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La lutte contre la désertification en Afrique : un impératif de sécurité

Par le Centre d’Études Stratégiques de l’Afrique

17 juin 2016

Desertification Management in Tinfu, Morocco

Tinfu, Morocco. Photo: Richard Allaway.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que, d’ici 2030, l’Afrique perdra les deux tiers de ses terres arables si l’on ne met pas fin à la désertification. La désertification aggrave les effets des catastrophes naturelles et politiques dans les pays où les moyens de subsistance et les revenus dépendent de l’agriculture. 65 % de la main d’œuvre africaine travaille dans le secteur agricole.

L’une de ces régions est le Sahel. De nombreuses études sur la désertification du Sahel et de son impact sur les moyens de subsistance des populations vivant dans la région l’ont clairement démontré. Le problème est largement répandu et ne fait qu’empirer. En 2011, le PNUE a signalé que les migrations autrefois saisonnières de nombreux agriculteurs, éleveurs et pêcheurs d’Afrique de l’Ouest vers les zones urbaines devenaient définitives. Le PNUE a prédit que les « 500 km du littoral situé entre Accra et le delta du Niger deviendraient une mégalopole urbaine de 50 millions d’habitants d’ici 2020 ».

L’Éthiopie fait face actuellement à une grave sécheresse qui affecte plus de 18 millions d’habitants. Et même si le gouvernement n’a cessé d’améliorer la sécurité alimentaire et la résistance aux effets du changement climatique, il est loin d’être en mesure de protéger les plus de 80 % des habitants qui vivent de l’agriculture. En Afrique australe, également, on observe depuis 50 ans une tendance à l’assèchement à cause du réchauffement substantiel de l’océan Indien. Les mauvaises récoltes de 2015 mettent en péril 27,4 millions d’habitants de l’Afrique australe.

En bref, l’Afrique est un continent « affamé ». La plupart de l’Afrique, selon l’Indice de la faim dans le monde, est frappée par une famine que l’on peut qualifier de grave ou alarmante suivant les régions. Les experts prédisent que les pénuries d’eau et de nourriture dues au réchauffement mondial amèneront les États à se concurrencer pour obtenir les ressources nécessaires et donc à faire défaut, créant ainsi un terreau fertile pour de nouveaux conflits responsables de migrations supplémentaires.