Revue de Presse du 13 août 2019

Ebola : un traitement efficace à 90% testé en RDC

Quatre médicaments ont été testés sur des patients en République démocratique du Congo, un pays d’Afrique centrale touché par une épidémie majeure d’Ebola. Plus de 90 % des personnes infectées peuvent survivre si elles sont traitées rapidement avec les médicaments les plus efficaces, selon la recherche. Les médicaments seront désormais utilisés pour traiter tous les patients atteints de la maladie en RDC, selon les autorités sanitaires. … Toutefois, les tentatives visant à contenir la dernière épidémie s’avèrent difficiles. En particulier, la violence des milices et la suspicion à l’égard de l’assistance médicale étrangère ont entravé les efforts. Plus tôt ce mois-ci, trois médecins congolais ont été arrêtés en RDC pour le meurtre d’un médecin de l’OMS. Environ 200 établissements de santé ont été attaqués dans le pays cette année, ce qui a perturbé les vaccinations et les traitements. Il y a eu aussi un cas où des membres d’une famille avaient agressé des agents de santé qui supervisaient l’inhumation de leur parent. BBC

Plus de cinq ans après l’intervention française, la situation au Mali ne cesse de se détériorer. Créées ou encouragées par l’État, les milices se retournent contre lui et affaiblissent le peu d’autorité qui lui reste. … Les tueries de civils se sont multipliées ces derniers mois dans le centre du Mali. À chaque fois, ce sont les mêmes récits qui reviennent : des hommes armés venus en 4×4 ou en moto encerclent le village, tirent sur tout ce qui bouge, y compris les animaux, puis mettent le feu aux habitations et aux greniers, avant de retourner chez eux. Parfois, ce sont des Dogons qui tuent des Peuls ; d’autres fois, des Peuls qui tuent des Dogons. Et il en est ainsi depuis plus d’un an et demi. Selon le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), les attaques contre des villages ont, dans cette région, fait plus de 600 morts entre mars 2018 et mars 2019, et provoqué le déplacement de plus de 66 000 personnes. Dans les cercles de Koro et de Bandiagara, des villages dogons et peuls ont été vidés de leurs habitants en raison de l’insécurité. Orient XXI

Guinée: le milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz va être jugé à Genève

Ce roi du diamant avait acquis en 2008 des permis miniers dans la réserve de fer inexploitée de la région de Simandou, en Guinée. C’est dans ce cadre qu’il est accusé avec deux autres prévenus de « corruption d’agent public ». Six ans après l’ouverture de la procédure, le ministère public suisse a retenu deux infractions contre l’homme d’affaires franco-israélien Beny Steinmetz et deux de ses collaborateurs : « corruption d’agent public étranger » et « faux dans les titres ». Dans l’acte d’accusation déposé par le procureur en charge du dossier, les trois prévenus sont accusés d’avoir, entre 2005 et 2010, « versé ou fait verser des pots-de-vin à l’une des épouses de Lansana Conté », l’ancien président guinéen. Objectif : permettre à la firme Beny Steinmetz Group Resources (BSGR), appartenant au milliardaire franco-israélien, d’obtenir des licences dans la mine de fer de la région de Simandou, dans le sud-est du pays. Selon le parquet, les pots-de-vin versés s’élèveraient à environ dix millions de dollars. Des sommes qui auraient permis d’évincer le groupe minier rival britannique Rio Tinto. Ces commissions illégales auraient transité par des comptes suisses, où était domicilié le roi du diamant, sous couvert de faux contrats et de fausses factures. RFI

Les migrants dans la nasse de la guerre en Libye

À peine arrachée de la part des belligérants libyens, la trêve humanitaire de 48 heures pour les festivités de l’Aïd-El-Adha (fête du sacrifice) a volé en éclats le 11 août, compromettant la première étape de « l’initiative pour la désescalade du conflit » fraîchement élaborée par le représentant spécial de l’ONU en Libye Ghassan Salamé.Des tirs de roquette ont visé l’aéroport de Mitiga, le dernier opérationnel à Tripoli. Les forces liées au gouvernement dit d’union nationale qui contrôlent la zone ont d’emblée accusé l’armée du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, d’avoir violé la trêve. Face à l’escalade militaire, Ghassan Salamé s’était alarmé de « l’impasse stratégique » du conflit, le 29 juillet, devant le Conseil de sécurité de l’ONU. La Croix

Les forces du maréchal Haftar sont entrées dans Morzouk, au sud de la Libye

Alors que la trêve était partiellement dimanche à Tripoli suite à l’appel de l’ONU pour la fête d’al-Adha, l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar a mené une nouvelle opération dans le Sud, à Morzouk, ville en proie à la violence depuis deux semaines. … Dimanche matin, alors que la prière de l’Aïd al-Adha se faisait entendre dans l’oasis, l’ANL, avec des forces venues du Sud, avait fini de faire son entrée dans certains quartiers de la ville. Mais des combats ont à nouveau éclaté dimanche entre d’un côté, l’ANL et des fidèles locaux, de l’autre, des groupes armés soutenus par des Toubous locaux. Selon Khaled al-Mahjoub, un général de l’ANL, il s’agit de « membres de l’organisation État islamique, du Conseil de la Choura de Benghazi et de mercenaires tchadiens ». Ce général affirme que des nombreux terroristes ont fui Morzouk. RFI

Sahara : le polisario est un groupe marxiste lié au terrorisme regional

A l’heure où la communauté internationale s’active pour éteindre les foyers de tensions et rétablir la paix et la sécurité, le Polisario continue de poser une sérieuse menace à la stabilité en Afrique du nord et dans le Sahel. Le Polisario est un groupe marxiste lié au terrorisme régional, relève ainsi « The Wall Street Journal » dans sa livraison de dimanche. Dans un témoignage vidéo accompagnant un article sur la question du Sahara, le journaliste Dion Nissenbaum revient sur la genèse de ce mouvement séparatiste d’obédience marxiste ainsi que sur les menaces que pose le non règlement de la question du Sahara pour la paix et la stabilité. La situation sécuritaire dans la région rend le conflit une urgence à régler, rappelle à cet effet le quotidien américain. Sahel Intelligence

Crimes commis sous Jammeh en Gambie, Fatou Bensouda interpellée

Certaines sont allées jusqu’à interpeler la procureure générale de la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda, qui au moment de leur arrestation était ministre de la Justice ou encore procureure dans son pays. La Commission vérité, réconciliation et réparations a été créée pour rendre compte des violations graves des droits de l’homme perpétrées sous le régime de Yahya Jammeh, entre juillet 1994 et janvier 2017. Elle continue ses auditions. Des anciens hommes de main de Yahya Jammeh, surnommés les « junglers », ont aussi été entendus. Certains n’ont pas hésité à avouer avoir participé à des assassinats. Pour Fatou Diagne Senghor, directrice régionale de l’organisation de défense des droits de l’homme « Article19 », le passage des junglers (les hommes à tout faire de Yahya Jammeh) a été le fait marquant non seulement pour la Commission mais aussi l’avenir du pays. DW

La plus grande réserve naturelle d’Afrique menacée par l’exploitation pétrolière

Une partie de la réserve naturelle de Termit et Tin-Toumma, située dans le nord-est du Niger, va être déclassifiée pour permettre le développement d’un projet pétrolier chinois. La pétition lancée par l’ONG nigérienne Jeunes volontaires pour l’environnement (JVE) mercredi 7 août a déjà recueilli 40 000 signatures. Sa demande est simple : préserver la réserve naturelle de Termit et Tin-Toumma, située dans le nord-est du Niger, dans le Sahara. Fin juin, le gouvernement nigérien a pris la décision de déplacer la frontière de la réserve pour respecter le contrat passé il y a dix ans avec la société chinoise China National Petroleum Corporation (CNPC). Le texte estime que le projet d’exploitation pétrolière est une menace pour l’environnement. RFI

Nigeria : le dirigeant chiite emprisonné Zakzaky part en Inde pour des soins

Le dirigeant emprisonné depuis 2015 de la minorité chiite du Nigeria Ibrahim Zakzaky est parti lundi avec sa femme pour être soigné en Inde, à la suite d’une autorisation de la justice, ont indiqué ses proches. « Le chef du Mouvement islamique du Nigeria, Ibrahim Zakzaky et sa femme viennent de quitter le Nigeria pour l’Inde en compagnie de membres de leur famille », précisent ses proches dans un communiqué. Deux de ses avocats ont confirmé le départ depuis Abuja d’Ibrahim Zakzaky sur un vol de la compagnie Emirates. Il avait été autorisé le 5 août par la justice à se rendre sous caution en Inde pour se faire soigner, une mesure susceptible de faire baisser la tension après des mois de manifestations parfois sanglantes pour réclamer sa libération. Ibrahim Zakzaky, fondateur du Mouvement islamique du Nigeria (MIN), était détenu avec son épouse Zeenah Ibrahim depuis leur arrestation en décembre 2015 après la répression d’une manifestation qui avait fait plusieurs centaines de morts. AFP

Cameroun : Paul Biya, les sept vies du Sphinx

Depuis trente-sept ans, Paul Biya exerce le pouvoir sans rien dévoiler de lui-même. Pour le percer à jour, il faut remonter le fil d’une existence marquée par les coups de théâtre. … Depuis son accession au pouvoir, en 1982, tout a été tenté pour comprendre le président: psychologie, mysticisme, voire astrologie. Mais Paul Biya a su avancer masqué, s’efforçant, comme le confie un proche, « d’observer sans être observé ». Dans le brouillard qu’il se plaît à entretenir, il a entamé, en octobre 2018, son septième mandat. Après une élection contestée et en pleine crise anglophone qui ébranle son pays comme rarement il l’a été dans son histoire. Jeune Afrique

Congo-Brazzaville: Les ex-Ninjas toujours en stand-by dans le Pool

Au Congo-Brazzaville, les ex-combattants Ninjas attendent toujours leur réinsertion socio-économique, malgré la signature de l’accord de paix en décembre 2018. Ils sont des centaines à languir dans les villages, faute d’activités lucratives. Les ex-Ninjas appellent les autorités à accélérer le processus de leur prise en charge. Désarmés et cheveux rasés, on reconnaît désormais ces ex-combattants Ninjas par des petits groupes qu’ils forment dans les villages, ou par les motos dites « Jakarta » que de rares ex-miliciens fortunés utilisent pour se déplacer. Ils vivent, pour la plupart, dans une grande misère. VOA

Congo-Brazzaville: découverte du premier gisement onshore de pétrole
Deux sociétés d’exploration pétrolière, propriétés d’un richissime homme d’affaires congolais proche du pouvoir, ont annoncé ce week-end la découverte du premier gisement pétrolier onshore, au nord du Congo. Un gisement qui pourrait faire quasiment quadrupler la production du pays. Le gisement pétrolier porte le nom de « Delta de la Cuvette ». Il s’étend sur une superficie de 9 392 mètres carrés. Il dispose de quatre puits. Le premier est en perforation depuis mars dernier, selon Albert Boukoulou Matondo, ingénieur forage sénior de ce gisement. « On a trouvé de l’huile. Quand on dit de l’huile, c’est du pétrole. On a des outils sur le site qui permettent d’observer et de dire qu’il s’agit bien du pétrole. Je peux confirmer aujourd’hui qu’on a traversé des zones réservoir imprégnées avec des hydrocarbures », assure-t-il. RFI

RDC: Lutte contre le paludisme : l’artemisia, aux racines de la controverse

Le chercheur congolais Jérôme Munyangi affirme avoir été « persécuté » en RDC pour avoir fait la promotion de l’artemisia comme traitement contre le paludisme. Au-delà des déboires du jeune homme dans son pays, c’est la violence de la controverse autour de cette plante qui resurgit à nouveau. « La presse présente toujours cette histoire comme David contre Goliath. Mais ce n’est pas ce dont il est question ici », clarifie d’emblée Jérôme Munyangi, entre deux gorgées d’un café qu’il déguste sereinement attablé dans un établissement parisien, en cet après-midi du 17 juillet. Arrivé un mois plus tôt dans la capitale française dans des circonstances rocambolesques, le chercheur congolais de 35 ans a entamé une procédure de demande d’asile auprès des autorités françaises. Il se dit « persécuté » dans son pays en raison de sa promotion de l’artemisia – une plante – comme traitement alternatif contre le paludisme. Jeune Afrique

Présidentielle en Tunisie : radiographie du phénomène Abdelkrim Zbidi

Peu attiré par la politique, Abdelkrim Zbidi a été deux fois ministre de la Défense. Comment cet homme calme et discret est-il, contre toute attente, devenu une vedette médiatique après la mort de Béji Caïd Essebsi, allant jusqu’à briguer la présidence ? C’est un homme réservé, sobre, que l’on pourrait croiser sans le reconnaître. Et pourtant… La formation Afek Tounes vient de lancer une campagne de collecte de parrainages en sa faveur pour la présidentielle. Nidaa Tounes le soutient. Le président d’Ennah­dha, Rached Ghannouchi, qui appuie le chef du gouvernement, Youssef Chahed, le qualifie de « patriote qui a servi le pays ». Jeune Afrique

Russie-Afrique : qui sont les maîtres-d’œuvre du sommet de Sotchi ?

Du 22 au 24 octobre, Sotchi accueillera le tout premier sommet Russie-Afrique. Diplomates, organisateurs ou encore têtes pensantes : Jeune Afrique a dressé le portrait de ceux qui sont aux commandes de ce grand raout diplomatique. … Jeune Afrique

Achille Mbembe : « L’Afrique, laboratoire vivant où s’esquissent les figures du monde à venir »

Pour le philosophe et historien camerounais, c’est sur le continent africain, « épicentre de transformations rapides et d’une ampleur inédite », que se poseront avec le plus d’urgence les questions du devenir de la planète. A 61 ans, Achille Mbembe est l’une des figures intellectuelles africaines les plus reconnues. Ce grand lecteur de Frantz Fanon prédit un « devenir nègre du monde » (Critique de la raison nègre, La Découverte, 2013) : selon lui, le processus qui, lors de la traite négrière transatlantique, a fait des Africains des « Nègres« , c’est-à-dire des objets meubles, des corps jetables, touche désormais toute l’humanité. L’Afrique a été, et reste, le laboratoire d’une mondialisation sans merci. Mais, elle peut être, gage-t-il, le lieu où une « Afrique-monde », créole, « afropolitaine », s’invente et où s’expérimente une nouvelle manière d’habiter la Terre, respectueuse du vivant. La planétarisation de l’Afrique – qui représentera plus d’un quart de la population mondiale d’ici à 2050 – ne saurait se développer sans une africanisation du monde, rappelle ce spécialiste de la postcolonie. Le Monde



Photo: Adam Jones