Revue de Presse du 1er novembre 2019

Le président de la Guinée-Bissau José Mário Vaz a nommé jeudi 31 octobre un nouveau gouvernement, continuant ainsi de défier la communauté internationale, qui refuse le limogeage de la précédente administration. José Mário Vaz persiste et signe, maintenant le pays en état de crise politique chronique et nourrissant l’incertitude sur la tenue de l’élection présidentielle à la date prévue du 24 novembre. La Guinée-Bissau avait de fait deux gouvernements jeudi, celui démis cette semaine par le président n’acceptant pas de céder la place. Après avoir remercié le gouvernement Gomes avec effet immédiat lundi soir, et nommé mardi Faustino Imbali nouveau Premier ministre, le président a publié jeudi un décret portant nomination de 17 ministres et 14 secrétaires d’État. Nombre de membres de ce cabinet avaient servi dans un gouvernement de transition après le coup d’État de 2012. Jeune Afrique avec AFP

Au cours d’une conférence de presse jeudi 31 octobre à Beni, le porte-parole des FARDC, général-major Léon Kasonga, a annoncé le lancement depuis la veille des « opérations offensives de grande envergure » contre tous les groupes armés actifs dans l’Est de la RDC, notamment les ADF. « Je confirme qu’à dater de ce 29 octobre 2019, les FARDC viennent de lancer des opérations offensives pour éradiquer tous les groupes armés. Il y a les ADF, tous les groupes Maï-Maï qui opèrent dans le grand Nord à Beni, Butembo et Lubero, mais il y a également tous les groupes armés qui sont à l’Est de la RDC ; aussi bien au Nord-Kivu qu’au Sud-Kivu », a affirmé le porte-parole de l’armée. … Selon le général-major Léon Kasonga, les opérations se feront sur terrain avec l’appui de la Mission onusienne. « La MONUSCO est un partenaire essentiel privilégié. Non seulement qu’elle continuera de protéger les agglomérations et la population congolaise, mais, également à la demande des forces armées congolaises, la MONUSCO pourra apporter des appuis de différentes sortes », a-t-il précisé. Radio Okapi

Le Parlement béninois a adopté vendredi une révision constitutionnelle prévoyant qu’un président ne pourra faire « plus de deux mandats dans sa vie », limitant à trois le nombre de mandats législatifs et créant un poste de vice-président, dans un contexte de crise politique. La loi portant révision de la Constitution – une première depuis son adoption en 1990-, a été votée à l’unanimité des 83 députés de l’Assemblée. Une quarantaine d’articles ont été modifiés en un temps record par les parlementaires qui avaient indiqué jeudi leur volonté de voter la révision rapidement. … Jeudi, plusieurs leaders de l’opposition se sont réunis à l’invitation de l’ancien président Nicéphore Soglo, pour définir les actions à mener. « Notre patrie est en danger », a déclaré l’ancien chef d’Etat (1991-1996). Le parti des Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE) de l’ancien président Boni Yayi (2006-2016), actuellement en exil, a également fustigé « une révision précipitée et unilatérale ». AFP

A-t-il disparu des écrans radar après son exil précipité, à la fin de juin, pour mieux préparer son retour? Imprévisible, l’ancien président n’est en tout cas pas homme à renoncer. Thomas Boni Yayi n’a jamais accordé beaucoup d’importance aux anniversaires, préférant la compagnie des chauffeurs de zémidjan ou de ses partisans aux célébrations démesurées que ses proches aiment lui organiser. Ce 1er juillet, l’ancien président béninois vient d’avoir 67 ans, mais il n’a pas le cœur à la fête. Il a passé plus d’un mois confiné dans son domicile de Cotonou. « Cinquante-deux jours, précise un de ses proches. Et cinquante-deux jours, c’est long! » En ce 1er juillet donc, Boni Yayi n’est pas en forme. Il souffre d’hypertension artérielle, les pieds gonflés et doit se faire opérer d’une sciatique. Où se trouve-t-il exactement? À l’exception de quelques chefs d’État du continent, de sa femme et de ses enfants, personne ne le sait vraiment. Il a quitté Cotonou pour Lomé aux premières lueurs du 22 juin, dans une voiture de la présidence togolaise, après d’âpres négociations et l’intervention de l’Ivoirien Alassane Ouattara. Jeune Afrique

Une semaine après la mobilisation des opposants au projet de nouvelle Constitution, ce sont les partisans du chef de l’État qui se sont livrés à une démonstration de force dans les rues de Conakry, ce 31 octobre, pour accueillir Alpha Condé, de retour d’un séjour à l’étranger. Massivement mobilisés sur l’esplanade du Palais du peuple, ce jeudi matin, les partisans de la mouvance présidentielle s’abritent comme ils peuvent du soleil à l’aide de parasols à la couleur – jaune – du RPG arc-en-ciel et à l’effigie d’Alpha Condé. Malgré une longue attente, certains emploient l’énergie qui leur reste en esquissant des pas de danse au rythme des musiques émanant d’un podium dressé pour l’occasion, où divers artistes chantent les louanges du chef de l’Etat. Au terme d’une tournée diplomatique qui l’a successivement conduit à Sotchi, pour le sommet Russie-Afrique, en Turquie puis en France, Alpha Condé devait regagner la capitale guinéenne. L’occasion pour la mouvance présidentielle de prétendre rivaliser avec les troupes de l’opposition et de la société civile qui s’étaient mobilisées en nombre, une semaine plus tôt, pour affirmer leur refus de la réforme constitutionnelle portée par le pouvoir. Jeune Afrique

Les derniers rounds de pourparlers sur le barrage de Renaissance ont échoué et la rhétorique s’est enflammée entre Addis Abeba et Le Caire qui poussait pour qu’un acteur extérieur tente une médiation. Les Éthiopiens ont finalement accepté une rencontre à Washington. L’Éthiopie insiste. Il ne s’agira pas d’une négociation mais d’une « simple discussion ». Addis Abeba semble en tout cas avoir assoupli sa position après plusieurs mois d’intransigeance. Encore récemment, les Éthiopiens refusaient catégoriquement tout intermédiaire dans les pourparlers… Alors que les discours s’enflammaient, avec une possible guerre évoquée de part et d’autre, l’Égypte a multiplié les appels du pied en direction de Washington. Il y a dix jours, le Trésor américain avait envoyé une lettre aux deux pays pour les inviter aux États-Unis le 6 novembre. RFI

Khartoum est engagé depuis plusieurs années aux côtés de la coalition arabe contre les rebelles Houthis au Yémen. Le régime d’Omar el-Béchir avait envoyé des milliers d’hommes. Après la chute du président soudanais, ces troupes avaient été maintenues par la junte qui avait pris le pouvoir. Même s’il s’agit d’un retrait partiel, le départ des forces soudanaises aurait commencé depuis deux mois et concernerait près de 10 000 hommes. Des officiels soudanais affirment toutefois que Khartoum ne quitte pas la coalition arabe. Un choix difficile à interpréter. En effet la junte qui avait renversé Omar el-Béchir, avait maintenu ces hommes au Yémen. Beaucoup soupçonnent en effet les putschistes d’en tirer des avantages financiers, politiques, et diplomatiques, avec les soutiens de l’Égypte, des Émirats arabes unis et surtout de l’Arabie saoudite. Difficile dans ces conditions de croire à un retrait unilatéral, sans l’assentiment des partenaires arabes, Riyad en particulier. RFI

En quittant son poste, l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies, Michel Kafando, a rendu un rapport au Conseil de sécurité. Il y exprime son espoir que les élections générales de 2020 au Burundi seront transparentes. … Michel Kafando a toutefois souligné dans son rapport que le dialogueinter-burundais n’a toujours pas eu lieu du fait d’un manque de volonté des acteurs politiques. Mais cette lecture de la situation fait réagir le président de la coalition pour la restauration de l’accord d’Arusha, Chauvineau Mugwengezo qui dégage la responsabilité dem l’opposition. Selon lui en effet, « la faute ne peut pas être attribuée à l’opposition parce qu’elle a répondu présente. La vraie motivation de ces démissions résulte du fait que le président Pierre Nkurunziza s’est refusé à ce dialogue et a défié la communauté internationale. Ces démissions en cascade traduisent l’échec de la communauté internationale à peser sur le président pour aller au dialogue ». DW

Hussaini, 14 ans (dont le vrai nom a été changé pour protéger son identité) écoute une leçon à la radio à Dori, au Burkina Faso. L’école de Hussaini a été détruite par des militants l’année dernière, l’obligeant ainsi que sa famille à fuir leur village du nord du Burkina Faso. Et depuis, il n’a pas remis les pieds dans une salle de classe. « Nous étions en classe quand nous avons entendu des explosions, des coups de feu. Et j’ai eu peur. Crier, crier, nous avons entendu courir. Les professeurs sont venus et ont couru, puis il y a eu des tirs », a-t-il déclaré. Hussaini fait partie des nombreux enfants qui participent au programme pilote de l’agence des Nations Unies pour l’enfance. L’organisme dispense au quotidien des leçons gratuites aux élèves déplacés, grâce à des enregistrements radio. Reuters

Au Mali, les syndicats de l’Éducation organisent ce jeudi une journée de solidarité en hommage aux enseignants enlevés ou tués depuis le début de l’année par les groupes jihadistes. Ces derniers sont la cause également de la fermeture de près de 900 écoles à travers le pays. La semaine dernière, sept enseignants ont été enlevés par des groupes djihadistes vers Korientzé dans la région de Mopti dans le centre du Mali, avant d’être finalement libérés quelques jours plus tard. Mais « aujourd’hui, on dénombre quatre enseignants entre les mains de ces ravisseurs-là. Et un instructeur-coordinateur aussi, a été tué, informe Adama Fomba, le porte-parole des syndicats de l’Éducation. Vous voyez, la menace aujourd’hui est partout. Pas seulement au centre même, tout près de Bamako et dans la région de Koulikoro. Les enseignants ont du mal à travailler et l’État n’est pas en mesure, aujourd’hui – ça c’est notre constat – de sécuriser non seulement les écoles, mais aussi le personnel enseignant ». RFI

La députée Jaynet Kabila, sœur jumelle de l’ancien président Joseph Kabila, a été élue à la tête de la stratégique commission Défense et sécurité de l’Assemblée nationale. Avec cette désignation, le camp de l’ex-chef de l’État verrouille davantage l’appareil sécuritaire congolais, déjà sous son contrôle. Déjà majoritaire à l’Assemblée nationale avec sa coalition Front commun pour le Congo (FCC), Joseph Kabila renforce un peu plus sa mainmise sur l’appareil sécuritaire congolais. Ce jeudi, Jaynet Désirée Kabila Kyungu, la sœur jumelle de l’ancien chef de l’État, a pris la tête de l’importante et stratégique commission Sécurité et défense de la chambre basse. À 48 ans, celle qui assumait la fonction de présidente du comité des sages lors de la dernière législature sera secondée par l’ancien ministre de la Défense, Crispin Atama Tabe, lui aussi membre du parti de l’ex-président. Jeune Afrique

En tenue kaki, certaines pieds nus, une dizaine de femmes courent en portant à bout de bras un lourd tronc d’arbre. Au fin fond du bush zimbabwéen, elles suent sang et eau pour intégrer une unité 100 % féminine de lutte contre le braconnage. A la fin de cette sélection digne d’un stage commando, les plus endurantes deviendront des rangers « akashinga », les « courageuses » en langue shona. Courageuses, elles le sont à plus d’un titre. D’abord parce qu’elles devront affronter des braconniers armés jusqu’aux dents. Ensuite parce que toutes ont été malmenées par la vie et comptent bien, désormais, reprendre leur destin en main. Les candidates sont des survivantes : des victimes de violences sexuelles, des orphelines du sida, des mères célibataires, des femmes abandonnées… Le Monde avec AFP

Les agences alimentaires des Nations-Unies ont averti jeudi que près de 45 millions de personnes se retrouveront en situation de grave insécurité alimentaire d’ici les prochains mois dans les 16 pays formant la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et le Fonds international de développement agricole (FIDA) demandent un financement urgent afin d’éviter une grave crise alimentaire et appellent la communauté internationale à continuer d’investir sur le long terme afin de lutter contre les impacts des chocs climatiques et de renforcer la capacité des pays et des communautés à leur résister. Plus de 11 millions de personnes sont maintenant confrontées à une situation d’insécurité alimentaire de « crise » ou d’ »urgence » dans neuf pays d’Afrique australe, à savoir, l’Angola, le Zimbabwe, le Mozambique, la Zambie, Madagascar, le Malawi, la Namibie, l’Eswatini et le Lesotho. Sahel Intelligence



Photo: Adam Jones