Revue de Presse du 10 mars 2022

Niger: une dizaine de civils tués dans le Sud-Est
Au moins dix civils ont été tués dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 mars 2022, dans la commune de Gueskérou, Sud-Est du Niger, dans une série d’attaques perpétrée par le groupe jihadiste nigérian Boko Haram, rapportent des médias. Selon un élu de la commune, située à une trentaine de kilomètres de Diffa, qui s’est confié à l’AFP, des assaillants «du groupe Boko Haram, venus à pied», ont attaqué plusieurs villages. Cet élu a indiqué que «six personnes ont été tuées dans le village de Fiego, deux tuées à Ngarwa-Lawandi et deux tuées à Ngarwa-Koura», précisant que toutes les victimes sont des hommes et tous ont été tués par armes à feu. … Cette partie du Niger avait pourtant connu une relative accalmie depuis un long moment. La région du Sud-Est du Niger, et surtout la zone de Diffa est exposée depuis 2015 aux raids meurtriers des jihadistes nigérians de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), sa branche dissidente. Wakat Séra

Guinée : des dizaines de partis menacent de manifester contre la junte
Des dizaines de partis parmi les plus représentatifs de Guinée ont menacé mercredi d’appeler à manifester si la junte au pouvoir persiste à les tenir à l’écart et à retarder le retour des civils à la tête du pays tout en « humiliant » leurs leaders. Ces partis sont sortis de la retenue observée jusqu’alors vis-à-vis de la junte qui a pris le pouvoir par la force en septembre 2021. « L’inclusivité et la justice (…) ne semblent plus être la boussole » de la junte, disent-ils, référence à la promesse de celle-ci, à sa prise de pouvoir, de faire de la justice sa boussole. « Force est de constater que la junte s’écarte des règles et des principes de l’État de droit et traîne volontairement le pas dans l’accomplissement des diligences nécessaires au retour à l’ordre constitutionnel », disent-ils. Le chef de la junte, le colonel Mamady Doumbouya, qui s’est fait investir président le 1er octobre, s’est engagé à rendre le pouvoir à des civils élus à l’issue d’une période transitoire. Mais il refuse de se laisser dicter un délai. AFP

Guinée: vers la libération des militaires accusés de vol au moment du putsch de septembre
Le procureur militaire a ordonné mardi soir 8 mars la remise en liberté de six militaires, impliqués dans le coup d’État du 5 septembre 2021. Accusés de vol, ces six militaires étaient, jusque-là, sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Conakry. Ils sont six. Parmi eux, le commandant Aly Camara, qui dirigeait les opérations des Forces spéciales. Il était en première ligne pour mener l’assaut contre le palais présidentiel le 5 septembre et renverser le président Alpha Condé. Ces six militaires ont préparé et mené le coup d’État aux côtés du colonel Mamadi Doumbouya. Ils avaient ensuite eu pour rôle de surveiller le palais présidentiel. On les accuse d’avoir pillé, volé près d’un milliard de francs guinéens. Ils ont été déférés le 28 octobre devant la justice militaire et placés sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Conakry, le 2 novembre 2021. RFI

Nigeria : sécurité renforcée dans le Nord-ouest
La sécurité renforcée à Kanya, dans le nord-ouest de l’Etat de Kebbi au Nigeria . Des points de contrôle sont érigés sur les principales artères de la localité. Alors que de patrouillent sont de plus en plus présentes dans la zone. Il faut désormais montrer patte dans ce village visé mardi par une attaque qui a coûté la vie à au moins 19 membres des forces de sécurité. Un drame perpétré par une centaine d’hommes armés. Ces attaques sont récurrentes dans cette partie du pays. Depuis des années en effet, des groupes armés pillent, volent du bétail et se livrent à un juteux business, des enlèvements contre rançon. L’armée nigériane peine à venir à bout de ces hommes qualifiés de bandits au sommet de l’Etat. Des criminels qui ont élu domicile dans les vastes forets de Zamfara, Katsina, Kaduna et Niger. AfricaNews

Ouganda: le fils Museveni, un départ de l’armée qui interpelle
En Ouganda, le fils du président Museveni succèdera-t-il à son père ? Muhoozi Kainerugaba a annoncé mardi 8 mars son départ de l’armée, dont il était un des principaux chefs. Ce qui relance les spéculations autour d’une succession familiale à la tête du pays. … Il a le grade de général et dirige l’armée de terre depuis le mois de juin 2021, après avoir commandé les forces spéciales. Muhoozi Kainerugaba est âgé de 48 ans et il est présenté depuis plusieurs années déjà comme un successeur potentiel de son père Yoweri Museveni, au pouvoir à Kampala depuis 1986. … La place de Muhoozi Kainerugaba dans l’armée, ainsi que son poste de « haut conseiller présidentiel chargé des opérations spéciales », en font un candidat très sérieux au pouvoir. … Le sujet de la succession est délicat en Ouganda. L’écrivain Kakwenza Rukirabashaija a récemment dû fuir le pays après des commentaires désobligeants. Il avait auparavant été arrêté et torturé pour avoir moqué le fils du président sur les réseaux sociaux. RFI

RDC : le processus électoral face à plusieurs défis
La Céni attend désormais le lancement des discussions sur les réformes électorales à entreprendre pour assurer le bon déroulement de la présidentielle de 2023. L’une des réformes majeures proposées pose pourtant encore problème du côté de l’opposition: il s’agit d’un scrutin uninominal majoritaire à un seul tour. Entre temps, Denis Kadima, le président de la commission électorale congolaise a fait le tour des grandes institutions de l’Etat, notamment la présidence, la primature et les deux chambres du Parlement en vue d’obtenir leur soutien à son plan électoral. … En effet, depuis 2011, après l’amendement de la constitution, l’article sur l’élection présidentielle à deux tours a été supprimé pour être remplacé par celui qui privilégie une élection à un seul tour. Le mode opératoire à suivre, notamment dans les élections provinciales fait aussi polémique. Des voix s’élèvent déjà pour dénoncer les dysfonctionnements des élections de 2018. … Certains cercles de réflexion en RDC doutent déjà de la tenue du scrutin en décembre 2023, notamment à cause de la question du financement. Le pays attend toujours une importante aide étrangère. DW

Bouchons, péages, vols et « tracasseries » : le calvaire de la route du cuivre et du cobalt en RDC
Le lourd chargement de cathodes de cuivre est arrimé, le semi-remorque Howo est prêt à avaler cahin-caha les quelque 2 000 km qui séparent les mines du Haut-Katanga du port de Dar es-Salaam, d’où la cargaison partira pour l’Asie. « Il faut parfois deux semaines pour faire le trajet », se plaint Omar Rachidi Katema, chauffeur routier tanzanien de 57 ans, qui vient de charger 27 tonnes de plaques de cuivre à l’usine Chemaf (Chemicals of Africa) implantée sur le site de la mine de l’Etoile, à Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC). « Il y a beaucoup de bouchons, beaucoup de péages, beaucoup d’attente à la frontière », déplore le camionneur. … « Au Congo, il y a des tracasseries tout le temps ! », s’énerve Maniasi Djuma Makweba, 50 ans, lui aussi en route pour Dar es-Salaam avec 35 tonnes de cobalt chargés chez Tenke Fungurume Mining (TFM), à 300 km de là. Comme les autres chauffeurs, il se plaint des voleurs mais aussi des militaires et policiers. « Quand tu vas voir la police pour déclarer un vol, eux-mêmes commencent par vouloir te racketter », s’emporte le routier. … La RDC est le premier producteur mondial de cobalt et le premier producteur africain de cuivre. Le Monde

L’Afrique du Sud est le pays le plus inégalitaire au monde selon la Banque mondiale
L’Afrique du Sud est le pays le plus inégalitaire au monde, la « race » jouant un facteur déterminant dans une société où 10% de la population possède plus de 80% des richesses, selon un rapport de la Banque mondiale publié mercredi. « L’Afrique du Sud, le plus grand pays de la SACU (Union douanière d’Afrique australe, ndlr), est le pays le plus inégalitaire au monde, se classant au premier rang parmi 164 pays », a déclaré l’institution de Washington dans un rapport intitulé « Inégalités en Afrique australe ». De précédents rapports avaient déjà placé le pays à la triste première place du classement. … Les pays voisins de la première industrie africaine qui forment la SACU, le Botswana, Eswatini, le Lesotho et la Namibie, figurent tous en haut de la liste des pays les plus inégalitaires, ce qui fait de la région la pire au niveau mondial, indique l’organisation. AFP

Guerre en Ukraine: des Africains prêts à aller combattre
L’Ukraine veut des armes et des hommes pour affronter la Russie. Et son appel attire de potentiels combattants étrangers notamment sur le continent africain. « Si l’Ukraine décide de me payer une bonne somme d’argent, que je ne peux pas gagner ici, je vais certainement aller là-bas et me battre », explique Kimanzi Nashon, un étudiant kenyan qui vit à Nairobi la capitale. Nashon espère ainsi gagner beaucoup d’argent. « Lorsque nous irons là-bas, une fois la guerre terminée, avant même qu’il ne se soit passé quoi que ce soit, je serai de retour au Kenya et je serai millionnaire », renchérit le jeune étudiant. … Béatrice Kaluki est au chômage, pour elle cette guerre représente une occasion à ne pas manquer. « Si une opportunité se présentait d’aller combattre en Ukraine en tant que mercenaire, je n’hésiterais pas », a-t-elle expliqué à la DW. « Je préférerais mourir au front en Ukraine en sachant que ma famille sera indemnisée même après ma mort, plutôt que de mourir de dépression au Kenya à cause du taux de chômage élevé!” … La plupart de ces jeunes réagissent à l’appel lancé la semaine dernière par le président ukrainien, Volodymyr Zelenskyy. … Cependant, les pays africains ont fermement condamné l’appel lancé par l’Ukraine aux africains pour qu’ils rejoignent la « légion internationale » contre l’invasion russe. DW

Madagascar: Crise gouvernementale – Remaniement imminent
Un communiqué de la présidence publié hier annonce la tenue de l’évaluation des membres du gouvernement par le président de la République et du premier ministre. Un remaniement aura lieu par la suite. La coupe est pleine. L’affaire Tinoka Roberto Raharoarilala aura été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La journée a été agitée hier pour le gouvernement. Le conseil du gouvernement le matin puis celui des ministres l’après-midi se sont tenus 24 heures après la cacophonie entre le ministre des Transports et de la météorologie, Tinoka Roberto Raharoarilala et celui du Tourisme Joel Randriamandranto. Le premier a annoncé au cours d’une conférence de presse l’interdiction des valises à roulettes et des ordinateurs et tablettes dans la cabine d’un avion que le second a renié complètement au cours d’une autre conférence de presse. Une éclaboussure de trop après l’affaire de corruption ayant soufflé l’ancien ministre de la Justice Herillaza Imbiki il y a un mois. Il est clair qu’on le veuille ou non, il y a une crise au sein du gouvernement. Le président de la République a essayé de garder la cohésion gouvernementale mais les bornes semblent dépasser. Un remaniement est alors inévitable pour remettre un peu de l’ordre dans la maison. C’est d’autant plus incontournable que deux ministères importants sont sans titulaires en l’occupant les Mines et la Justice. L’Express de Madagascar

Dans l’est de la RDC, le départ des Casques bleus ukrainiens est un non-évènement
En Ituri une province en proie à la violence, la société civile estime que le retrait du contingent ukrainien, n’aura aucun impact sur la paix dans une région où les groupes armés massacrent les civils, en dépit de la présence de la Monusco. Dieudonné Lossa Dekhana est le coordonnateur de la société civile de l’Ituri : « Depuis plus de vingt ans la Monusco est en Ituri, les groupes armés continuent à naître pendant que la Monusco est là, la sécurité on n’en a pas eu depuis tout ce temps-là. Nous croyons bien que si les FARDC sont dotées des équipements nécessaires, ils feront mieux que la Monusco. » Même réaction de la société civile de Beni dans la province du Nord-Kivu, une région où se poursuivent également les massacres de civils par des groupes armés. … Constituée d’environ 20.000 hommes, la Monusco demeure la plus importante et la plus coûteuse des missions de maintien de la paix de l’ONU au monde. DW

Cameroun: décès d’Hamidou, visage du mouvement de lutte des enseignants
Il s’appelait Hamidou, il enseignait le sport dans un lycée du nord du Cameroun. Symbole du mouvement de grève qui paralyse le système éducatif du pays depuis bientôt trois semaines, il est décédé mardi 8 mars. Après des années de précarité, il avait tellement ému l’opinion publique que les autorités venaient de lui accorder son intégration dans la fonction publique. Il avait 49 ans. Visage émacié, corps frêle, c’est ainsi que les Camerounais ont découvert pour la première fois, sur une photo diffusée sur les réseaux sociaux, celui qui est rapidement devenu le symbole du mouvement OTS, pour « On a trop supporté ». Hamidou, enseignant de sport dans un lycée du nord du Cameroun, tenait entre les mains une pancarte sur laquelle était porté un message particulièrement émouvant : « 2012-2020 sans matricule, dix ans sans salaire », avait-il notamment écrit. Rapidement devenue virale, la publication a indigné, choqué l’opinion, et déclenché une avalanche de messages de compassion et de soutien de la part de ses compatriotes. RFI

Mali Magic : des milliers de manuscrits de Tombouctou passent au numérique
Les manuscrits de Tombouctou, ces ouvrages qui ont traversé les âges, étaient menacés de disparition totale lorsque des groupes armés ont pris le contrôle du nord du pays en 2012. Mais grâce au courage et au dévouement d’une ONG malienne, les précieux textes ont été sauvés. Aujourd’hui, le combat continue pour préserver ces manuscrits, mais aussi les rendre plus accessibles.  »Un document qui n’est pas lu n’a aucune valeur. Donc, la valeur de ces manuscrits doit être la transmission de leur contenu à la génération, aux lecteurs », nous a dit en février Mohamed Diagayeté, directeur de l’institut des Hautes Études et de Recherches Islamiques Ahmed Baba de Tombouctou. Il estime que le contenu de ces documents doit être vulgarisé auprès de la population. Cependant, un retour à la ville sainte de Tombouctou ne semble pas probable de sitôt en raison de l’insécurité persistante. BBC



Photo: Adam Jones