Revue de Presse du 12 juillet 2019

Soudan: une « tentative de coup d’Etat » déjouée
Une « tentative de coup d’Etat » a été déjouée au Soudan, a affirmé jeudi un représentant du Conseil militaire au pouvoir depuis la chute d’Omar el-Béchir en avril, alors qu’un accord avec les contestataires sur la transition devait être signé dans les prochains jours. « Des officiers et des soldat de l’armée ainsi que des membres des Services nationaux de renseignements, dont certains retraités, ont tenté de mener un coup », a déclaré dans la soirée le général Jamal Omar, dans une allocution retransmise en direct à la télévision nationale. « L’armée a réussi à déjoué la tentative », s’est félicité le général Omar, ajoutant que 12 officiers et 4 soldats avaient été arrêtés, sans toutefois préciser quand cette tentative avait eu lieu. Une enquête est en cours pour déterminer qui était derrière le coup, a précisé le général. Cette annonce est survenue alors qu’une rencontre entre des représentants du Conseil militaire et des meneurs de la contestation se tenait à Khartoum, pour finaliser les termes d’un accord sur la transition. La Libre

Mali: Sept civils tués par balles par des assaillants près de la frontière nigérienne
Un véhicule transportant des civils a été pris pour cible par des hommes armés circulant à moto ce jeudi près de la frontière avec le Niger, confirme une source sécuritaire. Sept civils dont cinq passagers d’un véhicule ont été tués par balles dans une attaque près de Ménaka, dans le nord est du Mali. D’après une source sécuritaire, des individus armés à moto ont attaqué le véhicule et ouvert le feu sur les passagers tuant au moins cinq personnes. Ils se sont dirigés peu après, vers un campement situé non loi de là où ils ont encore fait deux autres victimes. La gendarmerie a ouvert une enquête. Koaci

Des échanges de tirs à Bangui, capitale centrafricaine
Certes le calme semble revenu, mais la tension est restée palpable dans la zone. Mais les commerces n’ont pas rouvert. La circulation des taxis et moto taxis est restée très limitée. Selon la Minusca, mission de l’ONU en Centrafrique, cette tension a été déclenchée par des rackets chroniques commis par les groupes armés contre les commerçants du quartier PK5. Tout a débuté mercredi lorsqu’un commerçant, revendeur d’essence s’est opposé à la prise de son carburant par des membres d’un groupe armé connu pour ses rackets auprès des opérateurs économiques de la zone. Les hommes armés mécontents, ont lancé une grenade au domicile du commerçant, faisant alors un mort. Les commerçants ont organisé une riposte, donnant lieu à des échanges de tirs à l’arme légère, mais aussi lourde. La Minusca a annoncé avoir déployé un dispositif militaire afin d’éviter un embrasement généralisé. Les affrontements ont fait six morts dont cinq dans les rangs des bandes armées et au moins 15 blessés dans les deux camps. BBC

Algérie : un pouvoir peu légal, une mobilisation qui ne faiblit pas, une opposition divisée
Alors que le président par interim, dont le mandat expirait mardi, a vu sa mission prolongée avec la bénédiction du chef de l’armée, les Algériens se préparent à un vingt et unième vendredi de mobilisation contre le régime toujours en place. Assez dépassée et morcelée, une opposition tente de s’organiser. Il est dit que l’Algérie ne restera pas un jour sans maître. Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de son armée et homme fort de ce qu’il reste du régime, a réaffirmé fermement ce 10 juillet le soutien de l’institution militaire au président Abdelkader Bensalah. Quoique non élu, ce dernier reste à la tête de l’État en l’absence d’élection présidentielle. Pour une durée, autrement dit, indéterminée. Étrange situation. TV5Monde

La France met en sommeil une base militaire au Niger
La base militaire de Madama a été mise en sommeil par l’armée française, en accord avec Niamey. Une décision étonnante d’autant plus que le Niger a annoncé qu’il allait accueillir une base des Emirats arabes unies. La base de l’armée française à Madama, dans le nord du Niger, a été « mise en sommeil » dans le cadre d’une « concentration des efforts » de l’opération Barkhane dans la région malienne du Liptako Gourma et sur la base française de Gossi, a annoncé mardi le porte-parole de l’état-major des armées françaises. Les forces françaises disposent de cette base de Madama dans le cadre de l’opération antijihadiste française Barkhane, qui mobilise quelque 4.500 militaires dans le Sahel. « Ce n’est pas une fermeture, cela permet de conserver une capacité de remontée en puissance, d’intervention si nécessaire », a déclaré le porte-parole qui a précisé que les autorités nigériennes ont été informées. DW

RDC: les partisans de Bahati et de l’AFDC-A manifestent à Bukavu
En RDC, des centaines de militants et cadres de l’Alliance des Forces démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) sont descendus dans la rue jeudi 11 juillet à Bukavu pour protester contre la décision du Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila qui suspend à durée indéterminée leur leader Modeste Bahati Lukwebo. Par cette manifestation, ils lui ont témoigné leur soutien et se sont réjouis de leur autonomie envers le FCC. Un ultimatum a été lancé à tous les membres de ce regroupement. Tous ceux qui occupent des postes dans les institutions ont été sommés de donner leur position dans cette affaire. Sur ses 145 élus dans l’ensemble, le regroupement politique AFDC et Alliés compte deux gouverneurs de province, 7 vice-gouverneurs et des ministres provinciaux. RFI

Haut-Katanga : incursion des Maï-Maï Bakata Katanga dans certains quartiers de Lubumbashi
Les Maï-Maï Bakata Katanga ont fait une incursion jeudi 11 juillet dans certains quartiers de la ville de Lubumbashi, a dénoncé l’ONG Justicia Asbl. Selon Thimothée Mbuya, le président de cette ONG, depuis près de deux mois, ces miliciens s’en prennent à tout ce qui représente l’autorité de l’Etat. Le dernier incident en date est, selon lui, les affrontements qui ont opposé l’armée et ces miliciens du côté de Kalibuka et Kamasaka se sont soldés par plusieurs morts et blessés dans les rangs des assaillants. « Ce jeudi matin, les FARDC ont amené vers l’Hôpital Sendwe et la morgue, quelques blessés et quelques personnes tuées parmi les Maï-Maï et un élément de la police nationale congolaise. Les autorités se contentent de gérer la question par une réponse militaire. Elles n’informent même pas les gens », a indiqué Thimothée Mbuya. Radio Okapi

RDC: Tshisekedi en croisade contre la corruption
Le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a dénoncé jeudi la « petite et la grande corruption » et promis la fin du règne des « intouchables corrupteurs et corrompus » ainsi que quelques mesures. La corruption implique aussi bien les « fonctionnaires subalternes » que les « membres les plus hauts placés de l’État », a déclaré le président dans un discours à Kinshasa à l’occasion de la « journée africaine de lutte contre la corruption ». « Pour de nombreuses grandes entreprises, les coûts élevés de corruption demeurent plus faibles que les coûts (…) d’une éthique des affaires », a-t-il insisté. Il a estimé que ces entreprises (mines, bois, télécommunications…) ont « peu d’intérêt à la transparence concernant les appels d’offres …)”. AFP

Soudan du Sud: Machar se dit prêt à discuter avec Kiir
Le chef de l’opposition sud-soudanaise, Riek Machar, s’est dit prêt à rencontrer le président Salva Kiir pour évoquer le processus de paix, qui évolue très lentement, mais demande au préalable de retrouver sa liberté de mouvement, selon une lettre consultée vendredi par l’AFP. « Je veux vous assurer que je suis prêt à rencontrer (à Juba) le président pour discuter des difficultés rencontrées dans l’application » de l’accord de paix signé en septembre 2018, écrit M. Machar dans cette lettre, adressée au conseiller à la sécurité de M. Kiir. M. Machar estime « qu’il est temps d’évaluer le processus » car aucun « progrès substantiel » n’a été enregistré depuis que l’opposition et le gouvernement sont convenus en mai de se donner six mois supplémentaires pour former un gouvernement d’union nationale. Africa Radio

Au Burkina Faso, l’état d’urgence a été prolongé de six mois
L’état d’urgence, en vigueur depuis décembre 2018 dans plusieurs provinces du Burkina Faso, pays en proie à des attaques djihadistes récurrentes et meurtrières, a été prolongé jeudi 11 juillet de six mois par l’Assemblée nationale. Le projet de loi portant prorogation de l’état d’urgence, adopté à l’unanimité par le Parlement au cours d’une session extraordinaire, prend effet à compter du 13 juillet et sera valide jusqu’au 12 janvier 2020. Cette prorogation « vise à renforcer et consolider la lutte contre l’insécurité et donner plus d’opportunités et de moyens aux Forces de défense et de sécurité (FDS) [pour] poursuivre leurs actions de sécurisation du pays », selon l’Assemblée. Le Monde

Les dirigeants de la région des Grands Lacs réunis à Louanda
Le président ougandais Yoweri Museveni et son homologue rwandais Paul Kagame sont deux anciens amis qui, aujourd’hui, se positionnent comme des rivaux. Paul Kagame accuse ainsi Yoweri Museveni de chercher à déstabiliser son régime en coopérant avec l’opposition rwandaise et les rebelles hutus. Museveni pour sa part accuse Kagame d’espionnage. Sous le prétexte d’un incident frontalier ayant engendré la mort d’un Rwandais et d’un Ougandais il y a six mois, Paul Kagame avait alors fermé la frontière entre son pays et l’Ouganda, bloquant ainsi une route commerciale pourtant essentielle dans la région. DW

L’OIM et le HCR appellent à la libération des migrants détenus en Libye
Une semaine après une frappe qui a touché un centre de migrants à Tripoli, faisant plus de 50 morts, les organisations internationales appellent à la libération de tous les migrants détenus en Libye. Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés et l’Organisation internationale des migrations, environ 5 600 réfugiés et migrants sont actuellement retenus. Le centre de détention de Tajoura est désormais fermé. Mardi, les autorités libyennes ont ouvert les portes et les quelque 400 migrants, la plupart des Érythréens, des Soudanais, des Somaliens, sont partis à pied en direction d’un centre du Haut-Commissariat aux réfugiés. RFI

Missiles de l’armée française en Libye : Tripoli exige des explications de Paris
Le Gouvernement libyen d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU, a demandé jeudi des explications « urgentes » à Paris au sujet des missiles appartenant à l’armée française découverts dans un QG du maréchal Khalifa Haftar. Alors que la France a reconnu que des missiles découverts dans une base des forces du maréchal Khalifa Haftar près de Tripoli lui appartenaient, la Libye exige des explications. Le ministre des Affaires étrangères du Gouvernement d’union nationale (GNA), Mohamad Tahar Siala, a écrit jeudi 11 juillet une lettre à son homologue français, Jean-Yves Le Drian. Il lui demande « d’expliquer de manière urgente le mécanisme par lequel les armes françaises découvertes à Gharyan sont parvenues aux forces de Haftar ». « Quand ont-elles été livrées et comment ? », ajoute la missive du gouvernement reconnu par l’ONU. France24

Nigeria: 38 chiites inculpés après une violente manifestation près du parlement à Abuja
38 musulmans chiites qui avaient manifesté pour la libération de leur leader religieux, ont été inculpés de participation à des émeutes, possession d’armes létales suite à des affrontements avec les forces de sécurité. Mercredi, des partisans du Mouvement islamique du Nigeria (IMN) se sont rassemblés devant le parlement pour protester contre la détention illégale de leur chef Ibrahim Zakzaky Search Ibrahim Zakzaky depuis 2015. Mais la manifestation a dégénéré en heurts lorsqu’ ils se sont emparés du fusil d’un policier et ont tiré sur un autre policier debout non loin de là. Selon la police, deux policiers ont été blessés aux jambes par des coups de feu tandis que l’IMM dit avoir perdu deux de ses membres lors de cette manifestation. Jeudi, 38 manifestants détenus ont été inculpés notamment participation à des émeutes, possession d’armes létales, agressions et actions causant du mal à autrui. 28 des accusés ont été libérés sous caution et 10 ont été maintenus en détention dans l’attente d’un procès. Koaci

La corruption, toujours, au Cameroun
Au Cameroun, le haut niveau de la corruption reste une spécificité. Malgré les pressions internationales et de nombreux plans de lutte contre la corruption, la pratique reste une constante de la vie quotidienne. La pratique de corruption au Cameroun a la peau dure et ce, malgré la mise en place des structures de lutte contre la corruption telles que la Commission nationale anti-corruption (CONAC), ou encore l’Agence nationale d’investigation (ANIF) et le Tribunal criminel spécial (TCS). Dans tous les secteurs de l’administration, les Camerounais vivent la corruption au quotidien. DW

Vingt-deux ans de dictature déconstruits publiquement en Gambie
Une justice transitionnelle mise en place début janvier enquête sur les crimes commis sous le régime de l’ancien président Yahya Jammeh (1994-2017). C’est l’événement le plus populaire en Gambie. Depuis son lancement le 7 janvier 2019, la retransmission des auditions de la Commission vérité, réparations et réconciliation passionne les Gambiens. Ils suivent les sessions à la télévision, à la radio, à travers les réseaux sociaux ou en se rendant directement au siège de la Commission. Ce qui se joue en direct, c’est une mise à nue des rouages de la dictature dirigée par l’ancien président Yahya Jammeh. Les protagonistes et les victimes sont invités à venir témoigner sur les crimes qu’ils ont commis ou subis. Chaque détail permet de comprendre la mécanique du régime dictatorial. « Plus jamais ça », interpelle le slogan de la Commission. RTBF

Macron et Akufo-Addo face aux diasporas africaines
Emmanuel Macron a convié, hier jeudi 11 juillet 2019, son homologue ghanéen, Nana Akufo-Addo, à répondre, avec lui, aux questions des représentants des diasporas africaines. Les deux présidents ont eu face à eux environ 350 représentants des diasporas africaines en France. Par là, le grand chef des Blancs, pour parler comme Ferdinand Oyono dans Le Vieux nègre et la médaille, entend donner une autre image aux relations entre son pays et l’Afrique. Et cette volonté de ne pas marcher sur les sentiers battus empruntés par bien de ses prédécesseurs, peut se percevoir à trois niveaux. Il y a d’abord, le profil du président qui a eu l’honneur d’être associé à l’exercice. Nana Akufo-Addo, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un président d’un pays qui a la langue de Shakespeare comme langue officielle. Le premier signe de rupture est donc d’ordre linguistique. Le Pays



Photo: Adam Jones