Revue de Presse du 14 janvier 2021

Après une violente campagne électorale, les Ougandais élisent leur président
Après une campagne endeuillée par plusieurs dizaines de morts, les électeurs de l’Ouganda se rendent aux urnes jeudi pour l’élection présidentielle. Ils doivent départager le président sortant Yoweri Museveni et son principal opposant Bobi Wine. Les Ougandais se rendent aux urnes jeudi 14 janvier pour une élection tendue qui oppose le président sortant Yoweri Museveni, 76 ans, dont 35 au pouvoir, à Bobi Wine, 38 ans, un chanteur de ragga et député à l’ascension politique fulgurante. La campagne électorale, particulièrement violente, émaillée d’arrestations et d’émeutes et endeuillée par plusieurs dizaines de morts, s’est achevée mardi par la suspension jusqu’à nouvel ordre des réseaux sociaux et des services de messageries dans ce pays enclavé d’Afrique de l’Est. France24

Ethiopie: au moins 80 personnes tuées lors d’une nouvelle attaque dans l’ouest
Au moins 80 personnes ont été tuées mardi en Ethiopie, lors d’une nouvelle attaque dans l’ouest du pays, une région où plusieurs massacres ont déjà eu lieu ces derniers mois, a annoncé mercredi la Commission éthiopienne des droits de l’Homme (EHRC). « Nous avons reçu des informations prouvant que plus de 80 civils ont été tués le 12 janvier près de Daletti » dans la région du Benishangul-Gumuz, a expliqué à l’AFP un porte-parole de cet organisme indépendant rattaché au gouvernement, Aaron Maasho. Le village de Daletti est situé dans la zone de Metekel, où des centaines de personnes ont péri lors d’attaques armées ces derniers mois. En décembre, l’une d’elles avait fait 207 morts. Le Premier ministre Abiy Ahmed peine à faire respecter l’ordre à Metekel et à expliquer les motivations derrière ces violences, malgré sa visite dans la région en décembre et l’installation sur place d’un poste de commandement fédéral. Il n’existe aucun lien connu entre ces violences et le conflit actuellement en cours au Tigré, une région septentrionale de l’Ethiopie où les troupes gouvernementales ont été envoyées en novembre pour déloger les autorités locales dissidentes. AFP

Burkina Faso: un militaire et onze « terroristes » tués dans le nord
Un soldat burkinabé tué et au moins onze jihadistes éliminés samedi lors d’un affrontement dans la zone de Koumbri, au nord du pays près de la frontière malienne, selon un communiqué de l’armée publié mercredi. Samedi, « une unité militaire venue en appui des VDP (Volontaires pour la défense de la patrie, supplétifs civils de l’armée) a été prise à partie par des hommes armés dans les environs de Koumbri », indique le communiqué de l’état-major des armées, en dressant le bilan hebdomadaire des opérations de sécurisation du territoire burkinabé. « Un militaire a été tué lors de l’accrochage. Six blessés ont également été enregistrés côté ami », continue le texte qui indique que « côté ennemi, 11 terroristes ont été neutralisés » et que « les opérations de ratissage se poursuivent dans la zone ». Sahel-Intelligence

Centrafrique: premières attaques rebelles aux abords de Bangui
La première attaqurebelle aux abords de la capitale centrafricaine Bangui depuis le début de l’offensive contre le président fraîchement réélu Faustin Archange Touadéra a été repoussée mercredi, faisant un mort chez les Casques bleus et au moins une dizaine parmi les assaillants. Six des principaux groupes armés qui contrôlent deux tiers de la Centrafrique depuis le début de la guerre civile il y a huit ans ont annoncé la formation en décembre d’une Coalition des patriotes pour le changement (CPC) et lancé une offensive pour empêcher la réélection de M. Touadéra. A New York, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le Conseil de sécurité, dans une déclaration unanime, ont condamné « fermement » les attaques menées par des combattants armés non identifiés. M. Guterres et le Conseil, qui a tenu une réunion à huis clos sur la Centrafrique à la demande de la France, ont aussi appelé « toutes les parties à mettre fin à la violence et à engager un dialogue constructif ». AFP

Kenya : Au moins 7 soldats tués dans un attentat à la bombe dans l’extrême sud de la Somalie
Au moins sept militaires des Forces de défense kényanes (KDF) ont été tués dans un attentat à la bombe perpétré mardi dans l’extrême sud de la Somalie. Un véhicule des KDF a sauté sur un engin explosif improvisé, entre Dhobley et Hosingow (sud de la Somalie), tuant 7 soldats kényans, selon le média somalien Garowe Online, qui a publié des photos de cet attentat non encore revendiqué. Les patrouilles des KDF qui font partie de la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM) sont en alerte maximale à l’approche de l’anniversaire de l’attaque d’El Adde, perpétrée le 15 janvier 2016, et au cours de laquelle le groupe terroriste somalien d’Al-Shabab a pris le contrôle d’une base de l’AMISOM à Al-Adde, près de Ceel Cado, dans la région de Gedo. Près d’une centaine de soldats kényans avaient été tués lors de cette attaque, rappelle-t-on. Sahel-Intelligence

Mali: trois casques bleus ivoiriens tués dans une attaque jihadiste près de Tombouctou
Trois casques bleus ivoiriens de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) ont été tués ce mercredi 13 janvier dans dans une attaque jihadiste contre leur convoi, a indiqué un responsable de la Minusma sous le couvert de l’anonymat. La mort de trois casques bleus ivoiriens dans une attaque jihadiste a été confirmée par un responsable des services de sécurité maliens. Un premier bilan donné par le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric avait auparavant fait état d’un mort et de sept blessés. L’attaque est survenue au nord de Bambara Maoudé, sur l’axe entre Douentza (centre) et Tombouctou (nord-ouest), dans une région qui est l’un des foyers de la violence polymorphe qui ensanglante le Sahel. « Au cours d’une opération de sécurité, une compagnie de la Minusma a heurté (…) des engins explosifs improvisés (IED) avant d’être la cible de tirs par des hommes armés non identifiés », a dit la Minusma dans un communiqué. RFI

Coronavirus : l’Union africaine obtient 270 millions de vaccins pour le continent
L’Union africaine (UA) a obtenu 270 millions de vaccins anti-Covid pour le continent, dont la plupart des pays n’ont pas les moyens de financer l’immunisation de leur population, a annoncé mercredi soir 13 janvier dans un communiqué l’Afrique du Sud, qui assure la présidence tournante de l’UA. Les vaccins, dont au moins 50 millions seront disponibles entre avril et juin, seront fournis par les laboratoires Pfizer-BioNTech, AstraZeneca (dont la production est en Inde) et Johnson & Johnson. « Nous avons franchi une étape supplémentaire pour obtenir des vaccins de manière indépendante en utilisant nos propres ressources limitées », a souligné le président sud-africain Cyril Ramaphosa, cité dans le communiqué. Des accords pour aider les pays africains à financer l’achat de ces vaccins ont été conclus avec la banque panafricaine Afreximbank (Africa Export-Import Bank) et la Banque mondiale. Le Monde/AFP

Covid-19: E484K, la mutation qui pose question pour les vaccins
Le variant anglais attire tous les regards, mais c’est pourtant une mutation présente sur d’autres versions du coronavirus qui inquiète les scientifiques du point de vue de la vaccination contre le Covid-19, car elle pourrait nuire à son efficacité. Appelée E484K, cette mutation est portée par des variants qui ont émergé en Afrique du Sud et, plus récemment, au Brésil et au Japon, mais pas par le variant anglais, dont l’expansion dans le monde fait les gros titres. Or, cette mutation « est la plus inquiétante de toutes » sur le plan de la réponse immunitaire, estime Ravi Gupta, professeur de microbiologie à l’Université de Cambridge, interrogé par l’AFP. AFP

Une marche pour dénoncer les tueries dans l’Est de la RDC
Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) veut organiser jeudi une marche pour dénoncer les tueries dans l’Est de la République démocratique du Congo. La Lucha, un des principaux mouvements citoyens congolais, estime que les violences et les tueries dans l’Est semblent augmenter au lieu de baisser. Le mouvement citoyen soutient que 1.206 civils ont été tués en un peu plus d’un an dans la région troublée de Beni. Leurs attaques ont aussi provoqué la mort des dizaines de militaires congolais et des membres de la Force de la mission des Nations unies au Congo (Monusco). VOA

Le parc des Virunga en RDC : un refuge pour les gorilles, mais aussi pour les criminels
Six gardes forestiers chargés de protéger des gorilles en voie d’extinction ont été tués le 10 janvier dans le plus vieux parc national d’Afrique, situé dans l’est de la République démocratique du Congo. Si cette zone recèle des merveilles, elle est aussi dangereuse et disputée par de nombreuses milices. En République démocratique du Congo (RDC), le parc national des Virunga est connu pour abriter des gorilles des montagnes, une espèce rare et menacée. Or ce sont précisément ceux qui veillent à leur préservation qui ont été pris pour cibles, le dimanche 10 janvier. Alors qu’ils étaient en patrouille, six écogardes ont été tués et un autre a été grièvement blessé, rapporte Actualité CD. Courrier International

« Le régime tunisien est un modèle pionnier, unique en son genre dans les pays arabes »
Dix ans se sont écoulés depuis l’incident de Sidi Bouzid. Souvenez-vous : le 17 décembre 2010, un jeune homme s’immolait [par le feu], désespéré par sa situation économique. Par ce geste, il protestait contre la police et ses humiliations incessantes. Il s’appelait Tariq Al-Tayeb Mohamed Bouazizi. Il était tunisien, il n’était ni un chef de parti, ni un dirigeant révolutionnaire, ni même un syndicaliste rebelle. Il consacrait l’essentiel de son temps à vendre des légumes pour subvenir aux besoins de sa famille. Pauvre parmi les pauvres, Mohamed Bouazizi n’avait nulle intention de prendre part à une quelconque révolution. Il aspirait simplement à avoir une vie décente loin de toutes formes de terreur et d’humiliations. C’est pourtant son acte désespéré qui a déclenché les « printemps arabes ». Le Monde

Des centaines de millions de chrétiens persécutés dans le monde
Plus de 340 millions de chrétiens ont été « fortement persécutés » dans le monde en 2020, un phénomène en constante augmentation et qui a de plus été exacerbé par la pandémie, selon un rapport de l’ONG Portes ouvertes publié mercredi. « Les minorités chrétiennes persécutées ont dû faire face à des violences sans précédent et une plus grande discrimination. La Covid-19 a amplifié les tendances que nous voyons émerger depuis plusieurs années », écrit l’ONG protestante en présentant son index annuel des 50 pays où les chrétiens sont le plus ciblés. Au total, 340 millions de chrétiens – catholiques, orthodoxes, protestants, baptistes, évangéliques, pentecôtistes… – ont été « fortement persécutés », contre 260 millions en 2019, note l’ONG, qui recense toutes les atteintes, de l' »oppression quotidienne discrète » aux « violences les plus extrêmes ». VOA

Le plan audacieux pour sauver la plus grande forêt d’Afrique
Le bassin du Congo contient la deuxième plus grande forêt tropicale du monde, cruciale pour la régulation du climat mondial. À l’intérieur de ce bassin, un plan visant à stopper le déclin de la forêt porte ses fruits. D’une légère traction de la main gauche, Patrick Wasa-Nziabo détache des dizaines de grains d’un épi séché au soleil et les dépose dans un grand seau en plastique rempli de maïs jaune citron. Entouré d’une troupe de jeunes enfants excités, le jeune homme de 31 ans trie la récolte abondante de maïs cultivé sur une parcelle de terre fertile située à moins d’une demi-heure de marche de son village, Nkala, au cœur de la forêt tropicale humide de la République démocratique du Congo. BBC



Photo: Adam Jones