Revue de Presse du 17 juin 2022

Niger : l’armée française a tué près de 40 djihadistes
Des frappes aériennes de l’armée française auraient fait près de 40 victimes parmi des djihadistes près de la frontière entre le Niger et le Burkina Faso. Dans un communiqué, Paris qualifie ces frappes de « nouveau succès tactique » pour les efforts de lutte contre le terrorisme de l’opération Barkhane dans la région du Sahel. De son côté, le gouvernement nigérien a également publié une déclaration, affirmant que les djihadistes ont été tués suite à une attaque contre des gendarmes nigériens à Waraou, dans le sud-ouest du pays, et qui a fait 8 morts et une trentaine de blessés il y a quelques jours. Agissant à la demande des autorités du Niger, les forces de Barkhane ont utilisé la surveillance aérienne pour suivre une colonne de 40 motos, puis effectué la frappe en étroite coopération avec les militaires nigériens. Malgré les critiques l’accusant d’être devenu, «le vassal de Paris », le président Mohamed Bazoum a accepté il y a quelques mois d’accueillir des forces spéciales françaises transférées du Mali voisin, Paris ayant retiré les troupes déployées dans ce pays depuis 2013 pour aider à combattre des islamistes. AfricaNews

Une nouvelle attaque repoussée dans le nord-ouest du Togo
L’armée togolaise a repoussé dans la nuit de mercredi à jeudi une nouvelle attaque dans l’extrême nord-ouest du Togo, à la frontière avec le Burkina Faso, a déclaré à l’AFP un haut responsable militaire. Au cours des derniers mois, deux attaques « terroristes » ont frappé l’extrême nord du pays, selon le gouvernement. Depuis plusieurs années, l’armée y est déployée pour faire face à la menace d’un débordement de la violence des groupes jihadistes présents au Burkina voisin. La nouvelle attaque par des hommes armés s’est produite dans la localité de Goulingoushi et n’a fait aucun mort ni blessé « côté Togo », a affirmé un haut responsable militaire, sans donner davantage de détails. « C’est une de nos embuscades qui a permis de les surprendre en dehors du poste de Goulingoushi, à l’extrême nord-ouest », a-t-il ajouté, confirmant une information relayée par des médias locaux. VOA/AFP

Burkina Faso : Dix personnes tuées dont des VDP dans le centre-nord du pays
Dix personnes dont des volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ont été tuées mercredi dans la commune de Bouroum, province du Namentenga, dans la région du Centre-Nord, par des hommes armés. L’attaque a fait également trois blessés qui ont été transportés à l’hôpital de Kaya. Cinq mois après son arrivée au pouvoir par un coup d’Etat au Burkina Faso en promettant de faire de la sécurité une « priorité », le président de la transition, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, est sous pression après l’attaque terroriste de Seytenga qui a fait 86 morts. Depuis 2015, le Burkina Faso est le théâtre des attaques armées, qui ont fait de nombreuses victimes et des milliers de déplacés internes. Sahel-Intelligence

Un soldat congolais tué à un poste-frontière avec le Rwanda
Un soldat congolais a été tué vendredi dans un échange de tirs à un poste-frontière entre la République démocratique du Congo et le Rwanda à Goma, où des manifestations contre le Rwanda sont signalées, a-t-on appris de sources policières. « Un soldat congolais a foncé, tirant en direction de la frontière rwandaise. Un soldat rwandais a tiré sur lui et il est mort sur place », a témoigné auprès de l’AFP un policier congolais présent lors de l’incident, mais qui a requis l’anonymat. « Il s’en est suivi un échange des tirs entre nous et les forces de sécurité rwandaises. Il y a des blessés parmi les civils qui voulaient traverser la frontière », a ajouté la source. « Nous attendons les observateurs du mécanisme de vérification pour récupérer le corps du militaire congolais tué du côté rwandais de la frontière par les gardes frontières rwandais », a indiqué le major Ken Ngalamulume, chef de la police au poste frontalier entre la RDC et le Rwanda appelé « Petite barrière ». VOA/AFP

Mali: les Russes arrivent à Ménaka, comment vont-ils combattre?
Au Mali, les Russes sont à Ménaka depuis le mercredi 15 juin dans l’après-midi. Le processus est désormais bien rôdé : à mesure que les soldats français de la force Barkhane se désengagent du Nord, les supplétifs russes de l’armée malienne investissent leurs bases. Ce fut le cas à Tombouctou, à Gossi et à présent donc à Ménaka, dans le nord-est du pays, près de la frontière avec le Niger. Une base que Barkhane a quittée lundi, dans un contexte très particulier et très différent des autres zones où les combattants russes se sont déployés jusqu’ici. La région de Ménaka connaît depuis début mars une offensive ultra-violente de la branche sahélienne du groupe État islamique et, face aux jihadistes, jusqu’ici, ce sont des groupes armés locaux, signataires de l’accord de paix de 2015, qui se sont retrouvés en première ligne. La question se pose donc, pour la première fois, de l’articulation sur le terrain de ces différents acteurs. RFI

Mali : divisions autour de la nouvelle Constitution
C’est finalement une nouvelle Constitution qui devrait voir le jour dans deux mois auMali. C’est du moins ce qu’indique un décret présidentiel qui ordonne la mise en place d’une commission chargée de rédiger un avant-projet de loi portant Constitution de la République du Mali. L’idée avait déjà été émise par les participants aux assises nationales de la refondation, tenues dans le pays en décembre dernier. Selon Abdina Karembé du parti ASMA CFP, de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga, également membre du Cadre d’échanges des partis et regroupements politiques pour une transition réussie, la confusion règne. Car sans avoir, selon lui, communiqué sur ce sujet, la junte au pouvoir veut désormais non plus réviser la Constitution mais en rédiger une nouvelle. « On a l’impression que ce n’est pas une révision mais l’élaboration d’une nouvelle Constitution », déclare-t-il à la DW. « Nous avons des difficultés à comprendre cela. Il s’agit de reprendre complètement la Constitution en ignorant même le préambule de cette Constitution. Il y a vraiment beaucoup d’interrogations. Jusqu’à la date d’aujourd’hui, le Cadre d’échanges des partis et regroupements politiques pour une transition réussie, encore moins mon parti l’ASMA CFP, n’ont rien reçu », explique encore Abdina Karembé. DW

Mali: la nouvelle loi électorale devant le Conseil national de transition
L’organe législatif de la transition votera en fin de matinée ce vendredi la validation ou le rejet, très peu probable, de ce texte particulièrement attendu. Il s’agit d’une mesure phare du plan d’action du Premier ministre de transition Choguel Maïga, censée mettre un terme aux crises post-électorales qu’a pu connaître le pays. La présentation de cette nouvelle loi s’inscrit aussi dans le contexte des négociations en cours entre les autorités maliennes et la Cédéao. Le coup d’État militaire d’août 2020, mené par l’actuel président-colonel Assimi Goïta, a mis un terme au mandat de l’ancien chef de l’État IBK. Il a aussi mis un terme à plusieurs mois de vastes manifestations, après des législatives aux résultats contestés. La nouvelle loi électorale doit permettre d’éviter, à l’avenir, ce type de situation, en instituant notamment un organe unique de gestion des élections. Actuellement, et c’est une spécificité malienne, les scrutins sont gérés parallèlement par trois structures différentes, dont le ministère de l’Administration territoriale. RFI

Burkina Faso : 86 morts lors de l’attaque de Seytenga (nouveau bilan)
Selon un nouveau bilan officiel, au moins 86 personnes ont été tuées lors de l’attaque jihadiste qui s’est déroulée dans la nuit du 11 au 12 juin 2022 à Seytenga, dans le nord du Burkina Faso. Le président de la transition Paul-Henri Sandaogo Damiba s’est rendu le mercredi à Seytenga pour témoigner de la compassion de la nation aux populations, a indiqué la présidence dans un communiqué. L’attaque de Seytenga a été condamnée par la communauté internationale, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres la qualifiant dans un communiqué d’ »épouvantable », tandis que le président de la commission de l’Union Africaine Moussa Faki a évoqué un « assassinat inqualifiable et ignoble ». Depuis 2015, les attaques attribuées à des groupes jihadistes ont fait des milliers de morts et près de deux millions de déplacés au Burkina. Sahel-Intelligence

La police nigériane sauve 35 adolescentes exploitées comme esclaves sexuelles
Trente-cinq adolescentes ont été sauvées d’un hôtel du sud-est du Nigeria, où un réseau de trafiquants les forçait à se prostituer et à donner naissance à des enfants qui étaient ensuite revendus, a annoncé la police locale. Les adolescentes âgées de 14 à 17 ans ont été sauvées de l’hôtel Gally Gally dans l’Etat d’Anambra, où elles étaient « utilisées comme esclaves sexuelles pour la prostitution et la fabrication de bébé », a expliqué le porte-parole de la police locale Tochukwu Ikenga dans un communiqué publié mercredi soir. Quatre de ces adolescentes étaient enceintes, a-t-il précisé, ajoutant que des armes et de l’argent liquide avaient été retrouvés par la police. Trois hommes ont été arrêtés sur les lieux, tandis que le propriétaire de l’hôtel est en fuite, a indiqué la police. Le trafic humain, qui inclut la prostitution forcée et la vente d’enfants, est le troisième crime le plus répandu au Nigeria, derrière la corruption et le trafic de drogue, selon les Nations unies. VOA/AFP

Le recrutement forcé de soldats érythréens s’est «multiplié», selon un rapport de l’ONU
Le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation en Érythrée a présenté son rapport annuel devant le Conseil des droits de l’homme à Genève. Comme depuis la création de cette fonction en 2012, aucun progrès n’a été constaté dans ce petit pays très fermé de la Corne de l’Afrique, l’un des plus importants pourvoyeurs de réfugiés sur le continent. À cause de la guerre en Éthiopie voisine, dans laquelle l’Érythrée était impliquée, la situation « s’est nettement détériorée » pour les jeunes conscrits, écrit-il. Les rafles visant au recrutement forcé de soldats, une pratique redoutée par les Érythréens depuis des années, « se sont multipliées » pendant la guerre en Éthiopie, dit le rapporteur spécial de l’ONU Mohamed Babiker. « Ils vont de maison en maison et prennent tout le monde, ne laissant que les mères derrière eux », raconte ainsi un Érythréen récemment revenu d’Asmara. Un autre, dont la famille a été raflée dans un village, explique qu’après que « tous les hommes » ont été arrêtés, seul un vieillard de 70 ans a été libéré. Les autres, dit-il, « ont tous été envoyés au Tigré ». RFI

Madagascar: Phénomène d’enlèvement – 10 cas enregistrés par la police durant ces 15 derniers jours
Phénomène récurrent depuis ces derniers temps, la lutte contre les enlèvements de personnes est au centre des préoccupations des forces de l’ordre à l’heure. Raison pour laquelle, une  » Cellule Opérationnelle  » est instaurée au niveau de la police nationale pour s’occuper de cette affaire. Cette entité a dressé hier le bilan de ses interventions depuis le 30 mai jusqu’au 14 juin, soit durant les 15 premiers jours de ses activités. Pendant cette période et dans quelques régions, la cellule a recensé 10 cas d’enlèvement consommés dont l’âge des victimes varie de 15 à 37 ans. 13 autres étaient restés au stade de la tentative. Les cibles étaient des jeunes de 15 à 29 ans. L’analyse effectuée par les enquêteurs a montré que le problème est de constater que beaucoup surtout les jeunes ont profité de la psychose générée par ce problème perturbant la société pour commettre de bêtises. Dans ce sens, neuf personnes, enfant et adulte confondus, ont commis une fugue. Ils se sont enfuis de chez eux pour se planquer chez des amis ou des petits amis. Parlant de cette histoire d’amour, quatre cas de détournement de mineur ont été signalés. Tel était celui qui a été observé à Nanisana, dans la commune urbaine d’Antananarivo. Midi Madagasikara

La Corne de l’Afrique connait sa pire sécheresse depuis quarante ans
Plus de 18 millions de personnes se retrouvent en situation d’insécurité alimentaire aiguë après une quatrième saison des pluies sèche en Éthiopie, en Somalie et au Kenya. Plus de sept millions de têtes de bétails en ont déjà fait les frais. En Éthiopie, le Programme alimentaire mondial ne peut assister que la moitié des sept millions d’individus touchés par la sécheresse, auquel il faut ajouter les victimes de la guerre civile, comme le précise David Beasley, le directeur du PAM, en visite dans le pays : « Il y a environ 20 millions de personnes en insécurité alimentaire en Éthiopie, dont 13 millions dans le Nord. Et on compte plus de sept millions de personnes prises au piège par la sécheresse. » Le PAM demande un demi milliard de dollars pour répondre à cette crise. Car aujourd’hui, faute de moyen, il doit rationner. « Les rations de céréales, qui étaient de 15 kg par personne et par mois, ont été réduites à 12, et aujourd’hui on est obligé de les réduire à 10 », regrette Claude Jidibar est le chef de file de l’organisation en Éthiopie. RFI

La police autour du domicile de l’opposant Sonko à Dakar
La police s’est déployée vendredi à Dakar aux abords du domicile du leader de l’opposition Ousmane Sonko, qui a appelé à défier le jour même une interdiction officielle de manifester, dans un climat de tension grandissante, a indiqué son parti. L’opposition a appelé à manifester vendredi après-midi contre l’invalidation d’une liste nationale de candidats aux législatives du 31 juillet et plus largement contre le pouvoir. Cette invalidation confirmée par le Conseil constitutionnel écarte de la compétition Ousmane Sonko et certaines figures de l’opposition. Le préfet de Dakar a interdit la manifestation prévue vendredi après-midi place de la Nation en invoquant les « menaces de troubles à l’ordre public ». M. Sonko et les chefs de sa coalition ont annoncé leur intention de braver l’arrêté préfectoral et ont appelé à manifester massivement. De nombreuses voix se sont élevées pour appeler au dialogue face au risque de violences semblables aux émeutes qui, en mars 2021, avaient fait au moins une douzaine de morts dans le pays. VOA/AFP

Tanzanie : les Maasaï ont commencé à quitter le Ngorongoro
Les premières familles Maasaï ont quitté jeudi la réserve de Ngorongoro dans le cadre d’un programme dit de « relocalisation volontaire » lancé par le gouvernement tanzanien mais qualifié d' »expulsions » par les défenseurs des droits de l’homme. Les Maasaï vivent depuis un siècle dans le cratère du Ngorongoro, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO situé dans le nord de la Tanzanie. Mais les autorités estiment que leur population croissante est devenue une menace pour la faune et la flore et ont lancé un programme dit de « relocalisation volontaire », dans le cadre duquel 296 familles se seraient inscrites pour déménager dans la région de Handeni, à 600 kilomètres au sud, selon les chiffres publiés par le préfet de la région d’Arusha, John Mongella. Une vingtaine de familles sont parties jeudi, a déclaré M. Mongella, assurant qu' »il n’y a pas d’expulsion ici, toutes les personnes qui partent se sont inscrites volontairement et le gouvernement les aide ». Le programme divise les Masaï, dont beaucoup ont toujours vécu là, et suscite l’opposition des militants des droits de l’homme. AfricaNews

Maroc : le roi Mohammed VI déclaré positif au Covid, sous une forme asymptomatique
Le roi du Maroc Mohammed VI a contracté le Covid-19, sous une forme asymptomatique, a indiqué jeudi le médecin personnel du souverain dans un communiqué. Le professeur Lahcen Belyamani a prescrit « une période de repos durant quelques jours », ajoute le bref communiqué publié par l’agence de presse officielle MAP. L’état de santé du roi, âgé 58 ans, suscite un grand intérêt auprès des Marocains. Il a subi une opération au cœur à la clinique du palais royal en juin 2020, après une première intervention en février 2018 à Paris. Mohammed VI règne sur le Maroc depuis juillet 1999, date à laquelle il a succédé à son père, Hassan II. RTBF



Photo: Adam Jones