Revue de Presse du 13 juin 2022

Burkina Faso : une attaque terroriste endeuille Seytenga
Au Burkina Faso, la ville de Seytenga, dans le nord a été attaquée dans la nuit de samedi à dimanche par des hommes armés non identifiés. Le porte-parole du gouvernement a qualifié l’attaque d’acte ignoble qui a entraîné un déplacement des populations vers la ville de Dori. Aucun bilan officiel n’est pour le moment disponible, mais plusieurs sources parlent de dizaines de morts. Des unités d’intervention ont été déployées dans la zone, selon le porte-parole du gouvernement. Jeudi dernier, Seytenga avait déjà été endeuillée par une attaque djihadiste qui avait tué onze gendarmes. Dans le même temps, une autre attaque a coûté la vie à six personnes. Elle a été perpétrée par des terroristes à Boulounga et le site d’orpaillage de Alga dans une localité située dans la province du Bam dans le nord du Burkina. Le pays est victime depuis 2015 des exactions de groupes terroristes. AfricaNews

Une « attaque terroriste » fait au moins 5 morts au Mali
Au moins cinq personnes dont des douaniers et des civils ont été tuées samedi dans le sud-est du Mali, lors d’une « attaque terroriste » contre un poste des douanes, ont affirmé à l’AFP une source militaire et un élu local. « Une attaque terroriste a causé la mort de sept civils et douaniers au poste de contrôle de Koutiala », a indiqué à l’AFP la source militaire. Mais un élu local a donné un bilan légèrement différent: « Il y a eu aujourd’hui une attaque terroriste à un poste de sécurité près de Koutiala. Au moins cinq douaniers et civils ont été tués », a-t-il dit à l’AFP. La source militaire et l’élu local n’ont pas donné le nombre précis de douaniers et de civils tués dans cette attaque. « Les ennemis ont subi aussi des pertes. La situation est sous contrôle actuellement », a affirmé la source militaire. L’armée malienne effectuait samedi un ratissage dans la zone de Koutiala, près de la frontière avec le Burkina Faso, un pays théâtre de violences attribuées à des jihadistes. Le Mali est le théâtre depuis 2012 d’attaques menées par des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique, ainsi que de violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d’autodéfense et des bandits. AFP

Mali: le Conseil de sécurité de l’ONU examine le renouvellement du mandat de la Minusma
Le mandat de la Minusma, la mission onusienne de maintien de la paix au Mali, expire à la fin du mois (le 30 juin). La question de son renouvellement sera débattue puis soumise au vote du Conseil de sécurité des Nations unies ce lundi 13 juin 2022. La Minusma est présente dans le pays depuis 2013, elle compte actuellement près de 15 000 casques bleus et policiers, mais les relations avec Bamako se sont dégradées au cours des derniers mois. Du côté malien comme du côté onusien, le renouvellement du mandat de la Minusma est souhaité. Toutes les déclarations officielles vont en ce sens. Dans les faits, c’est un peu plus compliqué. Les cadres de la Minusma s’inquiètent de la considérable restriction du champ d’action de la mission. Une vaste zone d’exclusion aérienne est imposée par Bamako depuis la mi-janvier dans le centre du pays. D’une manière générale, les exigences pour obtenir des autorisations de vol sont de plus en plus pénalisantes, plusieurs contingents ouest-africains de casques bleus se sont d’ailleurs retrouvés bloqués au Mali, en fin de mission, alors qu’ils devaient rentrer chez eux. RFI

Nord-Kivu : Bunagana est passé sous contrôle du M23
La cité de Bunagana, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu) est passée, depuis ce lundi matin 13 juin, sous contrôle du M23. Les Forces armées de la RDC (FARDC) se seraient retirées ce matin sans combat de Bunagana, cité frontalière de l’Ouganda, rapportent des sources locales et militaires. Elles ajoutent que les forces loyalistes ont traversé en Ouganda avec tout leur armement. Mais les FARDC n’ont pas encore confirmé ce retrait. Son porte-parole, le lieutenant-colonel Njike Kaiko, affirmait ce lundi matin que l’armée maintient ses positions. Cependant, d’autres sources militaires crédibles à Rutshuru, indiquent que les FARDC auraient reçu l’ordre de se retirer de Bunagana. Cette situation selon certaines sources a accrue la panique des populations qui ont fui la cité. Le même mouvement des populations a aussi été signalé vers Tshengerero et Kabindi, à l’ouest de Bunagana. Ces populations ont pris le chemin vers Rutshuru-centre. Ce même lundi, d’autres combats ont été signalés autour de 8 heures locales, vers Bikenge, entre les groupements Jomba et Kisigari. Par ailleurs, une concentration des combattants présumés du M23 est signalée dans le territoire de Nyiragongo, vers la frontière avec le Rwanda. Radio Okapi

Démission au sein de l’Autorité électorale en solidarité avec les juges tunisiens
Un juge membre de l’Autorité électorale en Tunisie a démissionné lundi en solidarité avec des magistrats en grève contre la révocation de 57 de leurs confrères par le président Kais Saied. Habib Rebii, nommé le 9 mai par le président Saied comme membre de l’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (Isie), a annoncé sa démission sur sa page Facebook. « J’ai présenté ma démission de l’Isie en soutien à mes confrères juges et pour réclamer une loi fondamentale de la magistrature conforme aux standards internationaux », a-t-il écrit. Sa démission survient six semaines avant un référendum prévu le 25 juillet sur une nouvelle Constitution voulue par M. Saied, qui s’est arrogé les pleins pouvoirs il y a onze mois. M. Rebii, juge administratif, avait été désigné comme membre de l’Isie après que le président Saied s’est octroyé le 22 avril le droit d’en nommer le chef et trois de ses sept membres. Les magistrats tunisiens ont entamé le 6 juin une grève, entrée lundi dans sa deuxième semaine, pour protester contre la révocation de leurs confrères. Le président a révoqué les 57 magistrats le 1er juin en les accusant de corruption et entrave à des enquêtes, après avoir renforcé sa tutelle sur le système judiciaire. AFP

En Tunisie, un journaliste en garde à vue après des déclarations sur l’armée
Un journaliste tunisien a été placé en garde à vue par la justice militaire qui a ouvert une enquête après ses déclarations sur l’armée tunisienne à une télévision arabe, a indiqué, dimanche 12 juin, à l’AFP son avocat, Samir Ben Amor. Le parquet militaire a ouvert une information judiciaire contre Salah Attia, journaliste dans un quotidien local, à la suite de propos tenus vendredi sur la chaîne qatarie Al-Jazeera, a précisé Ben Amor. Le journaliste y a affirmé notamment que le président Kaïs Saïed avait « demandé officiellement à la force militaire d’intervenir contre l’Union générale tunisienne du travail », la puissante centrale syndicale UGTT, et d’encercler ses locaux avant une grève générale prévue le 16 juin. Selon ce journaliste, qui s’oppose au coup de force de M. Saïed du 25 juillet 2021, l’armée aurait informé l’UGTT de son refus face à cette demande du président. « On dirait que nous sommes dans les derniers jours du régime de Ben Ali », a encore dit le journaliste sur Al-Jazeera pour décrire la situation en Tunisie. Le Monde

Soudan: des discussions de paix entre civils et militaires reportées sine die
Au Soudan, un nouveau cycle de discussions entre militaires et civils devait se tenir dimanche pour tenter de mettre un terme à l’impasse politique. Mais ces pourparlers ont été reportés sine die. Pour l’analyste Roland Marchal, l’absence de confiance entre parties prenantes des discussions mine toute discussion. Au Soudan, un nouveau cycle de discussions entre militaires et civils devaient se tenir hier, dimanche 12 juin, sous l’égide de l’ONU, de l’UA et de l’IGAD, pour tenter de mettre un terme à l’impasse politique. Mais ces pourparlers ont été reportés sine die après la défection d’un important bloc civil, représenté par les Forces de la liberté et du changement (FLC), fer de lance de la révolte contre Omar el-Béchir. « La médiation tripartite, c’est-à-dire IGAD, l’organisation régionale, l’UA et les Nations unies ont voulu mettre autour de la table toutes les forces civiles et les forces militaires », nous explique Roland Marchal, chercheur au CNRS, basé à Sciences Po Paris, joint au téléphone par Pierre Firtion de la rédaction Afrique. RFI

Soudan : plus de 15.000 moutons meurent noyés après le naufrage d’un navire
Plus de 15.000 moutons sont morts noyés dimanche dans le port soudanais de Suakin en mer Rouge après le naufrage du navire les transportant, ont indiqué des responsables locaux. Selon Saleh Selim, responsable du département en charge du bétail de la chambre des exportateurs soudanais, les moutons avaient été chargés au port de Suakin, un carrefour commercial pour de nombreux pays africains situé à près de 800 km au nord-est de Khartoum. Très tôt dimanche, le Badr 1, dont la destination était l’Arabie saoudite, a fait naufrage au port « alors qu’il transportait 15.800 moutons (…) bien au-delà de sa charge maximale », a affirmé un responsable local qui a requis l’anonymat. Un autre responsable du port a affirmé, également sous couvert de l’anonymat, que l’équipage était sain et sauf. Le navire pouvait transporter jusqu’à 9000 animaux mais des modifications avaient été apportées pour augmenter cette charge maximale, a-t-il ajouté sans préciser lesquelles. Il a ajouté craindre « un impact environnemental après la mort par noyade de milliers d’animaux » ainsi qu’une perturbation des activités du port. RTBF

Armée sahraouie – Nouvelles attaques contre les forces d’occupation marocaines dans le secteur d’Amgala
Des unités de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) ont mené samedi de nouvelles attaques contre les retranchements des forces d’occupation marocaines dans le secteur d’Amgala, a indiqué le ministère sahraoui de la Défense dans son communiqué N 556. Selon le communiqué rapporté par l’Agence de presse sahraouie (SPS), « des unités de l’APLS ont ciblé les retranchements des soldats de l’occupant marocain dans les régions d’Amekli Edechar et Amekli Atechtar dans le secteur d’Amgala ». Vendredi, « des unités de l’APLS ont ciblé les retranchements des soldats de l’occupant marocain dans les régions du nord du Dirt, Fedret Etemet, Fedret Aziza, Fedret Abrouk dans le secteur de Houza ». L’armée sahraouie avait ciblé vendredi également « les régions de Rous Essebti, d’Aoudi Oum Erekba, dans le secteur de Mahbes », et les régions Akrara Echdida et Rous Aoudiyet Echdida dans le secteur de Forssiya », a ajouté la même source. Les attaques de l’Armée sahraouie se poursuivent contre les forces d’occupation marocaines qui « ont subi de lourdes pertes humaines et matérielles le long du mur de la honte », a conclu le communiqué. APS

Sénégal : tensions entre le gouvernement et l’opposition à l’approche des élections législatives
Les partisans de Yewwi Askan Wi, la coalition de l’opposition au Sénégal, a manifesté, mercredi, contre la décision du Conseil constitutionnel de rejeter la liste sur laquelle figurent Ousmane Sonko, le principal opposant au gouvernement de Macky Sall et d’autres personnalités, pour les élections législatives prévues le 31 juillet. À l’approche des élections législatives qui auront lieu le 31 juillet prochain, les tensions s’accumulent entre les deux camps : d’un côté, l’actuel président du Sénégal et de l’Union Africaine, Macky Sall, et de l’autre, le leader de l’opposition, Ousmane Sonko. Les élections législatives visent à renouveler, pour cinq ans, les 165 députés de l’Assemblée nationale, largement dominée par la coalition présidentielle. Alors que le préfet de Dakar avait initialement interdit l’organisation d’une manifestation le 3 juin, ce dernier est revenu sur sa décision permettant à des milliers de Sénégalais de descendre dans les rues mercredi 8 juin. Peu avant, ce dernier avait rejeté la liste nationale de l’opposition pour les prochaines législatives et plus généralement contre le pouvoir. France24

Affrontements entre groupes armés à Tripoli
Aucun bilan n’est disponible pour le moment et on ignore le motif de ces affrontements. De violents affrontements entre groupes armés ont éclaté dans la nuit de vendredi à samedi dans la capitale libyenne Tripoli (ouest), sur fond de crise politique majeure dans ce pays plongé dans le chaos depuis plus d’une décennie. Des échanges de tirs nourris et des déflagrations ont retenti dans plusieurs quartiers de Tripoli, a constaté un journaliste de l’AFP, alors que des images diffusées par la presse locale montraient des civils en panique pris au milieu des tirs dans une zone très fréquentée de la capitale. Les combats, d’une grande intensité, ont opposé deux influentes milices de l’Ouest libyen, selon des médias locaux. Aucun bilan n’était disponible dans l’immédiat et on ignore le motif de ces affrontements, qui demeurent symptomatiques du chaos auquel la Libye est en proie depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, mais aussi des tensions en cours entre groupes armés de la Tripolitaine. VOA

La Lettonie courtise le pétrole égyptien
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, a reçu dimanche, son homologue de la Lettonie, Edgar Rinkevich, au Caire. Les deux ministres ont dans une déclaration conjointe, présenté les sujets qui ont dominé leurs échanges. Il a été question, de sécurité alimentaire et de coopération énergétique alors que l’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement dans le sillage de la crise entre l’Ukraine et la Russie. « Je voudrais souligner que nous voyons un nouveau secteur très important – c’est la coopération énergétique – surtout si l’on tient compte du fait que maintenant l’UE diversifie ses approvisionnements en pétrole et en gaz depuis la Russie et cherche de nouvelles voies alternatives et je pense que c’est là que l’Égypte peut et va jouer un rôle très important  » explique Edgar Rinkevich. Dans la foulée, le chef de la diplomatie égyptienne est revenu sur l’impasse politique en Libye. Des affrontements entre groupes armés ont repris la semaine dernière. Dans ce chaos politico-institutionnel, la situation sécuritaire dans le pays nord-africain demeure très précaire, Sameh Shoukry, préconise une solution libyenne. AfricaNews

L’opposition tanzanienne appelle ses membres en exil à revenir au pays
Le principal parti d’opposition en Tanzanie a appelé ses membres en exil à revenir au pays après que le gouvernement a affirmé que leur sécurité n’était pas menacée, dans un nouveau signal d’ouverture politique dans ce pays d’Afrique de l’Est. « En tant que parti politique, nous appelons nos membres à revenir après que le gouvernement (nous) a assuré la sécurité », a déclaré le secrétaire général de Chadema, John Mnyika, dans une déclaration postée jeudi sur Twitter. « Nous communiquerons avec nos membres et dirigeants comme le vice-président Tundu Lissu, Godbless Lema, Ezekiel Wenje (deux anciens députés, ndlr) à leur retour mais pour l’instant, nous les accueillons chez eux », a-t-il ajouté. Cet appel intervient deux jours jours après que le ministre des Affaires intérieures Hamad Masauni a déclaré devant le Parlement que « la Tanzanie est (un pays) sûr et (que) les personnes parties à l’étranger pour des raisons de sécurité devraient revenir afin que nous construisions notre nation ensemble ». VOA

La Côte d’Ivoire, plaque tournante du trafic de cocaïne en Afrique de l’Ouest ?
Des Colombiens, des Espagnols, des Italiens, des Nigérians et des Ivoiriens, ont été arrêtés ces derniers jours à Abidjan et à San Pedro, la ville portuaire située dans le sud-ouest du pays, pour une affaire de trafic d’un peu plus de deux tonnes de cocaïne. Parmi les personnes arrêtées, figurent un haut responsable de la police criminelle, des hommes d’affaires exerçant dans le milieu de la pâtisserie et de la boulangerie, du bâtiment, de l’hôtellerie et de la sécurité privée. Toutes ces entreprises seraient des sociétés écrans qui serviraient au blanchiment de l’argent provenant du trafic de drogue. Le journaliste André Silver Konan trouve la situation inquiétante. … Cette dernière saisie de cocaïne est certes la plus importante mais elle n’est pas la première. Ces dix dernières années, les autorités policières ont réalisé plusieurs saisies aux frontières ou dans des villas à Abidjan. Samba David, défenseur des droits civiques et coordonnateur de la Coalition des indignés de Côte d’Ivoire, dit ne pas être surpris par la circulation de la cocaïne dans son pays. « Je ne suis pas surpris parce que là où la corruption bat son plein et que des hommes d’affaires deviennent intouchables et sont au-dessus des lois, protégés dans leurs sales besognes par des autorités, on ne pouvait que voir la montée en puissance de la drogue », affirme-t-il. DW



Photo: Adam Jones