Revue de presse du 28 novembre 2025

« C’est un massacre » : au Caire, Hadja Lahbib plaide pour un cessez-le-feu au Soudan
« Avec Gaza, le Soudan est le théâtre d’une tragédie des plus dévastatrices. Ce qui se passe au Soudan est la pire crise humanitaire au monde, mais malheureusement, c’est une crise oubliée. La moitié de la population soudanaise a besoin d’une aide vitale. Ce n’est plus une guerre là-bas, mais un massacre ». La commissaire européenne à l’aide humanitaire, Hadja Lahbib, a tenu ces propos jeudi au Caire, lors d’une conférence de presse aux côtés du ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty.… Depuis avril 2023, les paramilitaires soudanais sont en guerre contre l’armée. Le conflit a déjà contraint près de 15 millions de Soudanais à fuir, dont près de 4 millions d’enfants. Lundi, le groupe paramilitaire des Forces de soutien rapides (FSR) a annoncé un cessez-le-feu humanitaire unilatéral de trois mois. Le centre d’enregistrement des Nations unies au Caire, soutenu par l’Union européenne, offre aux réfugiés des services d’enregistrement, de renouvellement de documents, de mise à jour de leur statut juridique et une aide spécialisée pour les plus vulnérables. RTBF

Mali: au moins treize civils tués par l’armée et l’Africa corps russe dans la région de Tombouctou
Face à l’embargo sur les importations de carburant décrété début septembre 2025 par les jihadistes du Jnim, l’armée malienne et ses supplétifs russes de l’Africa corps (anciennement Wagner) poursuivent leurs opérations. Depuis le début de la semaine, la situation s’est ainsi nettement améliorée à Bamako et les autorités de transition promettent d’améliorer l’approvisionnement en région. Mais certaines opérations menées par les soldats maliens et leurs partenaires russes sont à nouveau entachées d’exactions. Mardi 25 novembre, au moins treize civils ont été tués dans la région de Tombouctou. RFI

La CEDEAO suspend la Guinée-Bissau et organise une médiation d’urgence
Mercredi 26 novembre, un coup d’État militaire a secoué la Guinée-Bissau, conduisant à la destitution du président Umaro Sissoco Embalo, quelques heures avant l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle organisée le 23 novembre. Le général Horta N’Tam, jusqu’alors chef d’état-major de l’armée de terre et considéré comme proche du président sortant, a été investi président de la transition à la tête du Haut Conseil militaire pour la restauration de l’ordre et de la sécurité. Il a annoncé une période de transition d’un an et promis de lutter contre le narcotrafic et les réseaux de corruption qui, selon lui, menacent la stabilité du pays. Face à cette prise de pouvoir, la Cédéao a suspendu la Guinée-Bissau de ses instances dirigeantes et organisé un sommet extraordinaire pour coordonner une réponse régionale. L’Union africaine et le Nigéria ont également condamné fermement le coup d’État, exigeant le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel et la libération des personnalités arrêtées. Une mission de médiation, incluant le Sénégal, a été dépêchée sur place.… Le nouvel homme fort du pays a déjà commencé à réorganiser l’armée, nommant un nouveau chef des forces armées et levant certaines restrictions sur les institutions publiques et les commerces, tout en interdisant pour l’instant manifestations, marches ou grèves. AfricaNews/AP

Tunisie : jusqu’à 45 ans de prison pour des opposants condamnés en appel pour complot
Une cour d’appel en Tunisie a prononcé des peines allant jusqu’à 45 ans de prison dans le procès pour complot contre l’État d’une quarantaine de personnes, dont des figures de l’opposition, ont annoncé vendredi plusieurs médias, citant une source officielle. Une cour d’appel en Tunisie a prononcé des peines allant jusqu’à 45 ans de prison dans le procès pour complot contre l’État d’une quarantaine de personnes, dont des figures de l’opposition, ont annoncé vendredi plusieurs médias, citant une source officielle. La majorité des 37 accusés de ce procès – dénoncé comme ayant « des motivations politiques » par des ONG – sont détenus depuis 2023 et poursuivis pour « complot contre la sûreté » de l’État et « adhésion à un groupe terroriste ». Les plus connus sont le chef de la principale coalition d’opposition FSN, Jawhar Ben Mbarek, les dirigeants de partis Issam Chebbi et Ghazi Chaouachi, les politiciens Khayam Turki et Ridha Belhaj et l’homme d’affaires Kamel Ltaief. … Le Parlement européen a voté jeudi une résolution par 464 voix pour, 58 voix contre, appelant à libérer « toutes les personnes détenues pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, y compris les prisonniers politiques et les défenseurs des droits humains », selon le site du PE. France24

Tunisie: l’avocate Sonia Dahmani en liberté conditionnelle après 18 mois de détention
L’avocate tunisienne et chroniqueuse Sonia Dahmani est sortie de prison après avoir bénéficié d’une libération conditionnelle, a indiqué jeudi 27 novembre à l’AFP l’un de ses avocats, Sami Ben Ghazi. Poursuivie dans plusieurs dossiers liés à ses déclarations dans les médias au sujet du racisme en Tunisie, elle a été condamnée à au moins trois reprises ces derniers mois.… Âgée de 60 ans, Sonia Dahmani, critique assumée du président tunisien Kaïs Saied, avait été arrêtée le 11 mai 2024 à Tunis, de façon jugée brutale et illégale par ses confrères, au siège de l’Ordre des avocats par des policiers masqués. Son interpellation, filmée en direct par France 24, avait suscité une vaste indignation. Elle avait également reçu le soutien de plusieurs barreaux en France et d’organisations internationales. TV5Monde

Côte d’Ivoire : Soumaïla Bredoumy, porte-parole de l’opposition, incarcéré pour des accusations de terrorisme et complot contre l’Etat
Soumaïla Bredoumy, porte-parole du principal parti d’opposition ivoirien, a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi à Abidjan, après avoir été mis en examen pour un ensemble de 18 accusations, dont des « actes terroristes » et un « complot contre l’autorité de l’État », d’après ses avocats. Bredoumy, qui est également député du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), se trouve désormais incarcéré au Pôle pénitentiaire d’Abidjan. L’arrestation de Soumaïla Bredoumy intervient dans un contexte politique tendu à l’approche des élections législatives prévues pour fin décembre. Ce dernier, candidat à ces élections, faisait son retour en Côte d’Ivoire après plusieurs mois d’absence. Mercredi, il avait été placé en garde à vue dans le cadre d’une procédure de flagrant délit, une mesure prévue par la Constitution ivoirienne pour les parlementaires. Le retour de Bredoumy survient dans un contexte où son parti, le PDCI, est en pleine campagne, alors que l’autre grande formation d’opposition, le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo, a décidé de boycotter ces législatives. Il faut rappeler que Soumaïla Bredoumy n’est pas le seul dirigeant de l’opposition à être écarté des scrutins. Tidjane Thiam, président du PDCI, a lui aussi été disqualifié de la course à la présidence et vit à l’étranger depuis plusieurs mois. Sahel-Intelligence

Niger: un convoi transportant de l’uranium a quitté le site de la Somaïr à Arlit
Au Niger, des camions transportant de l’uranium ont quitté, jeudi 27 novembre, le site de la Somaïr, à Arlit, dans le nord du pays. Plus de 1 300 tonnes d’uranium y sont stockées faute de pouvoir être exportées depuis la fermeture de la frontière avec le Bénin. Le groupe français Orano condamne « le transport illégal de l’uranium entreposé sur le site de la Somaïr ».… Le chargement d’uranium a quitté le site de la Somaïr, sur lequel plus de 1 300 tonnes d’uranium sont stockées. La Société des mines de l’Aïr, qui était détenue à 63% par Orano, à 36% par la société d’État Sopamin, a été nationalisée par Niamey en juin dernier, dans un contexte de fortes tensions entre la France et le Niger depuis le coup d’État de 2023. RFI

Rapprochement entre FARDC et Wazalendo à Uvira
Un climat de collaboration s’installe entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les combattants Wazalendo, après une courte période de crise dans la ville d’Uvira. Les tensions, qui avaient provoqué des pertes en vies humaines la semaine dernière, s’estompent progressivement, selon le porte-parole du secteur opérationnel Sukola Sud Sud-Kivu. Les hauts commandements des FARDC et des Wazalendo ont procédé ensemble à l’inhumation des victimes du récent malentendu, tombés sous les coups de feu la semaine passée à Uvira. Les affrontements entre ces deux camps avaient fait 7 morts et 19 blessés, dont des civils. La cérémonie d’inhumation de deux combattants Wazalendo, tués lors des échanges de tirs, a servi de symbole de réconciliation. Des rencontres de rapprochement se poursuivent entre les deux groupes, tandis que les leaders communautaires d’Uvira appellent les Wazalendo à rester soudés aux FARDC pour mener à bien leur lutte commune contre l’agression de la RDC. Radio Okapi

Est de la RDC: explosion des dépenses liées aux opérations sécuritaires, des questions sur l’usage des fonds
Depuis la résurgence du M23 dans l’est de la RDC – et plus encore depuis la chute de la ville de Bunagana, en juin 2022, dans le territoire de Rutshuru – les dépenses exceptionnelles liées aux opérations sécuritaires ont explosé dans le pays. Alors qu’elles étaient encore relativement maîtrisées en 2019 – leur taux d’exécution tournait autour de 51% -, celles-ci se sont ensuite envolées. Entre 2021 et juin 2025, ce même taux a effectivement grimpé jusqu’à 222% selon différents rapports consultés par RFI, l’année la plus marquante restant 2022 où le ratio a atteint 508%. Reste que si de grosses sommes d’argent ont été engagées dans le conflit, elles ne se sont pas traduites par d’importants gains territoriaux sur le champ de bataille, tandis que les zones d’ombre sur l’utilisation des fonds débloqués demeurent nombreuses. Certes, une grande partie a servi à doubler la solde des militaires et à rémunérer les instructeurs étrangers, mais il apparaît aussi que les hausses de dépenses coïncident avec plusieurs affaires de malversation. Alors qu’en 2021, au moins huit officiers de l’armée et un de la police ont été arrêtés pour détournement de fonds destinés aux opérations en Ituri, deux autres appartenant aux FARDC ont été condamnés à trois ans de prison pour détournement et refus d’obéissance en février dernier. Et la liste n’est pas close : parmi les 11 généraux et les 14 officiers supérieurs qui viennent de faire l’objet d’une nouvelle vague d’arrestations, certains sont, eux aussi, accusés de détournement. RFI

Au Nigeria, le banditisme « marque le recul d’un Etat incapable d’exercer son mandat de monopole de la violence »
Dans le nord-ouest du pays, des milliers de Nigérians sont kidnappés chaque année par des bandes armées, souligne Nnamdi Obasi, chercheur au sein de l’International Crisis Group, dans un entretien au « Monde ». Au moins 365 personnes ont été enlevées entre le lundi 17 et vendredi 21 novembre au Nigeria. Si l’ampleur de ces kidnappings a frappé les esprits, le banditisme fait partie depuis plusieurs années du quotidien des Nigérians qui habitent dans le nord-ouest du pays. Dans cette immense zone aux confins du Niger et du Bénin, les gangs prospèrent. Au point d’avoir, dans une certaine mesure, remplacé les structures de l’Etat, explique Nnamdi Obasi, chercheur au sein de l’International Crisis Group. Le Monde

Burkina Faso: la demande de remise en liberté de Me Guy Hervé Kam rejetée
Guy Hervé Kam a été arrêté en août 2024 et mis en examen pour « complot contre la sûreté de l’État » et « association de malfaiteurs ». Il a depuis été placé au secret avant d’être transféré à la Maison d’arrêt et de correction des armées, où ses avocats et sa famille ont pu le visiter.… La défense du leader politique arguait que le parquet n’avait apporté aucun argument pouvant indiquer des indices « graves et concordants » depuis plus d’un an. Ces éléments attesteraient que l’ex-leader du Balai citoyen a participé à un complot contre la junte au pouvoir. Il s’agit, selon les avocats de Guy Hervé Kam, d’une arrestation abusive et d’une détention illégale et ils demandaient l’invalidation des ordonnances de mise en examen. Si le premier président de la Cour de cassation a jugé les arguments recevables sur la forme, il les a cependant rejetés sur le fond. On ne connait pas pour le moment les arguments avancés par l’instance supérieure de justice burkinabè, qui seront transmis dans les prochains jours aux avocats. En attendant, Guy Hervé Kam va entamer son seizième mois de prison. RFI

Sénégal : 96 migrants secourus après l’échouement de leur pirogue
Une pirogue transportant 96 migrants a échoué mardi sur une plage à l’ouest du Sénégal, où ses occupants ont été secourus, selon l’Agence de presse sénégalaise (APS). L’embarcation, partie le 21 novembre de Gambie, transportait principalement des ressortissants maliens (72 hommes, 6 femmes), mais aussi 6 Gambiens (4 hommes, 2 femmes), 5 Guinéens et 7 Sénégalais. L’embarcation, après avoir dérivé en mer, s’est finalement échouée au large de Khondio, dans le département de Tivaouane. Heureusement, aucun blessé grave n’a été signalé, et les migrants ont été rapidement pris en charge. Le Sénégal reste l’un des principaux points de départ des traversées clandestines vers l’Europe, un périple dangereux que des milliers de migrants tentent chaque année à bord d’embarcations de fortune, souvent au péril de leur vie. Sahel-Intelligence

RDC: cette vidéo de Marine Le Pen critiquant Félix Tshisekedi est un hypertrucage
En République démocratique du Congo, une vidéo mensongère de Marine Le Pen sème le doute sur les réseaux sociaux. Certains affirment, à tort, qu’elle montrerait la présidente du Rassemblement National critiquer Félix Tshisekedi. Vérification faite, il s’agit là d’une nouvelle infox destinée à dénigrer le président congolais. RFI

Enseignement en langues locales : où en est l’Afrique aujourd’hui ?
Plusieurs décennies après les indépendances, la plupart des pays africains font face à une crise profonde de l’apprentissage. Les indicateurs sont alarmants : selon l’Unicef et l’Union africaine, seuls 23 % des élèves atteignent la fin du secondaire, et la Banque mondiale estime que des dizaines de millions d’enfants apprennent si peu à l’école qu’ils ne progressent presque pas. Parmi les causes structurelles les plus documentées figure le choix des langues d’enseignement. L’Unesco recommande aux Etats une politique d’éducation multilingue, préconisant que les enfants reçoivent un enseignement dans leur langue maternelle dès les premières années de scolarité, pouvant être combiné avec la langue officielle d’enseignement. Pourtant, dans la majorité des pays africains, les langues locales restent marginales, cantonnées à une matière facultative, tandis que le français, l’anglais ou le portugais dominent l’instruction. Pourquoi ce paradoxe persiste-t-il ? BBC

Kenya : les éléphants s’adaptent au bruit des drones, selon une étude
La réaction étonnamment calme lorsqu’ils sont filmés et suivis par des caméras volantes pourrait ouvrir de nouvelles portes pour l’observation et l’étude des éléphants, selon l’organisation Save The Elephants.… Auparavant, l’utilisation des drones pour la conservation des éléphants reposait principalement sur leur pouvoir de perturbation : les éléphants les fuyaient toujours, ce qui faisait des drones un outil utile pour chasser les éléphants des terres cultivées. Aujourd’hui, de nouveaux travaux publiés par Save the Elephants (STE) et l’Université d’Oxford montrent que les éléphants peuvent apprendre à ignorer les machines.… Selon l’étude, cela permettra aux chercheurs d’observer pour la première fois comment les individus d’un groupe d’éléphants interagissent dans différentes situations. AfricaNews