(Français) L’Ambassadeur Stéphane Gompertz brosse un tableau de la Politique Française en Afrique devant des Leaders Africains Réunis à Washington, D.C.

By Africa Center for Strategic Studies
Updated: 06/14/2011

Devant une assistance particulièrement intéressée, l’ambassadeur Stéphane Gompertz,  Directeur Afrique Océan Indien au Ministère Français des affaires étrangères a brossé un tableau exhaustif de la politique africaine de la France sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

stephane_gompertzPour Stéphane Gompertz, l’axe principal de la politique française en Afrique tient compte de l’évolution de l’Afrique au cours des deux dernières décennies, tout en se basant sur le discours prononcé  par Nicolas Sarkozy au Cap en février 2008, un discours qui promet alors une modernisation de la politique de la France en Afrique, marquée notamment par la  transparence et la renégociation des accords militaires.

En premier lieu, l’Ambassadeur Gompertz a commencé par reconnaitre au continent africain depuis le début des années 2000 une croissance économique forte, une bonne résistance à la crise économique mondiale de 2007, et des perspectives pour le moins encourageantes sur le plan macro économique. Naturellement, l’arrivée de nouveaux investisseurs comme le Brésil, la Chine et l’Inde, très impliqués dans la construction d’infrastructures n’est pas étrangère à ce redécollage de l’Afrique et oblige les pays occidentaux, France y compris, à repenser leur approche stratégique.

En politique, la France refuse désormais de s’ingérer dans les affaires internes des pays africains, sauf dans le cadre du respect des résolutions de l’ONU comme ce fut le cas en Cote d’Ivoire (Résolution 1975) et en Libye (Résolution 1973). La France doit également réévaluer son approche de l’aide  à l’Afrique. Il s’agit pour l’Hexagone de développer de nouveaux moyens d’intervention, de nouveaux modes de financement. La France promeut notamment depuis quelques années l’instauration d’une taxe sur les transactions financières pour financer l’aide au développement, à l’instar de la taxe de solidarité sur les billets d’avion. Cette taxe internationale, créé par l’ONU en 2006,  est dorénavant prélevée sur le prix des billets pour financer l’organisme international Unitaidpour lutter principalement contre les pandémies (SIDA, paludisme, tuberculose) à l’origine de 6 millions de morts par an dans le monde.

Stephane Gompertz, a également abordé les questions d’actualité,  notamment l’intervention militaire de la communauté internationale en Libye. L’ambassadeur n’a pas caché l’existence de désaccords entre la France et certains de ses partenaires africains. La question libyenne a d’ailleurs été l’un des points centraux de la discussion qui a suivi la présentation de l’ambassadeur français. L’autre sujet d’intérêt lors de cet échange a été la présence militaire française en Afrique. A ce propos,  Stéphane Gompertz a souligné le fait que la France avait entrepris la renégociation de tous les Accords de Défense existants (huit) pour les remplacer par des Accords de Coopération d’un nouveau type. Dénoncant le mythe de la « Françafrique », il a affirmé que  que la transparence est le meilleur remède contre les suspicions et les fantasmes qui continuent d’entourer les relations de la France avec l’Afrique. Ainsi, ces nouveaux accords seront systématiquement publiés, a-t-il précisé. Cinq accords de ce type ont déjà été révisés et signés avec le Togo, le Cameroun, la République centrafricaine, le Gabon et les Comores.. Les négociations sont en cours avec plusieurs autres pays. Pour l’ambassadeur Gompertz, conformément à l’axe politique du Président Sarkozy,  la présence militaire française en Afrique doit désormais servir principalement à aider l’Afrique à bâtir son propre dispositif de sécurité collective