Revue de Presse du 2 août 2019

Mozambique: accord de paix signé entre le gouvernement et la Renamo
Un nouvel accord de paix a été signé jeudi 1er août au Mozambique entre le Frelimo, le parti au pouvoir, et la Renamo, l’ancienne rébellion devenue la principale force d’opposition depuis la fin de la guerre civile en 1992. C’est le troisième accord de paix depuis 2013, année où la Renamo avait repris les armes contre le gouvernement, et il est signé à deux mois des élections générales prévues pour le 15 octobre. Le président Philipe Nyusi a fait le déplacement jusqu’au fief de la Renamo dans le centre du pays pour la signature. C’est une main tendue du pouvoir, après le vote lundi au Parlement d’une nouvelle loi d’amnistie pour tous les crimes commis durant le conflit. RFI

Soudan: Quatre manifestants tués lors d’un rassemblement
Quatre manifestants ont été abattus jeudi lors d’un rassemblement à Omdourman, ville voisine de la capitale soudanaise, selon des médecins, alors que les négociations entre militaires et contestation ont repris en soirée pour régler les points en suspens d’un accord de transition. «Quatre manifestants ont été tués par balles réelles et plusieurs ont été blessés lors d’un rassemblement à Omdourman», a déclaré dans un communiqué le comité des médecins, proche de la contestation. Les tirs ont eu lieu alors que des milliers de manifestants se sont rassemblés jeudi dans plusieurs villes pour protester contre le meurtre cette semaine de six manifestants, dont quatre lycéens. Tribune de Genève

Soudan : les négociations reprennent dans un contexte tendu
Quatre morts de plus. Jeudi, quatre manifestants ont été abattus lors d’un rassemblement à Omdourman, ville voisine de la capitale soudanaise. Selon le comité des médecins, proche de la contestation, les protestataires « ont été tués par balles réelles et plusieurs ont été blessés ». Les tirs ont eu lieu alors que des milliers de manifestants s’étaient rassemblés ce jour dans plusieurs villes du pays pour protester contre le meurtre cette semaine de six manifestants, dont quatre lycéens, à Al-Obeid dans l’État du Kordofan-Nord (centre). Le général Jamal Omar, membre du Conseil de transition militaire qui dirige le pays depuis la destitution du président Omar el-Béchir en avril, a accusé les paramilitaires des redoutées Forces de soutien rapide (RSF) d’avoir tiré sur la foule. Ce vendredi 2 août, neuf membres des RSF ont finalement été arrêtés. « Une enquête a été ouverte sur les événements d’Al-Obeid, et sept membres des RSF ont immédiatement été limogés et remis à la justice civile pour être jugés », a déclaré vendredi devant la presse le général Shamseddine Kabbashi. Le Point

Crise en Algérie: très important déploiement policier pour le 24e vendredi de manifestation
La police est déployée en très grand nombre à Alger depuis vendredi matin, avant la 24e grande manifestation hebdomadaire contre le régime, application concrète du refus de l’armée aux demandes de « mesures d’apaisement » en vue d’un futur dialogue. Aux environs de la Grande Poste, bâtiment du coeur d’Alger et lieu de rassemblement hebdomadaire de la manifestation, des centaines de policiers en civil et en uniforme sont déployés et des milliers d’autres sont visibles dans le centre-ville, selon des journalistes de l’AFP. Près de la Grande Poste, une dizaine de personnes ont été arrêtées, pour des motifs inconnus, et emmenées dans un fourgon qui a quitté les lieux. RTBF

Nigeria: des dizaines de morts dans des combats entre armée et jihadistes d’ISWAP
Des combats intenses dans le nord-est du Nigeria entre les armées régionales et les jihadistes d’ISWAP ont fait des dizaines de morts, dont au moins 25 soldats et plus de 40 combattants islamistes, ont rapporté jeudi à l’AFP des sources sécuritaires. Les combattants d’ISWAP (groupe de l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest), branche de Boko Haram affiliée à l’EI, sont arrivés sur des pick-up lundi matin à l’aube au niveau de la ville de Baga, sur les rives du lac Tchad, dans l’extrême nord-est du Nigeria. « Les +terroristes+ ont tué 20 soldats nigérians et cinq soldats tchadiens dans des combats intenses qui ont fait également 47 morts du côté des +terroristes+ », a rapporté une source militaire sous couvert d’anonymat. ISWAP a revendiqué l’attaque dans un communiqué authentifié par le groupe de surveillance jihadiste SITE où il affirme avoir tué 15 soldats et ne fait état d’aucune perte dans ses rangs. Slate Afrique

Le Mouvement islamique du Nigéria joue la carte de l’apaisement
Le Mouvement islamique a suspendu ses manifestations mercredi. Mais il maintient la pression sur les autorités en promettant des actions en justice. Le mouvement attend le verdict dans le procès en cours de son leader. Le MIN réclame toujours la libération de son leader Ibrahim Zakzaky emprisonné depuis 2015. En attendant, le verdict attendu lundi prochain dans le procès en cours du leader chiite déterminera la suite des rapports entre les autorités nigérianes et les manifestants chiites. Le groupe chiite radical du Nigéria joue pour l’instant la carte de l’apaisement. La suspension mercredi de ses manifestations de rue ne semble cependant pas définitive. Le Mouvement islamique réexaminera sa décision après l’audience du tribunal très attendue à Kaduna lundi. Elle devra plancher sur le fait d’autoriser ou non le leader religieux Cheik Ibrahim El Zakzaki, détenu depuis 2015, à aller se soigner à l’étranger. DW

Ebola en RDC : un an d’épidémie dans le Nord-Est du pays
« La frontière n’était pas fermée. Il s’agissait d’un malentendu », a tweeté ce jeudi midi un responsable du gouvernement rwandais. Entre Gisenyi au Rwanda et Goma en RDC, les deux postes-frontières de Grande barrière et Petite barrière étaient pourtant fermés ce jeudi matin. A Goma où un troisième cas d’Ebola a été confirmé. Cette dixième épidémie de l’histoire du Congo est déclarée depuis un an jour pour jour. Avec plus de 1800 morts, elle est aujourd’hui la plus meurtrière que le pays ait connue. TV5Monde

Tueries à Beni : la société civile demande à Félix Tshisekedi de « protéger la population »
La société civile de Beni demande au président Félix-Antoine Tshisekedi de protéger « des populations civiles contre des tueries des ADF, une situation qui se traduit par des violations massives des droits de l’homme, des crimes de guerre et crimes contre l’humanité ». Ces recommandations sont contenues dans une lettre ouverte adressée au chef de l’Etat et rendue publique ce vendredi 2 août. « Tuer des personnes à la machette ou à la hache, éventrer des femmes enceintes, broyer les têtes des enfants en les cognant contre le mur sans la moindre pitié, tels sont les actes macabres que vivent depuis cinq ans les populations de Beni », rappelle la lettre de la société civile locale. Cette structure citoyenne révèle qu’à ce jour, au moins 2.719 personnes ont été sauvagement tuées et plus de 2.897 autres kidnappées au cours des différentes attaques armées de présumés rebelles des ADF. Radio Okapi

La Libye va fermer trois centres de détention pour migrants
Le ministre libyen de l’Intérieur, Fathi Bashagha, a annoncé que la Libye prévoit de fermer trois de ses plus grands centres de détention pour migrants. Les centres en question se trouvent à Misrata, Tajoura et Khoms. L’un de ces centres a été bombardé le mois dernier et se trouve près de l’endroit où les factions rivales de la Libye se battent. Cette décision a été prise après les critiques qui ont suivi l’attaque meurtrière de missiles en juillet sur un camp de migrants. Cette attaque qualifié de « scandaleuse » pourrait constituer un crime de guerre, ont déclaré Ghassan Salamé, envoyé de l’ONU en Libye, et Michelle Bachelet, haut responsable des droits humains. BBC

Sénégal : les arrestations d’activistes inquiètent
La justice a inculpé le journaliste Adama Gaye pour « offense au chef de l’Etat ». L’activiste avait été mis en garde à vue après son interpellation lundi par la division des investigations criminelles. On lui reproche des publications sur internet critiques à l’égard du président. Adama Gaye est également accusé de « manœuvres et actes de nature à compromettre la sécurité publique. » Depuis 2012, on reproche à une dizaine d’activistes sénégalais des faits d' »offense » au président Macky Sall. À chaque fois c’est l’article 80 du code pénal qui est utilisé. Après l’activiste Guy Maruis Sagna arrêté le 16 Juillet pour ses publications sur facebook, le journaliste Adama Gaye, très virulent à l’égard de Macky Sall, a été, lui aussi, inculpé mercredi pour les mêmes faits. Une épée de damoclès qui fait planer des menaces de prison sur la liberté d’expression dans le pays estime le blogueur Alexandre Lette. DW

Ouganda: une activiste condamnée pour avoir harcelé le président
L’universitaire et militante ougandaise Stella Nyanzi a été reconnue coupable jeudi par un tribunal ougandais d’avoir harcelé en ligne le chef de l’État, Yoweri Museveni et sa mère défunte, a-t-on appris auprès de son avocat. « Le tribunal l’a reconnue coupable aujourd’hui d’avoir harcelé sur internet le président Museveni, mais a abandonné l’accusation de propos offensants », a déclaré ce jeudi à l’AFP l’avocat de la jeune femme, Isaac Semakadde. « Nous sommes en désaccord avec le jugement, mais nous attendons que la peine soit prononcée demain (vendredi) et nous la (Mme Nyanzi) consultons pour déterminer la marche à suivre », a-t-il ajouté. Stella Nyanzi a déjà passé près de neuf mois en prison et encourt une peine supplémentaire de trois ans, selon son avocat. Mais, à en croire son avocat, la militante est prête à « faire face aux conséquences parce qu’elle pense se battre pour une cause juste ». AFP

Le Zimbabwe ne parvient pas à sortir de la crise économique et financière
L’inflation a atteint en juillet un record inégalé depuis dix ans, rappelant les mauvais souvenirs de la période d’hyperinflation qu’avait connue le Zimbabwe en 2008, sous Robert Mugabe. Et le bilan dressé au 1er août par le ministre des Finances n’a pas de quoi rassurer les habitants. Sans donner de chiffre précis, le ministre des Finances Mthuli Ncube a annoncé une contraction de l’économie zimbabwéenne à cause de la sécheresse et des coupures de courant. Il sera donc difficile d’atteindre les 3 % de croissance prévus initialement. En effet, depuis deux mois, le pays est régulièrement plongé dans le noir, à cause du vieillissement de ses installations et du faible niveau des eaux sur le principal barrage. Selon la Chambre de commerce du pays, les coupures ont fait perdre à l’économie plus de 180 millions d’euros par semaine. RFI

Somalie: le maire de Mogadiscio, blessé dans un attentat, est décédé
Le maire de Mogadiscio, Abdirahman Omar Osman, blessé le 24 juillet dans un attentat des militants islamistes shebabs dans la capitale somalienne, est décédé dans un hôpital de Doha, au Qatar, où il avait été transféré, a annoncé jeudi la présidence somalienne. Le président somalien, Mohamed Abdullahi Mohamed dit « Farmajo », a ordonné trois jours de deuil national et que les drapeaux soient abaissés à mi-mât, après l’annonce du décès du maire. « Il avait sacrifié sa vie au service du public somalien et il avait contribué à reconstruire le gouvernement de la Somalie », a réagi le chef de l’État. « On se souviendra de lui pour son dévouement au service des gens et du pays, et pour son acharnement à développer Mogadiscio tout en jouant pleinement son rôle dans la lutte contre le terrorisme », a-t-il ajouté. AFP/VOA

Mauritanie : passation de pouvoir en douceur entre les présidents Aziz et Ghazouani
Tous ceux qui espèrent ou qui redoutent une rupture entre le président Mohamed Ould Abdelaziz et son successeur élu Mohamed Ould Ghazouani en ont été pour leurs frais, jeudi 1er août, lors de la cérémonie d’investiture de ce dernier au Centre international des conférences El Mourabitoune à Nouakchott. Du début à la fin de la célébration, ils ont eu en face d’eux un vrai couple. Le sortant était plus martial et plus sonore ; le nouvel élu, plus réservé et moins à l’aise avec la pleine lumière. Mais ils sont entrés ensemble sur scène. Côte à côte, ils sont restés assis. Répétées, les embrassades de ces deux anciens généraux n’étaient pas feintes. Ils étaient deux frères et la passation de pouvoir de l’un à l’autre ne pouvait que se dérouler en douceur, rythmée par trois hymnes à la démocratie mauritanienne. Jeune Afrique

Burkina Faso: la société civile se mobilise en faveur des déplacés internes
Des organisations ont lancé une opération de collecte de fonds afin d’aider les plus de 250 000 personnes qui ont fui leur village suite aux attaques terroristes. En raison de l’insécurité, plus de 250 000 Burkinabè sont partis de chez eux et ont cherché refuge dans des camps installés par le gouvernement ou dans des villages proches. Un phénomène dont « on n’a pas idée de l’ampleur » et qui touche presque toutes les régions du pays, nous explique Abdoulaye Diallo, gestionnaire du Centre national de presse Norbert Zongo. « On est en train d’être encerclés par des déplacés internes. Ils quittent leur village, ils viennent dans des villes… Il y a une réalité qui est très sérieuse. » La situation est d’autant plus préoccupante que ces déplacés sont pour beaucoup des agriculteurs et des éleveurs « qui vivent de leur terre et n’ont plus la possibilité de cultiver ». RFI

Guinée équatoriale: Amnesty dénonce « 40 ans de répression » sous Obiang Nguema
L’ONG Amnesty International a dénoncé vendredi la torture, la répression politique et les nombreuses violations des droits de l’homme sous la présidence de Teodoro Obiang Nguema qui s’apprête à célébrer samedi ses quarante ans à la tête de la Guinée équatoriale. La gouvernance de ce petit pays hispanophone, qui bénéficie d’une importante manne pétrolière, est régulièrement critiquée par des ONG de défense des droits de l’homme. Une loi approuvée en 2006 interdisant la torture n’a pas été appliquée « puisque la police continue d’utiliser régulièrement la torture pour obtenir des confessions », affirme Amnesty dans un communiqué. L’ONG cite l’exemple de l’opposant Joaquin Elo Ayeto, arrêté fin février à Malabo et toujours en détention, qui a été « battu violemment au poste de police, alors qu’il était pendu par les mains ». Slate Afrique

Qui est Teodoro Obiang Nguema, le président de la Guinée équatoriale qui va dépasser les quarante ans de règne?
Il reste 9 ans au président Obiang avant de pouvoir prétendre au record détenu par l’ancien chef d’État cubain Fidel Castro. La Guinée équatoriale, petit État pétrolier d’Afrique centrale miné par la corruption et les inégalités, sera en fête ce samedi. Et pour cause, son président Teodoro Obiang Nguema, 77 ans, deviendra le premier chef d’État en exercice, hors monarchie, à dépasser les quarante ans de règne. Le 3 août 1979, c’est par les armes que le président Obiang accède la première fois au pouvoir. Grâce à l’aide de ses officiers, il renverse son oncle, le sanguinaire dictateur Francisco Macias Nguema, fusillé deux mois plus tard. En 2016, sa dernière réélection conforte un peu plus sa place au pouvoir : il obtient plus de 90 % des suffrages, aidé par la persécution de ses opposants. Il prépare désormais son fils, Teodorin, 51 ans et actuel vice-président, à lui succéder. La Libre/AFP

L’Inde à l’offensive en Afrique francophone
Le président indien Ram Nath Kovind est en visite officielle cette semaine dans trois pays africains jamais visités par les autorités de New Delhi : le Bénin, la Gambie et la Guinée. Pour ce journal burkinabé, l’Inde “passe à l’offensive diplomatique” sur un continent aussi courtisé par son rival chinois. “Cette tournée est historique d’autant que c’est la toute première sortie officielle d’un chef d’État indien dans cette partie du continent africain”, salue Le Pays. … Ces quinze dernières années, le commerce entre l’Inde et l’Afrique a plus que décuplé, faisant de New Delhi le quatrième partenaire commercial de l’Afrique. Traditionnellement, les investissements indiens restaient limités à l’Afrique anglophone (pays d’Afrique australe et de l’Est) en raison du nombre élevé de diasporas indiennes dans cette région, mais New Delhi accroît désormais son influence dans la zone africaine francophone. Courrier International



Photo: Adam Jones