(Français) Les participants à un séminaire du CESA vivent en direct l’élection présidentielle américaine

By Africa Center for Strategic Studies
Updated: 11/13/2012

ellection_night_2012Une dizaine de participants au récent séminaire du Centre d’études stratégiques de l’Afrique (CESA) sur la gestion des ressources dans le secteur de la sécurité ont eu l’occasion de vivre en direct les résultats de l’élection présidentielle américaine  du 6 novembre 2012 dans un hôtel de Washington, D.C.  Ces cadres civils et militaires de haut niveau ont profité de leur temps libre en fin de journée  pour assister à l’une des nombreuses soirées électorales organisées par les Partis Républicain et Démocrate dans la capitale américaine.

«  Cela a été un expérience unique pour moi. J’y avais pensé avant de venir aux États-Unis pour ce séminaire, mais je ne savais pas comment faire », a notamment déclaré le capitaine de vaisseau Houcine Nasri du ministère tunisien de la défense. « Je remercie vraiment le CESA de m’avoir donné l’opportunité d’assister  à cette soirée parmi des américains, de voir comment ils vivent ce moment important non seulement pour leur pays,  mais aussi pour le monde entier ».

La soirée a également fait forte impression sur Mountaga Dioume, cadre au ministère sénégalais des finances qui a lu sur les visages de la foule autour de lui, « l’angoisse (ou l’optimisme) des uns et des autres  au fur et à mesure que la télévision égrenait les résultats. La fête était là pour masquer les angoisses, mais on sentait bien que les américains présents étaient surtout préoccupés par les résultats ». M. Dioume a également ajouté : «  nous avons pu apprendre de la plus grande démocratie du monde que tout commence par les élections. Cela devrait faire tâche d’huile chez nous ».

Satydanand Aujeet, fonctionnaire au cabinet du premier ministre de l’Ile Maurice a insisté quant à lui sur le déroulement sans incident de la soirée. «  À aucun moment, je ne me suis senti en insécurité. Il ya eu des manifestations de joie certes, mais on n’a pas vu de casse, ni de blocage de la circulation. Cela traduit bien la maturité de la démocratie américaine ». M. Aujeet a également trouvé que le discours du perdant Mitt Romney, après qu’il ait téléphoné au président Obama pour le féliciter de  sa victoire était empreint d’un vrai sens de la responsabilité. «  Il a proposé de travailler avec le président et j’ai trouvé cela très intéressant. Le fait aussi qu’il ait dit dans son discours qu’il allait prier pour que le président réussisse montre que pour lui, l’intérêt de l’Amérique passe avant celui de son parti. Il sait que si le président ne travaille pas bien, c’est tout le pays qui va souffrir».

David Makvwi, Directeur à l’agence nationale du renseignement militaire au Nigeria a d’abord été frappé tout au long de la soirée par le ratio police/citoyen -l’expression est de lui- dans la ville, qu’il a trouvé tout à fait ordinaire. « Il y a certainement eu un renforcement de la présence policière dans des points sensibles, mais je n’ai pas vu de brigades antiémeutes ou des unités de ce genre dans les rues. Dans nos pays cela se passe tout à fait autrement ».

Certains de ces cadres et officiers supérieurs africains, très heureux d’avoir appris  en passant la différence entre « Red State » et « Blue State », ont également remarqué la volonté affichée des leaders  démocrates et républicains de rechercher le consensus dans la gestion des affaires du pays. Une preuve que ce qui est important pour eux, c’est d’abord l’intérêt de l’Amérique, et non celui d’une région ou d’un parti.

« Très souvent dans nos pays, il y a une tendance à favoriser seulement les membres du parti au pouvoir, ou les régions qui lui ont été favorables lors des élections. Il serait vraiment intéressant que nous soyons capables en Afrique de dépasser ce stade », a notamment déclaré M.  Makvwi.

Mangad Mahesh, cadre comme M. Aujeet à la primature de l’Ile Maurice a été littéralement enthousiasmé par cette expérience. «  De ma petite ile de l’océan indien, je n’ai jamais pensé que j’aurais un jour l’occasion de parcourir des milliers de kilomètres pour  assister à une soirée électorale lors d’une présidentielle aux États-Unis. C’est le genre d’occasion qui ne se présente qu’une fois dans la vie».