvoir des militaires, les manifestations d’opposants à la junte ont été interdites ou réprimées sans susciter de réelles condamnations. Cette situation illustre l’isolement relatif de ces derniers selon le politologue et spécialiste du Tchad Roland Marchal qui rappelle que l’Union Africaine a toujours pesé pour que les responsables de la transition ne soient plus candidats à des scrutins qu’ils organisent. DW

« Les hommes ont brisé mon corps et brisé mon âme » : en RDC, l’ONU vient en aide aux survivantes de violences sexuelles
La Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), la Dre Natalie Kanem, a récemment conclu une visite en République démocratique du Congo (RDC). La cheffe de l’agence onusienne chargée de promouvoir la santé sexuelle et reproductive a constaté les conséquences horribles de la violence sexuelle dans ce pays d’Afrique centrale confronté à l’une des plus longues crises humanitaires au monde. « Nous avons attendu pendant des heures au point de distribution jusqu’à ce qu’ils nous disent finalement de rentrer chez nous. Affamée et les mains vides, j’ai marché avec trois autres femmes et deux petites filles. C’était le crépuscule et j’ai entendu les petites filles crier. … La RDC est confrontée à des défis humanitaires urgents, aggravés par l’impact de la Covid-19, des catastrophes naturelles, des conflits localisés et des épidémies. Le pays est géographiquement le deuxième plus grand Etat au monde en superficie, l’un des plus peuplés et l’un des plus riches en ressources naturelles d’Afrique. ONU

Ituri : l’armée récupère plus de 20 villages de Djugu jadis occupés par les miliciens
Deux semaines après le lancement des opérations militaires dans le territoire de Djugu (Ituri), l’armée dit avoir repris le contrôle de plus de vingt localités, autrefois occupées par les miliciens. Selon des sources locales, les villages reconquis des mains notamment de CODECO sont ceux des secteurs de Walendu Pitsi, Djatsi et Tatsi. La reprise de ces localités a permis le « retour de certains habitants » qui ont fui la région, à la suite de l’insécurité. Les témoignages attestent que, certains habitants vaquent librement à leurs occupations. Cependant, nombreux parmi eux n’ont pas d’abris car ayant été incendiés la CODECO. Cependant, d’autres personnes qui ont trouvé refuge dans la brousse pendant les combats entre belligérants hésitent encore de revenir dans leurs villages. Selon la société civile du territoire de Djugu, ces personnes craignent d’être « confondues aux miliciens de la CODECO » par les forces de sécurité. Mais le lieutenant Jules Ngongo, le porte-parole de l’armée en Ituri assure ces déplacés quant à leur sécurité. « Les FARDC sont là « pour vous sécuriser », a-t-il précisé. Radio Okapi

Cameroun, des femmes en grève de la faim pour attirer l’attention sur le crise anglophone
Au Cameroun, plus d’un millier de femmes ont lancé une grève de la faim pour attirer l’attention sur la crise qui secoue les régions anglophones. Celles-ci entendent faire pression sur la communauté internationale pour mettre un terme à une crise qui, depuis cinq ans, a fait des milliers de morts et poussé plus d’un million de personnes à s’exiler. Il y a quelques semaines, des Camerounaises étaient dans la rue pour faire pression sur le gouvernement afin qu’une solution soit trouvée à la crise anglophone qui secoue depuis plusieurs années maintenant le Cameroun. Mais cela n’a apparemment pas marché. Ce qui a poussé ces femmes à adopter une nouvelle approche. Plus d’un millier d’entre elles ont donc choisi de faire une grève de la faim. Baiye Frida Ebai, qui coordonne le mouvement, a elle-même cessé de se nourrir et se plaint de maux de tête. Ce sont les histoires déchirantes de viols, les meurtres et les enlèvements qui poussent ces femmes à agir. DW

L’Ethiopie fixe au 21 juin la nouvelle date des élections nationales
La commission électorale éthiopienne a annoncé jeudi que les élections nationales se tiendront le 21 juin, offrant un nouveau calendrier à ce scrutin crucial pour le Premier ministre Abiy Ahmed et déjà repoussé par deux fois. Le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique devait initialement voter en août 2020, mais ce scrutin législatif – qui doit désigner les élus nationaux et régionaux – avait été repoussé au 5 juin 2021 en raison de l’épidémie de coronavirus. Samedi, la commission électorale a annoncé un nouveau report du vote en raison d’obstacles logistiques, sans fixer immédiatement de nouvelle date. La date du 21 juin a été divulguée jeudi lors d’une conférence de presse par la porte-parole de la commission électorale, Solyana Shimeles, au terme de consultations avec le gouvernement de M. Abiy, des partis d’opposition et des autorités régionales de ce pays fédéral. AFP

Côte d’Ivoire: des arrestations après des violences intercommunautaires suite à une fake news
Pour rappel, une vidéo présentée à tort comme représentant des ivoiriens molestés par des nigériens a mis le feu aux poudres. Des centaines de personnes ont pris pour cible des ressortissants nigériens et leurs commerces dans plusieurs communes d’Abidjan, dont Abobo et Adjamé. En réalité, la vidéo avait été tournée au Nigeria et ne montrait pas des Ivoiriens. Le bilan de ces violences s’est alourdi. On compte désormais un mort et plusieurs blessés graves alors que le parquet annonce des arrestations. Parmi la vingtaine de personnes arrêtées, une se démarque. Une activiste des réseaux sociaux, surnommée « Succès », de son vrai nom Nawa F, 44 ans, interpellée ce jeudi à Bingerville, selon un haut responsable sécuritaire. Sur sa page Facebook, cette fervente partisane du régime, qui se présente comme comédienne, a publié mercredi une vidéo elle aussi, dans laquelle on la voit haranguer passants et commerçants pour qu’ils aillent s’en prendre aux Nigériens. RFI

Ceuta : retour au Maroc pour des dizaines de migrants
A la frontière de Ceuta en Espagne, des dizaines de personnes venues à la nage, font la queue pour retourner au Maroc. En début de semaine, près de 8000 personnes, principalement des jeunes hommes et adolescents se sont retrouvés sur les plages de l’enclave espagnole, après avoir effectué la traversée. Leur objectif, trouver du travail et échapper aux conditions de vie marocaines aggravées par la Covid-19. Cette semaine les tensions entre l’Espagne et le Maroc se sont sans aucun doute intensifiées. Le gouvernement espagnol a accusé le Maroc de chantage après que le pays ait permis à 8000 personnes d’atteindre la Ceuta. Cette décision marocaine intervenait en effet quelques temps après que l’Espagne ait choisi de fournir un traitement médical au leader du mouvement indépendantiste du Sahara occidental, qui souffre de Covid-19. Selon les analystes, le Maroc a tenté d’exercer une pression diplomatique sur l’Espagne pour qu’elle reconnaissance sa souveraineté sur cette région. AfricaNews

Législatives en Algérie : la campagne s’ouvre sur fond de répression du Hirak
La campagne pour les élections législatives du 12 juin en Algérie s’est ouverte jeudi dans un climat de répression à l’encontre du mouvement de protestation populaire du Hirak. La campagne pour les élections législatives du 12 juin en Algérie s’est ouverte jeudi 20 mai alors que le mouvement de protestation populaire du Hirak continue de subir la répression des autorités, trois mois après la dissolution du Parlement par le président Abdelmadjid Tebboune. Ces élections anticipées, qui auraient dû avoir lieu en 2022, apparaissent comme une tentative du régime de reprendre la main face au retour du Hirak dans la rue depuis la fin février. La campagne électorale, qui prendra fin le 9 juin, débute trois mois après la dissolution de l’Assemblée populaire nationale (APN) par le président. Dans de nombreux quartiers d’Alger, la majorité des panneaux électoraux étaient encore vides jeudi matin, selon un journaliste de l’AFP. AFP

Somalie : début des pourparlers de sortie de crise
Plusieurs leaders régionaux somaliens sont arrivés à Mogadiscio, pour des négociations de sortie de crise. La décision il y a quelques mois du président somalien Mohamed Abdullahi Farmajo de prolonger son mandat de 2 ans, a mis le feu aux poudres. Au point de dégénérer en affrontements armés dimanche dernier à Mogadiscio, entre forces gouvernementales et pro-opposition, faisant trois morts. Mais aujourd’hui, l’heure est au dialogue. Cette réunion devrait aussi permettre de finaliser l’organisation des prochaines élections présidentielles et législatives. AfricaNews

Crimes en RDC: en pleine polémique sur des propos de Kagame, Tshisekedi demande « justice »
En pleine polémique sur des propos du président rwandais Paul Kagame, le chef de l’Etat congolais Félix Tshisekedi a appelé mercredi, dans un entretien à l’AFP, à ce que « justice soit rendue » aux victimes des crimes commis il y a plus de 20 ans en RDC. « Je ne veux pas polémiquer, je ne sais pas ce qui s’est passé, ça sera au président Kagame qu’il faudra poser la question », a déclaré M. Tshisekedi à l’AFP à Paris, au lendemain de sa participation à un sommet économique africain organisé dans la capitale française. Lundi, interrogé, en anglais, sur le rapport Mapping de l’ONU – qui répertorie plus de 600 violations graves des droits humains commises en République démocratique du Congo (RDC) entre 1993 et 2003 -, M. Kagame a déclaré, lors d’une interview aux médias français France 24 et RFI: ce document « a été extrêmement controversé. Et en réalité, il est hautement contesté (…) et a été hautement politisé ». AFP

Gafam : les géants de la Tech snobent-ils les pays d’Afrique francophone?
Ces dernières années, on a constaté que les géants du numériques notamment Google, Facebook , Twitter, Microsoft, IBM ouvrent des bureaux et des incubateurs en Afrique. Cependant, la plupart de ces bureaux et les plus grands d’entre eux se situent dans des pays anglophones comme le Nigéria, l’Afrique du Sud, le Kenya et le Ghana. Qemal Affagnon, responsable pour l’Afrique de l’Ouest et centrale d’Internet Sans Frontières, estime que « les Gafam marque une préférence pour les pays anglophones ». *Gafam : acronyme des géants du Web — Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft — qui sont les cinq grandes firmes américaines (fondées entre le dernier quart du XXème siècle et le début du XXIème siècle) qui dominent le marché du numérique, parfois également nommées les Big Five, ou encore « The Five ». « Aucun géant du net ne voudra s’implanter dans un pays dans lequel la liberté d’expression est bafouée ou bien le cadre légal réglementaire du pays empêche les gens de s’exprimer « , note Emmanuel Vitus Agbenonwossi, chercheur en droits numériques et gouvernance de l’Internet, ancien Google policy fellow pour l’Afrique francophone. BBC



Photo: Adam Jones