Revue de Presse du 20 octobre 2021

Plus de 100 millions d’Africains menacés par le réchauffement climatique d’ici à 2030, selon l’ONU
Une centaine de millions de personnes extrêmement pauvres sont menacées par l’accélération du réchauffement climatique en Afrique, où les rares glaciers devraient avoir disparu d’ici aux années 2040, a indiqué l’ONU mardi 19 octobre. Dans un rapport sur l’état du climat en Afrique publié à moins de deux semaines de l’ouverture de la COP 26 à Glasgow, l’ONU met en évidence la vulnérabilité disproportionnée de l’Afrique et souligne que le changement climatique a contribué à aggraver l’insécurité alimentaire, la pauvreté et les déplacements de population sur le continent l’an dernier. « D’ici à 2030, on estime que jusqu’à 118 millions de personnes extrêmement pauvres [c’est-à-dire vivant avec moins de 1,90 dollar par jour] seront exposées à la sécheresse, aux inondations et aux chaleurs extrêmes en Afrique si des mesures adéquates ne sont pas prises », a déclaré la commissaire à l’économie rurale et à l’agriculture de la Commission de l’Union africaine (UA), Josefa Leonel Correia Sacko, dans l’avant-propos du rapport. « En Afrique subsaharienne, le changement climatique pourrait entraîner jusqu’à 3 % de baisse supplémentaire du produit intérieur brut d’ici à 2050 », a-t-elle ajouté. Ce rapport, coordonné par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) de l’ONU, est le fruit d’une collaboration avec la Commission de l’UA, la Commission économique pour l’Afrique et diverses organisations scientifiques internationales et régionales et des Nations unies. Le Monde avec AFP

Nigeria: un an après le massacre de Lagos, où en est la justice ?
Un an après la tuerie de Lekki, le bilan réel de la répression du mouvement #EndSars demeure incertain. Plusieurs centaines de manifestants seraient toujours détenus à Lagos selon les représentants de la société civiles. Le mouvement avait débuté pour dénoncer les violences d’une unité de police spécialisée, la SARS, accusée de multiples abus des droits humains. Les manifestations s’étaient étendues à tout le sud du Nigeria avant d’être réprimées avec violence. Au moins 56 personnes trouvèrent la mort. Un hommage est prévu mercredi sur les lieux du drame du 20 octobre 2020, malgré les mises en garde des autorités, qui n’ont pas autorisé ce rassemblement. Celui-ci prendra la forme d’une procession de voitures flanquées du drapeau nigérian, pour éviter de possibles arrestations en masse. D’autres rassemblements sont prévus, notamment à Abuja, la capitale fédérale, où les manifestants avaient été agressés à plusieurs reprises par des bandes armées de couteaux et de bâtons ou brutalement dispersés par les forces de sécurité. RFI

Nouvelle attaque de l’armée éthiopienne contre Mekele
L’armée éthiopienne a lancé une attaque aérienne contre Mekele, la capitale de la région septentrionale du Tigré, pour la deuxième fois cette semaine. L’information, fournie par des sources humanitaires et un résident de Mekele, a été confirmée par un porte-parole du gouvernement. Le raid “a visé des installations transformées (par les rebelles tigréens) en centre de fabrication d’armes et de réparation pour leur matériel militaire”, a affirmé à l’AFP par SMS le chef du service de communication du gouvernement Legesse Tulu. Aucun bilan humain n’était immédiatement disponible à la suite de ce bombardement aérien qui a notamment détruit un site industriel, a précisé le résident en ajoutant : “c’était très lourd et l’avion était très proche”. “L’ensemble de l’entreprise a brûlé, on ne sait pas s’il y a des victimes, mais tout le bâtiment est parti en fumée”, a-t-il ajouté. Lundi, l’armée éthiopienne avait mené deux raids contre des positions du Front de Libération du peuple du Tigré (TPLF) à Makele, marquant une nouvelle escalade dans le conflit opposant depuis près d’un an les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliés aux rebelles tigréens. Selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), au oins trois enfants avaient été tués lors de ces premiers bombardements. AFP

Libye: dix ans après la mort de Mouammar Kadhafi, l’économie otage des milices
Avec la mort du Mouammar Kadhafi sous les assauts des combattants rebelles à Syrte, une longue période d’instabilité s’est ouverte pour la Libye. Cette décennie de violences quasi ininterrompues a interdit toute perspective de développement. Même si, depuis mars dernier, la Libye s’est dotée d’un gouvernement unique chargé d’organiser des élections en décembre prochain, l’économie reste l’otage des divisions politiques et de la mainmise des groupes armés. La division du pays entre deux autorités de l’Est et de l’Ouest depuis 2014 a mis l’économie libyenne à genoux. Deux banques centrales, deux compagnies nationales du pétrole concurrentes… tout cela a contribué au dédoublement du système monétaire et à l’essor d’un marché noir engloutissant les devises. En conséquence, la valeur du dinar libyen s’est effondrée. L’un des acteurs majeurs de ce marché noir, ce sont les milices libyennes. Loin d’être désarmées, elles ont renforcé leur mainmise sur les institutions. Une infiltration qui leur permet d’obtenir des devises au taux officiel, revendues au prix fort au marché noir. Cette économie de prédation n’épargne pas non plus les êtres humains. Des groupes armés se sont fait une spécialité lucrative : celle de la traite des migrants et des réfugiés transitant en Libye. RFI

Le Conseil de sécurité de l’ONU en mission au Sahel pour réclamer un pouvoir civil au Mali
Le Conseil de sécurité de l’ONU sera ce week-end au Sahel, en visite au Mali et au Niger, pour pousser Bamako à revenir à un pouvoir civil après deux coups d’Etat militaires en neuf mois (août 2020 et mai 2021), dans une région marquée par une forte poussée djihadiste. « La région du Sahel est exposée à tous les défis. C’est là que sont les enjeux de la lutte contre le terrorisme, de la problématique humanitaire, de l’impact du changement climatique, de la bonne gouvernance », déclare à l’AFP l’ambassadeur du Niger auprès des Nations unies, Abdou Abarry, qui codirige ce déplacement avec son homologue français, Nicolas de Rivière. « La situation au Sahel demeure très fragile », renchérit ce dernier, évoquant « la stabilisation du Mali » et la nécessité de « discuter de la façon de soutenir les efforts des pays du G5 Sahel pour assurer leur sécurité ». … Pour les quinze membres du Conseil de sécurité, aller dans un pays dirigé par un militaire n’équivaut pas à « cautionner les coups d’Etat au Mali », assurent plusieurs diplomates occidentaux et africains. Ils vont dans la région pour « soutenir les organisations régionales comme la Cédéao [Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest], insister sur le respect des délais électoraux et, si ce n’est pas possible, avoir au moins un calendrier réaliste », précise l’un d’eux. La Cédéao a imposé des élections au Mali le 27 février 2022, mais le pouvoir estime qu’un report de quelques semaines ou mois n’est pas à exclure, l’important étant leur crédibilité. Le Monde avec AFP

Mali: beaucoup de questions autour des négociations avec les jihadistes
C’est une information RFI que nous vous donnions, mardi 19 octobre : le gouvernement de transition malien a mandaté le Haut Conseil islamique pour ouvrir des discussions avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag Ghaly, et avec la katiba Macina d’Amadou Kouffa. Deux groupes terroristes liés à al-Qaïda qui contrôlent certaines parties du territoire et qui mènent des attaques meurtrières presque quotidiennement dans le nord et le centre du pays. Une annonce qui ne surprend pas, les autorités de transition ayant déjà exprimé leur volonté d’ouvrir de telles négociations. Mais ces discussions posent tout de même certaines questions. L’annonce est officielle, mais peu détaillée. Le gouvernement de transition n’a précisé ni la base ni les limites des discussions qui pourraient être menées avec Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa. Le Haut Conseil islamique du Mali s’est vu confier la mission d’amorcer ce dialogue. Un choix stratégique mais qui, selon Ibrahim Maïga, analyste sur les questions de paix et de sécurité au Sahel, comporte aussi ses limites… RFI

Des manifestants bloquent le principal port du Soudan
Partout, des centaines de camions chargés de marchandises import-export ou de carburant pour faire tourner les usines et alimenter les centrales attendent: à Port-Soudan, depuis un mois, les manifestants ont brutalement coupé l’approvisionnement du Soudan tout entier. Les protestataires qui coupent les routes menant vers les autres provinces et surtout vers Khartoum, ont bloqué un temps l’aéroport de Port-Soudan et la quasi-totalité des docks de Port-Soudan. Moustafa Abdelqader, chauffeur routier, est passablement énervé. “Je suis bloqué depuis 24 jours. J’aurais pu acheminer six chargements et gagner 120.000 livres soudanaises”, soit 235 euros, “alors que là, je n’ai rien pour nourrir ma famille”, relate-t-il. Mais pour les manifestants, pas question de céder. Depuis le 17 septembre, ils réclament l’annulation d’un accord de paix signé en octobre 2020 entre Khartoum et des groupes rebelles et qui, selon eux, n’accorde pas à leur région la représentation qu’elle mérite au sein des autorités de transition. … Pour tenter de calmer le mouvement de protestation, le Premier ministre Abdallah Hamdok a parlé d’une cause “juste”, reconnaissant que la région était “la plus pauvre alors qu’elle est la plus riche en ressources”. Et il a assuré travailler à “une conférence internationale pour obtenir des financements” et réclamé “des discussions directes” au plus vite, alors que la mission de l’ONU au Soudan a passé une semaine sur place à écouter les revendications des protestataires. Ce qu’il faut au plus vite, pour M. Nayer, c’est un accord. “Car un blocus plus long aura des conséquences catastrophiques”. AFP/VOA

Gambie : Yahya Jammeh n’a pas dit son dernier mot
À moins de deux mois de la présidentielle, l’ancien chef de l’État n’a pas renoncé à peser sur la scène politique gambienne. Depuis Malabo, il rejette l’alliance conclue entre son parti et celui d’Adama Barrow, candidat à un nouveau mandat. À plusieurs milliers de kilomètres de Banjul et après plusieurs années d’absence, Yahya Jammeh n’a rien perdu de sa capacité à faire parler de lui. Il aura suffit d’un coup de fil, relayé à ses partisans réunis dans son village de Kanilai, le 16 octobre, pour que l’ancien président gambien revienne au centre du jeu. Depuis Malabo, où il réside depuis sa défaite à l’élection présidentielle de décembre 2016, Yahya Jammeh a convoqué une réunion « d’urgence » pour parler de l’accord scellé début septembre entre son parti, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), et le Parti national du peuple (NPP) du président Adama Barrow. Selon des propos rapportés par des médias locaux, Yahya Jammeh s’est opposé à cet étrange attelage et a ordonné le limogeage des responsables de son parti. Le numéro un, Fabakary Tombong Jatta, a aussitôt été démis de ses fonctions. Cela ne suffira pas à remettre en cause l’accord du mois de septembre, assure-t-on pourtant dans l’entourage d’Adama Barrow. Jeune Afrique

Burundi: des débuts timides pour la vaccination contre le Covid-19 à Bujumbura
Le Burundi a débuté sa campagne de vaccination, lundi 18 octobre 2021, après la réception de ses premiers vaccins la semaine dernière. Un don de 500 000 doses de Sinopharm fournies par la Chine. À peine une vingtaine de personnes ont été vaccinées pour ce premier jour dans ce pays pendant longtemps « coronasceptique ». Pas de haut responsable burundais pour lancer la campagne de vaccination, aucun discours officiel, seuls quelques personnels de santé et les premiers volontaires civils se sont présentés ce lundi aux bureaux du Programme élargi de vaccination à Bujumbura, le seul centre de vaccination opérationnel pour le moment dans tout le pays. … Gitega reste donc droit dans ses bottes : il n’y aura pas de campagne de sensibilisation à la vaccination dans le pays. En revanche, elle met à la disposition des volontaires un lien pour prendre un rendez-vous sur internet. Une solution peu pratique de l’avis de nombreux Burundais, dans un pays où seulement 5,2% de la population était connectée en 2019, selon la Banque mondiale. C’est l’un des taux les plus bas du monde. RFI

RDC: de nombreuses violations des droits humains dénoncées dans un rapport cinglant
La situation des droits de l’Homme demeure préoccupante en République démocratique du Congo, en dépit de la « volonté politique » exprimée par les autorités. Cette fois, c’est une institution étatique qui sort de son silence en dénonçant détentions arbitraires, tortures, violations des droits politiques, économiques et sociaux en 2020. La Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) a présenté son rapport, mardi 19 octobre à Kinshasa. Il fera prochainement l’objet d’un débat à l’Assemblée. Un chiffre prédomine dans le rapport de la CNDH : au moins 52 000 violations des droits de l’Homme enregistrées par des plaintes. Un chiffre qui recense essentiellement des violations subies par les détenus des maisons carcérales. Benoît Mwamba, président du CNDH, est lui-même ébahi : « Nous avons montré comment la justice pose problème dans ce pays en termes de mauvaises pratiques qui aboutissent à des violations des droits de l’Homme. Est-ce que c’est normal qu’on puisse surpeupler des prisons avec des faits bénins, civils, avec des gens sans dossiers ? Est-ce qu’il est normal qu’on puisse avoir des mauvaises conditions dans des prisons en rapport à ce que l’État donne ? Est-ce normal qu’il y ait des kwashiorkorés (personnes victimes du syndrome de malnutrition par carence en protéines, ndlr), des malnutris ? » RFI

Un journaliste algérien du quotidien Liberté sort de prison
Le journaliste algérien Rabah Karèche du quotidien Liberté, incarcéré depuis avril, est sorti de prison mardi après avoir purgé une peine de six mois pour diffusion de “fausses nouvelles”, a annoncé son journal. “Notre journaliste Rabah Karèche retrouve la liberté après, six mois de détention, dans la prison de Tamanrasset (sud)”, a écrit le journal sur son site. Rabah Karèche avait été condamné le 11 octobre en appel à un an de prison dont six mois ferme, soit deux de moins que la peine dont il avait écopé en première instance en août. Il a purgé la totalité de cette peine mardi en tenant compte de sa détention provisoire pendant la durée du procès. “Je suis victime d’une injustice grave. Je n’ai fait qu’exercer mon métier de journaliste avec professionnalisme”, a-t-il déclaré, cité par son journal, à sa sortie de prison. L’Algérie occupe la 146e place sur 180 pays du classement mondial de la liberté de la presse de l’ONG Reporters sans frontières (RSF). Belga

Erdogan au Togo: accord Ankara-Lomé pour un renforcement de leur coopération militaire
Le président turc en visite au Togo. Recep Tayyip Erdogan est arrivé à Lomé à la mi-journée, mardi 19 octobre, en provenance de l’Angola, première étape de sa tournée africaine qui le conduira ensuite au Nigeria. Il a été reçu par son homologue togolais, Faure Gnassingbé. Au menu de leurs discussions : des sujets économiques et sécuritaires. Recep Tayyip Erdogan est accompagné d’une délégation de membres du gouvernement, de hauts fonctionnaires et d’acteurs économiques turcs pour cette visite, qualifiée de « travail et d’amitié ». C’est la première d’un chef d’État turc au Togo. Elle a été retransmise sur les réseaux sociaux de la présidence togolaise. Les questions sécuritaires ont également été au programme de leurs discussions. Au vu des menaces dans la sous-région, précise le communiqué final, un renforcement de la coopération en matière militaire a été convenu, en agissant sur les capacités logistiques et le renforcement de l’industrie de défense. Faure Gnassingbé devrait à présent répondre à l’invitation de son hôte turc et se rendre prochainement à Ankara. Aucune date n’a encore été précisée pour ce déplacement à venir. Recep Tayyp Erdogan, lui, a rencontré ses homologues du Burkina Faso et du Liberia, Roch Marc Christian Kaboré et George Weah, avant de quitter Lomé tard. RFI

Cybersécurité en Afrique : Le Togo accueille son premier sommet
Co-organisé par la République togolaise et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), le premier Sommet de la Cybersécurité au Togo se tiendra les 25 et 26 octobre 2021 à Lomé. Cet événement rassemblera Chefs d’Etat et de gouvernement, dirigeants du secteur privé ainsi que leaders de la société civile afin d’engager un dialogue de haut niveau en vue d’établir un diagnostic sans complaisance du phénomène, de proposer des pistes de coopération et de coordination pour répondre aux défis et enjeux pressants auxquels tous les acteurs africains sont confrontés en matière de cybersécurité. Depuis deux décennies, les pays africains connaissent une profonde mutation liée à l’adoption rapide des technologies numériques. Cette transformation digitale, dont l’accélération se confirme ces dernières années – notamment des suites de la pandémie Covid-19 – métamorphose nos sociétés tant elle révolutionne tous les secteurs d’activités et remodèle le quotidien des populations à travers le continent. AFRIMAG



Photo: Adam Jones