Revue de Presse du 12 novembre 2021

Soudan: le général Burhan annonce un nouveau Conseil de souveraineté sans les pro-civils
Le général Abdel Fattah al-Burhan, auteur du putsch du 25 octobre, a nommé ce jeudi 11 novembre un nouveau Conseil de souveraineté. Plusieurs personnalités qui réclamaient un transfert rapide du pouvoir aux civils ont été écartées de sa composition. Le général Abdel Fattah al-Burhan a beau avoir répété depuis le coup d’État qu’il n’avait pas l’intention de s’accrocher au pouvoir, le geste qu’il a posé semble le contredire. C’est en tout cas ainsi que cette annonce a été reçue à Khartoum. Sans surprise, il conserve la présidence de ce nouveau Conseil de souveraineté. Le numéro 2 reste également inchangé : il s’agit toujours du général Mohammed Hamdan Dogolo, dit « Hemedti », le puissant chef paramilitaire dont les Forces de soutien rapide ont été accusées d’exactions lors de la révolte ayant abouti à la chute d’Omar el-Béchir et participent activement à la répression à l’œuvre depuis le 25 octobre. Sur les quatorze personnalités que compte ce conseil, seuls treize noms ont été annoncés. La personnalité censée représenter l’est du pays n’a pas été désignée. … L’annonce de ce nouveau conseil de souveraineté a été accueillie avec scepticisme à Khartoum. « Les décisions d’al-Burhan ne s’appliquent qu’à lui-même » et il n’a pas de « légitimité » a réagi l’association des professionnels soudanais. « C’est une fuite en avant » a commenté sur Facebook, Hamza Baloul, ministre de l’information dans le gouvernement dissous dans la foulée du coup d’État. RFI

A Paris, la communauté internationale au chevet d’une réconciliation libyenne à la peine
« Rendre le processus électoral incontestable et irréversible. » Tel est l’objectif, indique-t-on à l’Elysée, de la conférence internationale sur la Libye que Paris doit accueillir, vendredi 12 novembre, à l’heure où montent les inquiétudes sur la possibilité d’organiser le double scrutin présidentiel et législatif − initialement prévu le 24 décembre − dans ce pays à la convalescence fragile. Coprésidée par la France, l’Allemagne, l’Italie, les Nations unies et la Libye, la rencontre de Paris va tenter de redonner un peu de souffle à un processus de réconciliation à la peine plus d’un an après la signature d’un cessez-le-feu entre les deux camps qui s’étaient affrontés lors de la « bataille de Tripoli » (avril 2019-juin 2020). La mise en place en mars d’un gouvernement d’union nationale (GUN) dirigé par Abdelhamid Dbeibah, qui a su intégrer dans son équipe des représentants des deux blocs rivaux de l’Est et de l’Ouest libyens, avait semblé de bon augure. Il restait toutefois à relever deux défis afin de consolider cette normalisation balbutiante : la tenue effective du double scrutin du 24 décembre proposé par les Nations unies et auquel les différents protagonistes avaient donné leur accord de principe ; et le départ de forces étrangères – régulières ou « mercenaires » − issues de la « bataille de Tripoli » et dont le maintien hypothèque la souveraineté libyenne. La conférence de Paris, qui se tient simultanément dans la capitale au Forum mondial de la paix, a été précédé de préparatifs compliqués autour de la composition des délégations. Le Monde

La Russie et le Mali confirment leur volonté d’approfondir leur coopération militaire
Moscou et Bamako sont résolus à poursuivre leur coopération militaire. C’est ce qu’il ressort de la rencontre, jeudi 12 novembre à Moscou, entre le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, et son homologue malien, Abdoulaye Diop. … Sergueï Lavrov et Abdoulaye Diop ont invoqué la lutte contre le risque terroriste accru entraîné par le retrait partiel des troupes françaises dans le nord du Mali pour justifier l’intensification de leur coopération militaire. Abdoulaye Diop n’a pas manqué de rappeler que Moscou soutenait le Mali depuis son indépendance, le ministre des Affaires étrangères rappelant que 80% des équipements militaires du Mali provenaient de Russie. Pour sa part, Sergueï Lavrov a précisé que Moscou poursuivrait ses livraisons d’équipements, d’armements et de munitions tout en formant des officiers maliens. RFI

A Dakar, une journée politique sous haute tension
Des pneus en flammes ont brièvement bloqué la VDN (voie de dégagement nord) un des axes principaux de Dakar, mercredi 10 novembre après-midi, en pleine heure de pointe. Ils avaient été allumés par des militants qui demandaient la libération de trois figures de l’opposition : Ousmane Sonko, leader du Pastef, Malick Gakou ex-ministre et président du Grand Parti, et Barthélémy Dias, candidat à la mairie de la capitale sénégalaise. Tous trois avaient été interpellés un peu plus tôt dans la journée, alors que Barthéméy Dias se rendait au tribunal pour une audience en appel dans une affaire de meurtre qui remonte à 2011. Dispersés par les gaz lacrymogènes de la gendarmerie en fin de journée, les manifestants se sont rapidement calmés après l’annonce de la libération des trois hommes. Cette journée heurtée intervient au lancement d’une séquence électorale à haut risque pour le pouvoir : scrutins municipaux et départementaux le 23 janvier 2022, qui constitueront le premier test électoral depuis la réélection de Macky Sall à la présidentielle de 2019, puis les législatives en juillet. Elle ravive également le spectre des affrontements meurtriers du mois de mars qui s’étaient déroulés dans des circonstances comparables. Le Monde

Tchad: les avocats pas satisfaits des consultations pour préparer le dialogue national
Une délégation du Comité d’organisation du dialogue national inclusif (Codni), conduite par Alixe Naimbaye, secrétaire d’État aux Finances, se rendra en France ce week-end pour échanger avec la diaspora. Mais déjà, des voix s’élèvent pour dénoncer des manipulations et irrégularités dans les consultations. La sonnette d’alarme est tirée par le Conseil de l’ordre des avocats du Tchad dans un communiqué diffusé jeudi 11 novembre, dans lequel il évoque « un dialogue qui risque d’être biaisé ». Pour le barreau du Tchad, il y a d’abord des tentatives de manipulations des participants aux consultations par des partis politiques, mais surtout, des différences entre les recommandations adoptées par les participants et celles inscrites dans le rapport final. « Il a été clairement indiqué que la question sur la forme de l’État soit soumise à un référendum, parce que les membres du groupe n’ont pas pu s’entendre à la grande surprise de mes confrères qui étaient là. On dit que non, c’est plutôt la forme de l’État unitaire décentralisé. Alors nous, en tant que barreau, nous nous sommes engagés dans ces activités pour apporter notre pierre à la préparation et à la réussite de ce dialogue. Et nous voulons justement que les choses se passent de manière transparente », estime Djérandi Laguerre Dionro, président du Conseil de l’ordre des avocats. RFI

Famine à Madagascar: “Nous avons même vendu la porte de notre maison”
Après quatre années de sécheresse, plus de 1,1 million de personnes dans le sud de Madagascar ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence pour faire face à une crise qui s’aggrave rapidement, selon les experts. Environ 700 000 personnes reçoivent déjà une aide alimentaire et une augmentation de l’aide d’urgence est nécessaire, selon le Programme alimentaire mondial (PAM), qui travaille avec le gouvernement malgache et d’autres agences humanitaires. “Les gens n’ont rien à récolter et rien pour renouveler leurs stocks alimentaires”, a déclaré Alice Rahmoun, responsable de la communication du PAM à Madagascar. Selon Amnesty International, plus de 90 % de la population de la région du “Grand Sud” de Madagascar vit sous le seuil de pauvreté, ce qui rend les familles extrêmement vulnérables. “Toutes les agences d’aide travaillent ensemble pour essayer d’empêcher cette crise de se transformer en famine”, a déclaré à l’Associated Press Jean-Benoît Manhes, représentant adjoint de l’UNICEF à Madagascar. “Au cours des mois de juillet et août, 14 000 enfants ont été traités pour malnutrition aiguë sévère. C’est généralement le nombre que nous traitons en une année entière”, a-t-il précisé. AP/VOA

Gambie: Les candidats à l’élection présidentielle mis au défi quant à leur engagement en faveur des droits humains
L’élection présidentielle offre une occasion précieuse de renforcer le respect des droits humains en Gambie. Amnesty International demande aux candidats de signer un manifeste en sept points en faveur des droits humains. Les lois qui restreignent les libertés doivent être révisées lors que la campagne débute et que les électrices et électeurs s’apprêtent à se rendre aux urnes en Gambie pour l’élection présidentielle de décembre, Amnesty International demande à tous les candidats de rompre avec le passé en s’engageant publiquement à améliorer, une fois élus, la situation des droits humains dans sept domaines clés. Ainsi, elle publie un manifeste des droits humains en sept points et appelle les candidats à s’engager à : protéger le droit à la liberté d’expression, protéger le droit à la liberté de réunion pacifique, lutter contre l’impunité, mettre fin aux violences sexuelles et fondées sur le genre et aux discriminations touchant les femmes, promouvoir les droits économiques, sociaux et culturels, adopter une loi interdisant la torture et abolir la peine de mort. « Le régime répressif de l’ancien président Yahya Jammeh a été marqué par les arrestations arbitraires massives, la torture généralisée, les homicides extrajudiciaires et la persécution des voix dissidentes, a déclaré Samira Daoud, directrice pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International. « Si nous avons noté de nettes améliorations dans l’espace civique depuis l’arrivée au pouvoir du président Adama Barrow, l’élection du mois prochain offre l’occasion à la Gambie de voir son bilan en termes de droits humains suivre la même voie. Aussi invitons-nous tous les partis politiques et tous les candidats à signer notre manifeste et à s’engager publiquement à protéger les droits de tous en Gambie. » Le Point

Un dissident rwandais condamné à 7 ans de prison pour des propos sur Youtube
Un dissident rwandais qui utilisait sa chaîne YouTube pour critiquer le gouvernement a été condamné à sept ans de prison par un tribunal de Kigali, a-t-on appris vendredi de sources concordantes. Dieudonné Niyonsenga, dont la chaîne YouTube Ishema TV avait accumulé plus de 15 millions de vues, a été reconnu coupable de quatre chefs d’accusation, notamment de faux, d’usurpation d’identité. “Le tribunal estime que les crimes dont Niyonsenga est accusé ont été commis intentionnellement”, a déclaré le juge en prononçant le verdict jeudi avec une amende de cinq millions de francs rwandais (4280 euros). “La cour ordonne que Dieudonné Niyonsenga soit immédiatement arrêté et emmené pour purger sa peine de prison.” “Nous faisons appel de ce verdict (…) Ce n’est tout simplement pas légal”, a dénoncé vendredi son avocat Gatera Gashabana. … En avril 2020, il a diffusé une série de vidéos accusant les soldats rwandais de graves abus à l’encontre des habitants des bidonvilles, dans le cadre du confinement strict mis en place pour lutter l’épidémie de coronavirus. AFP

Chansons censurées en RDC: les autorités font marche arrière
La Commission congolaise de censure des chansons a levé mercredi la mesure d’interdiction sur la diffusion en République démocratique du Congo d’une des deux chansons qui interpellent le président Félix Tshisekedi et la classe dirigeante, a-t-on appris de source officielle. La commission de censure a indiqué que l’interdiction de la chanson “Nini tosali te (Que n’avons-nous pas fait, en lingala)” n’est plus appliquée, un représentant du groupe musical MPR ayant sollicité la levée de cette décision afin d’ouvrir la voie à la régularisation de la procédure. Dans une précédente décision, cette commission avait indiqué que “les chansons “Nini tosali te ” et “Lettre à Ya Tshitshi” du chanteur Bob Elvis étaient interdites de présentation et de diffusion en RDC. AFP

Retour au Bénin de 26 trésors royaux : liesse et émotion à Cotonou
Des trésors de guerre ayant appartenu aux rois d’Abomey sont revenus en terre natale près de 130 ans après avoir été déportés vers la France. C’est dans la clameur qu’a été salué le cortège transportant les 26 œuvres, dont l’acte de restitution officiel a été signé mardi à Paris par les ministres de la Culture du Bénin, Jean Michel Abimbola et de la France, Roselyne Bachelot. La signature de l’acte de transfert de propriété a eu lieu en présence des présidents Emmanuel Macron et Patrice Talon.A Cotonou, la classe politique, toute tendance confondue, applaudit le retour de ces œuvres, et salue “le leadership du président béninois”. L’ancien président Yayi Boni salue la démarche de son successeur et le félicite d’être allé jusqu’au bout d’une mission qui n’était pas gagnée d’avance. Une victoire qui selon lui “fera date dans l’histoire culturelle de l’Afrique et du monde”. VOA

Frederik de Klerk, ancien président sud-africain et prix Nobel de la paix, est mort
Le dernier président blanc sud-africain, Frederik de Klerk, qui a libéré l’icône de la lutte anti-apartheid Nelson Mandela et partagé avec lui le prix Nobel de la paix, est mort jeudi 11 novembre à 85 ans, a annoncé sa fondation. “C’est avec la plus grande tristesse que la Fondation FW de Klerk annonce le décès de l’ancien président FW de Klerk paisiblement à son domicile de Fresnaye ce matin après avoir lutté contre un cancer”, a déclaré l’organisation dans un communiqué. “FW” de Klerk, qui était atteint d’un mésothéliome, une forme rare de cancer, est décédé chez lui, dans sa ville natale du Cap, précise-t-elle. … Né le 18 mars 1936, De Klerk a toujours évolué dans les milieux nationalistes afrikaners, descendants des premiers colons européens, qui parlent une langue dérivée du hollandais. “Il semblait être la quintessence de l’homme d’appareil (…). Rien dans son passé ne semblait indiquer l’ombre d’un esprit de réforme”, avait écrit Nelson Mandela dans son autobiographie. En 2020, il avait déclenché une vive polémique en niant que l’apartheid ait été un crime contre l’humanité, avant de présenter des excuses. France24 avec AFP et Reuters

À Khartoum, le quartier agricole de Tuti veut continuer la résistance contre le putsch au Soudan
Alors que l’impasse se poursuit entre civils et militaires ayant pris le pouvoir au Soudan, l’îlot de Tuti, en plein Khartoum promet de continuer à résister au coup d’État militaire. Cette zone, encerclée par les eaux du Nil et fournissant l’essentiel des fruits et légumes consommés dans la capitale, avait déjà résisté aux ambitions voraces des promoteurs immobiliers durant le régime d’Omar el-Bechir. À Khartoum, l’île de Tuti et ces terrains agricoles est située au confluent du Nil bleu et du Nil blanc. Les crises économiques qui frappent le Soudan ont aussi touché les agriculteurs. Pour justifier son coup d’État, l’armée a accusé le gouvernement d’Abdallah Hamdok d’être la cause de tous les maux du peuple soudanais. Mais selon Ali, “un régime militaire ne peut pas réussir au Soudan. Le peuple Soudanais est un peuple de résistants. Abdallah Hamdok n’a pas eu le temps de mener à bien ses réformes et nous on n’a pas eu le temps de le juger sur ses résultats.” “La situation actuelle est très difficile”, résume l’ouvrier agricole. “Le peuple Soudanais va manifester. Moi j’irai manifester.” France24



Photo: Adam Jones